BRASSENS AUTOUR DU MONDE - joël favreau
 
     
 

On croit souvent tout connaître de Brassens, la maîtrise de son écriture, l’exigence , le style , ce qui a parfois occulté la musicalité de ses compositions. Depuis quelques années, des musiciens à l’oreille fine ont réinventé les harmonies, exploré tous les chemins du métissage. Ainsi parmi les derniers albums, Brassens autour du monde, conduit par Joel Favreau et Jean-Jacques Franchin, va se balader à Nouméa, Kaboul, Beyrouth, Cotonou, avec des instrumentistes et compositeurs locaux qui mettent toutes les couleurs de l’arc en ciel dans 11 chansons, dont «Le verger du Roi Louis» dans laquelle Brassens est compositeur sur un texte de Théodore de Banville, superbe moment, à Beyrouth, une des plus belles rencontres du disque.. On trouve aussi «Marinette» avec quelques malicieuses marinettes de Cotonou qui apportent une fraîcheur chorale très enjouée.

Joel Favreau interprète avec une juste sobriété pour laisser la musique s’épanouir sous tous les soleils amicaux des percussions du Bénin ou de Beyrouth, avec la douceur du Oud pour accompagner l’ombre des passantes.

Dans «l’arc-en-ciel d’un quart d’heure», enregistré à Nouméa, Joel Favreau a posé les notes justes, sur un texte que Brassens avait laissé en attente, et comme Brassens l’avait fait pour les passantes ou les oiseaux de passage, Favreau a fait de ce texte une chanson.

En fil rouge, l’accordéon de Jean-Jacques Franchin conduit avec finesse les mélodies de Georges Brassens, poète ? Chansonnier ? Musicien absolument.

Que ce soit à Nouméa, à Cotonou, à Kaboul, ou à Beyrouth, tous les invités ont investi intimement l’univers de Brassens, inspirés par Joel Favreau et sa guitare, raffinée, subtile, qui souligne, cisèle des arabesques arachnéennes de notes légères, comme une ballerine, sublimée par un swing délicat, cette pulsation intime qui est l’essence même de la musique.

Cet album confirme qu’on peut récréer et respecter, exercice difficile, rarement réussi, rarement abouti avec cette qualité.

 

 

Produit et distribué par «Le sourire du chat» en catimini, allez, vous avez la chance de savoir où le commander, car il n’est vendu que par correspondance*, donc, n’hésitez pas c’est une pépite qu’il faut avoir, qu’on soit fan de Brassens, ou non, parce que c’est une redécouverte, un très joli bouquet.

 

Et dans l’album de 11 chansons, une vidéo sur les rencontres musicales et scolaires à Cotonou, et des extraits de concerts, interviews de musiciens... Et «le gorille» devant une salle d’ados réjouis, c’est un bon moment. Alors, c’est pas du beau travail ??

 

Norbert Gabriel

 

www.joelfavreau.com

 

*Pour commander l’album, c’est là :  lesourireduchat@wanadoo.fr

 

 
 

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     CENTENAIRE - 2 the enemy
 
     
 

Quatre garçons qui se fichent de savoir d'où le vent souffle. Messieurs ont assimilé la musique expérimentale, le post-rock et tout ce qui a pu se faire -ou presque- depuis Marin Marais. Pourtant, foin de musique bouffie d'elle-même, prétentieuse et à écouter avec la Grande Encyclopédie Musicale sur les genoux. Les Centenaire préfèrent nous offrir des mélodies gracieuses, qui sentent bon le soleil, les ballades à la campagnes, quand on essaye d'aller plus vite que l'orage qui monte.

Leur Enemy est sournois et tapi entre les morceaux, leur équilibre parfait n'existe que par cette menace, l'impression trouble qu'il suffirait de si peu pour que tout s'écroule. Si Wheelchair ou A Cure sont particulièrement lumineux et doux aux oreilles, il faut prendre garde aux Farmers Underground qui déboulent, chevauchant leur moissonneuses-batteuses, fonçant droit sur la nappe de pique-nique. On n'est jamais tranquille avec Centenaire, ils ignorent le mot "homogène" et préfèrent enchainer les morceaux comme bon leur semble, sans négliger aucune de leurs influences/expériences.

Les quatre membres sont poly-instrumentistes et poly-projetistes, qui jouant en solo les nuits de pleine lune, de préférence le vendredi (voir les Concerts du Vendredi sur le site d'Aurélien Pottier, www.aurelienpotier.net) qui s'énervant sur des machines électro (myspace.com/domotic) qui ne s'arrêtant jamais de chanter, le grain ça s'entretient, (www.myspace.com/myjazzychild) et qui enfin, s'octroyant un pseudo de Finlandais symphoniste pour composer tranquille et incognito ses morceaux (Orval Sibelius n'a plus de myspace mais est écoutable chez deezer)

"2" Enemy vient de sortir, sous quelle étiquette votre disquaire va-t-il bien pouvoir le ranger, je ne sais, peut-être bien "Trouvaille Du Printemps"...

 

Leslie Tychsem

 

www.myspace.com/centenaire / www.centenaire.net

 
 

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     LA CHANSON DU DIMANCHE - plante un arbre
 
     
 

Et voilà, ils sont de retour! Les deux joyeux ménestrels du bitume nous régalent aujourd'hui d'un album studio de leurs titres phares «Plante un arbre». Après le DVD regroupant l'intégralité de leurs prestations, sortent aujourd'hui simultanément le CD et le livret des textes et tablatures (et autres surprises).  

Pour mémoire, en 2007, un duo improbable de décalage, a créé le buzz sur Internet en proposant chaque dimanche sur leur site internet une chanson inspirée de l'actualité. Le bouche à oreille a fonctionné à une telle vitesse que le nombre de visites a battu tous les records d'affluence.

Clément Marchand (guitare et chant) et Alexandre Castagnetti (chant et synthétiseur) enregistrent des versions minimalistes de leurs chansons à même le sol, en respectant une configuration visuelle parfaitement identifiable, et affichant un plaisir artistique très communicatif. Les deux comparses font salle comble aujourd'hui, les dates de tournées s'enchaînent et les lieux s'agrandissent tant les aficionados sont nombreux! 

