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alors
... campe ! - premier
off |
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Un bilan positif pour un premier «OFF».N.I.
«Alors… Campe !» le premier OFF du Festival de chanson francophone
«Alors… Chante !», a été une belle réussite : Plus de 20 artistes,
plus de 50 concerts et une fréquentation inattendu du 10 au 16 mai à
Montauban.
Des concerts intimistes dans la caravane et
d’autres plus festifs sur une scène extérieure ont vu les curieux et
les professionnels défiler de plus en plus nombreux (quelques
centaines de personnes par jour). Des rencontres musicales imprévues
entre artistes : un duo de Pascale LeJeune et Zedrus, des jams
endiablées en backstage, un moment de partage typiquement
«helvétique» avec la traditionnelle raclette offerte par l’équipe du
Chat noir (Roland Le Blévennec) ouverte pour le première année au
public dans l’enceinte d’Alors…Campe ! Une soirée qui a plu pour son
exotisme mais aussi par les concerts flamboyants de Derf und
Germano (CH), Lartigo (FR) et Alee (p’tit beur
breton).
Parmi les artistes programmés, Aliose
(CH) et Coup d’Marron (FR) ont été sélectionnés «coups de
cœur» de l’Académie Charles Cros. Beaucoup d’artistes ont reçus des
promesses de dates de concerts en Suisse, France et jusqu’au
Québec ! A mentionner également, les moments magiques partagés lors
des ateliers d’improvisation vocale animés par Noga auprès de
différents publics dont de jeunes handicapés.
Catalyse, initiateur de ce premier OFF a rempli
sa mission de catalyseurs de rencontres et d’accélérateur de talents
grâce au soutien de Swiss music export et de structures de soutien
comme Wallonie Bruxelles Musiques (Samir Barris programmé dans le
OFF et sélectionné au Printemps de Bourges) qui a lancé son
opération «2010 Année Chanson» lors de ce 25ème festival
Alors… Chante !
Dimanche soir, la fin du festival a fini au
champagne pour marquer le succès de cette première édition, la
collaboration fructueuse entre le in et le off et les liens qui se
sont tissés entre toutes les équipes.
Nadine Mayoraz
+ de photos, vidéos, réactions sur :
www.facebook.com/alorscampe /
www.myspace.com/alorscampe /
www.catalyse.ch
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de gauche à
droite: Jerem & Dimoné, Derf , Noga, Kebous |
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astier
et mac avoy - délires
et vicissitudes de l'amour |
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et les histoires d’amours... (qui ne finissent pas.)
Allain Leprest et sa dulcinée sexagénaire sont partis sur
les routes de La retraite en mettant le cap vers des ailleurs
pleins de soleils câlins. Ils n’ont pas mis les pouces devant la
carte vermeille, mais le pouce en l’air, c’est le stop, et encore,
pour la vie baladine. Avec dans leur sac à dos, un baladeur qui leur
explique, démonstration à l’appui par Claude et Dominique (mais
qu’est-ce que c’est que ces prénoms androgynes ??? Bon alors Claude,
c’est le garçon, Dominique, c’est la fille) que les Délires et
vicissitudes de l’amour, c’est pas uniquement pour les galapiats pré
trentenaires. Et côté Délires, les deux galopins prénommés n’y vont
pas avec le dos de la fourchette. T’en veux d’l’amour ? En v’là, à
la louche, à grandes lampées gourmandes, en généreuses bolées,
tirées d’un tonneau des Danaïdes qui ne se vide jamais, l’amour en
arc-en-ciel tous azimuts que Joyet et sa gérontophilie applaudit
sans réserve. C’est dire si on a l’avenir pétulant avec les
évangiles de Bernard, Claude et Dominique, activistes résolus de
l’âge de la retraite remis aux calendes moldo-valaques.
Les seniors, comme on dit, c’est plus ce que c’était, les
pantoufles et le tilleul du soir ne sont plus de mise, ils ont bien
révisé leur bréviaire de 68, et les interdits, elle s’en bat l’œil
avec ses bas résille, Paulette Mac Avoy, et son professeur en
ratatouille amoureuse sait mettre la flamme dans l’âtre, et dans
les recettes en tous genres de viagra musical.
Dans ce feu d’artifice éroticomique, soulignons les
guitares en contrepoint léger qui rappelle la complicité rieuse de
Django accompagnant Jean Sablon, c’est une des réussites de cet
album, c’est joyeux, vif et drôle, des vicissitudes comme ça, c’est
rassurant pour l’avenir, car il faut se faire une raison, on sera
tous âgés un jour. Mais pas forcément vieux.
Norbert Gabriel
Album Astier-Mac’Avoy «Délires et vicissitudes de
l’amour» Cristal Records/Encore merci
www.claudeastier.fr /
www.myspace.com/astiermacavoy
Lundi 21 juin 21H30 LA SORBONNE
en Duo avec Dominique MAC'AVOY / Amphi Richelieu 17 rue de
la Sorbonne 75005 FETE DE LA MUSIQUE à la Sorbonne
Mercredi 16 juin 19H30 LE CONNETABLE
(avec invités) 55 rue des Archives 75003 PARIS / CABARET DU
GRAND TOXIQUE.
ASTIER MAC'AVOY ET LEURS INVITES |
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matteah
baim - laughing boy |
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Il est sorti il y a bien un an, le deuxième album solo de Matteah
Baim, ex-chanteuse des Metallic Falcon.
Et depuis tout ce temps il est le voile de velours blanc et
bleu qui se pose sur les gratte-ciels trop froids, acier et verre
trop lisses. Il est le ciel toujours réconfortant quand on a la
chance de poser les yeux dessus.
La voix est légèrement moins envoûtante que sur Death Of The Sun,
sorti en 2007, mais toujours enveloppante comme un très long foulard
de soie, léger, chaud ou frais à la convenance du moment. Les
guitares vont chercher du côté d'un psychédélisme retenu, quelque
chose des années 70 qui remonte parfois, se mèle à des ambiances
80's d'un bar aux néons bleus... Mais on pourrait bien suivre
Matteah Baim sur n'importe quel terrain, ouvrir la réception à tous
les sons possibles. Même les dissonances d'une reprise de Bird Of
Prey à plusieurs voix introduites par une cloche (boudhiste ?), ou
encore un sifflement fragile qui déroulerait sa mélodie comme un
enfant qui fait semblant, parce qu'il ne sait pas quoi siffler.
Musique idéale des longs trajets de l'aube ou du
crépuscule, quand la lumière rase tout et nous fait croire à la
magie. Quand on peut croiser sur la même route une guitare bluesy
toute crottée et des violons flambant neufs qui réfléchissent la
lumière sur leur carrosserie métallisée.
Et Matteah toujours nous guide, un doux sourire laisse s'échapper la
voix sans un accroc, sans un effort, elle parait être d'avantage
chantée que chanteuse, traductrice des rayons visibles d'un soleil
caché par les nuages. De la même façon, le spirituel se laisse
entrevoir tout au long de ce voyage. Le livret est ponctué de petits
dessins (signés Matteah) représentant Mozart dialoguant avec un
Bichon, comme une manière de poser les choses avec dérision. La
recherche de l'harmonie, de l'expression du ressenti, d'une certaine
nostalgie. Laughing Boy se rit de tous ces souvenirs, impressions,
sentiments qui se mélangent dans l'âme de chacun, dans celle de
Matteah Baim en particulier.
Leslie Tychsem
www.myspace.com/matteahbaim |
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blundetto - bad bad things* |
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Ces *«Mauvaises, mauvaises choses» commencent pourtant plutôt
agréablement, avec une intro toute en caresses, ronde comme sa ligne
de basse, et qui prenant la route du reggae, nous mène vers un léger
free-jazz.
Le reggae est ici emprunté avec intelligence et mixé à de
nombreuses influences, soul, musique balkanique d’Afrique, années
70, brasil, hip-hop à l’ancienne, électro chaloupée, expérimental
répétitif, ska jamaïcain. Et cela grâce aux collaborations avec
Hindi Zahra, General Elektriks, Lateef The Truthspeaker, Chico Mann,
The Budos Band, Tommy Guerrero, Julien Bittner, Shawn Lee, … Du
reggae (enfin !) décomplexé, ouvert aux autres musiques, et finement
orchestré. «Party animals» vient s’immiscer dans cette reggaetude
avec une chanson qui évoque le groupe néerlandais The Nits, qui
aurait repris pied dans le vingt-et-unième siècle (j’attends
toujours…).
De biens belles influences revisitées, et au final, un
ensemble harmonieux, à écouter bien calé, l’esprit disponible, prêt
à savourer.
Didier Boyaud
www.myspace.com/maxfsnmusic |
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frédéric
bobin - singapour |
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Ça fait rêver, Singapour comme Kairouan, Honolulu, Tampico,
ou Adélaïde, mais ça fait pas le même effet quand Singapour est le
lieu de délocalisation de votre usine lyonnaise, c’est nettement
moins fun, surtout pour ceux qui restent sur le carreau – vide - de
leur ancienne et unique source de revenus.
Frédéric Bobin, dans son
tour du monde des 36 vies plus ou moins désaccordées par la terre
qui tourne de travers, rencontre souvent les mêmes galériens des
temps modernes..
C’est pas Joe de Georgie qui dira le contraire, il a visité
de beaux pays, Joe, le Viet Nam, l’Irak, il peut s’en souvenir dans
sa hutte de cartons, au bord d’un trottoir au pied des tours
écroulées de Manhattan. Drôle de monde qui rit un peu jaune.
J’ai fait un
rêve la nuit dernière
Comme le grand
Martin Luther
Des millions
de bouches affamées
Croquaient le
monde occidenté...
Un monde où le rêve s’exalte pour s’évader des vies banales
comme des photocopies, le roi se mine dans sa vie bancale,
troubadour qui arme sa Stratocaster de riffs enragés (en
l’occurrence, une Gretsch, pour les connaisseurs)
Mais le soir,
courbé sur ma guitare
Je crie «ni
dieu ni maître»
Et les voisins
protestent
Je suis un
rebelle qui dérange
Dans ma vie de
rechange
Dans leur belle robe de notes, les chansons de Frédéric
Bobin traversent cette époque foutraque avec une tendresse pour cet
étrange bipède humanoïde, exaspérant, et attachant désespérément
humain. Textes socio-intimistes, histoires de vie d’ici ou de là...
Comme tout le monde, dans les paysages bleus, option bluezy, mi
Kerouac, mi Balzac, humaniste résolu.
Norbert Gabriel
PS : c’est bien «le monde occidenté» il n’y a pas
de faute de frappe.
www.myspace.com/fredericbobin /
fredericbobin.free.fr/news.html |
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elisabeth
caumont - et duke ellington |
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(avec Le vent se lève) au Petit Journal Montparnasse
En deux temps, certes, mais rien à voir avec le tempo
binaire, tout en jazz, dans presque tous ses états. Premier temps,
avec «Le vent se lève» un big band jazz animé par Mico Nissim,
pianiste de jazz et compositeur, un homme des rencontres insolites.
Membre de l'Orchestre National de Jazz et de nombreuses
autres formations du genre, il a travaillé avec un chœur d'enfants
ou avec la Batterie Fanfare de la Police Nationale, composé pour le
théâtre, mis en musique Pessoa et Jules Renard, accompagné Sacha
Distel, Nilda Fernandez, Philippe Val et fondé «Le vent se lève»,
l'Harmonie de Cergy.
C’était donc une de ces soirées évènement unique, que le
jazz propose régulièrement, avec ce frémissement irremplaçable de la
création pratiquement en direct. Belle rencontre entre le Duke,
Elisabeth Caumont et Le vent se lève, sous la direction de Mico
Nissim.
Qu’on retrouve dans le second temps, au piano, avec Luca
Bonvini et sa trompette à coulisse pour accompagner Elisabeth
Caumont dans son répertoire (une ombre bienveillante s’est jointe au
trio sans préavis)
Dans un entretien ici-même il y a 2 ou 3 ans, Elisabeth
Caumont disait, au sujet de son parcours dans la musique, «qu’elle
est nulle part» ce qui est un handicap dans les systèmes très
formatés par la dictature du code-barre, mais en revanche, ce nulle
part, c’est chez elle.
