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AMOK ! AMOK ! |
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Un concert de «Bazar de Nuit»
«Amok?... je crois me souvenir...
c'est une espèce d'ivresse chez les Malais... -C'est plus que de
l'ivresse... c'est de la folie, une sorte de rage humaine... une
crise de monomanie meurtrière et insensée, à laquelle aucune
intoxication alcoolique ne peut se comparer». C'est grâce à la
lecture du livre de Stephan Zweig – Amok – dont est tiré cet
extrait, que le Bazar se prend à pencher sa poésie sonore sur la
problématique de la pression contemporaine, qui peut pousser à de
violents accès de folie. Bazar de Nuit, formation lausannoise qui
aura bientôt 10 ans et 2 albums à son actif, écrit avec Amok! Amok!
le troisième chapitre de son histoire. D'abord la chanson, puis, de
plus en plus, l'évolution vers des univers thématiques aux éléments
musicaux reliés comme par une sorte de fil. Il ne s'agit plus de
chansons qui se succèdent, avec un début et une fin, mais de
constructions sonores et visuelles imbriquées, creusées par les
musiciens dans un foisonnant travail d'improvisation et
d'expérimentation.
Nadine Mayoraz : Amok! Amok!, c'est
un spectacle ou un album?
Nicolas Carrel : un spectacle. Mais il
est possible que l'on en tire un album, comme un objet anecdotique,
pour nous. Nous verrons à l'écoute puisque le spectacle sera
entièrement enregistré.
NM : vous mettez alors
volontairement le format «chanson» de côté?
NC : pas vraiment, mais naturellement
déjà, sur le dernier album «Stridulations» nous avons glissé vers
autre chose et commencé à nous distancer de ce sentier. Entre les
compositions, il y avait de plus en plus de liens, de plages d'impro
collective. C'est comme ça qu'on est arrivés à Amok! Amok!
NM : la création du spectacle a
pris du temps?
Dragos Tara : assez... forcément à
partir du moment où toute la phase de création est commune, et ça
demande pas mal d'organisation. Nous sommes partis des textes de
Nicolas et nous avons fouillé. Ensemble. Chacun amenant quelque
chose : un thème, une impro, un rythme... Aucun des morceaux n'est
attribuable qu'à l'un d'entre nous en particulier. Nous les avons
construits à plusieurs, sur la base de l'improvisation.
NM : et les textes sont tous de
Nicolas?
NC : oui, sauf les bulletins médicaux
d'Antonin Artaud! Je ne pouvais pas écrire ce genre de choses
moi-même... je ne suis pas psy! En même temps ça collait tellement
bien... Reste que Amok! Amok! N'est pas un spectacle narratif. C'est
un choix important que nous avons fait de l'orienter plutôt vers la
poésie autant écrite que sonore. Et de manière plus générale, j'ai
envie de dire que l'ensemble est très très construit. La création
lumière également joue un rôle important pour la cohérence.
NM : est-ce que cela vous a permis de
découvrir une sorte d'«identité de groupe»?
DT : non, nous l'avons plutôt mise au
service de cette création. Par ailleurs, comme le dit Nicolas, les
choses ont été très construites pour Amok! Amok! C'est plein de
ruptures aussi, mais je pense que ce sont elles qui introduisent la
continuité que l'on ressent dans le spectacle et que nous avons
recherchée. C'est riche aussi. On retrouve des éléments qui
reviennent, des leitmotive, comme la présence de Mister Amok, aussi
des lectures de petites annonces, des phonèmes, du bégaiement, des
textes scandés, des bruits, du burlesque aussi, de la solitude... et
tout cela est étroitement imbriqué.
Par l'altération de la perception de
la réalité où certains dysfonctionnements comportementaux, la folie
nous frôle tous les jours. De l'hystérie consumériste au stress
professionnel, des tensions sociales à l'abêtissement télévisuel,
chacun de nous possède déjà une moitié d'orteil au dessus du vide...