Les tubes qui ont fait leur renommée tels que «Petit cheminot» ou «Bonne humeur» sont aujourd'hui réunis sur le nouvel album «Plante un arbre», en version multi-instruments . On aurait pu craindre d'y perdre la fraîcheur artisanale des versions initiales, mais il n'en est rien. Ces nouvelles orchestrations raviront les fans, et séduiront les néophytes, un vent de bonne humeur va enfin souffler sur une France qui fait grise mine. Pour avoir personnellement testé l'effet Chanson du Dimanche sur un panel d'humains disparate, j'ai constaté les mêmes réactions aux stimuli : tapotement de pied en cadence, claquement de doigts et de mains, sourire béat, et reprise des refrains (exemple : Si tu veux savoir la couleur de tes yeux envoie 8 22 22, si tu veux savoir le QI de ton chat envoie 8 33 33, Si tu veux savoir si ta copine est chouette envoie 8 17 17 ou si tout simplement tu es content envoie 8 200 200... / Titre : 8 200 200)  .  

Je ne saurais que trop conseiller de se procurer CD, DVD, Livre, et billet de concert, il serait bien dommage de bouder une telle bouffée d'air frais.  

 

Séverine Gendreau 

 

www.lachansondudimanche.com  /  www.myspace.com/lachansondudimanche 

 

Concerts :

21/06 - PARIS - OLYMPIA - Fête de la musique avec FIP 
27/06 - TOURNON (07) - Fest’route 
28/06 - NEUVES EGLISES (67) - Décibulles 
03/07 - MONTENDRE (17) - Free Music 
10/07 - LES ROCHES PRES MARIE (86) - Théâtre de verdure 
11/07 - LUSIGNAN (86) - Théâtre de verdure 
13/07 - LA ROCHELLE (17) – Francofolies 
17/07 - SAINT MALO DU BOIS (85) - Poupet 
20/07 - SPA (BE) – Scène Fnac 
21/07 - NYON (CH) - Paleo 
07/08 - BAYEUX (14) - Calvados de Rock 
15/08 - LUXEY (40) - Musicalarue 
30/08 - CHALONS EN CHAMPAGNE (51) - Foire  

 
 

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     DES COMEDIENS QUI CHANTENT
 
     
 

Annick ROUX, (et Francis Blanche), Henri Courseaux, «Ma foi, je doute...»

 

Lors d’une soirée à la Reine Blanche, (j’ai retrouvé sur scène) un comédien qui m’avait beaucoup plu lors d’une de ses premières scènes chansons, il y a 12 ou 13 ans, Henri Courseaux, et ce printemps 2009, l’intensité de son interprétation m’a évoqué Jacques Debronckart, incandescent, comme animé d’un feu intérieur qui irradie et se communique aux spectateurs.

Henri Courseaux sait accompagner les mots avec les gestes exacts, comme un chef d’orchestre qui sculpte sa partition du geste et de la voix. Rien d’artificiel, l’expression, tant gestuelle que vocale est généreuse, et toujours juste. L’art de jouer une chanson comme on joue un rôle, en dominant son sujet pour porter l’émotion vers le spectateur, et non la lui voler.

Dans la même soirée, une découverte, voire un coup de foudre, Annick Roux qui était ce soir là dans son spectacle (une partie de ce spectacle) Francis Blanche. D’abord, on redécouvre quel formidable auteur était Francis Blanche, et il fallait une comédienne pour faire vivre ce répertoire dans toutes ses nuances. Un exemple «Le général à vendre» chanson créée par les Frères Jacques, et au répertoire de Chanson Plus Bifluorée, une sorte de fantaisie burlesque et surréaliste, loufoque et hilarante. Très souvent perçue dans le burlesque, mais la version qu’en donne Annick Roux va beaucoup plus loin, car dans cette chanson, il y a aussi une part d’enfance, une part de rêve, comme un personnage de conte qui sortirait des pages d’un livre, on sait qu’il est imaginaire, mais on y croit, le temps d’une chanson ?

Annick Roux sait faire passer tout le kaléidoscope des émotions. Dans l’humour ravageur de Francis Blanche adulte sans illusion, elle sait trouver les parenthèses de tendresse enfantine pour ce général, le sens du merveilleux, et dans cette chanson en particulier, c’est dans la dernière note qu’on s’envole comme un gamin qui a retrouvé un moment d’enfance éblouie. Alors que souvent Francis Blanche retourne la situation dans le dernier vers avec une férocité jubilatoire (le berger).

 

 

«Le général à vendre» figure dans un DVD Tranches de scènes, et le spectacle complet d’Annick Roux est en boite, prêt à publier. Manque juste quelques fonds, et je suggèrerais volontiers une sorte de soutien financier pour finaliser ce projet. (Voir Tranches de scènes, et comment ça fonctionne)

Cet été, Annick Roux fait partie de la «tournée Edito Musiques» au Festival d’Avignon, elle y sera en fin Juillet, avec «son» Francis Blanche. (du 26 au 30 Juillet, à 20h au Collège de la Salle)

Comédienne plus souvent présente au théâtre que sur la scène chanson, une rencontre s’est imposée pour connaître sa vie d’artiste...

Réponse à cette entrée en matière, Parlez-moi de votre vie d’artiste, elle répond, c’est des bas... et des bas... mais malgré cette répartie à la Francis Blanche, pas de pleurnicherie dans le propos, c’est ce que nous verrons dans le numéro de rentrée, avec une interview complète.

Et pour cet été, voyez ci-dessous.

www.myspace.com/editomusiques

Pour Henri Courseaux, il sera à Barjac, Chanson de paroles le 28 Juillet, et si vous passez du côté du Quercy, il y anime le Festival de Montcuq, haut lieu s’il en est ...

www.myspace.com/festivaldemontcuq www.festichanson-montcuq.com

 

site d'Annick Roux www.myspace.com/annickroux2009

 

Norbert Gabriel

 
 

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     DITHYRAMBE - duo classique décalé
 
     
 

Lors de mes déambulations dans le festival PARADE(S) de Nanterre des 12,13 et 14 juin derniers riche en diverses troupes de rue inspirées, je fis la rencontre sonore et visuelle de Dame Bérénice de la Troufinière et Dame Culnégonde de la Garde Montée, sévissant de concert sous le sobriquet de Dithyrambe (1552 du latin Dithyrambus : 1. Poème lyrique à la louange de Dionysos - 2. Eloge enthousiasme, parfois jusqu’à l’emphase - 3. Duo grenoblois pratiquant la piraterie musicale avec beaucoup d’élégance, telles qu’elles nous le disent).

