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    alors ... campe ! - premier off
     

Un bilan positif pour un premier «OFF».N.I. 

 

«Alors… Campe !» le premier OFF du Festival de chanson francophone «Alors… Chante !», a été une belle réussite : Plus de 20 artistes, plus de 50 concerts et une fréquentation inattendu du 10 au 16 mai à Montauban.

Des concerts intimistes dans la caravane et d’autres plus festifs sur une scène extérieure ont vu les curieux et les professionnels défiler de plus en plus nombreux (quelques centaines de personnes par jour). Des rencontres musicales imprévues entre artistes : un duo de Pascale LeJeune et Zedrus, des jams endiablées en backstage, un moment de partage typiquement «helvétique» avec la traditionnelle raclette offerte par l’équipe du Chat noir (Roland Le Blévennec) ouverte pour le première année au public dans l’enceinte d’Alors…Campe ! Une soirée qui a plu pour son exotisme  mais aussi par les concerts flamboyants de Derf und Germano (CH), Lartigo (FR) et Alee (p’tit beur breton).

Parmi les artistes programmés, Aliose (CH) et Coup d’Marron (FR) ont été sélectionnés «coups de cœur» de l’Académie Charles Cros.  Beaucoup d’artistes ont reçus des promesses de dates de concerts en Suisse, France et jusqu’au Québec ! A mentionner également, les moments magiques partagés lors des ateliers d’improvisation vocale animés par Noga auprès de différents publics dont de jeunes handicapés.

Catalyse, initiateur de ce premier OFF a rempli sa mission de catalyseurs de rencontres et d’accélérateur de talents grâce au soutien de Swiss music export et de structures de soutien comme Wallonie Bruxelles Musiques (Samir Barris programmé dans le OFF et  sélectionné au Printemps de Bourges) qui a lancé son opération «2010 Année Chanson» lors de ce 25ème festival Alors… Chante !

Dimanche soir, la fin du festival a fini au champagne pour marquer le succès de cette première édition, la collaboration fructueuse entre le in et le off et les liens qui se sont tissés entre toutes les équipes.

 

Nadine Mayoraz

 

+ de photos, vidéos, réactions sur :

www.facebook.com/alorscampe  / www.myspace.com/alorscampe  / www.catalyse.ch

 

   
       

de gauche à droite: Jerem & Dimoné, Derf , Noga, Kebous

 
   

 

 

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    astier et mac avoy - délires et vicissitudes de l'amour
     

et les histoires d’amours... (qui ne finissent pas.)

 

Allain Leprest et sa dulcinée sexagénaire sont partis sur les routes de La retraite en mettant le cap vers des ailleurs pleins de soleils câlins. Ils n’ont pas mis les pouces devant la carte vermeille, mais le pouce en l’air, c’est le stop, et encore,  pour la vie baladine. Avec dans leur sac à dos, un baladeur qui leur explique, démonstration à l’appui par Claude et Dominique (mais qu’est-ce que c’est que ces prénoms androgynes ??? Bon alors Claude, c’est le garçon, Dominique, c’est la fille) que les Délires et vicissitudes de l’amour, c’est pas uniquement pour les galapiats pré trentenaires. Et côté Délires, les deux galopins prénommés n’y vont pas avec le dos de la fourchette. T’en veux d’l’amour ? En v’là, à la louche, à grandes lampées gourmandes, en généreuses bolées, tirées d’un tonneau des Danaïdes qui ne se vide jamais, l’amour en arc-en-ciel tous azimuts que Joyet et sa gérontophilie applaudit sans réserve. C’est dire si on a l’avenir pétulant avec les évangiles de Bernard, Claude et Dominique, activistes résolus de l’âge de la retraite remis aux calendes moldo-valaques.

Les seniors, comme on dit, c’est plus ce que c’était, les pantoufles et le tilleul du soir ne sont plus de mise, ils ont bien révisé leur bréviaire de 68, et les interdits, elle s’en bat l’œil avec ses bas résille, Paulette Mac Avoy, et son professeur en ratatouille amoureuse sait mettre  la flamme  dans l’âtre, et dans les recettes en tous genres de viagra musical.

Dans ce feu d’artifice éroticomique, soulignons les guitares en contrepoint léger qui rappelle la complicité rieuse de Django accompagnant Jean Sablon, c’est une des réussites de cet album, c’est joyeux, vif et drôle, des vicissitudes comme ça, c’est rassurant pour l’avenir, car il faut se faire une raison, on sera tous âgés un jour. Mais pas forcément vieux.

 

Norbert Gabriel

 

Album Astier-Mac’Avoy   «Délires et vicissitudes de l’amour» Cristal Records/Encore merci

 

www.claudeastier.fr  / www.myspace.com/astiermacavoy

 

Lundi 21 juin 21H30 LA SORBONNE 

en Duo avec Dominique MAC'AVOY / Amphi Richelieu 17 rue de la Sorbonne 75005  FETE DE LA MUSIQUE à la Sorbonne

Mercredi 16 juin 19H30 LE CONNETABLE 

(avec invités) 55 rue des Archives 75003 PARIS / CABARET DU GRAND TOXIQUE. ASTIER MAC'AVOY ET LEURS INVITES

 

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    matteah baim - laughing boy
     

Il est sorti il y a bien un an, le deuxième album solo de Matteah Baim, ex-chanteuse des Metallic Falcon.

 

Et depuis tout ce temps il est le voile de velours blanc et bleu qui se pose sur les gratte-ciels trop froids, acier et verre trop lisses. Il est le ciel toujours réconfortant quand on a la chance de poser les yeux dessus.
La voix est légèrement moins envoûtante que sur Death Of The Sun, sorti en 2007, mais toujours enveloppante comme un très long foulard de soie, léger, chaud ou frais à la convenance du moment. Les guitares vont chercher du côté d'un psychédélisme retenu, quelque chose des années 70 qui remonte parfois, se mèle à des ambiances 80's d'un bar aux néons bleus... Mais on pourrait bien suivre Matteah Baim sur n'importe quel terrain, ouvrir la réception à tous les sons possibles. Même les dissonances d'une reprise de Bird Of Prey à plusieurs voix introduites par une cloche (boudhiste ?), ou encore un sifflement fragile qui déroulerait sa mélodie comme un enfant qui fait semblant, parce qu'il ne sait pas quoi siffler.

Musique idéale des longs trajets de l'aube ou du crépuscule, quand la lumière rase tout et nous fait croire à la magie. Quand on peut croiser sur la même route une guitare bluesy toute crottée et des violons flambant neufs qui réfléchissent la lumière sur leur carrosserie métallisée.
Et Matteah toujours nous guide, un doux sourire laisse s'échapper la voix sans un accroc, sans un effort, elle parait être d'avantage chantée que chanteuse, traductrice des rayons visibles d'un soleil caché par les nuages. De la même façon, le spirituel se laisse entrevoir tout au long de ce voyage. Le livret est ponctué de petits dessins (signés Matteah) représentant Mozart dialoguant avec un Bichon, comme une manière de poser les choses avec dérision. La recherche de l'harmonie, de l'expression du ressenti, d'une certaine nostalgie. Laughing Boy se rit de tous ces souvenirs, impressions, sentiments qui se mélangent dans l'âme de chacun, dans celle de Matteah Baim en particulier.

Leslie Tychsem

www.myspace.com/matteahbaim

 

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    blundetto - bad bad things*
 

 

 

Ces *«Mauvaises, mauvaises choses» commencent pourtant plutôt agréablement, avec une intro toute en caresses, ronde comme sa ligne de basse, et qui prenant la route du reggae, nous mène vers un léger free-jazz.

 

Le reggae est ici emprunté avec intelligence et mixé à de nombreuses influences, soul, musique balkanique d’Afrique, années 70, brasil, hip-hop à l’ancienne, électro chaloupée, expérimental répétitif, ska jamaïcain. Et cela grâce aux collaborations avec Hindi Zahra, General Elektriks, Lateef The Truthspeaker, Chico Mann, The Budos Band, Tommy Guerrero, Julien Bittner, Shawn Lee, … Du reggae (enfin !) décomplexé, ouvert aux autres musiques, et finement orchestré. «Party animals» vient s’immiscer dans cette reggaetude avec une chanson qui évoque le groupe néerlandais The Nits, qui aurait repris pied dans le vingt-et-unième siècle (j’attends toujours…).

De biens belles influences revisitées, et au final, un ensemble harmonieux, à écouter bien calé, l’esprit disponible, prêt à savourer.

 

Didier Boyaud

 

www.myspace.com/maxfsnmusic

 

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    frédéric bobin - singapour
 

 

 

Ça fait rêver, Singapour comme Kairouan, Honolulu, Tampico, ou Adélaïde, mais ça fait pas le  même effet quand Singapour est le lieu de délocalisation de votre usine lyonnaise, c’est nettement moins fun, surtout pour ceux qui restent sur le carreau – vide - de leur ancienne et unique source de revenus. 

 

Frédéric Bobin, dans son tour du monde des 36 vies plus ou moins désaccordées par la terre qui tourne de travers, rencontre souvent les mêmes galériens des temps modernes..

C’est pas Joe de Georgie qui dira le contraire, il a visité de beaux pays, Joe, le Viet Nam, l’Irak, il peut s’en souvenir dans sa hutte de cartons, au bord d’un trottoir au pied des tours écroulées de Manhattan. Drôle de monde qui rit un peu jaune.

 

J’ai fait un rêve la nuit dernière

Comme le grand Martin Luther

Des millions de bouches affamées

Croquaient le monde occidenté...

 

Un monde où le rêve s’exalte pour s’évader des vies banales comme des photocopies, le roi se mine dans sa vie bancale, troubadour qui arme sa Stratocaster de riffs enragés (en l’occurrence, une Gretsch, pour les connaisseurs)

 

Mais le soir, courbé sur ma guitare

Je crie «ni dieu ni maître»

Et les voisins protestent

Je suis un rebelle qui dérange

Dans ma vie de rechange

 

Dans leur belle robe de notes, les chansons de Frédéric Bobin traversent cette époque foutraque avec une tendresse pour cet étrange  bipède humanoïde, exaspérant, et attachant désespérément  humain. Textes socio-intimistes, histoires de vie d’ici ou de là... Comme tout le monde, dans les paysages bleus, option bluezy, mi Kerouac, mi Balzac, humaniste résolu.

 

Norbert Gabriel

 

PS : c’est bien «le monde occidenté»  il n’y a pas de faute de frappe.

 

www.myspace.com/fredericbobin  / fredericbobin.free.fr/news.html

 

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    elisabeth caumont - et duke ellington
     

(avec Le vent se lève) au Petit Journal Montparnasse

 

En deux temps, certes, mais rien à voir avec le tempo binaire, tout en jazz, dans presque tous ses états. Premier temps, avec «Le vent se lève» un big band jazz animé par Mico Nissim, pianiste de jazz et compositeur, un homme des rencontres insolites.

Membre de l'Orchestre National de Jazz et de nombreuses autres formations du genre, il a travaillé avec un chœur d'enfants ou avec la Batterie Fanfare de la Police Nationale, composé pour le théâtre, mis en musique Pessoa et Jules Renard, accompagné Sacha Distel, Nilda Fernandez, Philippe Val et fondé «Le vent se lève», l'Harmonie de Cergy.

C’était donc une de ces soirées évènement unique, que le jazz propose régulièrement, avec ce frémissement irremplaçable de la création pratiquement en direct. Belle rencontre entre le Duke, Elisabeth Caumont et Le vent se lève, sous la direction de Mico Nissim.

Qu’on retrouve dans le second temps, au piano, avec Luca Bonvini et sa trompette à coulisse pour accompagner Elisabeth Caumont dans son répertoire (une ombre bienveillante s’est jointe au trio sans préavis)

Dans un entretien ici-même il y a 2 ou 3 ans, Elisabeth Caumont disait, au sujet de son parcours dans la musique, «qu’elle est nulle part» ce qui est un handicap dans les systèmes très formatés par la dictature du code-barre, mais en revanche, ce nulle part, c’est chez elle.