Je prends mon billet pour Amok! Amok! Le spectacle démarre en coup
de poing! Toute la fébrilité des deux semaines de préparation du
spectacle, en résidence au Théâtre 2.21 de Lausanne, semble exploser
et c'est l'onde de choc! L'ambiance est obscure. Notamment grâce au
son (le grandissime Bernard Amaudruz est aux manettes), qui est
saisissant parce qu'il projette loin, très loin dans la salle ce qui
est censé se jouer au plus profond d'un être qui perd pied et qui
s'enfonce dans la démence, le spectateur se retrouve assis dans
l'espace exigu de la tête d'un fou. Bazar de Nuit a cherché quelque
chose et semble l'avoir brillamment trouvé! «Fais comme tu veux mais
on le fait maintenant». Intime et surexpressif mêlés en quelques
excès de tout (de volume, de solitude) passent en revue toutes les
caractéristiques que l'on attribue à la démence, tout ce que l'on
imagine d'elle : le lancinant, le décousu, l'hypnotique,
l'organique, le bégayé. «Dans ce flux nécessaire pour familles
sédentaires, je vous sers». Le spectateur va vite s'habituer à être
surpris par une foule de trouvailles. «Le temps passe dans les
coffres des voitures». Une montée puissante disloquée. Un leimotiv
halluciné. Quelques syllabes scandées. «Allô, c'est urgent ça
concerne nos vies». Amok! Amok! Est le spectacle de la folie extrême
mais sans détresse, qui n'a pas l'air d'avoir été élaboré pour poser
des questions au public (et on va pas pleurer, on échappe à
l'intello pompeux). Il le plonge au vif du sujet, lui fait traverser
divers types d'errances dans un ensemble et une harmonie qui font
sens, au delà du texte justement construit comme un discours de fou
assez magnifique.
La création lumières, première
réalisation à cette échelle pour Gaspar Pahud, suit et habille le
spectacle avec une finesse tantôt intime, tantôt agressive follement
efficace. A l'image du travail musical, elle a été pensée sur mesure
comme l'écrin grinçant indissociable de l'ensemble. Les capitons, la
camisole, les électrochocs : «Même pas mal, je suis anormal».
Nicolas Carrel (chant), Yves Bron (sax, souffle, grésillements),
John Menoud (sax, guitare, bruits), Luc Müller (batterie, objets) et
Dragos Tara (contrebasse, sons), musiciens investis et brillants,
ont réussi ensemble le pari de faire corps avec leur spectacle, qui
mérite mieux que d'être simplement écouté. Il mérite d'être reçu. Le
Théâtre 2.21 et son équipe nous ont, comme à leur habitude, fait un
sacré cadeau.
Nadine Mayoraz
www.bazardenuit.ch et
www.theatre221.ch |
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COMPAGNIE JOLIE MÔME |
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Si le groupe Octobre vous évoque une
aventure mythique de théâtre d’action et de culture populaire, voici
de quoi revivre aujourd’hui l’épopée des frères Prévert-Sylvain
Itkine-Lou Bonin ‘Tchimoukov’ Jean-Paul Le Chanois, Roger Blin,
Raymond Bussières, Jean Dasté et quelques autres personnages de
légende, Maurice Baquet, Paul Grimault, Marcel Duhamel, Jean-Louis
Barrault, Yves Allégret, Fabien Loris, Mouloudji, Alain Cuny, Claude
Autant-Lara, Jean Vilar...
La Compagnie Jolie Môme porte très
haut l’étendard du spectacle qui va au devant des publics, pour
mémoire, le Groupe Octobre dans les années 30, allait dans les
usines créer des pièces en prise directe sur l’actualité du temps,
la période sombre des années 30, montée des fascismes, crise
économique, salaires en diminution, avant l’embellie de 1936, un peu
ternie toutefois par la Guerre d’Espagne, et l’abandon des
républicains espagnols au coup d’Etat franquiste.
Aujourd’hui, en 2008, il semble que
nous nageons dans le meilleur des mondes, puisque les mobilisations
populaires n’ont jamais été aussi tièdes, le service public en voie
de démantèlement, les travailleurs pauvres en constante progression,
les gens qui vivent dans la rue, Tout va très bien Madame la
Marquise, sauf le JT de TF1, mais bon, tout ne peut être parfait.