Chatoyamment vêtues à la mode 18ème siècle de la cour, matiné de baskets roses pur 21ème, nos drôles de dames entonnent de leurs voix de divas des chansons qui résonnent étrangement à nos oreilles : «Ymca» des Village People, «Antisocial» de Trust, «Should I stay» des Clash, «God save the Queen» de circonstance et des Sex Pistols, «Billie Jean» de Michael Jackson pour une version où les notes deviennent de subtiles vocaux. Juchées sur le perron d’une vielle bâtisse ou sur un banc d’où elles ont délogé les occupants, simplement accompagnées d’une guitarette, elles délivrent une réjouissance vocale saisissante, une suite des mimiques très 18ème, et une haute dose de dérision. Derrière ces merveilleux atours se cachent Carolina Zviebel*, violoniste de formation classique également membre des groupes Cheers, Vehementer Nos, et Julie Dumas, chanteuse lyrique de formation, que l’on retrouve aussi sur quelques morceaux du groupe Stael, et toutes les deux sur l’album de Simon Carrière & les Mineurs du Majeur.

«Trou normand, rince palais, diversion, bouffonnerie, boutade», comme elles aiment à se présenter, nos dames ravissent donc nos oreilles (quelles voix !) et nos neurones (quelle présence, quel humour !).

Leur crédo : L’art est un jeu, alors jouons…

Et moi j’ai envie d’être dithyrambique ! Profitez de l'été et courez dans les rues à leur rencontre !

 

Voyez plutôt >

Didier Boyaud

 

www.myspace.com/duodithyrambe

 

 * Carolina Zviebel s’exprime aussi sur le concept de création sonore : Voilà un peu plus de deux ans que je m’intéresse à la conception contemporaine de l’espace sonore et à ses différentes transformations. Ce qui m’apparaît aujourd’hui comme une évidence (après ces quatre mois en musicologie), c’est que, depuis l’antiquité grecque, l’espace sonore est manipulé comme système selon des règles, le plus souvent d’une précision redoutable, se transformant et évoluant au fil du temps et plaçant les compositeurs au même niveau que les mathématiciens ou les physiciens car, que ce système soit respecté à la lettre ou contourné, il reste un référent pour ses contemporains.

Cette observation est valable dans bien d’autres domaines si ce n’est dans tous. Dans toute production, on trouve des contraintes, qui forment un canevas de base, un système, qu’il soit précis ou non, apparent ou non. Ma question est la suivante : la création peut-elle être indépendante d’un système ?

 
 

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   Claire ELZIERE - à l'européen

 
 

 

 
 

Sur la scène, Claire Elzière, avec les Primitifs du Futur, Dominique Cravic (guitares et ukulélé)et des invités : Jean-Philippe Viret (contrebasse), Jean-Michel Davis (vibraphone, batterie), Fay Lovsky (ukulélé, voix,…), Bertrand Auger (saxophones), Daniel Colin (accordéon, bandonéon) et Grégory Veux (piano) son accompagnateur pianiste depuis plus de 10 ans.

Dans la salle, il doit rester un ou deux strapontins de libres, et encore, c’est pas sûr. On aperçoit quelques amis de toujours, ou presque, Pierre Barouh, et on devine quelque part dans les coulisses, ou derrière un projecteur, l’ombre de Pierre Louki qui est à l’honneur ce soir, c’est le concert de sortie de l’album «Un original, 13 originaux» chez Saravah, (voir LDDLO 30)

Claire Elzière est interprète, à la manière de Jeanne Moreau, Cécile de France, Isabelle Huppert, Roger Blin, Laurent Terzieff, elle choisit dans le répertoire des auteurs de haut vol, comme un  comédien fait vivre le répertoire de Shakespeare, Molière, Feydeau ou Beckett,  elle fait vivre les chansons d’Anne Sylvestre, Marie-Paule Belle et Pierre Louki, avec qui s’est tissée une histoire particulière (racontée dans le DVD Pierre Louki, chez Frémeaux/Saravah, un film de Jean-Claude Guiter)

En 2003, Claire enregistre un premier album consacré à Louki, «La vie va si vite».

Et puis, Pierre Louki s’esquive, en douce, une nuit de Décembre 2006, il venait de publier un livre de souvenirs, et dans ses papiers, un dossier, «Claire» avec des chansons inédites, des textes sans musique, qui ont trouvé les bonnes notes avec Colette Mansard, Grégory Veux, et Dominic Cravic. Ce sont ces chansons confiées à Claire, qui sont devenues cet album. Que nous avons fêté ce 19 Mai 2009 à l’Européen.

Parmi les invités conviés à partager un moment de scène, Georges Varenne-Louki, le fils de Pierre Louki qui promène sa clarinette sur que quelques chansons.

Dans le précédent numéro, j’ai dit tout le bien que je pensais de l’album, le spectacle est à la hauteur des promesses du disque.

Ce spectacle est annoncé cet été au Festival de Barjac, le 30 Juillet, à 15h30 et le 15 Juillet Aux Rencontre Marc Robine, en Auvergne, à St Bonnet près Riom. D’autres dates sont prévues à l’automne, on en reparlera.

 

Norbert Gabriel

 

 

www.claireelziere.com

Chansons de parole Barjac  chansonsdeparole.com

Rencontres Marc Robine   onconnaitlachanson.fr

 
 

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   DES FOURMIS DANS LES MAINS

 
     
 

Jolie et méritée appellation. On sent qu’il y a de l’agitation artistique dans ces mains.

Et dans les têtes aussi. On pourrait parler de la rencontre du slam et de la musique contemporaine.

Mais aussi dire : «Le slam devient enfin une poésie chantée,

Dans une musique en vie, en incessante quête de musicalité.»

 

«Les phares» est le premier titre qui s’offre à mes oreilles, mais aussi à mes yeux.

Je suis face à une découverte sonore et visuelle, où l’image, les mots, les gestes, les mouvements, les musiques se rencontrent, se frottent, s’écrivent, échangent.

Et ce grâce à Laurent Fellot (et ses compagnons*) qui est, comme il se présente lui-même, «celui qui fait l'image, le son, les textes, le chanteur...etc». Un engagement artistique complet.

Je poursuis avec «La nuit blanche», où sur une route enneigée (qui me fait penser à l’Aveyron), une voix posée, pensée, vécue, nous entraine dans son histoire :

«J’ai voulu mettre mes pieds au fond des bois en neige juste un jour de cent mille flocons. Le petit route tourne et me parait droite toute vêtue de blanc. Déjà le grand manège. Les flocons tous serrés pour se tenir chaud.»

Je me laisse facilement embarquer, passager volontaire !

 

«Les migrations», «Les cloches», autres titres disponibles sur youtube, me font penser à des minis opéras-contemporains, comme on dit un opéra-rock, où le rock n’est pas exclu. Une mise en scène sonore, où les chœurs ont leur place auprès du slam !