Pour illustrer ce concept de nulle part-chez soi, un
coup d’œil sur quelques uns de ses concerts depuis un an : création
de «Princesse Micomiconne» son album, à Achères, rencontre avec des
musiciens de jazz bulgares à l’Entrepôt, une soirée au Châtelet pour
la sortie de l’album, une soirée au Duc des Lombards en hommage à
Chet Baker, puis le Petit Journal, avec big band, que ce soit en
trio, avec un quartet, un quintet, un sextet, ou un big band, c’est
le jazz dans tous ses états. Le vrai jazz, celui qui se frotte à
tous les courants d’air qui lui donnent des couleurs, et des envies
de rencontres, et de renaissances permanentes. L’exact inverse des
gestions de carrière en marketing majeur. Seuls les accords
augmentés de tout ce qui fait la vie, simplement la vie libre, sur
des routes biscornues, où chaque virage peut offrir l’inattendu,
l’inespéré, en cadeau. Osons la métaphore Elisabeth Caumont, c’est
un très beau cadeau... en jazz, et en général... et en concert.
Norbert Gabriel

www.elisabethcaumont.fr |
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jordan irvin dally
- despistado |
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Je tourne autour de ce Despistado
écrit en Espagne...
Allez donc essayer, vous, d'expliquer
pourquoi un joli matin de printemps, vous trouvez subitement tout
beau, exubérant, le vert étincelant des bourgeons, les neiges
colorées de pétales volant sur le ciel bleu, le chant à gosier
rompu, toujours dans la surenchère, des oiseaux en pleine
nidification, ou même l'insecte imbécile, sorti trop tôt et qui
reste figé dans les températures encore trop froides. Despistado est
de cette veine là. Enthousiaste et enthousiasmant, frais, coloré, et
jamais naïf au mauvais sens du terme. La maturité du garçon, tant
dans sa façon de chanter que dans son écriture, contraste avec sa
musique lumineuse, sans chichis et pourtant loin des rengaines à
deux accords que l'on nous sert à tous les coins de supermarché.
L'album débute comme une explosion, un de ces réveils où l'énergie,
à son maximum, nous laisse croire que non seulement tout est
possible, mais que le reste l'est aussi. Au centre, le point
d'orgue, Wild Things, ballade dans l'air pur d'après l'averse,
merveilleusement rendu par les perles de rosée des guitares et du
piano. La mélancolie tissée dans les longs cheveux de la chanson se
distille jusqu'à la fin, jusqu'au flamenco triste et ralenti de
Shanidar. Les choeurs tournent en boucle, berceuse, quasi lamento,
retardant au plus loin l'arrêt de la musique...
Despistado s'est fait attendre pendant plusieurs mois. Finalement
sorti en mai dernier, ce EP de 7 titres n'est certes pas le premier
coup d'essai de Jordan Irvin Dally, qui avait déjà sorti un album
chez Jeune Eté Records et qui, avant ça, avait roulé sa bosse d'ado
et de vingtenaire dans quelques groupes de sa Californie natale. Le
voilà désormais soutenu par un tout aussi jeune label français,
Camaraderie Limited, qui produit des CD "faits main" en tirage
limité, objets superbes tant par la forme que par leur contenu, les
illustrations de Bertrand Sallé y étant pour beaucoup. Et en plus,
comme ils n'ont pas de distributeur, les prix restent dérisoires,
même comparés à certains tarifs préférentiels "nouveautés" etc...
Alors, que rajouter, parait-il que l'on a vingt ans qu'une seule fois,
mais j'irai bien jusqu'à monter dans une roulotte pour vous donner
de cette jouvence là... Aucun miracle ne sera promis, sauf celui de
fermer les yeux et de sourire, d'un moment de bonheur qui se propage
des oreilles au coeur et remet en marche la machine à projets !
Leslie Tychsem |
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jean-claude deret - par
deret |
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Jean-Claude Deret ! Vous connaissez
? Non. Moi, c’était pareil… Et puis le hasard, l’écoute de «Paroles
de Bureau», album de Bernard Gainier, paysan beauceron tombé tout
petit dans le Couté, qui reprend sans les chanter deux textes de
Jean-Claude Deret.
Jean-Claude Deret n’est pourtant
pas un poète patoisant, c’est un auteur compositeur interprète
d’aujourd’hui. Né quand même en 1921, il chante encore et toujours,
se produit sur scène et projette même de s’offrir l’Olympia pour son
centenaire, «son premier», précise-t-il.
En écoutant certains Deret, on
pourrait croire avoir mis la main et l’oreille sur des inédits de
Dimey, des chansons retrouvées sur des nappes de bistrot. Ce mélange
d’insolence, de provocation, de rébellion et d’humour, ce
politiquement incorrect. «Le tango du vieux con» ! Tout un
programme. Et celle du mac qui écoute «la valse de Chopin» pendant
que sa bonne amie tapine, c’est sûr, ça se passe rue des Abbesses !
En découvrant Deret chanteur, on a
l’impression de l’avoir déjà entendu. Ses chansons, on les connaît,
sa voix aussi et pourtant… on regrette presque de ne pas les avoir
découvertes plus tôt.
Jean-Claude Deret, c’est d’abord
une langue qui sent bon le vrai pavé parisien, c’est la gouaille,
c’est la roublardise du gars à qui on ne la fait pas, c’est l’esprit
frondeur du vieux briscard, c’est aussi la sagesse, le bon sens et
la tendresse. Sous prétexte qu’il a de la bouteille, il s’autorise
certaines cruautés dans sa peinture de ses contemporains, il n’a
rien à perdre et se permet tout, surtout «sa» vérité toute nue,
celle qu’il n’a pas envie de cacher. Il dresse un portrait amusant
et amusé des ces «intellectuels de gauche», qu’il fréquente à
l’occasion. A une époque chargée d’identité nationale, il se
demande, dans sa «Ballade pour un soldat inconnu», si le gars est
bien conforme aux normes à la mode. Et ses amours ne sont pas
toujours académiques, un coup la sœur, parfois le colonel, une
jeunette ou un jeunot, voire plus grave encore, monsieur l’abbé !
Deret s’en fout, il a le droit de tout.
Et puis ce gars est un poète, ses textes tiennent debout
tout seuls, sa poésie «naît dans la rue, dans les bistrots et
dans le cœur des amoureux». C’est là en tout cas qu’il va
chercher ses histoires et en fait des chansons. Il chante parce
qu’il aime ça, sans doute parce qu’il aime voir les mines réjouies
des spectateurs se pâmer sous ses assauts.
Jean-Claude Deret, c’est aussi la
rencontre avec Antoine Larcher, son accompagnateur et saxophoniste.
«Une rencontre par hasard il y a deux ou trois ans et Antoine et
moi sommes devenus des amis d'enfance. Il joue beaucoup mieux que
moi du piano et mes chansons deviennent bien meilleures avec lui.»
Jean-Claude Deret, au fait, vous
connaissez. Mais si ! C’est lui qui a écrit pour la télé Thierry la
Fronde, il y jouait même le rôle du méchant. Maintenant - et même
depuis près de 40 ans - il chante entre autres activités… et ça
serait couillon d’attendre son deuxième centenaire pour le découvrir
!
Christian Lassalle
jcderet.blogspot.com /
fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Deret |
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des
nuits noires de monde
- au café de la danse |
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Nous étions quelques uns dans cette salle archi bondée à
nous souvenir de ce soir de l’automne 1993, pour l’escale parisienne
de ce «Voyage musical pour chanteuse, chœur de femmes et petit
orchestre forain» formidable création avec les 6 chanteuses et
les 4 musiciens autour de Michèle Bernard.
La re-création, il y a 2 ans à Ivry a fait revivre ce
spectacle, avec le Groupe Evasion pour le chœur de femmes, et
Patrick Mathis, avec son orgue de Barbarie, toujours présent depuis
la première représentation. Et sur ce point, il faut saluer
l’extraordinaire musicien qu’est Patrick Mathis, ce qu’il fait avec
son orgue est prodigieux, ça swingue, ça pulse, ça danse, dans tous
les rythmes.
Du spectacle de la création, 20 chansons, on a perdu «Le
grain de sable» mais on a gagné «Noire nounou» on retrouve le même
charme envoûtant, que les nouveaux spectateurs ont ressenti avec la
même intensité.
Faut-il rappeler la créativité et la vitalité de Michèle
Bernard, véritable saltimbanque multi forme, sur le plan musical,
seule avec son accordéon, en duo piano voix, en trio ou en troupe,
elle sait tout faire pour mettre la chanson en majesté. Avec une
répertoire d’une richesse rare, plus de 30 ans de scène, et pas une
once d’essoufflement, ni dans la forme, ni dans le fond.
Une véritable leçon de bonheur, du Chant’Appart’ en solo,
aux salles à dimension humaine, avec un public qui communie
intimement au spectacle, et qui lui donne un supplément d’âme.
Et ça, je ne suis pas sûr que ça puisse exister dans une
salle de 10000 personnes, dont les derniers rangs ont intérêt à
s’équiper de télescope.
Norbert Gabriel

www.michelebernard.net |
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nancy
elizabeth - wrought
iron |
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Aux premières notes de piano laissées choir sur le clavier et son
écho, la nostalgie s'annonce et se confirme à chaque nouvel accord.
Un ponton de bois sur la mer, après l'hiver, la plage
souillée de branches et de troncs tordus, membres dispersés après
l'équinoxe de printemps. Cela n'est rien bien sûr comparé aux
papiers gras, aux mégots et aux seringues qui les remplaceront
bientôt sous le soleil de Juillet.
Accoudé sur le bois gris, poncé par les embruns, blanchi
par le sel, on se laisse errer dans la première rêverie qui passe.
La voix de Nancy Elizabeth, claire, acide, chaude, est le réel "fer
forgé" de cette album. Courbée dans toutes les directions, volutes
de fer peint de noir, élégant et menaçant. Dans l'arrière-salle du
restaurant encore fermé, la sirène répète les chants qui envoûteront
le touriste perdu sur son pédalo.
La portail rouillé semble fragile, son grincement triste
provoquait le rire autrefois, quand il était interdit de le franchir
sans escorte adulte. De même le chant s'enroule modestement sur un
accordéon timide, tandis que le piano martèle toujours, comme la
grille scande de son ombre le gazon.
De son précédent album, Battle And Victory, Nancy
Elizabeth, touche-à-tout complice de James Yorkston, a gardé la même
capacité à nous contrôler d'une simple vibration de ses cordes
vocales. L'art du forgeron requiert la force et l'adresse, la dame
possède les deux, bien cachées sous les torsades cuivrées de ses
cheveux. Si ses deux prénoms commencent à être bien connus de la
blogosphère et des magazines anglais, il est temps qu'ici aussi son
nom soit retenu.
Pour la magie accomplie de sa voix, pour les mélodies dans
lesquelles elle l'enchâsse, pour ses arrangements faits-maison qui
n'ont rien d'amateur, pour tous les instruments avec lesquels elle
nous embarque, tout cela semble si facile, on pourrait dériver des
heures, perdu au milieu de rien, hypnotisé par les reflets de métal
brillants à la crête des vagues. Et on irait jusqu'à croire que le
fer flotte, vole, ouvre ses propres barreaux et nous pousse à
l'évasion et souvent à la mélancolie de sentiments pas tout à fait
disparus.
Leslie Tychsem
www.myspace.com/nancyelizabethcunliffe |
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elysian
fields - queens of the meadow
- réédition |
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Vicious Circle livre en joli mois de mai une réédition judicieuse du
deuxième album d'Elysian Fields, chef d'oeuvre paru en 2000, dédié à
Jeff Buckley, et épuisé.
Dans la
foulée, et à cette occasion, le groupe s'offre une tournée ad hoc,
en France et en Suisse.
Quatre longues
années s'étaient écoulées entre la sortie remarquée de Bleed Your
Cedar et Queen Of The Meadow, en raison d'un conflit avec
la maison de disques Universal. Il sortira en indépendant et
révélera le duo new-yorkais Jennifer Charles et Oren Bloedow à un
public plus large, français en particulier, qui avait déjà pu
découvrir -c'était mon cas- la voix troublante de Jennifer Charles
sur l'album Mustango de Jean-Louis Murat en 1999 ou encore
dans La Mar enfortuna, opus publié sous le nom de Oren
Bloedow & Jennifer Charles sur le label de John Zorn, Tzadik.
Queen Of
The Meadow,
ce sont à la
fois les balais caressant la peau de la caisse claire, la rondeur de
la contrebasse, le piano-bar et les violons sur Black Acres,
d'après un texte de Poe, les riffs de guitare sur Bend Your Mind
ou Hearts Are Open Graves, la voix en apesanteur de Jenn
sur Cities will fall, le duo balade éponyme, hypnotique et
poignant, en fin d'album, où l'on découvre l'autre talent d'Oren
Bloedow - excellent compositeur -, sa voix.