Alors voilà quelques énergumènes qui
rappellent que le théâtre n’est pas seulement une réjouissance du
sam’di soir, que la chanson a d’abord été porteuse des pulsations de
la rue, que la vie d’artiste est une vie de battants et de
combattants, vous avez dit «intermittents» ? intermittents du
salaire, mais pas de l’action révolutionnaire, peut-on aujourd’hui
regarder les errements du monde quoi nous entoure sans avoir le
rouge au front ? de honte, ou de colère, ou les deux, c’est selon
... La honte pour ceux qui s’embabouinent de grandes déclarations
sur la fracture sociale, ou la rupture, sans que ça change d’un iota
pour ceux que le rouge de la colère devrait agiter avec un peu plus
de conviction.
La Compagnie Jolie Môme, ce sont les
enfants de Prévert, de Brecht, du Kabaret de la dernière chance qui
nous disent que le bonheur est peut être pour demain, mais qu’il
faut aller le chercher, ici et maintenant, c’est pas sur le Père
Noël ou St Nicolas qu’il faut compter pour le livrer clés en main,
surtout quand on est né quelque part qui n’est pas
Neuilly-Passy-Auteuil ou Santa Barbara.
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En attendant un reportage
exhaustif sur cette Compagnie, il y a un spectacle qui commence
: «Procès Spectacle» du 06/11 au 07/12/2008 à La Belle
Etoile
La Compagnie Jolie Môme soucieuse
de désengorger la justice prend le problème à bras le corps et
vous offre durant 1 mois, 4 jours par semaine : LE PROCES DU
MILITANTISME ! Dans la salle d’audience, magistrats et
auxiliaires de justice font scrupuleusement leur travail. A la
barre se succèdent les témoins. Ils vont nous aider à traverser
l’Histoire, les histoires et nous ramener à l’actualité. Chaque
jour une personnalité différente intervient dans le spectacle
sur son thème favori. Charge au tribunal de l’intégrer au débat,
de tirer le meilleur de son témoignage...
Du 6 novembre au 7 décembre 2008
Jeudi, vendredi, samedi à 20h30.
Dimanche à 16h Réservations
recommandées au 01 49 98 39 20 Restauration légère et buvette
avant le spectacle. Tarifs 18 et 10 euros
La Belle Etoile 14 rue Saint-Just
- La Plaine - Saint-Denis (93) M° Porte de La Chapelle puis 15mn
à pied ou 5mn en bus 153/302 arrêt Eglise de La Plaine
Norbert Gabriel
www.cie-joliemome.org |
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EMA
AND THE GHOSTS - découverte |
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Ema and the ghosts. Ca ne vous dit rien ? Normal.
Madame n'a que 18
ans et joue dans sa chambre à composer et enregistrer des chansons.
Ukulélé, métallophone, kazoo, l'inventaire de ses instruments ne
paye pas de mine et pourtant... Si les sujets abordés restent
toujours proches de l'enfance, Alice aux pays des merveilles dans "Rabbit
hole", les cirques de puces, les bouteilles de lait, les
confettis... elles ne sont pourtant jamais mièvres. Madame peut se
balader affublée d'oreilles de lapin, qui la font d'avantage
ressembler à une gamine un jour de carnaval qu'à une Bunny Girl,
elle peut revêtir des robes enfantines à souhait, Madame a une voix
et des choses à raconter. Madame n'en sait rien, trop occupée à
s'amuser avec les fantômes à "se cacher sous votre lit", tant il est
vrai que ses chansons tournent vite dans la tête, avec leurs
mélodies bien faites et accrocheuses. De sa jolie voix fraîche et
limpide, Madame nous embarque, le voyage se fait ici, à côté, c'est
comme découvrir un endroit que l'on croit connaître et dont on avait
loupé les parties les plus intéressantes. Parce que Madame a du
talent et Madame est loin d'être idiote. Elle n'a beau être qu'une
"puce dans un cirque", elle vise juste, modestement, à la manière
d'un enfant qui pose la question qui fâche ou qui s'étonne de voir
l'empereur tout nu.
Si son ami
dessinateur Jon Carling la représente sous les traits d'une petite
fille sagement assise à son piano, ne nous y trompons pas, si un
jour Ema and the ghosts sort de sa chambre pour faire de la chanson
son métier, Madame fera beaucoup d'heureux et de fans.