Après mes premières armes auditives du slam avec Grand Corps Malade ou Abd Al Malik (comme pour beaucoup, j'ai juste laissé traîner mes oreilles sur ce nouveau courant), en passant par le trio du GMPC (Le Grandiloquent Moustache Poésie Club – que je conseille à tout le monde d’aller découvrir dans une des nombreuses salles où ils font virevolter la langue française, souplement, crument, déraisonnablement !), j’ai l’agréable sensation de découvrir une vraie progression, ouverture, éclosion,… de cette nouvelle poésie contemporaine.

Je vous incite donc à y laisser traîner vos oreilles, sans oublier vos yeux.

 

Didier Boyaud

 

* Le groupe :

Guillaume Chosson : violoncelle / Damien Sanlaville : batterie / Heiko Wilhelm : piano / Laurent Fellot : textes, compositions, voix, contrebasse, basse / et Gaël Breton : lumières...photos, gps / Jérôme Rio : son...réalisation

et aussi www.labelfolie.com

 

www.myspace.com/desfourmisdanslesmains où vous pouvez découvrir également les titres «La botte» et «Le paradis» issus du 2ème disque "on entendra chanter les loups" disponible chez Discograph le 8 JUIN.

www.youtube.com/user/laurentcece69 

 
 

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    Sophie HUNGER - monday's ghost
 
     
 

L’ayant vue en promo avec Eric Truffaz, je me suis dit que c'était une chanteuse jazz...

En entendant le disque, j'ai réalisé que pas seulement, loin de là. Je n'aime pas beaucoup les comparaisons mais on peut difficilement ignorer qu'elle a beaucoup écouté Bob Dylan et Jeff Buckley. Jazz, rock, folk, subtilement mêlés et arrangés. Et aussi qu'elle a une sacrée personnalité. L'avez-vous vue répondre aux questions de Nagui à taratata ? Un festival ! Peut-être un peu gênant pour le téléspectateur mais il n'avait qu'à poser des questions pertinentes. Elle n'est pas du genre consensuel.
Que sait-on de Sophie Hunger ? La bio dit qu'elle est née le 31 mars 1983... Certes le même jour que Kent (voir carnets berlinois) mais ça veut surtout dire qu'elle a aujourd'hui 26 ans ! Et peut-être un talent inné puisqu'elle a démarré tardivement, à 19 ans, dans un groupe rock. Elle aura eu le temps de nourrir son inspiration, de s'éveiller artistiquement, entre l'Angleterre, la Suisse et l'Allemagne où elle a vécu. Il y a du charme, de l'assurance, du mystère, un brin de folie. Un album à apprécier en toute circonstance, une soirée entre amis ? Une longue route à faire ? L’univers est dense mais laisse place à l'imaginaire.

Mention spéciale pour la chanson "walzer für niemand" et sa nostalgie.

Paraît qu'elle a une présence impressionnante quand elle interprète ses chansons sur scène. Faut dire qu'elle tourne avec les mêmes musiciens depuis longtemps, que ce sont les mêmes sur le disque, elle doit se sentir chez elle et bien soutenue. Ce ne sont que des suppositions, à confirmer le 24 juin aux Bouffes du nord...

 

Valérie Bour

 

www.myspace.com/sophiehunger

www.facebook.com/pages/Sophie-Hunger/9383332835

 

 

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    JOUR FERRE - pour commencer mai
 
     
 

 

Ce rendez-vous du premier Mai, pour saluer Léo a pris ses quartiers au Trianon depuis 3 ans, magistralement organisé par Cristine Hudin et Edito Musiques.

Ce Jour Ferré 2009 fut un très grand jour, avec des invités dans un état de grâce qui a porté les musiques et les textes de Ferré dans un feu d’artifice de vie et d’énergie tonique, un Ferré vivant, flamboyant, réinventé par Annick Roux, Christiane Courvoisier, Véronique Pestel, Alcaz, Richard Martin, Serge Utgé-Royo, Joan-Pau Verdier, Les Chanteurs-livreurs... Une salle très bien remplie, qui garantit une quatrième édition, car ce genre d’exercice est parfois risqué, c’est un spectacle de presque 4 heures, un rendez-vous qui réunit aussi des éditeurs, des disquaires, une expo, et quelques espaces de sustentation, histoire de reprendre des forces au cas où...  Chacun des artistes invités présente 3 ou 4 chansons de Ferré, et de leur propre répertoire. Et les choix respectifs étaient en totale harmonie avec l’univers de Ferré.

S’il arrive parfois que ces soirées multi-interprètes souffrent de temps morts ou de longueurs, entre les changements de plateau, ou la durée du spectacle, ce jour là, le tempo a été conduit avec maestria, Annick Roux assurant le fil conducteur, dans une mise en scène simple, fluide, pour lier les séquences successives. Très belle démonstration d’ensemble d’une soirée placée sous le signe de l’anarchie bien comprise, à savoir chacun se gouverne et se comporte en citoyen responsable qui respecte les autres, sans avoir besoin des béquilles de l’ordre policé.

Cet aparté précisé, la soirée fut magnifique, pas besoin d’être un aficionado féru de Ferré pour vibrer à la musique, et à la puissance des textes, impressionnant  Richard Martin, oui, impressionnant dans la mise en majesté des mots,  «Poète, vos papiers»  qui prend une dimension prophétique, et une ampleur subjugante.

Et on peut découvrir que «le général à vendre» interprété par Annick Roux est tout-à-fait en phase avec Léo.

Le public était nombreux, toutefois, si vous avez raté ce moment, il devrait être possible de le partager en différé, grâce à Tranches de Scènes, dont nous vous encourageons à visiter le site toutes affaires cessantes.

 

 

Norbert Gabriel

 

DVD Lavilliers

 

Et comme un écho pertinent, une autre nouvelle, le DVD « Lavilliers chante Ferré » est entré direct à la 3 eme place des ventes dès la première semaine.

Totalement magistral. Deux parties, la première en formation resserrée de 4 musiciens, puis une seconde partie avec l’Orchestre National de Lyon, une création de 2006.

Bernard Lavilliers entre dans l’univers des  mots et des musiques de Léo Ferré comme personne ne l’a fait. Dans toutes les facettes du kaléidoscope. Ferré auteur, Ferré compositeur qui chante Verlaine, Aragon, Caussimon, Rimbaud.  Lavilliers chante celui qui voyait en lui, Lavilliers,  la relève d’une certaine forme de chanson, celle qui ne chante pas que pour passer le temps.