Il donne le
ton de ce que sera tout le génie de la musique d'Elysian Fields :
entre folk, soft jazz, rock noir et intello, lounge et klezmer. Le
tout basé sur une pulsation lente, avec une agilité à poser les
atmosphères embrumées, vaporeuses et enivrantes des clubs, suavité,
langueur, à ouvrir l'écrin voluptueux de textes d'inspiration
littéraire, picturale, souvent sombres, romantiques, illuminés de la
seule lueur d'une voix éthérée, nonchalante et terriblement
sensuelle.
Hervé
Pizon
www.myspace.com/elysianfieldsnyc /
www.elysianmusic.com
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natacha
ezdra - et jour ferrat |
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Le 2 Mai 2010 à l’Européen.
Après une création à Antraigues sur Volane, fin 2009, le
spectacle que Natacha Ezdra consacre à Jean Ferrat était présenté
dans sa version intégrale le 2 Mai, avec des invités, les vieux
copains, les frangins de scène et de vie, Francesca Solleville,
Allain Leprest, Joffroi, Serge Utgé-Royo, la présence émouvante de
Véronique Estel, et la vigilance en coulisses de Jacques Boyer, la
famille, les compagnons, les amis de toujours.
L’Européen avait très vite fait le plein, d’où la
programmation le 7 Juin de ce spectacle au Vingtième Théâtre pour
ceux qui n’ont pas pu le voir le 2 Mai. (Réservation conseillée)
En prime, il y avait l’expo «Jean des Encres, Jean des
Sources» un remarquable travail sur l’œuvre et l’homme. Qu’on
visiter virtuellement sur le site créé par Philippe Petit, un des
infatigables animateurs des sites consacrés à Brassens.
www.ferrat-expo.com/presentation.html
Natacha Ezdra (et son équipe) a fait un très beau travail,
tant sur le plan artistique qu’humain, pas de pathos, malgré les
circonstances, c’est un Jean Ferrat vivant qu’elle offre, et une
redécouverte de chansons hyper connues par des inventions musicales
dans des arrangements très originaux, qui rappellent, si c’est
nécessaire, que la chanson, c’est paroles ET musiques.
Et les musiques de Jean Ferrat sont très belles.
Un salut particulier à «La matinée se lève» en duo avec
Serge Utgé-Royo, et «Mon vieux» dans sa version originale, dont
l’histoire est relatée dans «Pan sur les doigts»
Et à «Ma France» dont on se demande bien par quelle lubie
incompréhensible cette chanson a été «déconseillée» et censurée au
temps du ministère de l’Information (et de l’audiovisuel)
Ce spectacle commence à tourner, suivez son voyage, c’est
une belle aventure.
Norbert Gabriel
www.natachaezdra.com |
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nilda
fernandez - éponyme |
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Chaque amateur de musique actuelle vivante et de chanson s'est au
moins une fois senti dérangé par la désagréable impression que plus
un artiste accède aux hautes sphères commerciales et radiophoniques,
plus ses créations sont mâchées par des compromis mercantiles.
Du politiquement correct à la rime convenue, les textes
souffrent de devoir satisfaire la majorité acheteuse et les musiques
se plient au diktat des modes. Heureusement qu'il existe des
artistes «parallèles» pour lesquels authenticité, personnalité et
originalité sont encore les critères premiers d'une vie artistique
qui n'a besoin d'aucun moule ni d'aucune étiquette pour avoir le
droit d'exister et se faire aimer.
Vous voyez où je veux en venir... Pour quelqu'un qui
qualifie sa carrière d'«hasardeuse», Nilda Fernàndez tient un cap on
ne peut plus clair sur la question.
A l'opposé du produit de consommation, son nouvel album
remet les points sur les i : non seulement sa qualité en légitime
l'existence, par opposition aux choses convenues dont on nous gave
comme des oies par média interposés, mais son travail se pose comme
une couleur qui enrichirait notre paysage musical, faisant mentir la
tendance à l'uniformisation ambiante.
Pièce unique, son écoute serait comme la cueillette d'un
fruit, à la saveur toute particulière du soleil et de la pluie par
lequel il a mûri. Il nous livre le portrait d'un être humain, avec
ses facettes et ses nuances, qui souffre autant qu'il aime et qui
fait ce qu'il peut. Quelque peu en distanciation du monde actuel et
de ses folies («Le monde est ce qu'il est»), il en célèbre pourtant
les failles comme des trésors et les petits instants comme des
richesses.
C'est un voyage sans ennui dans une palette d'états d'âmes,
où l'on verrait par la fenêtre défiler l'amour, le voyage, les
questionnements, comme les étapes d'une vie.
Admirablement complice de textes concrets mais poétiques,
la musique nous promène d'accordéon à guitare hispanisante ou
franchement rock, à quelques cordes, bruits de vagues ou chants
d'oiseaux. Mais ce qui frappe surtout c'est la finesse des mélodies,
notamment des très beaux «Je lui raconte» ou «Elle m'aimait plus».
Voilà, de belles choses à écouter, touchantes, parfois
drôles, un album intelligent et sensible, une pièce maîtresse pour
les discothèques des amateurs de perles fines.
Nadine Mayoraz
Nilda Fernandez – distr. Harmonia Mundi – sorti le 8
janvier 2010
www.nildafernandez.com |
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frasiak - parlons-nous |
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«Sont p’t’être venus se voir un peu dans l’miroir»
«Faut que j’sois à la hauteur pour ne pas les décevoir»
«C’est vrai que j’manque pas d’air, venir raconter ma vie»
«Tout seul
dans lumière non mais j’me prends pour qui..»
Chanter des mots d’amours et pas des mots d’ordre...
Chanter, porter les mots sur des mélodies à la Caradec (Michel
Caradec, french-folk-singer) voilà un de ces chanteurs rares qui
donnent à voir un spectacle dès la première chanson de l’album. Un
de ces chanteurs qui sait trouver les mots justes, et simples, pour
raconter des tranches de vie, simples mais pas simplistes, précises
et percutantes... Tranches de vie ? Justement il y a une chanson
«François Béranger» il n’y a pas de hasard, on parle bien des mêmes
envies, des mêmes rêves, des utopies, jamais passées en pertes ou
profits, on y croit toujours aux lendemains meilleurs, comme tout le
monde.
Dans son parcours de vie d’artiste et d’homme, il y a
certains points qui le rattachent à Jamait,
l’authenticité sans aucune compromission dans son chemin de
battant un peu anar, un peu râleur, toujours profondément humain
même dans les chansons les plus caustiques, il y a un fond de
fraternité envers ces frères humains vaguement décavés, qui vivent
dans une de ces villes où il y a comme «du spleen à ses rues qui
s’ennuient, mais tout ça lui va plutôt bien» mais on peut y croiser
les ombres de Bernanos, ou de Sophie Thalmann, d’un président
Poincaré, et un chanteur bonimenteur qui vous invite à vous arrêter
un moment..
«Si jamais tu
passes par là un de ces soirs,»
«Va boire un
verre et dis que tu viens de ma part»
«T’auras
peut-être une casquette plombée au dessus de la tête»
«Mais de la
musique et des souvenirs plein les yeux à l’Air Bleu»
Que ce soit à Bar le Duc ou St Nazaire, Roanne ou St Paul
des Landes, le monde peut aller où il veut, on respire mieux avec
l’air d’Eric Frasiak. Parlons-en et parlez-en, toutes ces
histoires, c’est la vie tout court.
Dans cet album, une chanson de Ferré, «Vingt ans» très
belle interprétation, musicalement exemplaire, un vrai beau salut à
Léo... Quand on aime c’est tout ou rien, c’est jamais tout c’est
jamais rien... C’est la vie. Tout court.
Norbert Gabriel
www.frasiak.com |
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gil
- l'oiseau rare |
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C’est un de ces chanteurs au long cours qui vous offre le voyage sur
des musiques de folk cosmopolite en rêve et en partage.
On devine que la chanson pour Gil est un acte
essentiellement convivial, c’est fait pour la scène, avec des gens
devant. Et c’est aussi ce qu’on entend sur l’album, «L’oiseau
rare» très élaboré musicalement avec une dizaine de musiciens et
d’instruments qui donnent des paysages de notes colorées comme des
soleils qui se sont frottés à des rythmes sud américains, qui ont
aimé rencontrer les amis d’ailleurs, ceux qu’on pourrait croiser
dans un bar des 5 parties du monde, là où les humains oublient les
cassures de la vie pour n’être que des frères de bohème ou de
bonheur, le temps de quelques chansons, ou le temps d’une vie, ou
l’idée qu’on se fait d’une île préservée des orages.
«L’oiseau rare» ne s’envole pas seul, il emmène
celles et ceux qui savent attraper au passage les cœurs disponibles
et ouverts. Sans perdre la boule, même quand elle tourne de travers,
et qu’elle a mal à la terre.
Si vous passez par ici, dans les lignes qui parlent de
chanson, vous savez que je n’aime disséquer un album comme un
entomologiste vissé à son microscope, mais il y a des albums que je
mets volontiers en boucle, et qui restent toujours à côté de la
chaîne... L’oiseau rare même s’il s’envole, est toujours prêt
à chanter.
Norbert Gabriel

Soirée au Théâtre des Deux Rêves, Mai 2010.
(«Le bar des 5
parties du monde»
salut à Jo Moustaki)
Toutes infos sur Gil :
www.gilchante.fr |
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imbert-imbert
- nouvel album "bouh!" |
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On croyait que
le dernier était mort...
Que cette race avait été éradiquée par les hordes armées de
mièvrerie de la chanson abêtissante et vaine. On croyait que plus
personne ne pouvait dire le mot «cul» avec grâce. Qu'il était devenu
impossible de fustiger la classe écrasante des oppresseurs sans
collant moulant rouge et cape de soie, dans un sitcom de prime-time,
entre deux éclats de rire pré-enregistrés.
On a failli croire qu'être intelligent, dans ce milieu,
c'était de parvenir à signer dans une grande maison de disques son
propre arrêt neuronal.
Certes, on continue d'entendre ces chansons bêtes à
pleurer, creuses comme le serait le discours d'un trépané sous
Lexomil et on se dit qu'on en a pris pour un bon moment et que tout
ça est bien normal finalement. Alors on n'y pense plus, et ce tunnel
sans lumière tout au bout devient presque amical.
Et puis il y en a un qui se pointe, quand on ne s'y attend
pas, qui fait «Bouh!» dans notre oreille et c'est la douche, le
réveil, le plaisir, le choc.
Rayon de bonheur dans la jungle des sorties d'albums du
moment, Imbert-Imbert nous a pondu un truc de fou! C'est brillant,
intelligent, ça frôle le magnifique et c'est pétri de lumière. La
palette des émotions est grandissime et tout en finesse. La plume
est unique, précise, directe. «Bouh!» est tissé de fantaisie et de
gravité, c'est du très beau et du très bon.
Moi, je dis qu'on devrait faire lire Imbert-Imbert dans les
collèges ! Et le faire entendre dans les cours de musique ! Nos
enfants sortiraient de là avec un horizon peut-être moins étriqué et
plus émerveillé.
Bravo et merci !
Nadine Mayoraz |
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jour
ferré - et 1er mai |
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Quatrième Jour Ferré mis en scène par Edito Musiques, qui propose
chaque fois un spectacle d’une qualité rare.
Et des
découvertes superbes. L’an dernier, autour de Serge Utgé-Royo et des
invités chantants, Annick Roux avait harmonisé les liaisons entre
les différents artistes avec des extraits de textes de Léo. Cette
année, c’est Léo Ferré musicien que Léo Nissim a salué avec des
intermèdes musicaux de haute volée.
L’an dernier,
c’était, pour moi, la découverte de formidables comédiens, Richard
Martin, Pierre Margot qui donnaient aux textes une puissance
explosive par leur résonnance avec l’actualité de la vie. Cette
année, ce fut, pour moi, la découverte d’Emmanuel Depoix, dans un
extrait de son spectacle Ferré absolument éblouissant.
Et le plus beau
compliment qu’on puisse faire à ces Jours Ferré, c’est de surprendre
à chaque fois les plus vieux amateurs qui connaissent leur Léo dans
ses moindres variations, parce que
les nouveaux interprètes invités renouvellent à chaque
fois, «Quoi de neuf ? Ferré !»