Leslie Tyschem
myspace.com/emaandtheghosts
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LES HARICOTS LIBRES - Et vous
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Libres et chantants, ces Haricots pourraient être les
enfants de Pierre Louki et de Pierre Barouh. Ils tricotent des
histoires de vie avec la fantaisie farfelue de Louki, avec les
couleurs d’un carnaval brésilien nonchalant, on brode ses humeurs
de perles multicolores et de notes façon Carlos Jobim, de chants
d’oiseaux, de bruits de métro, pour une fresque urbano-jazzy-brésilienne,
plus quelques percus africaines pour rythmer l’attente d’un dimanche
à la laverie.
C’est la vie, un peu brouillonne, un peu bouillonnante, un
peu baroque , la vie, quoi !
Et toujours sur un tissu musical raffiné, pour mettre en
exergue un propos plus acidulé, Dis-moi oui, peut-être que
c’est à la laverie qu’on a croisé ces futurs expulsés, ces voisins
qui disparaissent un jour, parce qu’on leur a dit non...
C’est comme les photos de Willy Ronis, derrière l’apparence
poético-pittoresque, on devine les vrais problèmes du quotidien,
ça vous caresse l’œil, et ça s’imprime durablement, on porte
un autre regard sur le monde qui nous entoure.
Avec cette innocente bossa, avec cette petite valse déjà
familière, Les Haricots Libres soulignent les faits et méfaits
divers de notre monde qui branquignole et avance de travers.
C’est le 17 Novembre qu’ils présentent l’album «Et vous ?» au
Zèbre de Belleville, et sur les routes de France, et peut-être de
Navarre.
Norbert Gabriel
haricotslibres.free.fr |
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LEPREST - Avant première ! |
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Tiens une bonne nouvelle, Allain Leprest nous offre un album juste
avant Noel.
Toujours soutenu par la belle équipe de Tacet (on parle peu
mais on agit beaucoup) Didier Pascalis, Thierry Garcia, et
l’indispensable Romain Didier, Allain Leprest arrive avec 14
nouvelles chansons dont on avait eu la primeur lors des concerts
2007-2008, au Théâtre du Renard, au Limonaire, au Bataclan...
Leprest a une carrière assez particulière ; unanimement
reconnu comme un des auteurs majeurs de la chanson de haut vol, il
est unanimement absent des play-list de toutes les radios
nationales. On trouve quelques exceptions avec les émissions de
Philippe Meyer, ou Pollen, émission qui fait partie désormais des
souvenirs, Sous les étoiles, de Serge Levaillant, mais les
programmateurs doivent penser que le public des play-list n’est pas
assez ... évolué ? pour apprécier un auteur dont Salvador et Nougaro
disaient le plus grand bien. On préfère les rimes en «soleil-le»
dans «le ciel-le» vers le «mirador-re sur le por-re» et parfois,
c’est quelque chose «qui ressemble à toi» mais bon... plaie liste,
oui !
Dans son parcours artistique, Allain Leprest a bourlingué
dans plusieurs labels, mais c’est
avec Saravah et Tacet, qu’il a trouvé des partenaires en
totale adéquation avec son univers, d’abord le formidable «Voce a
mano», avec Richard Galliano, (Saravah) puis «Donne moi de mes
nouvelles» (Tacet 2006) et Chez Leprest, (2007) Ces trois albums
survolent 30 ans de production discographique francophone. C’est
bien de retrouver la même équipe aux manettes de «Quand auront
fondu les banquises» le petit nouveau promis pour le 1 er
décembre 2008. Rendez-vous est pris, et si Leprest passe par chez
vous, n’hésitez pas une seconde, vous faites partie de ces veinards
qui vont (re)découvrir un géant de la chanson, ça montre que dans ce
monde en déliquescence on n’est jamais à l’abri d’une bonne
nouvelle.
Norbert Gabriel
PS : Il y a aussi «Il pleut sur la mer»
enregistrement public à l’Olympia du 20 février 1995 ; mais cet
album mythique est introuvable, il a été édité en petit tirage, et
seuls les privilégiés qui étaient à l’Olympia ont pu l’acquérir
semble-t-il. Par des mystères incompréhensibles, cet album n’a pas
été réédité, en raison d’obscurs conflits assez misérables, ce bel
album est en léthargie. |
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NAÏVERSAIRE - 10 ans |
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Ça se fête un anniversaire, 10 ans, face aux dinosaures vacillants
de l’industrie du disque, Naïve avance sans complexe, et maintient
le cap de ces labels où la passion reste le moteur principal de
l’action.