Une diction sobre et parfaite, chaque mot est mis en place avec justesse et une précision d’orfèvre. Sans doute l’hommage le plus abouti, tout est là, les textes dont on redécouvre la puissance, les musiques, cette musique qu’aimait  tant Ferré, qui s’impose autant dans les versions en quatuor que dans les versions avec l’orchestre symphonique.

 

Norbert Gabriel

 

 

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     LHASA - éponyme
 
     
 

Celle qui était "venido encendida al desierto pa quemar" ("venue enflammée dans ce désert pour y brûler"), côtoie, dans son dernier album, des contrées plus apaisées. Lhasa de Sela signe un album éponyme, sorti en avril, chez Warner : 12 titres chantés en anglais, enregistrés de manière purement analogique, au studio Hotel 2 tango de Montréal. "Je ne voulais rien de ce que la technologie propose, les ordinateurs et ce qui va avec, cette idée violente et un peu fasciste de fabriquer des disques, cette obsession paranoïaque de la perfection. Je tendais au contraire vers une moindre production, une nudité". Enregistrement en 2 semaines, certaines prises ayant été réalisées dans des conditions live, c'est à dire en une seule prise de son et sur bandes! "Lhasa", c'est le nom du troisième album d'une chanteuse bohème et polyglotte, un album aux accents de blues, de folk et de country...et pourtant, cette dernière dit ne pas en écouter! La mélancolie envoûtante est portée par une voix plus douce et plus langoureuse, accompagnée de guitares, basse, piano, percussions et d'une harpe. Voilà qu'elle réalise son rêve de chanter uniquement en anglais, et pour cause, l'anglais est sa langue maternelle, celle qui l'enracine. En fait, Lhasa porte les empreintes d'une identité métissée : son père est mexicain, et sa mère est américaine. Née en 1972 à Big Indian, petit village localisé dans les montagnes de Catskill, près de New York, Lhasa vit durant 7 ans dans un autobus, avec ses parents et ses trois soeurs, et parcourt les Etats-Unis et le Mexique. Sa mère lui fait l'école. Ce n'est qu'en 1991 qu'elle devient résident canadienne, au moment où ses soeurs viennent étudier à Montréal, à l'école nationale de cirque. Entre un père écrivain, une mère actrice puis photographe, et des soeurs artistes de cirque, le jeune femme grandit au sein d'une famille où la création est non seulement omniprésente, mais s'avère être une exigence. Si "Rising", "Is anythnig wrong" ou encore "1001 nights" nous enveloppent d'une langueur grave et d'une étrange sensualité, quelque chose semble s'être éteint. En 1998, le premier opus "La llorona" jaillit comme un volcan : certes mélancolique, les mots sont portés par une certaine fureur de vivre, des émotions extrêmes, et un rouge toujours vif. Lhasa apparaît sous les traits d'une pleureuse, femme enflammée et enragée, voix profonde et cassée. C'est justement cette voix singulière qui envoûte le public parce qu'elle semble toujours être sur le point d'exploser... Là, au contraire, la voix s'est posée. Nous n'atteignons plus de sommets, mais caressons la terre ferme. Quelque chose d'autre a également disparu. L'espagnol. Ce n'est pas qu'une histoire de langue, mais bel et bien d'univers musical, c'est à dire de sonorités des mots. Dans la "Llorona", elle renouait en quelque sorte avec ses origines puisqu'elle interprétait d'anciennes balades mexicaines, créant une composition hybride de musiques latino-américaines, mexicaines et européennes. Chaleur et rondeur de la langue espagnole mariée à la gravité exaltée des atmosphères. Dans "Living road", son deuxième opus paru en 2003, elle s'était déjà un peu éloignée de cet univers exclusivement hispanique, et offrait des titres en anglais, en espagnol et en français. Lhasa poursuit donc sa route...mais on regrette l'impétuosité des débuts, ce fil tendu entre vie et mort, ces explosions d'émotions. Ici, nous sommes entre chien et loup, en apesanteur, guettant l'imminence du crépuscule. Elle baptise son album de son propre nom, sans doute parce qu'elle a atteint une sorte d'ataraxie, de paix intérieure. Après "La llorona", nom donné à la figure mythique des Aztèques qui avait la faculté d'envoûter les hommes dès les premiers accords d 'une chanson triste, et de les embrasser avant de les statufier, la voyageuse se serait (re)trouvée...

 

Camille Blanès

 

Et si vous, vous souhaitez la retrouver sur scène, Lhasa nous fait l'honneur de passer à l'Olympia (Paris) : le 19 octobre prochain! D'autres dates en France, Pays-Bas, Belgique, Royaume-Uni, Allemagne, Suisse, d'octobre à décembre 2009. Pour plus d'informations, un site officiel : lhasadesela.com et un autre, moins officiel, mais tout aussi instructif : www.sendereando.com

 
 

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     NORN - urhu
 
     
 

Trio vocal NØRN : Anne-Sylvie Casagrande – Edmée Fleury – Gisèle Rime

 

Ceci est le compte-rendu d'un miracle.

Une chronique sur la grâce à la fois brute et sophistiquée du troisième spectacle du trio vocal NØRN. Fidèle à ce qui en a fait l'un des trio les plus originaux du moment, les NØRN offrent avec «Urhu» est un spectacle entièrement chanté en langage inventé. Un travail de dentelière dont les seules sonorités font accoucher notre imaginaire d'évocations «réelles» : en effet, il est surprenant de voir à quel point on peut comprendre ce langage qui n'existe pas !

La scène est occupée par une ancienne charrette à foin en bois. Quelques clochettes sont posées au sol. Tout au long du spectacle, un homme travaille. Il démonte consciencieusement, élément par élément, cette charrette.

Pendant ce temps, le spectateur assiste à la mise en place d'un véritable portrait du temps, thème d'«Urhu», à travers les voix des trois chanteuses. Un travail incroyable de composition et d'arrangements où les mélodies écrites sur mesure en fonction de la tonalité de chacune des artistes se croisent et s'entrecroisent, se complètent, se choquent, au profit d'un ensemble remarquablement évocateur. En un mot voir par les oreilles...

Coupures ou sons qui s'éteignent, accélérations, mécaniques... Voyage dans le temps.

Quête de sons/sens.

Puis l'homme qui recompose petit à petit une sorte d'objet incroyable, avec les éléments de sa charrette... on pense brièvement à une sculpture de Tinguely.

Entre quelques frissons, sont chantés un long voyage, une rencontre avec Chronos, Titan personnifiant le temps, le tout entrecoupé de scènes franchement drôles de prise de parole en langage «Nornik». Des pièces aux résonnances intemporelles qui maintiennent en haleine et nous promènent entre musique contemporaine et sonorités médiévales.