Pour illustrer ce concept de nulle part-chez soi, un coup d’œil sur quelques uns de ses concerts depuis un an : création de «Princesse Micomiconne» son album, à Achères, rencontre avec des musiciens de jazz bulgares à l’Entrepôt, une soirée au Châtelet pour la sortie de l’album, une soirée au Duc des Lombards en hommage à Chet Baker, puis le Petit Journal, avec big band, que ce soit en trio, avec un quartet, un quintet, un sextet, ou un big band, c’est le jazz dans tous ses états. Le vrai jazz, celui qui se frotte à tous les courants d’air qui lui donnent des couleurs, et des envies de rencontres, et de renaissances permanentes. L’exact inverse des gestions de carrière en marketing majeur. Seuls les accords augmentés de tout ce qui fait la vie, simplement la vie libre, sur des routes biscornues, où chaque virage peut offrir l’inattendu, l’inespéré, en cadeau. Osons la métaphore Elisabeth Caumont, c’est un très beau cadeau... en jazz, et en général... et en concert.

 

Norbert Gabriel

 

 

www.elisabethcaumont.fr

 

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    jordan irvin dally - despistado
     

Je tourne autour de ce Despistado écrit en Espagne...

 

Allez donc essayer, vous, d'expliquer pourquoi un joli matin de printemps, vous trouvez subitement tout beau, exubérant, le vert étincelant des bourgeons, les neiges colorées de pétales volant sur le ciel bleu, le chant à gosier rompu, toujours dans la surenchère, des oiseaux en pleine nidification, ou même l'insecte imbécile, sorti trop tôt et qui reste figé dans les températures encore trop froides. Despistado est de cette veine là. Enthousiaste et enthousiasmant, frais, coloré, et jamais naïf au mauvais sens du terme. La maturité du garçon, tant dans sa façon de chanter que dans son écriture, contraste avec sa musique lumineuse, sans chichis et pourtant loin des rengaines à deux accords que l'on nous sert à tous les coins de supermarché.
L'album débute comme une explosion, un de ces réveils où l'énergie, à son maximum, nous laisse croire que non seulement tout est possible, mais que le reste l'est aussi. Au centre, le point d'orgue, Wild Things, ballade dans l'air pur d'après l'averse, merveilleusement rendu par les perles de rosée des guitares et du piano. La mélancolie tissée dans les longs cheveux de la chanson se distille jusqu'à la fin, jusqu'au flamenco triste et ralenti de Shanidar. Les choeurs tournent en boucle, berceuse, quasi lamento, retardant au plus loin l'arrêt de la musique...
Despistado s'est fait attendre pendant plusieurs mois. Finalement sorti en mai dernier, ce EP de 7 titres n'est certes pas le premier coup d'essai de Jordan Irvin Dally, qui avait déjà sorti un album chez Jeune Eté Records et qui, avant ça, avait roulé sa bosse d'ado et de vingtenaire dans quelques groupes de sa Californie natale. Le voilà désormais soutenu par un tout aussi jeune label français, Camaraderie Limited, qui produit des CD "faits main" en tirage limité, objets superbes tant par la forme que par leur contenu, les illustrations de Bertrand Sallé y étant pour beaucoup. Et en plus, comme ils n'ont pas de distributeur, les prix restent dérisoires, même comparés à certains tarifs préférentiels "nouveautés" etc...
Alors, que rajouter, parait-il que l'on a vingt ans qu'une seule fois, mais j'irai bien jusqu'à monter dans une roulotte pour vous donner de cette jouvence là... Aucun miracle ne sera promis, sauf celui de fermer les yeux et de sourire, d'un moment de bonheur qui se propage des oreilles au coeur et remet en marche la machine à projets !

 

Leslie Tychsem

 

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    jean-claude deret - par deret
     

Jean-Claude Deret ! Vous connaissez ? Non. Moi, c’était pareil… Et puis le hasard, l’écoute de «Paroles de Bureau», album de Bernard Gainier, paysan beauceron tombé tout petit dans le Couté, qui reprend sans les chanter deux textes de Jean-Claude Deret.

Jean-Claude Deret n’est pourtant pas un poète patoisant, c’est un auteur compositeur interprète d’aujourd’hui. Né quand même en 1921, il chante encore et toujours, se produit sur scène et projette même de s’offrir l’Olympia pour son centenaire, «son premier», précise-t-il.

En écoutant certains Deret, on pourrait croire avoir mis la main et l’oreille sur des inédits de Dimey, des chansons retrouvées sur des nappes de bistrot. Ce mélange d’insolence, de provocation, de rébellion et d’humour, ce politiquement incorrect. «Le tango du vieux con» ! Tout un programme. Et celle du mac qui écoute «la valse de Chopin» pendant que sa bonne amie tapine, c’est sûr, ça se passe rue des Abbesses ! En découvrant Deret chanteur, on a l’impression de l’avoir déjà entendu. Ses chansons, on les connaît, sa voix aussi et pourtant… on regrette presque de ne pas les avoir découvertes plus tôt.

Jean-Claude Deret, c’est d’abord une langue qui sent bon le vrai pavé parisien, c’est la gouaille, c’est la roublardise du gars à qui on ne la fait pas, c’est l’esprit frondeur du vieux briscard, c’est aussi la sagesse, le bon sens et la tendresse. Sous prétexte qu’il a de la bouteille, il s’autorise certaines cruautés dans sa peinture de ses contemporains, il n’a rien à perdre et se permet tout, surtout «sa» vérité toute nue, celle qu’il n’a pas envie de cacher. Il dresse un portrait amusant et amusé des ces «intellectuels de gauche», qu’il fréquente à l’occasion. A une époque chargée d’identité nationale, il se demande, dans sa «Ballade pour un soldat inconnu», si le gars est bien conforme aux normes à la mode. Et ses amours ne sont pas toujours académiques, un coup la sœur, parfois le colonel, une jeunette ou un jeunot, voire plus grave encore, monsieur l’abbé ! Deret s’en fout, il a le droit de tout.

Et puis ce gars est un poète, ses textes tiennent debout tout seuls, sa poésie «naît dans la rue, dans les bistrots et dans le cœur des amoureux». C’est là en tout cas qu’il va chercher ses histoires et en fait des chansons. Il chante parce qu’il aime ça, sans doute parce qu’il aime voir les mines réjouies des spectateurs se pâmer sous ses assauts.

Jean-Claude Deret, c’est aussi la rencontre avec Antoine Larcher, son accompagnateur et saxophoniste. «Une rencontre par hasard il y a deux ou trois ans et Antoine et moi sommes devenus des amis d'enfance. Il joue beaucoup mieux que moi du piano et mes chansons deviennent bien meilleures avec lui

Jean-Claude Deret, au fait, vous connaissez. Mais si ! C’est lui qui a écrit pour la télé Thierry la Fronde, il y jouait même le rôle du méchant. Maintenant - et même depuis près de 40 ans - il chante entre autres activités… et ça serait couillon d’attendre son deuxième centenaire pour le découvrir !

 

Christian Lassalle

 

jcderet.blogspot.com  / fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Deret

 

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    des nuits noires de monde - au café de la danse
 
     

Nous étions quelques uns dans cette salle archi bondée à nous souvenir de ce soir de l’automne 1993, pour l’escale parisienne de ce «Voyage musical pour chanteuse, chœur de femmes et petit orchestre forain» formidable création avec les 6 chanteuses et les 4 musiciens autour de Michèle Bernard.

 

La re-création, il y a 2 ans à Ivry a fait revivre ce spectacle, avec le Groupe Evasion pour le chœur de femmes, et Patrick Mathis, avec son orgue de Barbarie, toujours présent depuis la première représentation. Et sur ce point, il faut saluer l’extraordinaire musicien qu’est Patrick Mathis, ce qu’il fait avec son orgue est prodigieux, ça swingue, ça pulse, ça danse, dans tous les rythmes.

Du spectacle de la création, 20 chansons, on a perdu «Le grain de sable» mais on a gagné «Noire nounou» on retrouve le même charme envoûtant, que les nouveaux spectateurs ont ressenti avec la même intensité.

Faut-il rappeler la créativité et la vitalité de Michèle Bernard, véritable saltimbanque multi forme, sur le plan musical, seule avec son accordéon, en duo piano voix, en trio ou en troupe, elle sait tout faire pour mettre la chanson en majesté. Avec une répertoire d’une richesse rare, plus de 30 ans de scène, et pas une once d’essoufflement, ni dans la forme, ni dans le fond.

Une véritable leçon de bonheur, du Chant’Appart’ en solo, aux salles à dimension humaine, avec un public qui communie intimement au spectacle, et qui lui donne un supplément d’âme.

Et ça, je ne suis pas sûr que ça puisse exister dans une salle de 10000 personnes, dont les derniers rangs ont intérêt à s’équiper de télescope.

 

Norbert Gabriel

 

 

www.michelebernard.net

 

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    nancy elizabeth - wrought iron
     

Aux premières notes de piano laissées choir sur le clavier et son écho, la nostalgie s'annonce et se confirme à chaque nouvel accord.

 

Un ponton de bois sur la mer, après l'hiver, la plage souillée de branches et de troncs tordus, membres dispersés après l'équinoxe de printemps. Cela n'est rien bien sûr comparé aux papiers gras, aux mégots et aux seringues qui les remplaceront bientôt sous le soleil de Juillet.

Accoudé sur le bois gris, poncé par les embruns, blanchi par le sel, on se laisse errer dans la première rêverie qui passe. La voix de Nancy Elizabeth, claire, acide, chaude, est le réel "fer forgé" de cette album. Courbée dans toutes les directions, volutes de fer peint de noir, élégant et menaçant. Dans l'arrière-salle du restaurant encore fermé, la sirène répète les chants qui envoûteront le touriste perdu sur son pédalo.

La portail rouillé semble fragile, son grincement triste provoquait le rire autrefois, quand il était interdit de le franchir sans escorte adulte. De même le chant s'enroule modestement sur un accordéon timide, tandis que le piano martèle toujours, comme la grille scande de son ombre le gazon.

De son précédent album, Battle And Victory, Nancy Elizabeth, touche-à-tout complice de James Yorkston, a gardé la même capacité à nous contrôler d'une simple vibration de ses cordes vocales. L'art du forgeron requiert la force et l'adresse, la dame possède les deux, bien cachées sous les torsades cuivrées de ses cheveux. Si ses deux prénoms commencent à être bien connus de la blogosphère et des magazines anglais, il est temps qu'ici aussi son nom soit retenu.

Pour la magie accomplie de sa voix, pour les mélodies dans lesquelles elle l'enchâsse, pour ses arrangements faits-maison qui n'ont rien d'amateur, pour tous les instruments avec lesquels elle nous embarque, tout cela semble si facile, on pourrait dériver des heures, perdu au milieu de rien, hypnotisé par les reflets de métal brillants à la crête des vagues. Et on irait jusqu'à croire que le fer flotte, vole, ouvre ses propres barreaux et nous pousse à l'évasion et souvent à la mélancolie de sentiments pas tout à fait disparus.


Leslie Tychsem


www.myspace.com/nancyelizabethcunliffe

 

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  elysian fields - queens of the meadow - réédition

 
     

Vicious Circle livre en joli mois de mai une réédition judicieuse du deuxième album d'Elysian Fields, chef d'oeuvre paru en 2000, dédié à Jeff Buckley, et épuisé.

 

Dans la foulée, et à cette occasion, le groupe s'offre une tournée ad hoc, en France et en Suisse.

Quatre longues années s'étaient écoulées entre la sortie remarquée de Bleed Your Cedar et Queen Of The Meadow, en raison d'un conflit avec la maison de disques Universal. Il sortira en indépendant et révélera le duo new-yorkais Jennifer Charles et Oren Bloedow à un public plus large, français en particulier, qui avait déjà pu découvrir -c'était mon cas- la voix troublante de Jennifer Charles sur l'album Mustango de Jean-Louis Murat en 1999 ou encore dans La Mar enfortuna, opus publié sous le nom de Oren Bloedow & Jennifer Charles sur le label de John Zorn, Tzadik.

Queen Of The Meadow, ce sont à la fois les balais caressant la peau de la caisse claire, la rondeur de la contrebasse, le piano-bar et les violons sur Black Acres, d'après un texte de Poe, les riffs de guitare sur Bend Your Mind ou Hearts Are Open Graves, la voix en apesanteur de Jenn sur Cities will fall, le duo balade éponyme, hypnotique et poignant, en fin d'album, où l'on découvre l'autre talent d'Oren Bloedow - excellent compositeur -, sa voix.