Parmi les artistes Naïve invités à une série de concerts, en
septembre, 3 jours, 3 lieux, 3 plateaux, La Maroquinerie présentait
Angélique Ionatos, Titi Robin, Aline de Lima et Kaloomé.
Angélique Ionatos, Titi Robin sont chez Naïve depuis le
premier jour, artistes exceptionnels au choix de carrière exigeant
et au parcours est exemplaire.
Angélique Ionatos a mis en musique les textes
de poètes grecs en particulier
Odysséas Elýtis,
prix Nobel de littérature 1979,
qui l'a le plus inspirée : Marie des Brumes, Le Monogramme,
Parole de juillet notamment. Angélique Ionatos est une des
voix - et des âmes - de la culture méditerranéenne. Sa voix grave et
sensuelle est à elle seule un poème nomade qui creuse le sillon de
l'amour et de la destinée, ses thèmes de prédilection. Et elle a un
toucher de guitare unique, de ceux qu’on reconnaît au bout de 3
notes. Parmi les auteurs et personnages qu’elle a mis en lumière
Sappho de Mythilène, ou Frida Khalo...
www.angeliqueionatos.com
Thierry dit «Titi» Robin
est dans la même veine de métissage
musical, toutes les cordes de la France aux Indes passent dans ses
musiques. Compositeur créateur à l’âme voyageuse, il est un de ces
musiciens amoureux des guitares, luth, oud qu’il sert avec talent et
passion. Il s’inspire des musiques gitanes et orientales, mais ne
copie pas. Il sera le 1 er Décembre aux Folies Bergères pour
présenter son nouvel album Kali Sultana, disponible début Novembre.
www.myspace.com/thierrytitirobin /
www.thierrytitirobin.com
Norbert Gabriel |
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OLIVIER NEVEUX - Baby hyde |
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Hyde ou Jekyll ? Là est une des questions... Olivier Neveux a mis en
scène tout ce qui a nourri ses rêves, ses envies, tous les
éblouissements d’un boulimique de la vie qui a choisi de la vivre au
pluriel, à travers les rôles et personnages de la tragi-comédie.
On croise Paul Auster quelque part dans une mégalopole US,
un éléphant né d’un coup de soleil hallucinogène , et pas très loin
l’ombre de Rimbaud dans un de ses délires poético-oniriques entre
Tim Burton et Edgar Allan Poe.
On tourne les pages de son cahier avec des musiques
sophistiquées, élaborées finement (Il neige) ou guillerettes
comme dans un cartoon entre dixie land et Cab Calloway avec un
soupçon de Nino Rota, enfin un joyeux bordel patchwork jubilatoire.
Ma préférence ? Peut-être «Le seuil» pour son
intensité retenue, et l’orchestration que n’aurait pas reniée
Gainsbourg.
Selon l’heure et le temps, la couleur de l’humeur, on
trouve toujours dans cet album de quoi colorer le moment. On y
trouvera aussi bien les images en noir et blanc des films réalistes
que les flamboiements psychédéliques post seventies, mais en
musique.
A force d’être
de plein pied dans la réalité, elle en devient presque irréelle. A
tous les opprimés!
(Notre Dame des brigands) Ces clowns célestes et furibonds
sont-ils un rêve ou un cauchemar ? C’est une bonne question...
Qu’on posera peut-être à Baby Hyde au sortir du lupanar, (dé)conseillé
aux pudibonds moralistes.
Norbert Gabriel
www.myspace.com/olivierneveux |
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VALHERE - Attrape-moi |
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Cela fait quelques temps que j’entends
parler d’une révélation, une sorcière noire des scènes avec une voix
qui tremblerait entre le cristal et le parpaing, capable de briser
net les cœurs les plus endurcis.
Ces jours ci, pauvre comme job de
nouveaux talents, j’ai reçu le premier album de Valhère : «Attrape
Moi». Valhère c’est le nom à la consonne près d’une cuisine.