Du cerclage de fer des roues de sa charrette, l'homme a fait un balancier. Et au terme d'une heure et quart de magie et d'émotions, l'objet mystérieux devient une impressionnante horloge, avec tic-tac et rouages.

Inattendu. Excellent.

 

Nadine Mayoraz

 

www.norn.ch

 

 

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     Pierre LAPOINTE - les sentiments humains
 
     
 

Il y a comme ça des albums qui ne sont pas une surprise... C'est le cas du dernier album de Pierre Lapointe, «Les sentiments humains». Une impression de déjà vu, de réécouter des chansons qu'on connait déjà. Celui qui nous déclarait en 2006 «Je ne suis pas un super grand auteur, je ne suis pas un super grand pianiste, je ne suis pas un super grand chanteur, je n’ai jamais travaillé ma voix, c’est très instinctif, mais je suis vraiment bon menteur, je suis capable de faire croire que je suis le meilleur dans tout ça !» a-t-il trop épuisé sa «recette»? (voir le doigt dans l'oeil numéro 9 www.ledoigtdansloeil.com/LDDLO_numero_09.pdf)

Pourtant l'album est très bon. Séduit d'emblée, dès la première écoute. Des chansons comme celle qui donne son titre à l'album «Les sentiments humains» restent en tête instantanément et ont tout du tube à l'instar de «L'enfant de ma mère». Pierre Lapointe sait ce qui marche, ce qui plaît et utilise cette «arme». Celui qui est déjà une star au Québec espère surement avec cet album exploser aussi ici.

La réalisation de cet opus touche encore au génie, les orchestrations nous soufflent, on n’a qu'une hâte : voir la tournée qui va en découler. Et on pardonne ce sentiment de déjà entendu, les petites faiblesses de texte, la facilité dans laquelle semble tomber Pierre Lapointe qui nous a habitués à mieux. C'est un très bon album mais pas une révolution dans sa carrière. On attend et espère déjà le nouvel album.

«je reviendrai, je reviendrai, même une fois couché sous terre je reviendrai (…) vivant je resterai, grâce à vous par ma voix toujours je reviendrai» 

 

Gab

 

www.pierrelapointe.com

 

 

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     PERPETUUM JAZZILE - africa
 
     
 

Dans sa version courte présentée par l'excellent surf du web d'Itélé, qui mettait en avant l'intro du morceau réalisée telle une chorale entière de Bobby McFerrin, tapant sur leur corps, claquant des doigts puis sautant sur le parquet pour illustrer la pluie et le tonnerre, voici une interprétation chaleureuse du morceau Africa de Toto :

www.koreus.com/video/perpetuum-jazzile-africa.html

 

Perpertuum Jazzile est une chorale slovène qui revisite de nombreux univers musicaux, avec une approche jazz. "Les planches sont notre toile, nos voix sont nos couleurs. Nous les mélangeons et les unissons pour créer des pièces uniques. Des visages souriants nous donnent l'énergie et confirment que nous sommes consacrés à ce que nous faisons avec nos coeurs et nos âmes."

Et cela se voit qu'ils y prennent un plaisir que l'on aimerait partager à leurs côtés sur les planches.

 

Didier Boyaud

 

www.perpetuumjazzile.si

 

 

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     Arno SANTAMARIA
 
     
 

Personnage positif dans la vie et humble, pourtant doté d'un grand talent et d'une sensibilité qui nous berce de poésie.
Son remarquable talent artistique se fait immédiatement remarquer sur le site "spidart", en moins de deux semaines, il est passé en cinquième position sur 500 artistes.
Sa voix chaude et sensuelle est percutante, elle résonne accompagnée de ses mélodies originales et de ses textes poétiques, d'émotions en émotions, il nous transporte dans un monde à part où l'on se love dans une intimité particulière.

Son style musical  s’inspire du rock anglo-saxon aux notes de Jeff Buckley, ambiance Radiohead.

Ses titres sont tout simplement assez magiques pour nous donner envie de les repasser en boucle.

Arno, nous offre un cocktail envoûtant de liberté et de sensualité.
"Elles touchent", nous touche forcément tous !
Qui ne se sentirait pas chez lui en écoutant "Chez moi","mon décor, mon paysage où je fais le mort, ma  France qui s'endort". Et qui n'a jamais rêvé de "Demain" n'a jamais su aimer. "A l'heure où j'ai le souffle court dans ma promesse".. Arno lui, est très prometteur !
"Allez va" Arno, on te suit de près, de très près et on n'est pas prêt de te lâcher !..
merci encore

 

Sylvie Sicot
 

www.myspace.com/arnosantamaria
 

Produit par Spidart, communauté de producteurs individuels, les fans producteurs qui ont misé sur le talent de cet artiste, budget de l’album en 3 semaines, pas mal non ?  Dans le contexte culturel économique, et la gratuité de la musique en filigrane, voilà des gens qui s’engagent pour soutenir les artistes qu’ils aiment, c’est plutôt réconfortant.

www.spidart.com/arnosantamaria

 

 

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     STTELLLA
 
     
 

Chez Sttellla, y a à boire et à manger, mais dans le bon sens : ça se regarde, c'est rose et drôle, ça s'écoute et ça se glousse, ça s'entend et ça se danse... En cas de déprime, déchirez le cellophane.

AB Rose, c'est un petit trésor pour les amateurs de Sttellla, un boîtier précieux avec de vrais morceaux de chansons dedans, du cd, du dvd, du bonus, comme une espèce de best-of live avec des pépites inédites. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est pareil et en plus, c'est l'idéal pour découvrir avec ce concentré de la déjà longue carrière de Jean-luc-je-t'aime-fonck.

Sttellla, c'est de l'absurde, de la farce, de la poésie, du tutu rose, des chorégraphies pas sexy, des calembours improbables qu'on n'oserait pas toujours sortir quand ils nous passent pas la tête.

Sttellla, c'est une idée de la fête, des fous rires garantis...et avec ça, qu'est-ce que je vous sers ? De vraies bonnes musiques avec de vrais musiciens qui assurent. On voit bien d'ailleurs dans le making-of que ce sont des professionnels, ils rigolent moins que sur scène ! Et pour les frustrés qui préfèrent Jean-Luc seul en scène avec son synthé, il y a même une partie du concert en solo. Parce que Jean-Luc, c'est David Bowie, Peter Gabriel, Bobby Lapointe et Garcimore à la fois. D'ailleurs, en attendant 2010, la tournée avec les musiciens et les 35 ans de Sttellla, il y aura quelques "one man chose" avec tous les soirs un "tyrageosaure" des titres joués.