Il donne le ton de ce que sera tout le génie de la musique d'Elysian Fields : entre folk, soft jazz, rock noir et intello, lounge et klezmer. Le tout basé sur une pulsation lente, avec une agilité à poser les atmosphères embrumées, vaporeuses et enivrantes des clubs, suavité, langueur, à ouvrir l'écrin voluptueux de textes d'inspiration littéraire, picturale, souvent sombres, romantiques, illuminés de la seule lueur d'une voix éthérée, nonchalante et terriblement sensuelle.

 

Hervé Pizon

 

www.myspace.com/elysianfieldsnyc  / www.elysianmusic.com

 

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  natacha ezdra - et jour ferrat

 
     

 

Le 2 Mai 2010 à l’Européen.

 

Après une création à Antraigues sur Volane, fin 2009, le spectacle que Natacha Ezdra consacre à Jean Ferrat était présenté dans sa version intégrale le 2 Mai, avec des invités, les vieux copains, les frangins de scène et de vie, Francesca Solleville, Allain Leprest, Joffroi, Serge Utgé-Royo, la présence émouvante de Véronique Estel, et la vigilance en coulisses de Jacques Boyer, la famille, les compagnons, les amis de toujours.

 

 

 

L’Européen avait très vite fait le plein, d’où la programmation le 7 Juin de ce spectacle au Vingtième Théâtre pour ceux qui n’ont pas pu le voir le 2 Mai. (Réservation conseillée)

En prime, il y avait l’expo «Jean des Encres, Jean des Sources» un remarquable travail sur l’œuvre et l’homme. Qu’on visiter virtuellement sur le site créé par Philippe Petit, un des infatigables animateurs des sites consacrés à Brassens.

www.ferrat-expo.com/presentation.html

 

Natacha Ezdra (et son équipe) a fait un très beau travail, tant sur le plan artistique qu’humain, pas de pathos, malgré les circonstances, c’est un Jean Ferrat vivant qu’elle offre, et une redécouverte de chansons hyper connues par des inventions musicales dans des arrangements très originaux, qui rappellent, si c’est nécessaire, que la chanson, c’est paroles ET musiques.

Et les musiques de Jean Ferrat sont très belles.

Un salut particulier à «La matinée se lève» en duo avec Serge Utgé-Royo, et «Mon vieux» dans sa version originale, dont l’histoire est relatée dans «Pan sur les doigts»

Et à «Ma France» dont on se demande bien par quelle lubie incompréhensible cette chanson a été «déconseillée» et censurée au temps du ministère de l’Information (et de l’audiovisuel)

 

Ce spectacle commence à tourner, suivez son voyage, c’est une belle aventure.

 

Norbert Gabriel

 

www.natachaezdra.com

 

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    nilda fernandez - éponyme
 
     

Chaque amateur de musique actuelle vivante et de chanson s'est au moins une fois senti dérangé par la désagréable impression que plus un artiste accède aux hautes sphères commerciales et radiophoniques, plus ses créations sont mâchées par des compromis mercantiles.

 

Du politiquement correct à la rime convenue, les textes souffrent de devoir satisfaire la majorité acheteuse et les musiques se plient au diktat des modes. Heureusement qu'il existe des artistes «parallèles» pour lesquels authenticité, personnalité et originalité sont encore les critères premiers d'une vie artistique qui n'a besoin d'aucun moule ni d'aucune étiquette pour avoir le droit d'exister et se faire aimer.

Vous voyez où je veux en venir... Pour quelqu'un qui qualifie sa carrière d'«hasardeuse», Nilda Fernàndez tient un cap on ne peut plus clair sur la question.

A l'opposé du produit de consommation, son nouvel album remet les points sur les i : non seulement sa qualité en légitime l'existence, par opposition aux choses convenues dont on nous gave comme des oies par média interposés, mais son travail se pose comme une couleur qui enrichirait notre paysage musical, faisant mentir la tendance à l'uniformisation ambiante.

Pièce unique, son écoute serait comme la cueillette d'un fruit, à la saveur toute particulière du soleil et de la pluie par lequel il a mûri. Il nous livre le portrait d'un être humain, avec ses facettes et ses nuances, qui souffre autant qu'il aime et qui fait ce qu'il peut. Quelque peu en distanciation du monde actuel et de ses folies («Le monde est ce qu'il est»), il en célèbre pourtant les failles comme des trésors et les petits instants comme des richesses.

C'est un voyage sans ennui dans une palette d'états d'âmes, où l'on verrait par la fenêtre défiler l'amour, le voyage, les questionnements, comme les étapes d'une vie.

Admirablement complice de textes concrets mais poétiques, la musique nous promène d'accordéon à guitare hispanisante ou franchement rock, à quelques cordes, bruits de vagues ou chants d'oiseaux. Mais ce qui frappe surtout c'est la finesse des mélodies, notamment des très beaux «Je lui raconte» ou «Elle m'aimait plus».

Voilà, de belles choses à écouter, touchantes, parfois drôles, un album intelligent et sensible, une pièce maîtresse pour les discothèques des amateurs de perles fines.

 

Nadine Mayoraz

 

Nilda Fernandez – distr. Harmonia Mundi – sorti le 8 janvier 2010

 

www.nildafernandez.com

 

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    frasiak - parlons-nous
 
     
 

«Sont p’t’être venus se voir un peu dans l’miroir»

«Faut que j’sois à la hauteur pour ne pas les décevoir»

«C’est vrai que j’manque pas d’air, venir raconter ma vie»

«Tout seul dans lumière non mais j’me prends pour qui..»

 

Chanter des mots d’amours et pas des mots d’ordre... Chanter, porter les mots sur des mélodies à la Caradec (Michel Caradec, french-folk-singer) voilà un de ces chanteurs rares qui donnent à voir un spectacle dès la première chanson de l’album. Un de ces chanteurs qui sait trouver les mots justes, et simples, pour raconter des tranches de vie, simples mais pas simplistes, précises et percutantes... Tranches de vie ? Justement il y a une chanson «François Béranger» il n’y a pas de hasard, on parle bien des mêmes envies, des mêmes rêves, des utopies, jamais passées en pertes ou profits, on y croit toujours aux lendemains meilleurs, comme tout le monde.

Dans son parcours de vie d’artiste et d’homme, il y a certains points qui le rattachent à Jamait,

l’authenticité sans aucune compromission dans son chemin de battant un peu anar, un peu râleur, toujours profondément humain même dans les chansons les plus caustiques, il y a un fond de fraternité envers ces frères humains vaguement décavés, qui vivent dans une de ces villes où il y a comme «du spleen à ses rues qui s’ennuient, mais tout ça lui va plutôt bien» mais on peut y croiser les ombres de Bernanos, ou de Sophie Thalmann, d’un président Poincaré, et un chanteur bonimenteur qui vous invite à vous arrêter un moment..

 

«Si jamais tu passes par là un de ces soirs,»

«Va boire un verre et dis que tu viens de ma part»

«T’auras peut-être une casquette plombée au dessus de la tête»

«Mais de la musique et des souvenirs plein les yeux à l’Air Bleu»

 

Que ce soit à Bar le Duc ou St Nazaire, Roanne ou St Paul des Landes, le monde peut aller où il veut, on respire mieux avec l’air d’Eric Frasiak. Parlons-en et parlez-en, toutes ces histoires, c’est la vie tout court.

 

Dans cet album, une chanson de Ferré, «Vingt ans» très belle interprétation, musicalement exemplaire, un vrai beau salut à Léo... Quand on aime c’est tout ou rien, c’est jamais tout c’est jamais rien... C’est la vie. Tout court.

 

Norbert Gabriel

 

www.frasiak.com

 

 

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    gil - l'oiseau rare
 
 

 

C’est un de ces chanteurs au long cours qui vous offre le voyage sur des musiques de folk cosmopolite en rêve et en partage.

 

On devine que la chanson pour Gil est un acte essentiellement convivial, c’est fait pour la scène, avec des gens devant. Et c’est aussi ce qu’on entend sur l’album, «L’oiseau rare» très élaboré musicalement avec une dizaine de musiciens et d’instruments qui donnent des paysages de notes colorées comme des soleils qui se sont frottés à des rythmes sud américains, qui ont aimé rencontrer les amis d’ailleurs, ceux qu’on pourrait croiser dans un bar des 5 parties du monde, là où les humains oublient les cassures de la vie pour n’être que des frères de bohème ou de bonheur, le temps de quelques chansons, ou le temps d’une vie, ou l’idée qu’on se fait d’une île préservée des orages.

«L’oiseau rare» ne s’envole pas seul, il emmène celles et ceux qui savent attraper au passage les cœurs disponibles et ouverts. Sans perdre la boule, même quand elle tourne de travers, et qu’elle a mal à la terre.

Si vous passez par ici, dans les lignes qui parlent de chanson, vous savez que je n’aime disséquer un album comme un entomologiste vissé à son microscope, mais il y a des albums que je mets volontiers en boucle, et qui restent toujours à côté de la chaîne... L’oiseau rare même s’il s’envole, est toujours prêt à chanter.

 

Norbert Gabriel 

 

 

Soirée au Théâtre des Deux Rêves, Mai 2010.

 

(«Le bar des 5 parties du monde» salut à Jo Moustaki)

 

Toutes infos sur Gil :

www.gilchante.fr

 

     
 

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    imbert-imbert - nouvel album "bouh!"
 
 

 

On croyait que le dernier était mort...

 

Que cette race avait été éradiquée par les hordes armées de mièvrerie de la chanson abêtissante et vaine. On croyait que plus personne ne pouvait dire le mot «cul» avec grâce. Qu'il était devenu impossible de fustiger la classe écrasante des oppresseurs sans collant moulant rouge et cape de soie, dans un sitcom de prime-time, entre deux éclats de rire pré-enregistrés.

On a failli croire qu'être intelligent, dans ce milieu, c'était de parvenir à signer dans une grande maison de disques son propre arrêt neuronal.

Certes, on continue d'entendre ces chansons bêtes à pleurer, creuses comme le serait le discours d'un trépané sous Lexomil et on se dit qu'on en a pris pour un bon moment et que tout ça est bien normal finalement. Alors on n'y pense plus, et ce tunnel sans lumière tout au bout devient presque amical.

Et puis il y en a un qui se pointe, quand on ne s'y attend pas, qui fait «Bouh!» dans notre oreille et c'est la douche, le réveil, le plaisir, le choc.

Rayon de bonheur dans la jungle des sorties d'albums du moment, Imbert-Imbert nous a pondu un truc de fou! C'est brillant, intelligent, ça frôle le magnifique et c'est pétri de lumière. La palette des émotions est grandissime et tout en finesse. La plume est unique, précise, directe. «Bouh!» est tissé de fantaisie et de gravité, c'est du très beau et du très bon.

Moi, je dis qu'on devrait faire lire Imbert-Imbert dans les collèges ! Et le faire entendre dans les cours de musique ! Nos enfants sortiraient de là avec un horizon peut-être moins étriqué et plus émerveillé.

Bravo et merci !

 

Nadine Mayoraz

 

     
 

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    jour ferré - et 1er mai
 
     
 

Quatrième Jour Ferré mis en scène par Edito Musiques, qui propose chaque fois un spectacle d’une qualité rare.

 

Et des découvertes superbes. L’an dernier, autour de Serge Utgé-Royo et des invités chantants, Annick Roux avait harmonisé les liaisons entre les différents artistes avec des extraits de textes de Léo. Cette année, c’est Léo Ferré musicien que Léo Nissim a salué avec des intermèdes musicaux de haute volée.

L’an dernier, c’était, pour moi, la découverte de formidables comédiens, Richard Martin, Pierre Margot qui donnaient aux textes une puissance explosive par leur résonnance avec l’actualité de la vie. Cette année, ce fut, pour moi, la découverte d’Emmanuel Depoix, dans un extrait de son spectacle Ferré absolument éblouissant.

Et le plus beau compliment qu’on puisse faire à ces Jours Ferré, c’est de surprendre à chaque fois les plus vieux amateurs qui connaissent leur Léo dans ses moindres variations, parce que les nouveaux interprètes invités renouvellent à chaque fois, «Quoi de neuf ? Ferré !»