Pourtant 12 titres après j’avais beaucoup moins de goguenardises en
stock. On ne se moque pas impunément d’une femme portant la culotte
qui irait bien à Bashung et consort. Comme Bourges est loin de chez
moi, impossible de savoir qu’elle fut remarquée dès 2005 aux
Découvertes du même Printemps. En ce temps là, elle nous faisait le
coup de l’artiste acoustique, je ne regrette donc pas de la
découvrir que maintenant. Maintenant qu’elle a confié quelques
instruments électriques à des garçons comme Denis Barthe, Jean Paul
Roy ou Vincent Bosler, qui viennent avec un bon sale son de
guitares, des cordes mélodieuses (Gustavo Beytelmann, collaborateur
de Gotan Project, est de cette master classe pour signer les
arrangements) et des crocs à faire peur aux pires matous du coins.
Quand à ses textes, car madame à l’audace d’écrire des phrases en
forme de délits, c’est digne d’une dentelle de Bruges pris en main
par la plume de Ferré. Résolument rock sur beaucoup de pistes, cette
diva intrigante qui lèche ses mots et les restitues d’un crachat a
tout pour plaire même lorsqu’elle revient à ses premières amours
acoustiques. Ses portraits d’anonymes rythmés à l’hydrogène sont
autant de lettres à la mer, espérons que toutes ces bouteilles
trouvent leurs propriétaires et qu’elles se fracassent sur vos corps
immobiles pour faire raisonner la vie. Vive l’ivresse de cette femme
tord-tueuse. Et même si elle chante si bien qu’elle ne fait que
courir, essayons de l’attraper définitivement pour la garder très
longtemps.
Pierre DERENSY
valhere.20six.fr |
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JEUNE PUBLIC |
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Aldebert, Elodie Frégé et Vincent Baguian «j’ai peur du noir»
Ce conte musical
pour les petits et les grands est l’occasion pour Aldebert de
croiser au fil des chansons de nombreux compagnons de jeux : Renan
Luce, Maxime Le Forestier, Riké, Marcel Amont, Clarika, Anne
Sylvestre, ...
En 2003, alors
qu'Aldebert est animateur dans les écoles primaires, il démarre
l'écriture de chansons destinées à un jeune public. Ce projet
d'album s'est enrichi au fil des années de tournée, et des
rencontres artistiques. L'ambition première était de composer des
chansons radicalement différentes de ce que l’on peut proposer
d'ordinaire aux enfants. Un disque qui ne soit ni "infantilisant"
(dans les textes et dans les arrangements) ni moralisateur, mais
quelque chose de franchement moderne, espiègle et ouvert, toujours
ancré dans leur univers : l’école, les copains, la famille...
C’est en 2007, en
pleine tournée et profitant des rencontres qu’offrent les festivals,
qu'il commence à solliciter ses «collègues» pour d’éventuels duos.
Là encore, il souhaitait réunir une famille plutôt bigarrée,
composée d’artistes de génération et d’univers manifestement
différents (Renan Luce, Anne Sylvestre, Riké, Elodie Frégé, Marcel
Amont, Le Forestier...). Ce nouveau collectif investit dès lors, le
temps d’un album, le monde libre et facétieux d’ «Enfantillages»
puisque, comme disait Jean Genet : «Créer,
c’est toujours parler de l’enfance».
Voici la
tracklisting très riche de ce nouvel album :
1 - On ne peut rien faire quand on est petit (avec Renan
Luce)
2 - J'ai peur du noir (avec Elodie Frégé et Vincent Baguian)
3 - Les oiseaux dans les grands magasins (avec Riké)
4 - Super Mamie (avec Clarika)
5 - La remueuse (avec les Ogres de Barback)
6 - Plus tard quand tu seras grand (avec Maxime Le
Forestier)
7 - Les questions
8 - Monsieur Toulmonde (avec Amélie-les-crayons)
9 - Pour louper l'école (avec tous les invités)
10 - Les mots mélangés
11 - Pépette
12 - Pas plus compliqué que ça (avec Anne Sylvestre)
13 - Quelle histoire de fou !
14 - Le goûter extraordinaire (avec Marcel Amont)
15 - Le retour de Pépette (avec Steve Waring)
16 - On m'a volé mon nin-nin !