Précipitez-vous, précipitons-nous, rendez-vous au pays de l'éclate où Nagasaki ne profite jamais...

 

Valérie Bour

 

www.sttellla.be

 

En concert le 3 juillet aux 3 Baudets à Paris, puis à Montréal. Voir site officiel.

 

 

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     TANTE HORTENSE - plus cher
 
     
 

Je suis juge et partie. J’ai rencontré Tante Hortense en juillet 2007 à Marseille, nous avons enregistré ensemble la chanson Le Bus 531 en janvier 2008, et ce fut un grand bonheur. Ce moment de bonheur figure sur ce disque. C’est dit.

 

«Quand j’ai vu cet endroit / Pour la première fois / Il y a longtemps déjà / J’ai su qu’un jour / J’y ferai l’amour / Qu’un jour je ferai l’amour là» (L’amour Là)

 

Tante Hortense est un homme qui chante, joue et danse à la première personne, pour la plus grande joie de tous ceux qui l’approchent.

Je ne sais pas ce que tu écoutes, toi qui te fies au Doigt, mais ce disque-ci est une aventure intérieure. Le son ample,  transparent te donne accès, au travers d’une réalisation vivante, impeccable, à des émerveillements, des insolences, à des spleens décortiqués, des fulgurances, qui éloignent des déserts rimés de la chanson réaliste. Ce doigt t’indique un carnaval autour d’un puits, ou d’un totem. C’est pareil.

Le gars est affûté. Il écrit, compose, arrange, produit, mélange des talents nombreux et variés : la voix suave, réfléchie d’Eloïse Decaze, le timbre elfique de M-jo, les guitares du mousquetaire Christophe Rodomisto, le culot d’une fanfare, la grâvité des synthétiseurs d’Etienne Jaumet (La Terre), la maîtrise et la versatlité du mixeur Jean-Baptiste Bruhnes (Arthur H, Emily Loizeau), et d’autres grâcieuses complicités. Neman Herman Düne réalise L’amour Là. Notre homme suit le son jusqu’au mastering qu’il fait lui-même, comparant toujours ce qu’il a obtenu ici avec ce qu’il a conquis là. On ne peut pas deviner que l’économie de ce disque est domestique. Ne le dîtes pas et vous surprendrez vos amis.

Les chansons de Tante Hortense sont riches. Chacune est un petit laboratoire. Le texte démarre parfois comme une prose chantée,  bientôt subjuguée par les harmonies qui lui viennent (Amusante Promenade). D’autres chansons ont des allures de classiques (Conseils à la Jeune Mère) en ce qu’elles confrontent, à la manière des grands auteurs compositeurs brésiliens que notre Tante connait par cœur, ou des chanteurs folk US, les beautés du quotidien et les blessures de la mémoire collective. Ça se fredonne.

Deux écoutes, et la merveilleuse organisation de ce disque s’impose. Il faut juste accepter la lucidité crue, la franchise sans cruauté, le grand sourire de ce jeune voyageur.

 

Enfin, c’est le disque d’un chanteur dont la palette s’ouvre davantage à chaque album (c’est le troisième), trouve ses intonations propres, subtiles, du branleur, au rêveur, au chaman.

Des références francophones ? (ah oui, merci, j’aime bien cette question) : Jeanne Moreau, Pierre Vassiliu, Philippe Katerine, Herman Düne (pas francophone sur disque, mais vous me suivez), Flop (chanteur qui est produit par le même label)

 

«Me sentant vivre de ma vie les meilleurs heures / J’ai cru encore une fois que c’était le bonheur / Mais c’était / Cela / Cela qui est à la place du bonheur» (Cela)

 

Franck Monnet

 

www.myspace.com/tantehortense

 

 

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     Orla WREN - the one two bird and the half horse
 
     
 

Si comme moi vous n'êtes pas très calés en prénoms, au vu de la petite fille crayonnée qui sert de pochette, et à entendre la voix fébrile, haut perché, qui s'échappe des morceaux, vous allez penser qu'Orla Wren est une fragile petite fée, qui dépose ses disques discrètement sur le rebord de nos fenêtres. C'est presque cela. A un détail près: Orla est Tui, un grand bonhomme barbu aux longues dreadlocks, mais aussi Jessica Constable, Russudan Meipariani, Moomlooo et Keiron Phelan.


Trois voix, un musicien et un compositeur, qui retranscrivent à chaque morceau des contes inédits tout juste découverts sous l'écorce d'un vieux hêtre. La pluie recouvre encore les plantes, la lumière est diffuse dans le bois. Et revoilà la fée, que l'on sait plurielle, mais il faut bien trois voix humaines pour en mimer une magique. Insaisissable, elle apparait derrière la dentelle des fougères, laisse des empreintes molles dans la mousse. Les pattes craquantes des insectes s'occupent des percussions, tandis que les toiles d'araignées se tendent dans le vent pour vibrer doucement, harpes minuscules.


Tui planque ses micros un peu partout au milieu de cette agitation, et les voix sans paroles viennent compléter les histoires. Les titres seuls confirment cette omniprésence ténue du magique, de l'inventé, de ce qu'on se raconte sous la nuit épaisse pour rêver sans avoir à s'endormir de suite...juste encore un peu...garder les yeux ouverts...voir l'ombre de la fée...

 

Leslie Tychsem

 

www.orlawren.com  /  www.myspace.com/orlawren

 

 

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     YODELICE - tree of life
 
     
 

Il y a quelques jours, je sillonnais les rues de la capitale sous la pluie (normal), en plein mois de juin (moins normal) quand j'aperçus enfin un bus, bondé certes mais salvateur pour mes chaussures, qui commençaient à mousser. Une fois à l'intérieur, compressée dans la foule, je décidai de visser le casque de mon lecteur MP3 sur mes oreilles et d'oublier le monde, l'espace du voyage, en écoutant mes mélodies favorites. Et là, horreur malheur, quelle ne fut pas ma surprise de lire sur mon écran «Dossier vide». J'avais dû tout effacer par erreur. Fort heureusement, ce petit bijou de technologie est doté également de la fonction radio. Ouf. Je zappais les stations pour tenter d'entendre un peu de musique, quand soudain, tel un chien de chasse à l'arrêt, la truffe au vent, humant le doux parfum du tube sorti du bois, je suis restée interdite au son d'une petite merveille.

Impossible de sortir un stylo de ma poche, impensable de fouiller dans mon sac, je décidais de faire confiance à ma mémoire (quitte ou double). 