Re-créations qui savent respecter l’auteur et le musicien, ce que des ‘tributes’ récents oublient parfois en trifouillant dans les musiques pour faire plus moderne. Et là, spécial salut à Léo Nissim pour ses interprétations réinventées en respectant le compositeur Ferré.

Final en bouquet somptueux avec l’une des meilleurs interprètes de la scène chanson, Annick Cisaruk, en duo avec David Venitucci, musicien qui a tous les orchestres dans son accordéon.

Tout amateur de chanson digne de ce nom sait qu’on peut donner à Annick Cisaruk un chapelet de superlatifs, je vous laisse le choix.

Organisation impeccable de l’équipe Edito, menée par Cristine Hudin, avec les fidèles Serge Utgé-Royo, Jofroi, Yves Pignot, Coline Malice, Katrin Waldteufel...

Avec un entracte permettant de faire un tour dans la salle d’expo accueillant des libraires, avec bien sûr toute la librairie consacrée à Ferré, et à l’esprit libertaire, et des spécialistes des raretés vinyliques, dont vous trouverez les adresses dans la page «liens-ressources»

 

 

Norbert Gabriel

 

www.myspace.com/editomusiques

 

 

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    nicolas jules / damien saez
 

 

Chronique concert en grand écart.

Après le concert de Saez, un habitué du bar qui jouxte la salle nous a dit "d'habitude les jeunes ils rentrent, ils font la gueule, ils sortent ils font la gueule, là, tout le monde est sorti avec la banane !" C'est vrai.

 

En revenant du concert de Nicolas Jules je ne sais pas si je souriais ou pas, j'ai suivi le chemin du retour comme hébétée après le souffle d'une explosion, avec un grand courant d'air en lieu et place de mes neurones.

Deux excellents concerts, apparemment difficiles à mettre en parallèle. Formule Club à La Rock School Barbey pour Nicolas Jules, salle avec quelques centaines de personnes à la Médoquine pour Damien Saez. L'inconfort vaut pour les deux, assis sur le carrelage glacé pour le premier, debout dans la touffeur pour le second. Et pourtant. Commençons par les jeter tous les deux dans le panier "chanson rock française". A ne pas confondre avec celui du linge sale, d'ailleurs question fringues aussi les deux s'opposent: look post-grunge pour Saez, qui malgré 35°C a gardé sa veste à carreaux taille bûcheron quasiment jusqu'au bout; élégance pour Nicolas Jules, même lorsqu'il revêt les pulls les plus improbables.

Chanson rock donc. Parce que les deux aiment les textes avec de vrais morceaux de poésie dedans. Engagé, ravageur, se goinfrant de mots crus comme Bukowski descendait l'alcool, faisant fi de tout ce qui peut vaguement rappeler un euphémisme, en guise de plume Saez utilise des gants de boxe fourrés de tendresse parfois. Subtil, agitant mots et sons (cherchez les rimes internes !) perché sur la quille du Surréalisme, la tête en bas donc, histoire de garder les idées fraîches et de ne pas baigner dans des vieilles lunes, monsieur Jules n'est peut-être pas si éloigné idéologiquement de Damien Saez, mais il y a peu de chance/risque que son poing se lève et que ses refrains appellent soudain "aux armes !"

Dans l'intimité de la Formule Club, il la joue marionnettiste, le public gentiment ficelé le suit, expédié à coup de pitchenette d'un morceau calme à une explosion rock, rembobiné par une vieillerie crépitante de tous ses sillons, les yeux ballottés entre le Jules et ses deux acolytes (Roland Bourbon à la batterie, Béatrice Gréa à la contrebasse) ne sachant où reposer son regard de peur de louper le geste ou la mimique du siècle.

Plus difficile de s'attarder sur les détails quand 400 personnes vous barrent la vue.

Impossible de croiser les yeux de Saez à cette distance, mais pourtant c'est certain, tout comme Nicolas Jules, il ne chante que pour vous.

Après une attaque a capella qui saisit malgré son âpre rigueur épurée, le groupe le rejoint et là, sont-ce les vibrations des cordes des trois guitares, le roulement façon éboulis perpétuel de la basse ou le rythme scandé par la batterie, aussi impitoyable qu'une moissonneuse-batteuse fin juillet ? Je ne sais, toujours est-il que les larmes me sont montées aux yeux, alors que je ne percevais le texte que de manière parcellaire, des histoires de peuples sous la croix...

Les yeux mouillés dès le deuxième titre, là je pense "Damien Saez, victoire par KO à la deuxième reprise". Troisième chanson et le voilà qui grince "j'aime regarder les filles pleurer, ça me rend GAI !" Rires. Un sourire qui ne me quittera que lorsque les larsens du plus jeune guitariste se feront trop violents (l'ensemble du concert descendant rarement au-dessous de 100 db, foi des compteurs lumineux disséminés un peu partout dans la salle) ou quand les paroles captées seront trop raides.

Question sourire et énergie musicale, c'est idem avec Nicolas Jules, même vibrations lacrymales quand Dame Gréa prend son archet, même batte de base-ball dans la tête quand la guitare et la batterie ouvrent les failles lumineuses du rock. La fantaisie et le décalage s'ajoutent au plaisir de l'écoute qui suffirait à nous dérider. Nicolas Jules semble avoir gagné quelque chose de plus, quoi, mystère, est-ce le bonheur d'être encore et toujours surpris par ses concerts qui donne cette impression de crescendo continu ? Quoi qu'il en soit les nouveaux venus seront probablement conquis, les fidèles anciens, une nouvelle fois, épatés.

Chacun se plaint à sa manière et avec humour de n'avoir pas assez de fans, Saez est même allé jusqu'à engueuler dans un rire le public, après qu'une fan ait hurlé son nom comme si on l'amputait sans anesthésie "'tain ! Prenez exemple !!" Et chacun a bien raison. Pour Saez la tournée est finie et reprendra sous forme acoustique. Pour Nicolas Jules elle continue, "partout". Allez donc vous faire ravir pour quelques trop courtes heures et/ou en attendant, leurs albums* sont disponibles...


Leslie Tychsem


* Shaker, Nicolas Jules www.myspace.com/nicolasjuleschanteur

* J'accuse, Damien Saez www.damiensaez.com

 

 

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    gilbert laffaille - en public
 
     
 

Et un spectacle à la maison, un !

C’est à «L’Esprit Frappeur» que Gilbert Laffaille et Nathalie Fortin ont enregistré cet album en public.

 

Pour plusieurs raisons : l’une étant que les disques de Gilbert Laffaille sont «provisoirement» indisponibles chez les marchands, il est bon de donner à entendre un artiste qui dans sa quarantaine d’années de route des 4 chansons, est toujours vivant, créatif et productif. L’autre raison, c’est qu’un disque en public est aussi une carte de visite réactualisée, on peut y trouver quelques chansons emblématiques, à côté des dernières , celles qui commencent leur carrière. «Le président et l’éléphant» ça reste toujours aussi caustiquement jouissif. (avec le clin d’œil à deux éléphants historiques de la presse chanson...)

Et qui n’a pas entendu Gilbert Laffaille nous expliquer le cri du milan rate un grand moment de culture zoologique... Mais pas seulement, cet album est une chronique douce-amère, tendre et ironique, le monde est une sorte de foire (du trône ?) où on côtoie le pire et le meilleur, où le royaume de Siam n’est toujours un paradis enchanteur quand on est une petite fille de Chiang-Maï.

C’est un maître de l’écriture, limpide, précise, sans affectation, qui raconte la vie, parfois rugueuse, parfois rêveuse, en 18 tableaux, en comédie baladeuse qui va dans tous les registres des émotions délicatement ourlées de pudeur, pas d’esbroufe ou d’effet tonitruant, mais l’humanité frémissante, la distanciation amusée, avec quelques textes drôlatiques pleins de finesse. Et «l’introduction à la communication» doit être un des textes fondateurs de tous les postulants politiciens, ou responsables politiques ... Et puis comment peut-on ne pas être saisi par «L’atelier n°15» une sorte d’arlésienne, un grand classique du théâtre russe, en version courte, 6 minutes, dont je ne déflorerai pas l’intrigue, ce serait dommage, mais le public a largement témoigné de son enthousiasme, et reviendra pour ce monument de l’art dramatique dès qu’Alain Nitchaïeff (de L’Esprit Frappeur) le proposera en version intégrale, 5 heures.. Cet album est un spectacle total, je vous l’avais dit.

Dans cet album piano voix, il y a la parfaite complicité entre la voix de Gilbert Laffaille et le piano de Nathalie Fortin, elle met les notes juste où il faut pour que paroles et musique se rencontrent en harmonie amoureuse. Avec un blues délicat ou une envolée déstructurée à la Picasso et néanmoins musicale.

Gilbert Laffaille chante depuis les années 70, avec un parcours de vie et d’artiste que vous découvrirez ici-même dans le prochain numéro. Car je revisite volontiers ce que disait Pierre Dac «Pour bien comprendre Gilbert Laffaille, le mieux est encore d’écouter ce qu’il chante*.» Et pour l’écouter, voici les bonnes adresses pour cet album (encore merci à L’Esprit Frappeur) qui n’est peut-être pas encore en tête de gondole, mais soyez ferme avec votre marchand pour qu’il y remédie rapidement.

D’autant qu’ il est urgent et nécessaire d’enrichir vos connaissances sur Karl-Friedrick Bjőrkenborg (dont Nathalie Fortin semble être une experte dans l’interprétation) Avec Karl-Friedrick, vous allez pouvoir briller dans les diners en ville.

 

Norbert Gabriel

 

* «Pour bien comprendre les gens, le mieux est encore d’écouter ce qu’ils disent»(P.Dac)

 

www.gilbertlaffaille.fr/index.php?lg=fr&page=accueil

www.myspace.com/gilbertlaffaille

 

et si vous allez voir chez Tranches de scènes, dans le numéro 3 (toujours disponible) vous trouverez Gilbert Laffaille «autour de Claude Semal»

 

On peut aussi se tenir informé des activités de l’Esprit Frappeur, la Suisse, ce n’est pas si loin.

www.espritfrappeur.ch

 

     
 

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    jean-marie loubry - le roumi
 
     
 

C’est une sorte de farandole qui commence en swing-folk de poissons qui font un remake musical d’Hôtel du Nord, ou peut-être de Casque d’or ? En version fable guillerette, quoi qu’un chouïa coquine-voyoute... mais tout finit, et commence par une chanson.

 

Puis, cette mise en oreille bien posée, voici «Le roumi», pas de pathos, mais tout est dit sur ces étranges étrangers qui viennent manger le pain des français (je dédierais volontiers cette chanson au boulanger qui vient d’être récompensé pour la meilleure baguette traditionnelle, il s’appelle Djibril Bodian, d’origine sénégalaise). Dans son album Jean-Marie Loubry (assisté de Millyna, de Baudelaire, Verlaine , de Radiguet) nous offre une soirée musicale, comme si on était entre copains qui se retrouvent autour d’une cheminée, il y a en 2 ou 3 qui ont amené leurs guitares, ils savent faire des chansons, et on fait comme un journal de la vie qui passe, avec des pages acidulées, des pages farfelues, des pages tendres, souvenirs partagés, qui vous sont droit au cœur,

 

J’invente des histoires

Sur ma belle écritoire

C’est à toi que je pense...

 

On a tous le sentiment d’être celui (ou celle pour qui ces chansons ont été écrites, il écrit très bien Jean-Marie Loubry, sans concessions aux facilités ou aux rimes convenues, c’est fluide et fort, piqueté d’une pichenette d’humour épicurien, iconoclaste pour de rire, Chanter Brassens l’emmerde, dit-il, et je bien sûr que tonton Georges lui aurait passé un mot, viens passer l’après midi à la maison, on s’emmerdera ensemble, et il y aura Louki. Pour être en bonne compagnie...

Tout ça est savoureux comme un plateau de fromages (d’Auvergne et du Cantal, bien sûr) dit la chanson fromagère, que doit jalouser Ricet-Barrier, avec un chœur de chevrettes très enjouées. Mais que tous ces échos jubilatoires n’occultent pas l’essentiel, Loubry est un de ces poètes qui a le verbe charnu, le mot gouleyant, et percutant, pour qui l’écriture poétique est une matière gorgée de vie, de chaleur amicale, et qui vous offre au dessert, avec Cathy Fernandez, une rose mourante, mais 

Les pétales tombés dessinent sur la table

Une couronne d’or

Et pourtant un parfum subtil et palpable

Vient me troubler encor.