Re-créations qui savent respecter l’auteur et le musicien,
ce que des ‘tributes’ récents oublient parfois en trifouillant dans
les musiques pour faire plus moderne. Et là, spécial salut à Léo
Nissim pour ses interprétations réinventées en respectant le
compositeur Ferré.
Final en bouquet somptueux avec l’une des meilleurs
interprètes de la scène chanson, Annick Cisaruk, en duo avec David
Venitucci, musicien qui a tous les orchestres dans son accordéon.
Tout amateur de chanson digne de ce nom sait qu’on peut
donner à Annick Cisaruk un chapelet de superlatifs, je vous laisse
le choix.
Organisation impeccable de l’équipe Edito, menée par
Cristine Hudin, avec les fidèles Serge Utgé-Royo, Jofroi, Yves
Pignot, Coline Malice, Katrin Waldteufel...
Avec un entracte permettant de faire un tour dans la salle
d’expo accueillant des libraires, avec bien sûr toute la librairie
consacrée à Ferré, et à l’esprit libertaire, et des spécialistes des
raretés vinyliques, dont vous trouverez les adresses dans la page «liens-ressources»

Norbert Gabriel
www.myspace.com/editomusiques |
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nicolas jules / damien saez |
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Chronique concert en grand écart.
Après le concert de Saez, un habitué du bar qui jouxte la salle nous
a dit "d'habitude les jeunes ils rentrent, ils font la gueule, ils
sortent ils font la gueule, là, tout le monde est sorti avec la
banane !" C'est vrai.
En revenant du concert de Nicolas Jules je ne sais pas si
je souriais ou pas, j'ai suivi le chemin du retour comme hébétée
après le souffle d'une explosion, avec un grand courant d'air en
lieu et place de mes neurones.
Deux excellents concerts, apparemment difficiles à mettre
en parallèle. Formule Club à La Rock School Barbey pour Nicolas
Jules, salle avec quelques centaines de personnes à la Médoquine
pour Damien Saez. L'inconfort vaut pour les deux, assis sur le
carrelage glacé pour le premier, debout dans la touffeur pour le
second. Et pourtant. Commençons par les jeter tous les deux dans le
panier "chanson rock française". A ne pas confondre avec celui du
linge sale, d'ailleurs question fringues aussi les deux s'opposent:
look post-grunge pour Saez, qui malgré 35°C a gardé sa veste à
carreaux taille bûcheron quasiment jusqu'au bout; élégance pour
Nicolas Jules, même lorsqu'il revêt les pulls les plus improbables.
Chanson rock donc. Parce que les deux aiment les textes
avec de vrais morceaux de poésie dedans. Engagé, ravageur, se
goinfrant de mots crus comme Bukowski descendait l'alcool, faisant
fi de tout ce qui peut vaguement rappeler un euphémisme, en guise de
plume Saez utilise des gants de boxe fourrés de tendresse parfois.
Subtil, agitant mots et sons (cherchez les rimes internes !) perché
sur la quille du Surréalisme, la tête en bas donc, histoire de
garder les idées fraîches et de ne pas baigner dans des vieilles
lunes, monsieur Jules n'est peut-être pas si éloigné idéologiquement
de Damien Saez, mais il y a peu de chance/risque que son poing se
lève et que ses refrains appellent soudain "aux armes !"
Dans l'intimité de la Formule Club, il la joue
marionnettiste, le public gentiment ficelé le suit, expédié à coup
de pitchenette d'un morceau calme à une explosion rock, rembobiné
par une vieillerie crépitante de tous ses sillons, les yeux
ballottés entre le Jules et ses deux acolytes (Roland Bourbon à la
batterie, Béatrice Gréa à la contrebasse) ne sachant où reposer son
regard de peur de louper le geste ou la mimique du siècle.
Plus difficile de s'attarder sur les détails quand 400
personnes vous barrent la vue.
Impossible de croiser les yeux de Saez à cette distance,
mais pourtant c'est certain, tout comme Nicolas Jules, il ne chante
que pour vous.
Après une attaque a capella qui saisit malgré son âpre
rigueur épurée, le groupe le rejoint et là, sont-ce les vibrations
des cordes des trois guitares, le roulement façon éboulis perpétuel
de la basse ou le rythme scandé par la batterie, aussi impitoyable
qu'une moissonneuse-batteuse fin juillet ? Je ne sais, toujours
est-il que les larmes me sont montées aux yeux, alors que je ne
percevais le texte que de manière parcellaire, des histoires de
peuples sous la croix...
Les yeux mouillés dès le deuxième titre, là je pense
"Damien Saez, victoire par KO à la deuxième reprise". Troisième
chanson et le voilà qui grince "j'aime regarder les filles pleurer,
ça me rend GAI !" Rires. Un sourire qui ne me quittera que lorsque
les larsens du plus jeune guitariste se feront trop violents
(l'ensemble du concert descendant rarement au-dessous de 100 db, foi
des compteurs lumineux disséminés un peu partout dans la salle) ou
quand les paroles captées seront trop raides.
Question sourire et énergie musicale, c'est idem avec
Nicolas Jules, même vibrations lacrymales quand Dame Gréa prend son
archet, même batte de base-ball dans la tête quand la guitare et la
batterie ouvrent les failles lumineuses du rock. La fantaisie et le
décalage s'ajoutent au plaisir de l'écoute qui suffirait à nous
dérider. Nicolas Jules semble avoir gagné quelque chose de plus,
quoi, mystère, est-ce le bonheur d'être encore et toujours surpris
par ses concerts qui donne cette impression de crescendo continu ?
Quoi qu'il en soit les nouveaux venus seront probablement conquis,
les fidèles anciens, une nouvelle fois, épatés.
Chacun se plaint à sa manière et avec humour de n'avoir pas
assez de fans, Saez est même allé jusqu'à engueuler dans un rire le
public, après qu'une fan ait hurlé son nom comme si on l'amputait
sans anesthésie "'tain ! Prenez exemple !!" Et chacun a bien raison.
Pour Saez la tournée est finie et reprendra sous forme acoustique.
Pour Nicolas Jules elle continue, "partout". Allez donc vous faire
ravir pour quelques trop courtes heures et/ou en attendant, leurs
albums* sont disponibles...
Leslie Tychsem
* Shaker, Nicolas Jules
www.myspace.com/nicolasjuleschanteur
* J'accuse, Damien Saez
www.damiensaez.com |
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gilbert
laffaille - en public |
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Et un spectacle à la maison, un !
C’est à «L’Esprit
Frappeur» que Gilbert Laffaille et Nathalie Fortin ont enregistré
cet album en public.
Pour plusieurs raisons : l’une étant que les
disques de Gilbert Laffaille sont «provisoirement» indisponibles
chez les marchands, il est bon de donner à entendre un artiste qui
dans sa quarantaine d’années de route des 4 chansons, est toujours
vivant, créatif et productif. L’autre raison, c’est qu’un disque en
public est aussi une carte de visite réactualisée, on peut y trouver
quelques chansons emblématiques, à côté des dernières , celles qui
commencent leur carrière. «Le président et l’éléphant» ça
reste toujours aussi caustiquement jouissif. (avec le clin d’œil à
deux éléphants historiques de la presse chanson...)
Et qui n’a pas entendu Gilbert Laffaille nous expliquer le
cri du milan rate un grand moment de culture zoologique... Mais pas
seulement, cet album est une chronique douce-amère, tendre et
ironique, le monde est une sorte de foire (du trône ?) où on côtoie
le pire et le meilleur, où le royaume de Siam n’est toujours un
paradis enchanteur quand on est une petite fille de Chiang-Maï.
C’est un maître de l’écriture, limpide, précise, sans
affectation, qui raconte la vie, parfois rugueuse, parfois rêveuse,
en 18 tableaux, en comédie baladeuse qui va dans tous les registres
des émotions délicatement ourlées de pudeur, pas d’esbroufe ou
d’effet tonitruant, mais l’humanité frémissante, la distanciation
amusée, avec quelques textes drôlatiques pleins de finesse. Et
«l’introduction à la communication» doit être un des textes
fondateurs de tous les postulants politiciens, ou responsables
politiques ... Et puis comment peut-on ne pas être saisi par
«L’atelier n°15» une sorte d’arlésienne, un grand classique du
théâtre russe, en version courte, 6 minutes, dont je ne déflorerai
pas l’intrigue, ce serait dommage, mais le public a largement
témoigné de son enthousiasme, et reviendra pour ce monument de l’art
dramatique dès qu’Alain Nitchaïeff (de L’Esprit Frappeur) le
proposera en version intégrale, 5 heures.. Cet album est un
spectacle total, je vous l’avais dit.
Dans cet album piano voix, il y a la parfaite complicité
entre la voix de Gilbert Laffaille et le piano de Nathalie Fortin,
elle met les notes juste où il faut pour que paroles et musique se
rencontrent en harmonie amoureuse. Avec un blues délicat ou une
envolée déstructurée à la Picasso et néanmoins musicale.
Gilbert Laffaille chante depuis les années 70, avec un
parcours de vie et d’artiste que vous découvrirez ici-même dans le
prochain numéro. Car je revisite volontiers ce que disait Pierre Dac
«Pour bien comprendre Gilbert Laffaille, le mieux est encore
d’écouter ce qu’il chante*.» Et pour l’écouter, voici les bonnes
adresses pour cet album (encore merci à L’Esprit Frappeur) qui n’est
peut-être pas encore en tête de gondole, mais soyez ferme avec votre
marchand pour qu’il y remédie rapidement.
D’autant qu’ il est urgent et nécessaire d’enrichir vos
connaissances sur Karl-Friedrick Bjőrkenborg (dont Nathalie Fortin
semble être une experte dans l’interprétation) Avec Karl-Friedrick,
vous allez pouvoir briller dans les diners en ville.
Norbert Gabriel
* «Pour bien comprendre les gens, le mieux est encore
d’écouter ce qu’ils disent»(P.Dac)
www.gilbertlaffaille.fr/index.php?lg=fr&page=accueil
www.myspace.com/gilbertlaffaille
et si vous allez voir chez Tranches de scènes, dans le
numéro 3 (toujours disponible) vous trouverez Gilbert Laffaille
«autour de Claude Semal»
On peut aussi se tenir informé des activités de l’Esprit
Frappeur, la Suisse, ce n’est pas si loin.
www.espritfrappeur.ch |
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jean-marie
loubry - le roumi |
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C’est une sorte de farandole qui commence en swing-folk de poissons
qui font un remake musical d’Hôtel du Nord, ou peut-être de Casque
d’or ? En version fable guillerette, quoi qu’un chouïa
coquine-voyoute... mais tout finit, et commence par une chanson.
Puis, cette mise en oreille bien posée, voici «Le roumi»,
pas de pathos, mais tout est dit sur ces étranges étrangers qui
viennent manger le pain des français (je dédierais volontiers cette
chanson au boulanger qui vient d’être récompensé pour la meilleure
baguette traditionnelle, il s’appelle Djibril Bodian, d’origine
sénégalaise). Dans son album Jean-Marie Loubry (assisté de Millyna,
de Baudelaire, Verlaine , de Radiguet) nous offre une soirée
musicale, comme si on était entre copains qui se retrouvent autour
d’une cheminée, il y a en 2 ou 3 qui ont amené leurs guitares, ils
savent faire des chansons, et on fait comme un journal de la vie qui
passe, avec des pages acidulées, des pages farfelues, des pages
tendres, souvenirs partagés, qui vous sont droit au cœur,
J’invente des
histoires
Sur ma belle
écritoire
C’est à toi
que je pense...
On a tous le sentiment d’être celui (ou celle pour qui ces
chansons ont été écrites, il écrit très bien Jean-Marie Loubry, sans
concessions aux facilités ou aux rimes convenues, c’est fluide et
fort, piqueté d’une pichenette d’humour épicurien, iconoclaste pour
de rire, Chanter Brassens l’emmerde, dit-il, et je bien sûr
que tonton Georges lui aurait passé un mot, viens passer l’après
midi à la maison, on s’emmerdera ensemble, et il y aura Louki. Pour
être en bonne compagnie...
Tout ça est savoureux comme un plateau de fromages
(d’Auvergne et du Cantal, bien sûr) dit la chanson fromagère, que
doit jalouser Ricet-Barrier, avec un chœur de chevrettes très
enjouées. Mais que tous ces échos jubilatoires n’occultent pas
l’essentiel, Loubry est un de ces poètes qui a le verbe charnu, le
mot gouleyant, et percutant, pour qui l’écriture poétique est une
matière gorgée de vie, de chaleur amicale, et qui vous offre au
dessert, avec Cathy Fernandez, une rose mourante, mais
Les pétales
tombés dessinent sur la table
Une couronne
d’or
Et pourtant un
parfum subtil et palpable
Vient me
troubler encor.