Un album coup de
coeur à découvrir absolument chez vos disquaires
Norbert Gabriel |
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LIVRES |
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Dans l’exercice de la pseudo bio façon Voici Gala, quelques avatars
particulièrement représentatifs du n’importe quoi viennent polluer
les rayons des supermarchés, je n’ose penser qu’un libraire digne de
ce nom présentera dans sa vitrine la biographie de Grégory Lemarchal,
bricolée par un certain qui ne l’a jamais rencontré, qui n’a jamais
rencontré un de ses proches, mais qui a «écrit» en picorant sur
internet les éléments qu’il considère comme significatifs.
Autre turlupin plumitif, celui qui a fait la biographie de
Jacques Martin sans avoir été aperçu par aucun de ses proches, en
gros, il aurait rencontré régulièrement Jacques Martin, mais
personne ne l’a vu. Si c’est pas de l’arnaque, c’est bien imité. On
peut aussi s’interroger sur la déontologie des éditeurs qui publient
ces hum-livres.
Il est évident qu’en faisant la biographie de Cléopâtre, ou
celle de Napoléon, on aura un peu de mal à rencontrer des témoins
directs, mais tenter l’exercice biographique «non autorisé» et se
dispenser de rencontrer les nombreux témoins, amis, ennemis, ou
compagnons de route de Jacques Martin est une approche certes
originale, mais peu biographiquement correcte.
Ecrire sur la vie de quelqu’un à partir de données
internet, c’est nouveau, c’est moderne, c’est très exigeant sur le
plan qualité du projet !!!
Parlons de livres qui méritent vraiment le détour, l’arrêt
et l’intérêt.
Higelin en cavale....
chez Textuel, l’indispensable qui restitue l’univers de Jacques
Higelin, en images et en photos, en extraits sonores d’entretiens,
tout ce qui fait d’Higelin un artiste d’exception, au cas où vous
ne sauriez pas. Préparé et mis en forme par Clémentine Deroudille,
avec les photos de Laurence Leblanc, c’est un des meilleurs livres
dans le genre ‘univers d’artiste’ ouvrage conçu et réalisé avec une
complicité amicale, pour prolonger les envols oniriques d’un
funambule inspiré.
Françoise Hardy
«Le
désespoir des singes et autres histoires» quelqu’un qui écrit
très bien, et qui sait soigner son ouvrage, à conseiller sans
réserve. Ce n’est pas stricto sensu un livre en rapport direct avec
le spectacle, mais une autobiographie qui voyage dans la vie d’une
artiste hors normes, livre dans lequel la musique des mots vaut bien
quelques étoiles d’admiration méritée.
Au lieu de bio frelatées, écoutez plutôt les disques de
Grégory Lemarchal, ou révisez les DVD du Petit Rapporteur de Jacques
Martin.
Norbert Gabriel |
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LETTRES A L'HUMANITE - Théâtre
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Dix lettres, dix lettres imaginées par José Pliya et qui racontent
le XXème siècle.
Le XXème siècle et ses dérives, ses injustices et surtout,
ses décalages. Car c’est un XXème siècle vu par de simples
individus, victimes de mécanismes qui les use, qui les broie, et
eux, ils parlent de leurs rêves, de leur incompréhension face aux
injustices dont ils sont victimes. Mais la grande réussite de la
pièce, c’est d’être à la fois fort et léger, de ne désigner ni les
bons ni les méchants de façon caricaturale. Il y a de l’ambiguité,
de la poésie aussi. L’histoire de cette femme noire enfermée dans un
camp de concentration, histoire racontée par une autre détenue, est
magnifique. Tragique aussi, bien sûr, mais par le jeu des acteurs,
la justesse de la mise en scène, les trouvailles visuelles, la pièce
ne tombe jamais dans le pathos en voulant nous tirer les larmes de
l’émotion ! On voit le monde, avec les yeux de simples gens que le
monde a mis dans une situation qu’ils n’auraient jamais du
connaître !
Jérôme Nanty
Infos pratiques :
Lettres à l’humanité de José Pliya.
Mise en scène Sophie Akrich.
Avec Jean-Pierre Becker, Paulin Fodouop, Isabelle Fruchart.
Théatre du Lucernaire – 53 rue Notre-Dame des Champs –
75006 Paris.
Du mardi au samedi à 19h00.
Réservations au 01.45.44.57.34 et sur
www.lucernaire.fr |
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