 

Et, en final, une version sauvage du Roumi, somptueuse fresque musicale vous emporte en 5’50’’ dans un voyage sur les ailes de l’Ama fiesta. En vrai live de vie bouillonnante de fraternités musicales nomades, libres.

Et il en reste une trace persistante de ce parfum palpable qui vient troubler encor...

 

Norbert Gabriel

 

A retrouver ici :

jmloubry.free.fr

 

En bonus, une piste informatique vous montre les grilles d’accords, les partitions, pour faire chorus avec la bande à Loubry. Appel aux régionaux de l’Aisne, ou d’ailleurs : Nous recherchons tous renseignements sur le studio SONOTEC qui se trouvait à St Quentin dans le département de l'Aisne, dans les années 70. Qu'est devenu le fond, les gens qui s'en occupaient, etc. ?

 

     
 

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    hélène martin - voyage en hélénie
 
     
 

Dans les auteurs majeurs de la chanson qui ont construit une œuvre sans concession aux falbalas du show-biz, Hélène Martin est une des plus belles plumes de chanson, une de celles qu’on garde dans ses disques de chevet, précieusement, amoureusement.

 

Depuis quelques jours, un coffret recense 50 ans de chansons, de textes qui avec les années, n’ont pas perdu un atome de leur vigueur originelle.

 

Lorca Maïakovski Desnos Apollinaire

Leurs ombres longuement parfument nos matins

Le ciel roule toujours les feux imaginaires

De leurs astres éteints

Contre le chant majeur la balle que peut-elle

Sauf contre le chanteur que peuvent les fusils

La terre ne reprend que cette chair mortelle

Mais non la poésie

 

Des textes qui chantent et qui cognent, qui percutent et jettent les mots comme on lance des flèches pour crever les nuages et les orages,

 

Bessie m'attendait sur les quais déserts

Et pour moi aussi, on brûlait des croix

J'avais le cœur noir sous le soleil nègre

La terre et le ciel étaient pleins de pus

De la mer immense aux cheveux crépus

La voix éraillée de l'impératrice

Sortait du silence comme d'un abcès

Sur le blouson noir d'un marin danois

 

 

Mais la chanson, qu’elle soit noire ou rouge, est vivante, jamais résignée avec Hélène Martin

 

Riez donc, chers vivants, brillez, beaux hommes jeunes,

Femmes encore en fleur dans votre âge fruitier,

Partagez ardemment l'orange et l'amitié,

Un soir, tout l'avenir sera que vous partiez

Observer sans retour le silence et le jeûne

 

(Pour un portrait esquissé en 3 extraits de chansons, dans l’ordre : Ainsi Prague, La ballade de Bessie Smith, Mes amis mes amours.)

 

Norbert Gabriel

 

www.helene-martin.com

 

     
 

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    françois morel - un soir... des lions
 
     
 

S’il vous plait, n’oubliez pas la virgule..... «La sera, leoni... E la mattina, coglioni..»

Faut-il traduire ? C’est un bon pitch lapidaire du spectacle de François Morel, une journée particulière ? peut-être...

 

 

Dans cette journée, François Morel nous emmène dans les univers mélangés d’une comédie italienne entre Ettore Scola , Vittorio de Sica et Fellini, avec des séquences façon Bourvil dans sa tendresse ou Reggiani dans son exigence rigoureuse face aux travers de la vie.

Jamais complaisant, jamais démago , les choses sont dites, avec humour «je suis un cas sociaux» avec une émotion retenue et intense dans «Fatigué, fatigué»

 

 

C’est un spectacle, pas une suite de chansons, mis en scène, par Juliette, avec la complicité amicale des amis de toujours, Yolande Moreau, humour, tendresse, et juste ce qu’il faut de piquant «chanter c’est lancer des balles» la poésie n’est pas que belle, elle est rebelle, et si la vie n’est pas toujours marrante, tâchons au moins qu’elle soit drôle.

 

Norbert Gabriel

 

(Saluons au passage La Coursive de La Rochelle, où ce spectacle a été créé, comme l’avait été «La première gorgée de bière» avec Foulquier)

Au théâtre du Rond Point jusqu'au 31 Juin.

 

www.myspace.com/francoismorelofficiel  / www.francoismorel.com

 

 

     
 

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    jean-louis murat- au bataclan
 
     
 

Mon TGV est en retard, les portes du Bataclan s’ouvrent à 19 heures pétantes, le concert débute avec 10 minutes d’avance. Première partie : Rouge Madame -dont j’ai dit tout le bien lors d’un précédent article- déroule avec grâce ses boucles et sa poésie pop, dont le magnifique Before You Die.

 

Quelques trente minutes plus tard, les musiciens s’installent, Murat entre en scène, tous hyper concentrés. Murat arbore une chemise élimée de bûcheron canadien, et d’emblée, on se dit que ça va cogner dur, façon Neil Young, grunge. Mais pas que. Forcément, la section rythmique est taillée à dessein dans ce bois, élégant et racé Fred Jiménez à la basse, Stéphane Raynaud à la batterie, solide, puissant. Et les retrouvailles sur scène avec le compagnon de longue date Denis Clavaizolle et ses claviers planants, jamais superficiels.

Enfin, Murat et sa guitare saturée.

Il y aura du son, du gros son. Et une très belle lumière. Les musiciens seront impeccables, d’une redoutable efficacité, présentés avec raison et justesse lors de l’annonce de la tournée comme la dream team muratienne. Il fallait sans doute au moins ça pour faire oublier le projet avorté, faute de ventes suffisantes, d’une tournée avec les musiciens de Nashville présents sur l’album Le Cours Ordinaire Des Choses.

 

Le concert démarre avec Ginette Ramade, un titre faussement en retrait sur le dernier album, décuplé sur scène, du bois dont je me chauffe. Les morceaux sont enchaînés rapidement sans arrêt entre deux gares, avec fougue, tempête, calme, toujours habités, hantés : La Mésange Bleue, Taïga, Pauline à Cheval (superbe inédit, BOF du film Pauline et François de Renaud Fely). Murat a le visage fermé, dur, les trais tirés. Il me donne l’impression d’une énergie désespérée, il ne pipe mot, le trac confiera-t-il à la sortie du concert; une première séquence se termine sur un 16 Heures, ébouriffant punk-rock. Le public va chercher Murat, l’encourage à parler. Les chansons ne sont jamais muettes : Falling in Love, Chanter Est Ma Façon D’Errer répondent en temps forts, les wagons de l’amour. Autre sommet Yes Sir, inédit désormais bien enraciné en live. Et puis un instant rare, de grande intensité et simple. Sans guitare, autant dire nu, Murat déloge une face B dont il a le secret Oiseau De Paradis. Il l’annonce avec humour teinté d’ironie comme un slow, et là il se transfigure en un grand chanteur de charme, je suis une midinette m’a-t-on dit ! De ces instants où l’on se sent comme dans un bal perdu. Un standard revisité Le Train Bleu, et, en clôture, Se Mettre Aux Anges de l’album Lilith avec des arrangements qui font même oublier les cordes magnifiques de la version studio.

 

Premier rappel : l’hymne intime, la chanson pamphlet qui colle à la peau de son auteur Comme un incendie, suivie des Voyageurs Perdus (j’arrête là la métaphore du cheminot). Puis s’en suit l’introspection au sommet, l’examen de conscience en apothéose, L’Examen De Minuit de Baudelaire. Second rappel M maudit, qui sonne un peu comme L’Au-delà, énergique destroy. Je songe le concert entier -l’un de ses plus grands concerts- est un hommage à l’histoire de cette salle : tout le Bataclan, tour à tour café concert pour romances, dancing, puis salle de spectacles… Il y a quelque chose de l’ordre d’une fêlure de l’air du temps chez Murat, qui lui va bien, ici et maintenant, une énergie désespérée à faire musique, accrochée aux murs, Murat, improvisant, remercie avec poigne le public de l’aider à continuer son chemin de chant.

 

Hervé Pizon

 

Jean-Louis Murat en concert

14 juillet 2010 / Concerts d’été / Ploezal (22)

21 juillet 2010 / Festival de la Cité / Carcassonne (11)

23 juillet 2010 / Les Francofolies / Spa (BE)

23 septembre 2010 / Palais des Festivals / Cannes (06)

 

     
 

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    owl city - ocean eyes
 
     
 

C’est tout de même pratique Internet, avouons le. La toile fourmille de toutes sortes de réseaux sociaux et autres rassemblements virtuels, grâce auxquels il est possible, au hasard de nos pérégrinations, de dénicher de nouveaux talents.

 

Ainsi, mes oreilles, toujours avides de nouveautés et surtout d’originalité (même relative, vu le contexte) ont croisé le chemin du groupe Owl City et son album Ocean Eyes. Ravie de trouver une pépite au milieu du marasme musical actuel.

Tout droit venu des États Unis, Owl city est un projet musical crée par Adam Young, jeune compositeur fort doué ma foi.

Après deux albums indépendants («Of June», en 2007, et «Maybe I'm dreaming» en 2008 tous deux autoproduits) , ce «phénomène Internet» comme on nomme aujourd'hui les artistes issus du web, signe chez Universal Républic Records et sort en 2009 «Ocean eyes».

Matthew Thiessen, artiste canadien, membre du groupe de rock américain Relient K prête sa voix sur plusieurs titres (dont le premier extrait sortir).

La chanson»Fireflies», dont le clip est visible sur Internet, m’a instantanément capturé les neurones. La douce mélodie electro-pop-barbapapa (nouveau concept, et puis d’abord j’aime la barbapapa) et la charmante voix gentiment vocodée Matthew Thiessen, ont réussi à me scotcher à mon écran.

Malgré tout, le doute s’est installé dans mon esprit au moment d’écouter l’opus au complet surtout après un gros coup de cœur pour la chanson phare (quid des autres morceaux?).

Et bien, Adam Young n’a pas à rougir de son œuvre, qui recèle un certain nombre de petites merveilles acidulées qui traduisent assurément le potentiel du jeune homme. «Vanilla twilight» et «The bird and the worm», pour ne citer que ces titres là, frappent juste.

Oscillant entre mélopées mélancoliques (piano /guitare/ electro of course) et rythmique enjouée, cet album se savoure comme un paquet de bonbons colorés (la rage de dents en moins).

La déferlante ne cesse de s’accroître des USA à l’Europe, le groupe se hisse progressivement au top des charts, et c'est tant mieux.

Avis aux amateurs de nouveaux talents, et bonne écoute !

 

Séverine Gendreau

 

www.owlcitymusic.com/home.aspx  / www.myspace.com/owlcity

 

     
 

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    the postmarks - memoires at the end of the world
 
     
 

Pétula Clark aurait dû jouer avec Burt Bacharach !

 

The Postmarks* l’a fait, mais avec une pointe de pop anglaise, pas totalement sucrée, ou alors avec du sucre roux, plus doux, plus naturel. “No One Said This Would Be Easy”**, c’est sur, mais c’est assez réussi.

L’empreinte anglaise de ces floridiens (d’Amérique du Nord) est bien présente, avec des incursions aux frontières des années 60/70 flamboyantes, grandes envolées violonesques, bandes originales “So british“. Mais également très de notre époque, de celle qui ose mélanger élégamment les époques justement. Le tout est emballé softy et gracieux autour de la voix à la fois caressante et distanciée de la jeune chanteuse Tim Yehezkely (enfin un nom pas calibré pour le showbiz !). De la pop atmosphérique selon certaines sources.

Ces “mémoires à la fin du monde“, dont les paroles sortent de la plume de la demoiselle Tim***, sont aussi une incursion du côté sombre, non pas de la force mais de la vie, une démarche souhaitée par les trois membres du groupe issus d’une région du monde où «tout est parfait et brillant» (sic) mais qui préfèrent voir «la beauté dans les choses qui sont sales et usées» (sic again).

Je vous souhaite un agréable voyage en vous promenant sur leur bande (de bitume) originale.