Et, en final, une version sauvage du Roumi, somptueuse
fresque musicale vous emporte en 5’50’’ dans un voyage sur les ailes
de l’Ama fiesta. En vrai live de vie bouillonnante de fraternités
musicales nomades, libres.
Et il en reste une trace persistante de ce parfum
palpable qui vient troubler encor...
Norbert Gabriel
A retrouver ici :
jmloubry.free.fr
En bonus, une piste informatique vous montre les grilles
d’accords, les partitions, pour faire chorus avec la bande à Loubry.
Appel aux régionaux de l’Aisne, ou d’ailleurs : Nous recherchons
tous renseignements sur le studio SONOTEC qui se trouvait à St
Quentin dans le département de l'Aisne, dans les années 70. Qu'est
devenu le fond, les gens qui s'en occupaient, etc. ? |
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hélène
martin -
voyage en hélénie |
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Dans les auteurs majeurs de la chanson qui ont construit une œuvre
sans concession aux falbalas du show-biz, Hélène Martin est une des
plus belles plumes de chanson, une de celles qu’on garde dans ses
disques de chevet, précieusement, amoureusement.
Depuis quelques jours, un coffret recense 50 ans de
chansons, de textes qui avec les années, n’ont pas perdu un atome de
leur vigueur originelle.
Lorca
Maïakovski Desnos Apollinaire
Leurs ombres
longuement parfument nos matins
Le ciel roule
toujours les feux imaginaires
De leurs
astres éteints
Contre le
chant majeur la balle que peut-elle
Sauf contre le
chanteur que peuvent les fusils
La terre ne
reprend que cette chair mortelle
Mais non la
poésie
Des textes qui chantent et qui cognent, qui percutent et
jettent les mots comme on lance des flèches pour crever les nuages
et les orages,
Bessie
m'attendait sur les quais déserts
Et pour moi
aussi, on brûlait des croix
J'avais le
cœur noir sous le soleil nègre
La terre et le
ciel étaient pleins de pus
De la mer
immense aux cheveux crépus
La voix
éraillée de l'impératrice
Sortait du
silence comme d'un abcès
Sur le blouson
noir d'un marin danois
Mais la chanson, qu’elle soit noire ou rouge, est vivante,
jamais résignée avec Hélène Martin
Riez donc,
chers vivants, brillez, beaux hommes jeunes,
Femmes encore
en fleur dans votre âge fruitier,
Partagez
ardemment l'orange et l'amitié,
Un soir, tout
l'avenir sera que vous partiez
Observer sans
retour le silence et le jeûne
(Pour un portrait esquissé en 3 extraits de chansons, dans
l’ordre : Ainsi Prague, La ballade de Bessie Smith, Mes amis mes
amours.)
Norbert Gabriel
www.helene-martin.com |
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françois
morel - un soir... des
lions |
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S’il vous plait, n’oubliez pas la virgule..... «La sera,
leoni... E la mattina, coglioni..»
Faut-il traduire ? C’est un bon pitch lapidaire du
spectacle de François Morel, une journée particulière ? peut-être...

Dans cette journée, François Morel nous emmène dans les
univers mélangés d’une comédie italienne entre Ettore Scola ,
Vittorio de Sica et Fellini, avec des séquences façon Bourvil dans
sa tendresse ou Reggiani dans son exigence rigoureuse face aux
travers de la vie.
Jamais complaisant, jamais démago , les choses sont dites,
avec humour «je suis un cas sociaux» avec une émotion retenue et
intense dans «Fatigué, fatigué»

C’est un spectacle, pas une suite de chansons, mis en
scène, par Juliette, avec la complicité amicale des amis de
toujours, Yolande Moreau, humour, tendresse, et juste ce qu’il faut
de piquant «chanter c’est lancer des balles» la poésie n’est pas que
belle, elle est rebelle, et si la vie n’est pas toujours marrante,
tâchons au moins qu’elle soit drôle.
Norbert Gabriel
(Saluons au passage La Coursive de La Rochelle, où ce
spectacle a été créé, comme l’avait été «La première gorgée de
bière» avec Foulquier)
Au théâtre du Rond Point jusqu'au 31 Juin.
www.myspace.com/francoismorelofficiel /
www.francoismorel.com
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jean-louis
murat- au bataclan |
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Mon TGV est en retard, les portes du Bataclan s’ouvrent à 19 heures
pétantes, le concert débute avec 10 minutes d’avance. Première
partie : Rouge Madame -dont j’ai dit tout le bien lors d’un
précédent article- déroule avec grâce ses boucles et sa poésie pop,
dont le magnifique Before You Die.
Quelques trente
minutes plus tard, les musiciens s’installent, Murat entre en scène,
tous hyper concentrés. Murat arbore une chemise élimée de bûcheron
canadien, et d’emblée, on se dit que ça va cogner dur, façon Neil
Young, grunge. Mais pas que. Forcément, la section rythmique est
taillée à dessein dans ce bois, élégant et racé Fred Jiménez à la
basse, Stéphane Raynaud à la batterie, solide, puissant. Et les
retrouvailles sur scène avec le compagnon de longue date Denis
Clavaizolle et ses claviers planants, jamais superficiels.
Enfin, Murat et sa
guitare saturée.
Il y aura du son,
du gros son. Et une très belle lumière. Les musiciens seront
impeccables, d’une redoutable efficacité, présentés avec raison et
justesse lors de l’annonce de la tournée comme la dream team
muratienne. Il fallait sans doute au moins ça pour faire oublier le
projet avorté, faute de ventes suffisantes, d’une tournée avec les
musiciens de Nashville présents sur l’album Le Cours Ordinaire
Des Choses.
Le concert démarre
avec Ginette Ramade, un titre faussement en retrait sur le
dernier album, décuplé sur scène, du bois dont je me chauffe. Les
morceaux sont enchaînés rapidement sans arrêt entre deux gares, avec
fougue, tempête, calme, toujours habités, hantés : La Mésange
Bleue, Taïga, Pauline à Cheval (superbe inédit,
BOF du film Pauline et François de Renaud Fely). Murat a le
visage fermé, dur, les trais tirés. Il me donne l’impression d’une
énergie désespérée, il ne pipe mot, le trac confiera-t-il à la
sortie du concert; une première séquence se termine sur un 16
Heures, ébouriffant punk-rock. Le public va chercher Murat,
l’encourage à parler. Les chansons ne sont jamais muettes :
Falling in Love, Chanter Est Ma Façon D’Errer répondent
en temps forts, les wagons de l’amour. Autre sommet Yes Sir,
inédit désormais bien enraciné en live. Et puis un instant rare, de
grande intensité et simple. Sans guitare, autant dire nu, Murat
déloge une face B dont il a le secret Oiseau De Paradis. Il
l’annonce avec humour teinté d’ironie comme un slow, et là il se
transfigure en un grand chanteur de charme, je suis une midinette
m’a-t-on dit ! De ces instants où l’on se sent comme dans un bal
perdu. Un standard revisité Le Train Bleu, et, en clôture,
Se Mettre Aux Anges de l’album Lilith avec des
arrangements qui font même oublier les cordes magnifiques de la
version studio.
Premier rappel :
l’hymne intime, la chanson pamphlet qui colle à la peau de son
auteur Comme un incendie, suivie des Voyageurs Perdus
(j’arrête là la métaphore du cheminot). Puis s’en suit
l’introspection au sommet, l’examen de conscience en apothéose,
L’Examen De Minuit de Baudelaire. Second rappel M maudit,
qui sonne un peu comme L’Au-delà, énergique destroy. Je songe
le concert entier -l’un de ses plus grands concerts- est un hommage
à l’histoire de cette salle : tout le Bataclan, tour à tour café
concert pour romances, dancing, puis salle de spectacles… Il y a
quelque chose de l’ordre d’une fêlure de l’air du temps chez Murat,
qui lui va bien, ici et maintenant, une énergie désespérée à faire
musique, accrochée aux murs, Murat, improvisant, remercie avec
poigne le public de l’aider à continuer son chemin de chant.
Hervé Pizon
Jean-Louis Murat en concert
14 juillet 2010 / Concerts d’été / Ploezal (22)
21 juillet 2010 / Festival de la Cité / Carcassonne
(11)
23 juillet 2010 / Les Francofolies / Spa (BE)
23 septembre 2010 / Palais des Festivals / Cannes
(06) |
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owl
city - ocean eyes |
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C’est tout de même pratique Internet, avouons le. La toile
fourmille de toutes sortes de réseaux sociaux et autres
rassemblements virtuels, grâce auxquels il est possible, au hasard
de nos pérégrinations, de dénicher de nouveaux talents.
Ainsi, mes oreilles, toujours avides de nouveautés et
surtout d’originalité (même relative, vu le contexte) ont croisé le
chemin du groupe Owl City et son album Ocean Eyes. Ravie de trouver
une pépite au milieu du marasme musical actuel.
Tout droit venu des États Unis, Owl city est un projet
musical crée par Adam Young, jeune compositeur fort doué ma foi.
Après deux albums indépendants («Of June», en 2007, et «Maybe
I'm dreaming» en 2008 tous deux autoproduits) , ce «phénomène
Internet» comme on nomme aujourd'hui les artistes issus du web,
signe chez Universal Républic Records et sort en 2009 «Ocean eyes».
Matthew Thiessen, artiste canadien, membre du groupe de
rock américain Relient K prête sa voix sur plusieurs titres (dont le
premier extrait sortir).
La chanson»Fireflies», dont le clip est visible sur
Internet, m’a instantanément capturé les neurones. La douce mélodie
electro-pop-barbapapa (nouveau concept, et puis d’abord j’aime la
barbapapa) et la charmante voix gentiment vocodée Matthew Thiessen,
ont réussi à me scotcher à mon écran.
Malgré tout, le doute s’est installé dans mon esprit au
moment d’écouter l’opus au complet surtout après un gros coup de
cœur pour la chanson phare (quid des autres morceaux?).
Et bien, Adam Young n’a pas à rougir de son œuvre, qui
recèle un certain nombre de petites merveilles acidulées qui
traduisent assurément le potentiel du jeune homme. «Vanilla twilight»
et «The bird and the worm», pour ne citer que ces titres là,
frappent juste.
Oscillant entre mélopées mélancoliques (piano /guitare/
electro of course) et rythmique enjouée, cet album se savoure comme
un paquet de bonbons colorés (la rage de dents en moins).
La déferlante ne cesse de s’accroître des USA à l’Europe,
le groupe se hisse progressivement au top des charts, et c'est tant
mieux.
Avis aux amateurs de nouveaux talents, et bonne écoute !
Séverine Gendreau
www.owlcitymusic.com/home.aspx /
www.myspace.com/owlcity |
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the
postmarks - memoires
at the end of the world |
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Pétula Clark aurait dû jouer avec
Burt
Bacharach
!
The Postmarks* l’a fait, mais avec une pointe de pop
anglaise, pas totalement sucrée, ou alors avec du sucre roux, plus
doux, plus naturel.
“No One Said This Would Be Easy”**, c’est sur, mais c’est assez
réussi.
L’empreinte anglaise de ces floridiens (d’Amérique du Nord)
est bien présente, avec des incursions aux frontières des années
60/70 flamboyantes, grandes envolées violonesques, bandes originales
“So british“. Mais également très de notre époque, de celle qui ose
mélanger élégamment les époques justement. Le tout est emballé softy
et gracieux autour de la voix à la fois caressante et distanciée de
la jeune chanteuse Tim Yehezkely (enfin un nom pas calibré pour le
showbiz !). De la pop atmosphérique selon certaines sources.
Ces “mémoires à la fin du monde“, dont les paroles sortent
de la plume de la demoiselle Tim***, sont aussi une incursion du
côté sombre, non pas de la force mais de la vie, une démarche
souhaitée par les trois membres du groupe issus d’une région du
monde où «tout est parfait et brillant» (sic) mais qui préfèrent
voir «la beauté dans les choses qui sont sales et usées» (sic again).
Je vous souhaite un agréable voyage en vous promenant sur
leur bande (de bitume) originale.