 

Didier Boyaud

 

* Les Cachets de la poste

** premier titre de l’album (“Personne n’a dit que ce serait aisé“)

*** comme dans le texte trouvé sur leur page myspace, je trouve que Tim sonne comme un prénom de garçon… mais quand elle chante, “les horloges s’arrêtent, les gens écoutent et les glaces refusent de couler“

 

www.thepostmarks.com

www.myspace.com/thepostmarks

 

     
 

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    véronique rivière - scoop !
 
     
 

Elle était une des première invitées du premier numéro.

 

Après 3 ans, un relatif silence médiatique mais une belle tournée avec le spectacle Aznavour, où elle a repris le rôle créé par Diane Tell, Véronique Rivière repart sur la route (fleurie ?) de la chanson, et de la scène.

On peut déjà noter sur les agendas qu’elle sera le 30 et 31 Juillet à Avignon, avec Michel Haumont. Pour les distraits, Michel Haumont est un des 3 ou 4 grands guitaristes actuels, dans la lignée des folk-acoustiques, un de ceux qui tiennent la dragée haute à nos amis musiciens américains dans ce style.

Plus de détails avec un entretien dans le prochain numéro, mais pour une fois qu’on a une info en quasi exclusivité, on ne va pas rater l’évènement. Et il se murmure qu’en Septembre, des choses nouvelles seraient annoncées, suspense.

 

Le 30 et 31 juillet, c’est au Théâtre La Luna, à Avignon. A 18 h, qu’on se le dise !

 

Norbert Gabriel

 

www.myspace.com/veroniqueriviere

 

 

C’était le 13 Juin, au Théâtre 14, pour Paris en toutes lettres, Véronique Rivière telle que la verrez peut-être à Avignon avec des chansons inédites, en avant première d’un album à venir.

 

     
 

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    damien saez - un "connard"*

  qui a un tricycle jaune dans la tête ?

 
     
 

Contestataire, révolté, insolent, énervant, parfois obscur jusqu'au morbide, triste à sangloter dans la solitude d'une grotte humide... La liste serait encore longue des qualificatifs, plus ou moins proches de la réalité ou du cliché qu'on a pu lire sur Saez.

 

Si le chanteur n'a jamais trouvé grâce aux yeux de ceux qui croient à l'impératif d'être laid, et anonyme ou méconnu pour faire une musique rebelle et intéressante, il a su, très tôt, en concerner bien d'autres par son univers musical dense et multidimensionnel, et surtout sa poésie, dont les mots touchent droit dans l'âme, comme flèches venues gratter les plaies, réveiller les blessures, cristalliser les doutes et les angoisses, et raviver quelques espoirs et colères.

En marge de la médiocrité formatée dégoulinant des espaces radiophoniques et de l'industrie du disque -il quitte sa maison de disque en 2005 pour passer en auto production-, l'artiste trace son chemin depuis 11 ans, s'écartant des sentiers rebattus du commerce musical, et dégageant un coin d'horizon différent. Avec 8 albums, qui s'aventurent dans des compositions classiques, cisèlent des mélodies acoustiques chargées d'émotions ou se déchaînent sur le territoire du rock indépendant, Damien Saez a souvent offert des textes à fleur de nerf et de sensibilité, envoûtants ou exorcistes, mais toujours justes.

Dans un esprit étranger au très mélancolique et impudique triple album acoustique «Varsovie/Alambra/Paris» sorti en 2008, son 9ème album «J'accuse» ramène un rock décapé et décapant, parfois simple, mais toujours efficace, gorgé de références rock alternatif et punk-rock (Trust, The Clash, Noir Désir, …), sur lequel sa verve engagée et abrasive se lâche et tombe dans nos oreilles «comme une bombe dans un dépôt de munitions» (pour reprendre une expression zweigienne). Il rappelle ces années odorante où la musique sentait bon la subversion. Autant l'avouer : dans le contexte social, politique, économique et humain actuel, c'est exactement l'album que j'attendais, en ne me doutant qu'à moitié qu'il viendrait de lui. Comme s'il était besoin d'une preuve supplémentaire que la chanson a encore quelque chose à dire (et sans doute maintenant plus que jamais), Damien Saez, un poète qui a bien plus qu'un tricycle jaune dans la tête...

 

*clin d'œil à celui qui déteste susciter la tiédeur, au point de préférer être traiter de «connard» que de «mec sympa».

 

Discographie :

Jours étranges (1999) / God blesse/Katagena (2001-2002) / Debbie (2004) / Varsovie/Alambra/Paris (2008) / Yellow tricycle : A lover's prayer (2009) / J'accuse (2010)

 

Saez en concert à Bordeaux (03/06/2010)

20h30, sans un fragment de seconde de retard, le concert débute a capella par la chanson «Les anarchitectures», qui ouvre l'album «J'accuse». Il faut dire que nous avons failli attendre Saez : le concert initialement prévu le 22 mai a été reporté d'une dizaine de jours pour raison médicale.

Ce qui frappe immédiatement, c'est l'humanité naturelle qui transpire de cette voix, humanité qui ne se laisse jamais reléguer à l'arrière plan par un magnétisme pourtant certain. Damien Saez ne joue pas la comédie. Il ne calcule pas, ne cabotine pas, et ne s'extasie pas d'admiration devant son nombril. A l'opposé de certains pervers narcissiques auxquels l'adulation du public et les flatteries de quelques média ont fini par donner le sentiment d'être des mythes vivants, c'est un artiste sincère, vrai, humble, qui donne et se donne, tantôt avec fougue, tantôt avec une sérénité ténébreuse, mais sans jamais mentir. Il me rappelle Édith Piaf, Brel, Barbara, et, derrière eux, l'ombre de tous ceux qui oubliaient, le temps d'un spectacle, d'une tournée, de s'économiser, pour se vider entièrement et offrir leur poésie et leur force endémique en partage à une communauté d'individus venus rêver ensemble, en nous donnant l'impression de n'être que l'un ou l'une d'entre nous monté(e) sur scène pour miroiter la violence de l'émotion, l'intensité de la tristesse, la torpeur de l'angoisse, et le goût de la vie qui sont en nous. A défaut de ressasser l'éternel et convenu sentiment de communion entre l'artiste et son public, on peut aisément évoquer une certaine symbiose.

Les textes pénètrent sans peine l'épiderme, humidifient même la rétine, quand ils ne donnent pas des envies de meurtre - dois-je préciser que j'ai failli concrétiser les miennes sur une blonde avant la fin du concert ?

Quant aux musiciens, même si l'on peut déplorer que certains soient en retrait (notamment Franck Phan, le copain guitariste qui l'accompagne loyalement depuis les débuts), c'est, comme toujours, une formation valeureuse et efficace, groupée autour d'un Damien Saez, doué de suffisamment d'humilité et de recul pour comprendre la nécessité de laisser s'exprimer la mégalomanie du lead-guitariste (qui, soit dit en passant, peut amplement se le permettre), et n'hésitant pas à insérer avec dextérité et humour un passage de «Que je t'aime» de Johnny dans une de ses chansons. Précisons, pour les non-initiés, qu'un étrange rituel veut que Saez nous inflige, lors de ses concerts, des reprises aussi endiablées que comiques de tubes commerciaux : nous avions ainsi déjà eu droit à des reprises de Céline Dion, Kylie Minogue ou encore Beyonce (chorégraphie comprise!).

Au final, pas loin de 3 heures survoltées (généreuses en rappels) d'émotion, de beauté, de rage et d'humour qui m'ont permis de convertir ma meilleure copine à la saezophilie (n'ayez crainte : ça ne fait mal qu'au début ; après, c'est que du bonheur). Le concert s'achève dans une très bonne humeur, et la chanson «Perfect day» de Lou Reed, balancée dans la sono, vient conclure la soirée. C'était exactement ça : juste un jour parfait.

 

Miren Funke

 

* Plusieurs concerts pirates de la tournée sont téléchargeable gratuitement sur :

www.saezlive.net

 

 
     

Je remercie Etienne Bizeau de Tours qui a eu l'amabilité de prêter ses photos et de m'apporter son témoignage

 

     
 

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    mike stern - en public
 
  (c) oskar c. neubauer  
     
 

Le nez dans le guidon en ce moment, pas beaucoup de temps pour bavarder, mais là tout de même il fallait faire une pause, prendre une soirée, tant pis pour le retard.

Il y a des occasions que l'on n’a pas envie de rater, et celle ci en était une. Mike Stern, pas plus chanteur de chanson non crétinisante qu'autre chose. Non tout juste un musicien, un gars qui a joué aux côtés de Miles Davis. Un guitariste, vous l'auriez deviné n'est ce pas ? Déjà lui seul c'est tout bon, mais avec Richard Bona, le célébrissime bassiste camerounais. Les deux sur la même scène, en même temps, in-ra-ta-ble.

Mike Stern joue du jazz fusion, un mélange de rock, de funk et de jazz. La richesse harmonique du jazz, alliée à la puissance rythmique de la funk et l'énergie du rock, c'est ça la fusion. Stern c'est une allure de guitariste de rock, il entre sur scène avec une démarche de félin, qui accuse tout de même quelques petites rondeurs habilement dissimulées sous un T.Shirt noir. Imaginez une gueule à la Jagger avec le jeu d'un Larry Carlton des années 80, qui aurait copiné avec les 2 Jimi, Page et Hendrix. Il vous envoie le son de sa Telecaster à volume très soft, très coloré par l'effet chorus. Passant de rythmiques funky à des chorus dans lesquels ils mêlent des phrasés blues et jazzy, avant d'envoyer le gros son, le "sound of rock", puissant, avec des bons gros riffs qui respirent bon l'hormone et l'énergie du rock, et des chorus qui vous envoient les neurones direct là où ça fait du bien. Et il jongle comme ça avec vos nerfs et vos émotions, passant de la douceur, au léger, du léger au puissant, et tout ça sans jamais être agressif. C'est probablement là un de ses points forts. Même quand il joue avec un son sursaturé, ce n'est jamais agressif, ni par le volume, ni par le phrasé, ni par le choix des accords, ça reste toujours extraordinairement limpide et mélodieux. Oui bien entendu, il y a certainement derrière tout cela le travail des gars de la table qui égalisent et corrigent au fur et à mesure, et je le dis là, parce que Mike Stern ne les a pas remercié en public, il fallait bien qu'il y ait une faille chez le monsieur.

Et les autres ? Ah le Richard Bona, mesdames et messieurs, quel grand bassiste !!!! Lui c'est un cas, un groove à faire bouger un régiment de religieuses en méditation. Une voix extraordinaire, oui, parce que non content d'être un bassiste d'exception, le monsieur chante et plutôt très bien. Richard Bona, sa fusion à lui c'est les mélodies africaines et tout ce qui fait bouger la tête, les pieds et le coeur. Il était dans son jardin hier, ça se voyait, sur deux phrases il vous sublimait le groove d'un morceau, j'avais rarement vu à ce point. Imaginez un morceau qui bouge déjà pas mal, hé bien sans modifier ni rythme ni tempo, de toute façon y a le batteur qui veille au grain, non lui le Bona il donne du relief au tempo. Sur une phrase, d'un coup de slap, sur un passage de note, il vous fait grimper un col en vous donnant l'impression que vous venez de monter une petite côté de rien, le roi du dopage indétectable est groove.

Et tenez vous bien, c'est pas tout, parce qu'il y avait encore sur scène un saxo et un batteur dont je n'ai pas retenu les noms, mais je peux vous dire que j'ai retenu ce qu'ils faisaient de leurs instruments. Le batteur lui, c'est un animal bizarre. D'aspect, un mec normal, deux bras, deux jambes, une tête, jusque là du très banal. En action, ouh là !!!

Quand on se concentrait sur le rythme et le tempo, là on remarquait que le gars faisait tous ses solos de batterie systématiquement à côté des temps forts, parce qu'il y avait le Richard Bona et sa basse pour mettre les accents sur les temps forts laissés volontairement libres par le batteur. Ca donnait une densité incroyable à l'ensemble, les roulés de tambour, de cymbales, tout en l'air et les lignes de basses sur les temps forts Là dessus vous posez les rythmiques funky sautillantes de Mike Stern, pas un seul plantage de mise en place, un travail d'orfèvre, là juste devant nous et nos yeux qui n'en croyaient pas leurs oreilles. C'était littéralement magique, un joli bordel pour mon cerveau, là où mes yeux disaient " j'vous dis que ce sont des mecs normaux ", les oreilles répondaient:" Putain les yeux, z'êtes vraiment trop lourds, ces mecs sont des extra terrestres !!". Et puis comme pour ajouter un peu plus de bonheur, il y a avait le sax qui distillait en guise de chorus des petits bijoux de précision et de joyeuse inventivité.