Didier Boyaud
* Les Cachets de la poste
** premier titre de l’album (“Personne n’a dit que ce
serait aisé“)
*** comme dans le texte trouvé sur leur page myspace, je
trouve que Tim sonne comme un prénom de garçon… mais quand elle
chante, “les horloges s’arrêtent, les gens écoutent et les glaces
refusent de couler“
www.thepostmarks.com
www.myspace.com/thepostmarks |
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véronique
rivière - scoop ! |
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Elle était une des première invitées du premier numéro.
Après 3 ans, un relatif silence médiatique mais une belle
tournée avec le spectacle Aznavour, où elle a repris le rôle créé
par Diane Tell, Véronique Rivière repart sur la route (fleurie ?) de
la chanson, et de la scène.
On peut déjà noter sur les agendas qu’elle sera le 30 et 31
Juillet à Avignon, avec Michel Haumont. Pour les distraits, Michel
Haumont est un des 3 ou 4 grands guitaristes actuels, dans la lignée
des folk-acoustiques, un de ceux qui tiennent la dragée haute à nos
amis musiciens américains dans ce style.
Plus de détails avec un entretien dans le prochain numéro,
mais pour une fois qu’on a une info en quasi exclusivité, on ne va
pas rater l’évènement. Et il se murmure qu’en Septembre, des choses
nouvelles seraient annoncées, suspense.
Le 30 et 31 juillet, c’est au Théâtre La Luna, à Avignon. A
18 h, qu’on se le dise !
Norbert Gabriel
www.myspace.com/veroniqueriviere

C’était le 13 Juin, au Théâtre 14, pour Paris en
toutes lettres, Véronique Rivière telle que la verrez
peut-être à Avignon avec des chansons inédites, en avant première
d’un album à venir. |
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damien
saez -
un "connard"*
qui a un
tricycle jaune dans la tête ? |
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Contestataire,
révolté, insolent, énervant, parfois obscur jusqu'au morbide, triste
à sangloter dans la solitude d'une grotte humide... La liste serait
encore longue des qualificatifs, plus ou moins proches de la réalité
ou du cliché qu'on a pu lire sur Saez.
Si le chanteur n'a jamais trouvé grâce aux yeux de ceux qui
croient à l'impératif d'être laid, et anonyme ou méconnu pour faire
une musique rebelle et intéressante, il a su, très tôt, en concerner
bien d'autres par son univers musical dense et multidimensionnel, et
surtout sa poésie, dont les mots touchent droit dans l'âme, comme
flèches venues gratter les plaies, réveiller les blessures,
cristalliser les doutes et les angoisses, et raviver quelques
espoirs et colères.
En marge de la médiocrité formatée dégoulinant des espaces
radiophoniques et de l'industrie du disque -il quitte sa maison de
disque en 2005 pour passer en auto production-, l'artiste trace son
chemin depuis 11 ans, s'écartant des sentiers rebattus du commerce
musical, et dégageant un coin d'horizon différent. Avec 8 albums,
qui s'aventurent dans des compositions classiques, cisèlent des
mélodies acoustiques chargées d'émotions ou se déchaînent sur le
territoire du rock indépendant, Damien Saez a souvent offert des
textes à fleur de nerf et de sensibilité, envoûtants ou exorcistes,
mais toujours justes.
Dans un esprit étranger au très mélancolique et impudique
triple album acoustique «Varsovie/Alambra/Paris» sorti en 2008, son
9ème album «J'accuse» ramène un rock décapé et décapant, parfois
simple, mais toujours efficace, gorgé de références rock alternatif
et punk-rock (Trust, The Clash, Noir Désir, …), sur lequel sa verve
engagée et abrasive se lâche et tombe dans nos oreilles «comme une
bombe dans un dépôt de munitions» (pour reprendre une expression
zweigienne). Il rappelle ces années odorante où la musique sentait
bon la subversion. Autant l'avouer : dans le contexte social,
politique, économique et humain actuel, c'est exactement l'album que
j'attendais, en ne me doutant qu'à moitié qu'il viendrait de lui.
Comme s'il était besoin d'une preuve supplémentaire que la chanson a
encore quelque chose à dire (et sans doute maintenant plus que
jamais), Damien Saez, un poète qui a bien plus qu'un tricycle jaune
dans la tête...
*clin d'œil à celui qui déteste susciter la tiédeur, au
point de préférer être traiter de «connard» que de «mec sympa».
Discographie :
Jours étranges (1999) / God blesse/Katagena (2001-2002) /
Debbie (2004) / Varsovie/Alambra/Paris (2008) / Yellow tricycle : A
lover's prayer (2009) / J'accuse (2010)
Saez en concert à Bordeaux (03/06/2010)
20h30, sans un fragment de seconde de retard, le concert
débute a capella par la chanson «Les anarchitectures», qui ouvre
l'album «J'accuse». Il faut dire que nous avons failli attendre Saez
: le concert initialement prévu le 22 mai a été reporté d'une
dizaine de jours pour raison médicale.
Ce qui frappe immédiatement, c'est l'humanité naturelle qui
transpire de cette voix, humanité qui ne se laisse jamais reléguer à
l'arrière plan par un magnétisme pourtant certain. Damien Saez ne
joue pas la comédie. Il ne calcule pas, ne cabotine pas, et ne
s'extasie pas d'admiration devant son nombril. A l'opposé de
certains pervers narcissiques auxquels l'adulation du public et les
flatteries de quelques média ont fini par donner le sentiment d'être
des mythes vivants, c'est un artiste sincère, vrai, humble, qui
donne et se donne, tantôt avec fougue, tantôt avec une sérénité
ténébreuse, mais sans jamais mentir. Il me rappelle Édith Piaf,
Brel, Barbara, et, derrière eux, l'ombre de tous ceux qui
oubliaient, le temps d'un spectacle, d'une tournée, de s'économiser,
pour se vider entièrement et offrir leur poésie et leur force
endémique en partage à une communauté d'individus venus rêver
ensemble, en nous donnant l'impression de n'être que l'un ou l'une
d'entre nous monté(e) sur scène pour miroiter la violence de
l'émotion, l'intensité de la tristesse, la torpeur de l'angoisse, et
le goût de la vie qui sont en nous. A défaut de ressasser l'éternel
et convenu sentiment de communion entre l'artiste et son public, on
peut aisément évoquer une certaine symbiose.
Les textes pénètrent sans peine l'épiderme, humidifient
même la rétine, quand ils ne donnent pas des envies de meurtre -
dois-je préciser que j'ai failli concrétiser les miennes sur une
blonde avant la fin du concert ?
Quant aux musiciens, même si l'on peut déplorer que
certains soient en retrait (notamment Franck Phan, le copain
guitariste qui l'accompagne loyalement depuis les débuts), c'est,
comme toujours, une formation valeureuse et efficace, groupée autour
d'un Damien Saez, doué de suffisamment d'humilité et de recul pour
comprendre la nécessité de laisser s'exprimer la mégalomanie du
lead-guitariste (qui, soit dit en passant, peut amplement se le
permettre), et n'hésitant pas à insérer avec dextérité et humour un
passage de «Que je t'aime» de Johnny dans une de ses chansons.
Précisons, pour les non-initiés, qu'un étrange rituel veut que Saez
nous inflige, lors de ses concerts, des reprises aussi endiablées
que comiques de tubes commerciaux : nous avions ainsi déjà eu droit
à des reprises de Céline Dion, Kylie Minogue ou encore Beyonce
(chorégraphie comprise!).
Au final, pas loin de 3 heures survoltées (généreuses en
rappels) d'émotion, de beauté, de rage et d'humour qui m'ont permis
de convertir ma meilleure copine à la saezophilie (n'ayez crainte :
ça ne fait mal qu'au début ; après, c'est que du bonheur). Le
concert s'achève dans une très bonne humeur, et la chanson «Perfect
day» de Lou Reed, balancée dans la sono, vient conclure la soirée.
C'était exactement ça : juste un jour parfait.
Miren Funke
* Plusieurs concerts pirates de la tournée sont
téléchargeable gratuitement sur :
www.saezlive.net
Je remercie Etienne Bizeau de Tours
qui a eu l'amabilité de prêter ses photos et de m'apporter son
témoignage |
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mike
stern - en public |
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(c)
oskar c. neubauer |
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Le nez dans le guidon en ce moment, pas beaucoup de
temps pour bavarder, mais là tout de même il fallait faire une
pause, prendre une soirée, tant pis pour le retard.
Il y a des occasions que l'on n’a pas envie de rater, et
celle ci en était une. Mike Stern, pas plus chanteur de chanson non
crétinisante qu'autre chose. Non tout juste un musicien, un gars qui
a joué aux côtés de Miles Davis. Un guitariste, vous l'auriez deviné
n'est ce pas ? Déjà lui seul c'est tout bon, mais avec Richard Bona,
le célébrissime bassiste camerounais. Les deux sur la même scène, en
même temps, in-ra-ta-ble.
Mike Stern joue du jazz fusion, un mélange de rock, de funk
et de jazz. La richesse harmonique du jazz, alliée à la puissance
rythmique de la funk et l'énergie du rock, c'est ça la fusion. Stern
c'est une allure de guitariste de rock, il entre sur scène avec une
démarche de félin, qui accuse tout de même quelques petites rondeurs
habilement dissimulées sous un T.Shirt noir. Imaginez une gueule à
la Jagger avec le jeu d'un Larry Carlton des années 80, qui aurait
copiné avec les 2 Jimi, Page et Hendrix. Il vous envoie le son de sa
Telecaster à volume très soft, très coloré par l'effet chorus.
Passant de rythmiques funky à des chorus dans lesquels ils mêlent
des phrasés blues et jazzy, avant d'envoyer le gros son, le "sound
of rock", puissant, avec des bons gros riffs qui respirent bon
l'hormone et l'énergie du rock, et des chorus qui vous envoient les
neurones direct là où ça fait du bien. Et il jongle comme ça avec
vos nerfs et vos émotions, passant de la douceur, au léger, du léger
au puissant, et tout ça sans jamais être agressif. C'est
probablement là un de ses points forts. Même quand il joue avec un
son sursaturé, ce n'est jamais agressif, ni par le volume, ni par le
phrasé, ni par le choix des accords, ça reste toujours
extraordinairement limpide et mélodieux. Oui bien entendu, il y a
certainement derrière tout cela le travail des gars de la table qui
égalisent et corrigent au fur et à mesure, et je le dis là, parce
que Mike Stern ne les a pas remercié en public, il fallait bien
qu'il y ait une faille chez le monsieur.
Et les autres ? Ah le Richard Bona, mesdames et messieurs,
quel grand bassiste !!!! Lui c'est un cas, un groove à faire bouger
un régiment de religieuses en méditation. Une voix extraordinaire,
oui, parce que non content d'être un bassiste d'exception, le
monsieur chante et plutôt très bien. Richard Bona, sa fusion à lui
c'est les mélodies africaines et tout ce qui fait bouger la tête,
les pieds et le coeur. Il était dans son jardin hier, ça se voyait,
sur deux phrases il vous sublimait le groove d'un morceau, j'avais
rarement vu à ce point. Imaginez un morceau qui bouge déjà pas mal,
hé bien sans modifier ni rythme ni tempo, de toute façon y a le
batteur qui veille au grain, non lui le Bona il donne du relief au
tempo. Sur une phrase, d'un coup de slap, sur un passage de note, il
vous fait grimper un col en vous donnant l'impression que vous venez
de monter une petite côté de rien, le roi du dopage indétectable est
groove.
Et tenez vous bien, c'est pas tout, parce qu'il y avait
encore sur scène un saxo et un batteur dont je n'ai pas retenu les
noms, mais je peux vous dire que j'ai retenu ce qu'ils faisaient de
leurs instruments. Le batteur lui, c'est un animal bizarre.
D'aspect, un mec normal, deux bras, deux jambes, une tête, jusque là
du très banal. En action, ouh là !!!
Quand on se concentrait sur le rythme et le tempo, là on
remarquait que le gars faisait tous ses solos de batterie
systématiquement à côté des temps forts, parce qu'il y avait le
Richard Bona et sa basse pour mettre les accents sur les temps forts
laissés volontairement libres par le batteur. Ca donnait une densité
incroyable à l'ensemble, les roulés de tambour, de cymbales, tout en
l'air et les lignes de basses sur les temps forts Là dessus
vous posez les rythmiques funky sautillantes de Mike Stern, pas un
seul plantage de mise en place, un travail d'orfèvre, là juste
devant nous et nos yeux qui n'en croyaient pas leurs oreilles.
C'était littéralement magique, un joli bordel pour mon cerveau, là
où mes yeux disaient " j'vous dis que ce sont des mecs normaux ",
les oreilles répondaient:" Putain les yeux, z'êtes vraiment
trop lourds, ces mecs sont des extra terrestres !!". Et puis comme
pour ajouter un peu plus de bonheur, il y a avait le sax qui
distillait en guise de chorus des petits bijoux de précision et de
joyeuse inventivité.
On a eu droit à la présence surprise de Didier Lockwood, venu
échanger quelques chorus tirés de son violon en chanté. Lockwood est
un excellent musicien quand il veut bien jouer du violon plutôt que
de l'égo. Hier de toute façon, son ego aurait été insuffisant pour
surpasser la somme de talent qui se trouvait sur scène, il ne lui
restait qu'à verser le sien pour remplir la coupe à ras bord, c'est
ce qu'il fit et de très jolie manière. Et nous on a bu jusqu'à plus
soif !!!!
Retour à la maison, couché 2H30, réveil 7 heures, Petit
déjeuner, je me passe les doigts dans les cheveux et j'arrose la
table d'une pluie de notes restées accrochées à mes bouclettes en
bataille, j'éteins les deux amplis fender twin qui sont restés
allumés dans ma tête toute la nuit. J'ouvre les yeux, mais je suis
dans ma cuisine, pas au new-morning et les neurones sont encore au
lit. Dave Weckl et Bob Franceschini, j'ai retrouvé le nom du batteur
et celui du sax. Sortage dans la cour, montage dans la voiture,
démarrage, roulage, les yeux un peu lourds mais le coeur léger.
Allez hop au taff, les musiciens sont des magiciens, tout va bien.
Philippe Autret
www.mikestern.org |
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grégory
veux - saravah |
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Si je vous dis «Saravah» vous pourriez répondre en
langage Almanach Vermot «pas mal et toi ?», si vous êtes un peu
proche du monde de la musique et de la chanson, vous savez peut-être
que Saravah est un label de chanson qui vit depuis plus de 40 ans,
le seul label français en activité ayant survécu aux multiples
séïsmes qui ont bouleversé le monde du spectacle.
Si vous êtes un cinéphile quelque peu averti, vous savez
que Saravah est né d’»Un homme et une femme» et de Pierre Barouh et
Claude Lelouch, et si vous ne savez pas tout ça, nobody is perfect,
je résumerai en quelques mots : Saravah est une utopie née d’un
refus, et qui a réalisé ses rêves. A la façon de Merlin,
«Sans le rêve,
l’action est vaine, et sans l’action, le songe est creux.»
Dans cet art des rencontres qui a vu naître des artistes
comme Brigitte Fontaine, Higelin, Areski, Pierre Akedengué, au tout
début de l’aventure, et qui a fait renaître Pierre Louki ces
dernières années, Saravah et Pierre Barouh n’ont jamais dérivé de ce
postulat, de cette ambition originelle, «Enfanter un peu de
beauté humaine».
Saravah, c’est une sorte de miracle constamment renouvelé
de la rencontre, quand on voyage dans un rêve en couleurs bariolées
de samba vers des pays où l’étranger est un ami qu’on ne connaît
pas encore.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que j’ai partagé
hier 10 juin, une de ces soirées magiques qui me faisaient voyager
derrière mon poste de radio forézien quand le Kabaret faisait escale
dans des caves près de St Eustache, et hier, j’y étais. C’était une
carte blanche à Grégory Veux qui avait invité quelques artistes
amis, certains qu’on retrouve toujours avec bonheur, d’autres qu’on
découvre mais qui sont d’emblée de la famille, ainsi Virginie
Seghers, et Les Têtes de Chien… Pour les premiers, c’était la petite
galaxie des presque vieux copains, Claire, Greg, Dominic, Pierre, et
quelque part, dans un coin, on percevait quelques présences
invisibles et amicales, Louki, Caussimon... Vinicius, tellement
vivant dans la voix de Pierre Barouh que j’ai dans la bouche le goût
du whisky qu’on n’a jamais bu ensemble. Saravah compañero !
Cette carte blanche, Grégory Veux en a fait un kaléidoscope
d’émotions douces et intenses, offertes à tout passant de bonne
volonté qui aurait les oreilles disponibles et le cœur ouvert à ces
partages «d’un peu de beauté humaine»
Saravah les amis à venir, on se retrouvera bientôt, quelque
part, il faut multiplier sans réserve ces possibilités de
rencontres, on dit en Italie, qu’ «un plaisir partagé n’est pas
un demi plaisir mais un plaisir double».
Ça vaut pour pas mal de choses dans la vie.
Ce plaisir, ces rencontres à la Saravah, il faut les
multiplier, les retrouver, hier c’était à l’Archipel, demain ce sera
où ? Où vous voulez, puisque vous pouvez aussi être des spectateurs
vivants, actifs, partie prenante du spectacle, l’utopie est
possible, la preuve par Saravah.
Norbert Gabriel
Pour en savoir un peu plus, sur les artistes en scène,
visitez les pages web de
www.myspace.com/gregoryveux
fr.wikipedia.org/wiki/Saravah
www.saravah.fr/
www.myspace.com/tetesdechien
www.myspace.com/claireelziere
www.claireelziere.com
www.myspace.com/cravic
www.myspace.com/lesprimitifsdufutur
www.virginiesegherschante.com
Merci à Michel Rio, Pierre Barouh, l’Irlande, l’Italie pour
les citations, dits ou proverbes.
Et quelques images :

Grégory Veux Claire Elzière Dominic Cravic Virginie Seghers
Pierre Barouh


Les Têtes de Chien et Grégory Veux - Final
Dernier point à signaler, la forme très fluide de cette
soirée rencontre, les invités s’intègrent sans temps mort, les deux
musiciens Grégory Veux, et Dominic Cravic assurent le lien en
continu, avec une grande complicité. Grégory faisant office de
présentateur des invités, c’est plus qu’une carte blanche, le maître
de cérémonie a harmonisé ce ballet de chansons, en vrai spectacle
qui raconte une histoire, celle d’amis qui aiment se retrouver,
qu’ils soient sur scène ou dans la salle. |
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fredo
viola - the turn |
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Ambiance d’un café accueillant, quelques voix légères.
Juste le temps de se mettre à l’aise, à l’écoute de ce qui va
suivre.
Voix amples, claquements de doigts, orchestre vocal,
maîtrise des arrangements… Où sommes-nous ? Dans l’un des univers de
Fredo Viola. Médiéval ? Minimaliste ? Moderne !
La voix est le point central des harmonies et de l’émotion.
Et parfois les mots sont remplacés par des sons, plus libres que des
vraies paroles. Fredo a fait ses classes comme soprano mais est très
éclectique. De romantisme mystique, en ballade pop anglaise soft
avec flûte traversière et claviers ronronnant, de l‘électro aux
extraits naturels de folk douce, en marche mi-litaire mi-ludique,…
La première pièce de ce récit filmique nous enveloppe d’une
délicatesse qui grimpe jusqu’à l’apogée, comme un orchestre
symphonique, pour finalement atterrir dans une ambiance maritime, où
mouettes et vagues s’agitent.
Il nous a embarqués et il ne reste plus qu’à poursuivre
cette belle virée sonore.
Didier Boyaud
www.fredoviola.com |
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jeune public |
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actus
naïve - jeune public |
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Les femmes et les enfants d’abord, ça vaut autant pour le
sauvetage en mer que pour l’avenir de l’humanité, et celui de la
musique.
Si en prime la musique adoucit les mœurs, préparons un
avenir doux et musical avec quelques bonnes bases à recommander dès
le premier âge. Ou le second, celui qui permet aux chérubins
d’exprimer leur enthousiasme suscité par les berceuses, comptines,
ritournelles que maman-papa leurs chantent pour agrémenter le
biberon nourricier. Et les premières manifestations d’enthousiasme
après la voix, c’est le geste. Que votre entreprenant rejeton chéri
accompagne - le geste- d’outils et accessoires dits
« percussions domestiques» une cuillère martelée dans l’assiette,
ou un biberon judicieusement tapoté sont un premier départ
encourageant. Et tout bon parent soucieux de l’évolution épanouie de
sa progéniture, va se faire un devoir de compléter ces intéressantes
dispositions. Et comme vous n’êtes pas seuls dans cette bonne
disposition, NAÎVE a pensé à vous, avec l’album « Fées Do Do »
volume 3, les percussions. Et dans sa grande sagesse, Naïve a
compris que la batterie avec caisse claire, cymbales, grosse caisse,
tom-tom, ou tam-tam-tam n’est pas forcément adapté à votre home
sweet home 3ème gauche. C’est pourquoi cet album aborde les
percussions en douceur, avec marimba, vibraphone glockenspiel, ce
trio de percussions s’appuyant sur les grands thèmes de la musique
classique pour une première initiation toute en simplicité, avec des
instruments abordables à tous les points de vue.
Et si votre petit prodige est un futur Mozart, ou Glenn
Gould, ça vous laisse un peu de temps pour envisager le Steinway à
queue, et le salon qui va autour.
Fées Do Do,
Musique pour les rêves, volume 3. Et vous pouvez commencer par le
début, il y a actuellement 3 volumes disponibles..

www.naive.fr/#/category/music/youth
Ensuite, après ce début encourageant dans la découverte de
la musique, il y a l’expression de ses envies artistiques, tiens,
dans une comédie musicale, vous avez tout : il faut écrire le
livret, composer les musiques, faire la mise en scène, dessiner et
coudre les costumes, concevoir et construire les décors, et
l’interpréter. Il faut une assez grande famille pour avoir tous ces
talents et savoir-faire disponibles. En attendant, soit que votre
famille soit assez nombreuse, soit que vous ayez acquis toutes les
compétences, il existe une comédie musicale pour petites oreilles
qui arrive à point nommé pour vous faire un Broadway virtuel, mais
très complet. Avec Dolly-Sophie Forte, c’est parti pour une histoire
des comédies musicales, mais une histoire vivante, avec
démonstration, et un panorama des plus grands artistes du genre.
Judy Garland, Fred Astaire, Gene Kelly, Paul Robeson, le
magicien d’Oz, Show Boat, West side story, Gershwin, la veuve
joyeuse, My fair lady, la mélodie du bonheur, Porgy and Bess, un
américain à Paris, ou les hommes préfèrent les blondes, tout
Broadway défile, tous les classiques, toujours aussi éblouissants.
Le truc à faire rêver aussi les grands, parce qu’ils ont été des
enfants, et que ça ne fait de mal d’en redevenir un de temps en
temps... Le temps d’une chanson, ou deux ... ou trois.
Norbert Gabriel
www.naive.fr/#/artist/musiques-pour-petites-oreilles
Cet été
retrouvez les autres artistes naïve jeunesse sur scène !
Pascal
Parisot :
12 Août à Fourmies
pour le Festival Féron’arts
David
Sire :
13
Juillet à La Rochelle pour les Francofolies / 24 Juillet à Spa pour
les Francofolies de Spa / 27 Août à Saint Cloud pour le Festival
Mini Rock en Scène
Abel
: 30 Juin
à Vincennes pour le Festival Pestacles / 14 Juillet pour les
Francofolies Junior / 5 Août à Niederbronn pour le Festival Rêves de
Mômes
ZUT
: 6 Juillet à Auxon pour le
Festival en Othe / 13 Juillet à Epernay pour le Festival Musiques
d’été / 22 Juillet à Sablé sur Sarthe pour le Festival Rock ici môme
/ 25 Juillet à Alizée Ste Roche pour le Festival Les Nuits Péplum
Alésia / 1 Août à Niederbronn pour le Festival Rêves de Mômes
The
Nino's :
23 Juin
à Vincennes pour le Festival Pestacles / 13 Juillet à Cholet pour le
Festival Enfantillages / 24 Juillet à Spa pour les Francofolies de
Spa / 28 Août à Saint Cloud pour le Festival Mini Rock en Scène
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when
you're strange -
documentaire |
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Pour un non "doorsien" professionnel comme moi, le documentaire de
Tom Di Cillo apporte beaucoup d'éléments de compréhension sur le
groupe, de sa création à son éclatement, des moments lyriques aux
périodes critiques, et du lien avec son époque.
Il
s’agit bien des Doors et non seulement de Jim Morrison, ce qui fait
la différence avec le mythe que presque chacun connaît, et qui fait
abstraction de l’histoire de plusieurs personnes.
Ici on découvre trois autres musiciens, créateurs, créatifs,
inventifs, mélangeant déjà les influences musicales.