On a eu droit à la présence surprise de Didier Lockwood, venu échanger quelques chorus tirés de son violon en chanté. Lockwood est un excellent musicien quand il veut bien jouer du violon plutôt que de l'égo. Hier de toute façon, son ego aurait été insuffisant pour surpasser la somme de talent qui se trouvait sur scène, il ne lui restait qu'à verser le sien pour remplir la coupe à ras bord, c'est ce qu'il fit et de très jolie manière. Et nous on a bu jusqu'à plus soif !!!!

Retour à la maison, couché 2H30, réveil 7 heures, Petit déjeuner, je me passe les doigts dans les cheveux et j'arrose la table d'une pluie de notes restées accrochées à mes bouclettes en bataille, j'éteins les deux amplis fender twin qui sont restés allumés dans ma tête toute la nuit. J'ouvre les yeux, mais je suis dans ma cuisine, pas au new-morning et les neurones sont encore au lit. Dave Weckl et Bob Franceschini, j'ai retrouvé le nom du batteur et celui du sax. Sortage dans la cour, montage dans la voiture, démarrage, roulage, les yeux un peu lourds mais le coeur léger. Allez hop au taff, les musiciens sont des magiciens, tout va bien.

 

Philippe Autret

 

www.mikestern.org

 

 

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    grégory veux - saravah
 
     
 

Si je vous dis «Saravah» vous pourriez répondre en langage Almanach Vermot «pas mal et toi ?», si vous êtes un peu proche du monde de la musique et de la chanson, vous savez peut-être que Saravah est un label de chanson qui vit depuis plus de 40 ans, le seul label français en activité ayant survécu aux multiples séïsmes qui ont bouleversé le monde du spectacle.

 

Si vous êtes un cinéphile quelque peu averti, vous savez que Saravah est né d’»Un homme et une femme» et de Pierre Barouh et Claude Lelouch, et si vous ne savez pas tout ça, nobody is perfect, je résumerai en quelques mots : Saravah est une utopie née d’un refus, et qui a réalisé ses rêves. A la façon de Merlin,

«Sans le rêve, l’action est vaine, et sans l’action, le songe est creux.»

 

Dans cet art des rencontres qui a vu naître des artistes comme Brigitte Fontaine, Higelin, Areski, Pierre Akedengué, au tout début de l’aventure, et qui a fait renaître Pierre Louki ces dernières années, Saravah et Pierre Barouh n’ont jamais dérivé de ce postulat, de cette ambition originelle, «Enfanter un peu de beauté humaine».

Saravah, c’est une sorte de miracle constamment renouvelé de la rencontre, quand on voyage dans un rêve en couleurs bariolées de samba vers des pays où l’étranger est un ami qu’on ne connaît pas encore.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que j’ai partagé hier 10 juin, une de ces soirées magiques qui me faisaient voyager derrière mon poste de radio forézien quand le Kabaret faisait escale dans des caves près de St Eustache, et hier, j’y étais. C’était une carte blanche à Grégory Veux qui avait invité quelques artistes amis, certains qu’on retrouve toujours avec bonheur, d’autres qu’on découvre mais qui sont d’emblée de la famille, ainsi Virginie Seghers, et Les Têtes de Chien… Pour les premiers, c’était la petite galaxie des presque vieux copains, Claire, Greg, Dominic, Pierre, et quelque part, dans un coin, on percevait quelques présences invisibles et amicales, Louki, Caussimon... Vinicius, tellement vivant dans la voix de Pierre Barouh que j’ai dans la bouche le goût du whisky qu’on n’a jamais bu ensemble. Saravah compañero !

Cette carte blanche, Grégory Veux en a fait un kaléidoscope d’émotions douces et intenses, offertes à tout passant de bonne volonté qui aurait les oreilles disponibles et le cœur ouvert à ces partages «d’un peu de beauté humaine»

Saravah les amis à venir, on se retrouvera bientôt, quelque part, il faut multiplier sans réserve ces possibilités de rencontres, on dit en Italie, qu’ «un plaisir partagé n’est pas un demi plaisir mais un plaisir double».

Ça vaut pour pas mal de choses dans la vie.

Ce plaisir, ces rencontres à la Saravah, il faut les multiplier, les retrouver, hier c’était à l’Archipel, demain ce sera où ? Où vous voulez, puisque vous pouvez aussi être des spectateurs vivants, actifs, partie prenante du spectacle, l’utopie est possible, la preuve par Saravah.

 

Norbert Gabriel

 

Pour en savoir un peu plus, sur les artistes en scène, visitez les pages web de

www.myspace.com/gregoryveux

fr.wikipedia.org/wiki/Saravah

www.saravah.fr/

www.myspace.com/tetesdechien

www.myspace.com/claireelziere

www.claireelziere.com

www.myspace.com/cravic

www.myspace.com/lesprimitifsdufutur

www.virginiesegherschante.com

 

Merci à Michel Rio, Pierre Barouh, l’Irlande, l’Italie pour les citations, dits ou proverbes.

 

Et quelques images :

 

 

Grégory Veux Claire Elzière Dominic Cravic Virginie Seghers Pierre Barouh

 

 

 

Les Têtes de Chien et Grégory Veux - Final

 

Dernier point à signaler, la forme très fluide de cette soirée rencontre, les invités s’intègrent sans temps mort, les deux musiciens Grégory Veux, et Dominic Cravic assurent le lien en continu, avec une grande complicité. Grégory faisant office de présentateur des invités, c’est plus qu’une carte blanche, le maître de cérémonie a harmonisé ce ballet de chansons, en vrai spectacle qui raconte une histoire, celle d’amis qui aiment se retrouver, qu’ils soient sur scène ou dans la salle.

 

     
 

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    fredo viola - the turn
 
     
 

Ambiance d’un café accueillant, quelques voix légères.

 

Juste le temps de se mettre à l’aise, à l’écoute de ce qui va suivre.

Voix amples, claquements de doigts, orchestre vocal, maîtrise des arrangements… Où sommes-nous ? Dans l’un des univers de Fredo Viola. Médiéval ? Minimaliste ? Moderne !

La voix est le point central des harmonies et de l’émotion. Et parfois les mots sont remplacés par des sons, plus libres que des vraies paroles. Fredo a fait ses classes comme soprano mais est très éclectique. De romantisme mystique, en ballade pop anglaise soft avec flûte traversière et claviers ronronnant, de l‘électro aux extraits naturels de folk douce, en marche mi-litaire mi-ludique,…

La première pièce de ce récit filmique nous enveloppe d’une délicatesse qui grimpe jusqu’à l’apogée, comme un orchestre symphonique, pour finalement atterrir dans une ambiance maritime, où mouettes et vagues s’agitent.

Il nous a embarqués et il ne reste plus qu’à poursuivre cette belle virée sonore.

 

Didier Boyaud

 

www.fredoviola.com

 

 

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jeune public

 
 
    actus naïve - jeune public
 
     
 

Les femmes et les enfants d’abord, ça vaut autant pour le sauvetage en mer que pour l’avenir de l’humanité, et celui de la musique.

 

Si en prime la musique adoucit les mœurs, préparons un avenir doux et musical avec quelques bonnes bases à recommander dès le premier âge. Ou le second, celui qui permet aux chérubins d’exprimer leur enthousiasme suscité par les berceuses, comptines, ritournelles que maman-papa leurs chantent pour agrémenter le biberon nourricier. Et les premières manifestations d’enthousiasme après la voix, c’est le geste. Que votre entreprenant rejeton chéri accompagne - le geste-  d’outils et accessoires dits « percussions domestiques»  une cuillère martelée dans l’assiette, ou un biberon judicieusement tapoté sont un premier départ encourageant. Et tout bon parent soucieux de l’évolution épanouie de sa progéniture, va se faire un devoir de compléter ces intéressantes dispositions. Et comme vous n’êtes pas seuls dans cette bonne disposition, NAÎVE a pensé à vous, avec l’album  « Fées Do Do » volume 3, les percussions. Et dans sa grande sagesse, Naïve a compris que la batterie avec caisse claire, cymbales, grosse caisse, tom-tom, ou tam-tam-tam n’est pas forcément adapté à votre home sweet home 3ème gauche. C’est pourquoi cet album aborde les percussions en douceur, avec marimba, vibraphone glockenspiel, ce trio de percussions s’appuyant sur les grands thèmes de la musique classique pour une première initiation toute en simplicité, avec des instruments abordables à tous les points de vue.

Et si votre petit prodige est un futur Mozart, ou Glenn Gould, ça vous laisse un peu de temps pour envisager le Steinway à queue, et le salon qui va autour.

 

Fées Do Do, Musique pour les rêves, volume 3. Et vous pouvez commencer par le début, il y a actuellement 3 volumes disponibles..

 

 

www.naive.fr/#/category/music/youth

 

Ensuite, après ce début encourageant dans la découverte de la musique, il y a l’expression de ses envies artistiques, tiens, dans une comédie musicale, vous avez tout : il faut écrire le livret, composer les musiques, faire la mise en scène, dessiner et coudre les costumes, concevoir et construire les décors, et l’interpréter. Il faut une assez grande famille pour avoir tous ces talents et savoir-faire disponibles. En attendant, soit que votre famille soit assez nombreuse, soit que vous ayez acquis toutes les compétences, il existe une comédie musicale pour petites oreilles qui arrive à point nommé pour vous faire un Broadway virtuel, mais très complet. Avec Dolly-Sophie Forte, c’est parti pour une histoire des comédies musicales, mais une histoire vivante, avec démonstration, et un panorama des plus grands artistes du genre.

Judy Garland, Fred Astaire, Gene Kelly, Paul Robeson, le magicien d’Oz, Show Boat, West side story, Gershwin, la veuve joyeuse, My fair lady, la mélodie du bonheur, Porgy and Bess, un américain à Paris, ou les hommes préfèrent les blondes, tout Broadway défile, tous les classiques, toujours aussi éblouissants. Le truc à faire rêver aussi les grands, parce qu’ils ont été des enfants, et que ça ne fait de mal d’en redevenir un de temps en temps... Le temps d’une chanson, ou deux ... ou trois.

 

Norbert  Gabriel

 

www.naive.fr/#/artist/musiques-pour-petites-oreilles

 

Cet été retrouvez les autres artistes naïve jeunesse sur scène !

 

Pascal Parisot : 12 Août à Fourmies pour le Festival Féron’arts

David Sire : 13 Juillet à La Rochelle pour les Francofolies / 24 Juillet à Spa pour les Francofolies de Spa / 27 Août à Saint Cloud pour le Festival Mini Rock en Scène

Abel : 30 Juin à Vincennes pour le Festival Pestacles / 14 Juillet pour les Francofolies Junior / 5 Août à Niederbronn pour le Festival Rêves de Mômes

ZUT : 6 Juillet à Auxon pour le Festival en Othe / 13 Juillet à Epernay pour le Festival Musiques d’été / 22 Juillet à Sablé sur Sarthe pour le Festival Rock ici môme / 25 Juillet à Alizée Ste Roche pour le Festival Les Nuits Péplum Alésia / 1 Août à Niederbronn pour le Festival Rêves de Mômes

The Nino's : 23 Juin à Vincennes pour le Festival Pestacles / 13 Juillet à Cholet pour le Festival Enfantillages / 24 Juillet à Spa pour les Francofolies de Spa / 28 Août à Saint Cloud pour le Festival Mini Rock en Scène

 

     
 

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    when you're strange - documentaire
 
     

Pour un non "doorsien" professionnel comme moi, le documentaire de Tom Di Cillo apporte beaucoup d'éléments de compréhension sur le groupe, de sa création à son éclatement, des moments lyriques aux périodes critiques, et du lien avec son époque.

 

Il s’agit bien des Doors et non seulement de Jim Morrison, ce qui fait la différence avec le mythe que presque chacun connaît, et qui fait abstraction de l’histoire de plusieurs personnes.

Ici on découvre trois autres musiciens, créateurs, créatifs, inventifs, mélangeant déjà les influences musicales.