Attachés leur époque, tant leur musique a été absorbée par la
jeunesse de ces années qui virent l’apogée des Hippies et des
guerres marquées par leur médiatisation.
C'est assez bien venu de la part d'un documentaire, et le montage de
celui-ci est vraiment fin et inspiré.
Jouant habilement des scènes de concert montées sur des sons
d’autres morceaux.
Les images d’archives qui constituent son unique matière (un boulot
de fou je pense pour visionner et monter tant d’images) nous font
approcher les êtres humains que l’on suit.
Il
m’est apparu en sourdine le sentiment d'être uniquement spectateur,
sans être assez rentré dans l'univers des Doors.
Peut être un peu trop explicatif (dates,...) ?
Et
étrangement, les scènes avec Jim Morrison en voiture semblent
déplacées, ne servant pas le propos mais faisant penser à des images
tournées récemment avec un acteur jouant pour nous le rôle de Jim
(il s’agit d’extraits du court-métrage que Jim Morrison avait fait
lorsqu'il était étudiant à UCLA).
La
voix-off de Johnny Depp s’intègre naturellement au récit, et
participe à la réussite de ce long métrage.
Didier Boyaud |
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jean-louis
foulquier - première
gorgée |
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«La première
gorgée de bière»
version scène, le 3 Avril au Théâtre du Rond-Point
Dans «La première gorgée de bière», pour le
public venu au Théâtre du Rond Point, la révélation est
incontestablement Maeva Le Berre. Ce n’est pas pour réduire le rôle
de Jean-Louis Foulquier, mais ceux qui ont vu «Doux et mou»*
ont pu constater que le bonhomme n’est pas qu’une grande voix de
radio, et pas seulement un comédien dévolu à des personnages
picaresques au ciné ou à la télé. Ce court métrage montrait des
qualités et une présence impressionnantes, dans la capacité à faire
passer des émotions intenses en jouant du presque rien, sans effets
ni artifice, simplement une présence. Qu’on retrouve au théâtre.
Et ce pari de théâtre peut faire regretter que la radio
l’ait occupé si longtemps. On ne va pas s’en plaindre, et la chanson
non plus, Pollen n’a pas été remplacé, ce en quoi France-Inter
manque à sa mission de service public en ayant supprimé une des
rares émissions de chanson de haut niveau. Mais en mettant Foulquier
à la retraite, Radio France lui donne l’opportunité d’une autre
aventure artistique, et celle-là, il ne la vit pas par procuration
en faisant découvrir des talents, mais en se mettant lui-même sur
scène.
Le texte de Philippe Delerm n’est pas une révélation non
plus, c’est pourquoi dans ce quatuor indissociable (il faut y
joindre Marc Rivière, réalisateur qui fait sa première mise en scène
de théâtre) la révélation c’est la musicienne.
Dans la construction de ce spectacle, il y a le socle des
mots, sur lequel Marc Rivière échafaude un assemblage mobile, la
présence du comédien, sa voix qui apporte une intimité avec le
texte, avec celui qui le dit, et ceux qui l’écoutent.
Et il y a la musique de Maeva Le Berre, qui crée des
espaces aériens, des moments de grâce infinie, parfaitement relayés
par les lumières, qui exaltent sa présence. Elle est beaucoup plus
qu’une accompagnatrice de scène, par sa complicité attentive,
intense, qui suggère l’image du balancier assurant l’équilibre du
funambule.
Mais le plus remarquable est son talent à créer des
paysages et une mise en espace par la musique... Parfaite alchimie
artistique entre la musique qui génère des envols oniriques, et la
voix de Foulquier avec sa proximité chaleureuse
Quand on perçoit ce genre de sensation, on peut se poser la
question, ai-je été bluffé par la présence lumineuse de la
musicienne, et le charme de l’ensemble me fait-il surévaluer le seul
talent musical ? Cette question, je l’ai posée à mes voisins de
fauteuils, voisins de hasard, inconnus, mais nous avons communié à
la même gorgée de souvenirs, et en exposant ma question, un peu
confusément, sur l’espace créé par la musique, ils ont été
unanimes : c’est exactement ça, je ne suis donc pas le seul à avoir
vécu cette sensation.

Et pour finir (provisoirement) sur ce point, la
conversation s’est poursuivie dehors, avec quelques autres
spectateurs «de hasard» qui avaient simplement envie de partager et
prolonger cette rencontre, autour, et avec ce spectacle,
parfaitement intergénérationnel, car dans cet échange spontané,
l’éventail des âges était très largement ouvert, disons de 30 à 70
ans, mais l’âge ne faisait plus rien à l’affaire, le bonheur était
le même.
Pris individuellement, on peut ne pas apprécier le style de
Philippe Delerm, on peut ne pas être amateur de la voix de Foulquier,
mais il faut oublier tout ça, car dans cette création, on découvre
un ensemble qui recompose chacun des éléments pour en faire un tout,
entièrement nouveau, un tableau qui a combiné les couleurs
indépendantes pour en faire une œuvre nouvelle, magnifique, qui va
chercher des émotions dans les recoins les plus intimes de chacun,
dans des recoins inexplorés. Une anecdote résume assez bien cette
capacité : dans ses souvenirs Philippe Delerm évoque le maillot
sobre de Jacques Anquetil, une seule couleur, avec une petite
broderie en cursive sur le devant, rien à voir avec les
kaléidoscopes bigarrés et flashy des coureurs de 2010. Anquetil, et
son maillot sobre, uni, il faut être senior, et amateur de vélo pour
savoir de quoi il est question. N’empêche, une jeune voisine de
fauteuil, jeune, disons 30-35 ans, donc très jeune, a fait son petit
film perso, que je résume, «c’est joli cette histoire de cycliste
qui fait broder le nom de sa petite amie sur son maillot» car la
broderie, c’était Hélyett, (marque de cycles des années 50-60,) et
elle avait entendu Eliette, comme le prénom. Qui s’écrit aussi
Hélyett...
Pendant un instant, elle est partie dans un rêve personnel,
comme un souvenir inventé, qui devient presque réel tant il est
inscrit dans la mémoire collective. Comme le Laguiole du grand père,
(ou l’Opinel) cette image est tellement présente, qu’on a tous un
grand-père avec un Laguiole dans sa poche.
C’est la magie de ce spectacle, on pourrait dire aussi que
Philippe Delerm a écrit quelque chose qui n’attendait que la mise en
scène pour se sublimer. Grâce à la conjonction des talents réunis,
qui se magnifient mutuellement. Et la musique de Maeva Le Berre en
est un des partenaires à part entière.
Un bon comédien n’est jamais aussi bon que lorsqu’il a des
partenaires à la hauteur, et pour cet exercice, Jean-Louis Foulquier
est porté par ses trois associés, l’auteur, la musicienne, le
metteur en scène (et l’éclairagiste).
C’est comme un concert de Menuhin, ou Yvry Gitlis, quand
ils jouent le Concerto pour violon en Ré mineur de Tchaikovski, il
faut la partition du compositeur, le talent du musicien, un violon
Stradivarius, ou un Guarnerius, et le chef d’orchestre. A vous de
voir qui fait quoi dans «La première gorgée de bière» version
scène.
Qui a terminé ses semaines parisiennes, mais la vie
continue, et le spectacle aussi. Et il n’est pas possible que ce
spectacle ne soit pas invité à tourner.
Pour plus d’infos sur la genèse de cette création, voici
des liens pour tout savoir, les entretiens avec Marc Rivière,
Jean-Louis Foulquier et Maeva Le Berre expliquent les rouages et la
construction de cet ensemble fragile qu’est un spectacle avant la
scène, devant le public.
www.la-coursive.com/index.php?id_page=73&id_site=1
www.la-coursive.com/index.php?id_page=74&id_site=1
www.la-coursive.com/index.php?id_page=69&id_site=1
* Le court-métrage de Lucie Duchêne est visible là-dessous
www.6nema.com/sacrebleu/court-metrage/doux-et-mou-2095
Jean-Louis
Foulquier, peintre
Mais il y avait aussi Jean-Louis Fouquier peintre, qui
exposait au Musée de la Poste plusieurs semaines. On ne raconte pas
la peinture, on la montre. En quelques mots, de Studio de nuit à
Pollen, Foulquier a mis beaucoup de couleurs dans les musiques qu’il
invitait à l’antenne, aujourd’hui, il y a de la musique dans ses
peintures, voici un bref aperçu...

Pour suivre les nouveaux chemins de Jean-Louis Foulquier,
www.myspace.com/jeanlouisfoulquier
Et nous surveillons «La première gorgée de bière» qui
passera un de ces jours chez vous, peut-être.
Norbert Gabriel |
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pierre
étaix - longs métrages |
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Après l'annonce, il y a quelques jours, de la projection à
Cannes du film "Le Grand Amour" de Pierre Etaix, nous sommes heureux
de vous annoncer la ressortie officielle de l'ensemble de ses films
le 7 juillet 2010.
Cinq longs métrages et trois courts métrages (dont un
inédit) sont actuellement en cours de restauration sous la
responsabilité de François Ede et le regard de Pierre Etaix. Cette
restauration est unique (c'est en effet la première fois qu'une
oeuvre cinématographique est restaurée en une seule fois dans son
ensemble). Elle est le fruit d'une belle collaboration entre Pierre
Etaix, Studio 37 (propriétaire des négatifs), et les fondations
Technicolor pour le Patrimoine du Cinéma & Groupama Gan pour le
Cinéma.
Un grand merci à Pierre Etaix pour son courage et sa
détermination, merci aussi à François Ede, à toute l'équipe de
Studio 37, à Séverine Wemaere (Déléguée Générale de la Fondation
Technicolor) & à Gilles Duval (Délégué Général de la Fondation
Groupama Gan) pour leur travail remarquable et leur obstination.
Encore une bonne nouvelle: l'intégralité de l'oeuvre
cinématographique de Pierre Etaix sera disponible en DVD à la
rentrée. Nous vous communiquerons tous les détails dans une
prochaine lettre d'information.
Norbert Gabriel
Pour plus d’infos :
lesfilmsdetaix@gmail.com |
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district
9 - en dvd |
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Merci m’sieur dvd*
De m’avoir permis
Longtemps après sortie
De pouvoir regarder
Les films que j’ai ratés
Comment tomber sur un film détonnant alors que le visuel de
la jaquette du dvd fait réellement penser à la floppée de films de
genre, fantastique à effets spéciaux, testostérone et hémoglobine
renforcés. Et plouf, on se retrouve immergé dans un format
totalement décalé, un faux documentaire réaliste à souhait, mais
très décalé grâce à son personnage principal, le coincé à mèche
grasse, tout en excès, et qui ne se sent pas à sa place devant la
caméra. Il est le fil conducteur de cette histoire et nous embarque
dans cette folie – sa folie ?
L’info que l’on pourrait penser principale - l’arrivée d’un
vaisseau spatial stationné au dessus de Johannesburg, en Afrique du
sud et non aux USA… - est traitée comme un simple fait divers.
L’idée filmique majeure est ici l’immersion totale dans le sujet
grâce à ces points d’entrée décalés : caméra à l’épaule du
documentaire, vidéos de surveillance des ghettos pour aliens,
reportages télés à la recherche du scoop, interviews, live en
hélicoptère, … et images «propres» au film. Les logos présents sur
ces images participent au sentiment d’être devant sa télé, que c’est
là que cela se passe, maintenant, et que l’histoire est crédible.
Les caméras sont parfois éclaboussées par divers sangs, humains ou
non, comme pour révéler le besoin croissant de nos congénères pour
les scènes sanglantes au cinéma. Mais jamais on ne s’attarde en gros
plan sur ces scènes violentes, sauf si elles apportent une matière
au propos du film. Le réalisme des lieux, des personnages, des
crevettes – nom officiel des aliens ! – est aussi très bluffant. Ces
aliens peu ragoûtants sont crédibles voire réalistes et on s’y
attache, presque plus qu’au personnage principal, pourtant
excellent. Ce personnage évolue tout au long du film, passant de la
naïveté à l’enthousiasme et de la peur à la révolte.
Venant d’un réalisateur blanc sud-africain, ce regard sur
le sort d’une population cloîtrée derrière des barbelés et laissée
dans le dénuement et la violence qui en découle, renforce l’atrocité
du sort qui a été celui de la population noire pendant si longtemps
dans ce pays. Il était temps qu’une fiction s’en fasse l’écho, et de
belle façon.
Didier Boyaud
*à mamz’elle vhs et leur descendant le p’tit blue-ray
aussi. |
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