Attachés leur époque, tant leur musique a été absorbée par la jeunesse de ces années qui virent l’apogée des Hippies et des guerres marquées par leur médiatisation.

C'est assez bien venu de la part d'un documentaire, et le montage de celui-ci est vraiment fin et inspiré.

Jouant habilement des scènes de concert montées sur des sons d’autres morceaux.

Les images d’archives qui constituent son unique matière (un boulot de fou je pense pour visionner et monter tant d’images) nous font approcher les êtres humains que l’on suit.

Il m’est apparu en sourdine le sentiment d'être uniquement spectateur, sans être assez rentré dans l'univers des Doors.

Peut être un peu trop explicatif (dates,...) ?

Et étrangement, les scènes avec Jim Morrison en voiture semblent déplacées, ne servant pas le propos mais faisant penser à des images tournées récemment avec un acteur jouant pour nous le rôle de Jim (il s’agit d’extraits du court-métrage que Jim Morrison avait fait lorsqu'il était étudiant à UCLA).

La voix-off de Johnny Depp s’intègre naturellement au récit, et participe à la réussite de ce long métrage.

 

Didier Boyaud

 

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    jean-louis foulquier - première gorgée
 
     

«La première gorgée de bière» version scène, le 3 Avril au Théâtre du Rond-Point

 

Dans «La première gorgée de bière», pour le public venu au Théâtre du Rond Point, la révélation est incontestablement Maeva Le Berre. Ce n’est pas pour réduire le rôle de Jean-Louis Foulquier, mais ceux qui ont vu «Doux et mou»* ont pu constater que le bonhomme n’est pas qu’une grande voix de radio, et pas seulement un comédien dévolu à des personnages picaresques au ciné ou à la télé. Ce court métrage montrait des qualités et une présence impressionnantes, dans la capacité à faire passer des émotions intenses en jouant du presque rien, sans effets ni artifice, simplement une présence. Qu’on retrouve au théâtre.

Et ce pari de théâtre peut faire regretter que la radio l’ait occupé si longtemps. On ne va pas s’en plaindre, et la chanson non plus, Pollen n’a pas été remplacé, ce en quoi France-Inter manque à sa mission de service public en ayant supprimé une des rares émissions de chanson de haut niveau. Mais en mettant Foulquier à la retraite, Radio France lui donne l’opportunité d’une autre aventure artistique, et celle-là, il ne la vit pas par procuration en faisant découvrir des talents, mais en se mettant lui-même sur scène.

Le texte de Philippe Delerm n’est pas une révélation non plus, c’est pourquoi dans ce quatuor indissociable (il faut y joindre Marc Rivière, réalisateur qui fait sa première mise en scène de théâtre) la révélation c’est la musicienne.

Dans la construction de ce spectacle, il y a le socle des mots, sur lequel Marc Rivière échafaude un assemblage mobile, la présence du comédien, sa voix qui apporte une intimité avec le texte, avec celui qui le dit, et ceux qui l’écoutent.

Et il y a la musique de Maeva Le Berre, qui crée des espaces aériens, des moments de grâce infinie, parfaitement relayés par les lumières, qui exaltent sa présence. Elle est beaucoup plus qu’une accompagnatrice de scène, par sa complicité attentive, intense, qui suggère l’image du balancier assurant l’équilibre du funambule.

Mais le plus remarquable est son talent à créer des paysages et une mise en espace par la musique... Parfaite alchimie artistique entre la musique qui génère des envols oniriques, et la voix de Foulquier avec sa proximité chaleureuse

Quand on perçoit ce genre de sensation, on peut se poser la question, ai-je été bluffé par la présence lumineuse de la musicienne, et le charme de l’ensemble me fait-il surévaluer le seul talent musical ? Cette question, je l’ai posée à mes voisins de fauteuils, voisins de hasard, inconnus, mais nous avons communié à la même gorgée de souvenirs, et en exposant ma question, un peu confusément, sur l’espace créé par la musique, ils ont été unanimes : c’est exactement ça, je ne suis donc pas le seul à avoir vécu cette sensation.

 

 

Et pour finir (provisoirement) sur ce point, la conversation s’est poursuivie dehors, avec quelques autres spectateurs «de hasard» qui avaient simplement envie de partager et prolonger cette rencontre, autour, et avec ce spectacle, parfaitement intergénérationnel, car dans cet échange spontané, l’éventail des âges était très largement ouvert, disons de 30 à 70 ans, mais l’âge ne faisait plus rien à l’affaire, le bonheur était le même.

Pris individuellement, on peut ne pas apprécier le style de Philippe Delerm, on peut ne pas être amateur de la voix de Foulquier, mais il faut oublier tout ça, car dans cette création, on découvre un ensemble qui recompose chacun des éléments pour en faire un tout, entièrement nouveau, un tableau qui a combiné les couleurs indépendantes pour en faire une œuvre nouvelle, magnifique, qui va chercher des émotions dans les recoins les plus intimes de chacun, dans des recoins inexplorés. Une anecdote résume assez bien cette capacité : dans ses souvenirs Philippe Delerm évoque le maillot sobre de Jacques Anquetil, une seule couleur, avec une petite broderie en cursive sur le devant, rien à voir avec les kaléidoscopes bigarrés et flashy des coureurs de 2010. Anquetil, et son maillot sobre, uni, il faut être senior, et amateur de vélo pour savoir de quoi il est question. N’empêche, une jeune voisine de fauteuil, jeune, disons 30-35 ans, donc très jeune, a fait son petit film perso, que je résume, «c’est joli cette histoire de cycliste qui fait broder le nom de sa petite amie sur son maillot» car la broderie, c’était Hélyett, (marque de cycles des années 50-60,) et elle avait entendu Eliette, comme le prénom. Qui s’écrit aussi Hélyett...

Pendant un instant, elle est partie dans un rêve personnel, comme un souvenir inventé, qui devient presque réel tant il est inscrit dans la mémoire collective. Comme le Laguiole du grand père, (ou l’Opinel) cette image est tellement présente, qu’on a tous un grand-père avec un Laguiole dans sa poche.

C’est la magie de ce spectacle, on pourrait dire aussi que Philippe Delerm a écrit quelque chose qui n’attendait que la mise en scène pour se sublimer. Grâce à la conjonction des talents réunis, qui se magnifient mutuellement. Et la musique de Maeva Le Berre en est un des partenaires à part entière.

Un bon comédien n’est jamais aussi bon que lorsqu’il a des partenaires à la hauteur, et pour cet exercice, Jean-Louis Foulquier est porté par ses trois associés, l’auteur, la musicienne, le metteur en scène (et l’éclairagiste).

C’est comme un concert de Menuhin, ou Yvry Gitlis, quand ils jouent le Concerto pour violon en Ré mineur de Tchaikovski, il faut la partition du compositeur, le talent du musicien, un violon Stradivarius, ou un Guarnerius, et le chef d’orchestre. A vous de voir qui fait quoi dans «La première gorgée de bière» version scène.

Qui a terminé ses semaines parisiennes, mais la vie continue, et le spectacle aussi. Et il n’est pas possible que ce spectacle ne soit pas invité à tourner.

 

Pour plus d’infos sur la genèse de cette création, voici des liens pour tout savoir, les entretiens avec Marc Rivière, Jean-Louis Foulquier et Maeva Le Berre expliquent les rouages et la construction de cet ensemble fragile qu’est un spectacle avant la scène, devant le public.

 

www.la-coursive.com/index.php?id_page=73&id_site=1

www.la-coursive.com/index.php?id_page=74&id_site=1

www.la-coursive.com/index.php?id_page=69&id_site=1

 

* Le court-métrage de Lucie Duchêne est visible là-dessous

www.6nema.com/sacrebleu/court-metrage/doux-et-mou-2095

 

Jean-Louis Foulquier, peintre 

Mais il y avait aussi Jean-Louis Fouquier peintre, qui exposait au Musée de la Poste plusieurs semaines. On ne raconte pas la peinture, on la montre. En quelques mots, de Studio de nuit à Pollen, Foulquier a mis beaucoup de couleurs dans les musiques qu’il invitait à l’antenne, aujourd’hui, il y a de la musique dans ses peintures, voici un bref aperçu...

 

 

Pour suivre les nouveaux chemins de Jean-Louis Foulquier,

www.myspace.com/jeanlouisfoulquier

 

Et nous surveillons «La première gorgée de bière» qui passera un de ces jours chez vous, peut-être.

 

Norbert Gabriel

 

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    pierre étaix - longs métrages
 
     

Après l'annonce, il y a quelques jours, de la projection à Cannes du film "Le Grand Amour" de Pierre Etaix, nous sommes heureux de vous annoncer la ressortie officielle de l'ensemble de ses films le 7 juillet 2010.

 

Cinq longs métrages et trois courts métrages (dont un inédit) sont actuellement en cours de restauration sous la responsabilité de François Ede et le regard de Pierre Etaix. Cette restauration est unique (c'est en effet la première fois qu'une oeuvre cinématographique est restaurée en une seule fois dans son ensemble). Elle est le fruit d'une belle collaboration entre Pierre Etaix, Studio 37 (propriétaire des négatifs), et les fondations Technicolor pour le Patrimoine du Cinéma & Groupama Gan pour le Cinéma.

Un grand merci à Pierre Etaix pour son courage et sa détermination, merci aussi à François Ede, à toute l'équipe de Studio 37, à Séverine Wemaere (Déléguée Générale de la Fondation Technicolor) & à Gilles Duval (Délégué Général de la Fondation Groupama Gan) pour leur travail remarquable et leur obstination.

 

Encore une bonne nouvelle: l'intégralité de l'oeuvre cinématographique de Pierre Etaix sera disponible en DVD à la rentrée. Nous vous communiquerons tous les détails dans une prochaine lettre d'information.

 

Norbert Gabriel

 

Pour plus d’infos : lesfilmsdetaix@gmail.com

 

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    district 9 - en dvd
 
     

Merci m’sieur dvd*

De m’avoir permis

Longtemps après sortie

De pouvoir regarder

Les films que j’ai ratés

 

Comment tomber sur un film détonnant alors que le visuel de la jaquette du dvd fait réellement penser à la floppée de films de genre, fantastique à effets spéciaux, testostérone et hémoglobine renforcés. Et plouf, on se retrouve immergé dans un format totalement décalé, un faux documentaire réaliste à souhait, mais très décalé grâce à son personnage principal, le coincé à mèche grasse, tout en excès, et qui ne se sent pas à sa place devant la caméra. Il est le fil conducteur de cette histoire et nous embarque dans cette folie – sa folie ?

L’info que l’on pourrait penser principale - l’arrivée d’un vaisseau spatial stationné au dessus de Johannesburg, en Afrique du sud et non aux USA… - est traitée comme un simple fait divers. L’idée filmique majeure est ici l’immersion totale dans le sujet grâce à ces points d’entrée décalés : caméra à l’épaule du documentaire, vidéos de surveillance des ghettos pour aliens, reportages télés à la recherche du scoop, interviews, live en hélicoptère, … et images «propres» au film. Les logos présents sur ces images participent au sentiment d’être devant sa télé, que c’est là que cela se passe, maintenant, et que l’histoire est crédible. Les caméras sont parfois éclaboussées par divers sangs, humains ou non, comme pour révéler le besoin croissant de nos congénères pour les scènes sanglantes au cinéma. Mais jamais on ne s’attarde en gros plan sur ces scènes violentes, sauf si elles apportent une matière au propos du film. Le réalisme des lieux, des personnages, des crevettes – nom officiel des aliens ! – est aussi très bluffant. Ces aliens peu ragoûtants sont crédibles voire réalistes et on s’y attache, presque plus qu’au personnage principal, pourtant excellent. Ce personnage évolue tout au long du film, passant de la naïveté à l’enthousiasme et de la peur à la révolte.

Venant d’un réalisateur blanc sud-africain, ce regard sur le sort d’une population cloîtrée derrière des barbelés et laissée dans le dénuement et la violence qui en découle, renforce l’atrocité du sort qui a été celui de la population noire pendant si longtemps dans ce pays. Il était temps qu’une fiction s’en fasse l’écho, et de belle façon.

 

Didier Boyaud

 

*à mamz’elle vhs et leur descendant le p’tit blue-ray aussi.

 

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