J'étais pressée de retrouver mon ordinateur adoré, et d'en savoir un peu plus sur l'interprète de cette jolie mélopée. J'utilisais donc les mots clés que mon cerveau mouillé avait bien voulu me restituer et trouva enfin l'identité du chanteur : Yodelice, et le titre de la chanson susmentionnée «Sunday with the flu».

Je visionnais en boucle le clip vidéo  tout en tapotant gaiement sur le clavier à la recherche d'informations sur le trublion chapeauté à barbiche tout droit sorti d'un film de Tim Burton (mais en plus beau). 

Yodelice n'est autre que Maxim Nucci, jeune auteur-compositeur-interprète et comédien, déjà remarqué pour sa collaboration au film «Alive» dont il signe la bande originale et interprète l'un des rôles principaux. L'artiste en question a déjà plusieurs albums à son arc. Cette année, il nous revient sous les traits de «Yodelice» (inspiré du nom donné à la maison dans lequel il s'était installé pour composer son nouvel opus en anglais particulièrement réussi).  

La voix est affutée, le style savamment travaillé, et les compositions bigrement léchées.

Cet album se déguste comme une belle boite de chocolats millésimés, chaque morceau se savoure délicieusement, et pas l'ombre d'une indigestion à l'horizon. On plane littéralement à l'écoute des différents titres qui s'égraine doucement («Sunday with a flu», «Insanity», «Alone», «Safe and scarred», …). Quel bonheur auditif... 

Yodelice a signé pour le carton assuré. J'en veux pour preuve l'intérêt que commence à susciter le jeune homme, tant de la part les médias que de celle du public qui le plébiscitent en chœur.

Les versions acoustiques entonnées par le chanteur et ses musiciens dans diverses émissions  musicales laissent présager un concert fabuleux (surveillez les affiches près de chez vous).

Je conseille ardemment de se procurer au plus vite ce très beau «Tree of life» distribué dans tous les bons points de vente. Plaisir garanti.  

 

Séverine Gendreau 

 

www.myspace.com/yodelice / www.facebook.com/pages/Yodelice/32724098612 

 

Tournée :

21 juin Jardins du Palais Royal / Paris

23 juin Showcase Virgin Megastore / Rouen

24 juin  L'Atabal (avec Olivia Ruiz) / Biarritz

26 juin Showcase Virgin des Champs Elysées / Paris

27 juin Solidays / Paris

29 juin  Zenith (1e partie de Ayo) / Dijon

10 juillet Musilac / Aix les Bains

12 juillet Fête du Cognac / Cognac

13 juillet Francofolies / La Rochelle

 

 

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     LIVRE - livres libres !
 
     
 

Panier pique nique pour les vacances.... mais avant de garnir vos poches de livres ejusdem farinae, une bricole, un détail, une menue anecdote, et un avertissement :

 

«On a appris hier la mise en garde à vue de deux couples d'éditeurs que l'on connaît bien... Ces quatre-là ont commis un crime très grave, susceptible de porter  atteinte à la sûreté du pays : ils ont manifesté à Forcalquier (haut  lieu du terrorisme) au sein du comité de sabotage de l'anti- terrorisme pour soutenir Julien Coupat (ancien directeur de la revue Tiqqun) ... On riait de voir les musclés de l’anti-terrorisme s’effrayer  du nombre de livres saisis chez Julien Coupat. Aujourd’hui, il semblerait que pour les forces de l’ordre, une bibliothèque soit à  elle seule une preuve accablante de l’appartenance de son  propriétaire à un réseau terroriste (...). Dans quel pays vivons-nous où les auteurs et les éditeurs sont  assimilés à des terroristes dès lors que les idées qu'ils professent   ne conviennent pas à quelques-uns ? Dans quel pays vivons-nous où le  moindre délit (ici : avoir photographié un élément de la maison  secondaire du directeur central du renseignement intérieur Bernard Squarcini) vaut une garde à vue pouvant atteindre les 96 heures ? Dans quel pays vivrions-nous si nous ne réagissions pas à ça ?»

 

Dans cette modeste (mais géniale !!) revue web, c’est plutôt dans les chansons qu’on évoque la révolution permanente sur les notes de Moustaki, et nos suggestions d’albums peuvent s’avérer suspectes, donc :

 

AVERTISSEMENT :

 

Lectrices, lecteurs, nous  vous avons entrainés sur des chemins périlleux avec les échos fréquents des chansons de Pierre Barouh, Michèle Bernard, Brassens, Céline Caussimon, Jean-Roger Caussimon, Chraz, Romain Didier, Nilda Fernandez, Ferrat, Ferré, Guidoni, Higelin, Kent, Félix Leclerc, Lavilliers, Leprest, Louki, Pascal Mathieu, Eric Mie, Montand, Moustaki, Prévert, Sarcloret, Anne Sylvestre, Utgé-Royo, Louis Ville, Weepers Circus, Jacques Yvart.. et j’en oublie, des enragés , des passionnés de la vie et de cette vieille chanson à trois temps «liberté-égalité-fraternité»

Si vous détenez dans vos rayons les objets musicaux relatifs à ces idées subversives, je vous laisse le soin d’évaluer ce qui est subversif, ou ce qui peut être considéré comme tel, vous êtes prévenus, euh je veux dire «avertis» (prévenus, c’est pas pour tout de suite, quoi que...)  je vous renvoie, si vous en avez l’envie, à «Confitures et déconfitures» dont le codicille «Sentence first, verdict afterwards*» résume assez bien les nouvelles tendances qui émergent.

C’est là : postescriptum.hautetfort.com 

 

* «la sentence d’abord, le verdict ensuite»  cf La reine de cœur, dans Alice, la traversée du miroir.

 

Norbert Gabriel

 

Les livres à emporter pour l’été :

 

«Mouloudji» «l’homme au coquelicot»  Editions La Belle Gabrielle.  Texte de Gilles Schlesser, dessins de Jack Russell.

Très joli livre, remarquablement réalisé, une iconographie de qualité, photos, dessins en couleurs, dans une mise en page vivante, inventive, et avec le parcours unique de ce gamin de Ménilmontant, comédien, écrivain, chanteur, poète, peintre, éditeur, producteur, et surtout  homme libre. Marcel Mouloudji, fut un enfant comédien dans la bande des frères Prévert, puis écrivain dont le premier roman fut distingué par le Prix de l’Académie française, en 1944, ensuite, dans l’entourage de Sartre, Simone de Beauvoir, toujours en retrait discret, il tourne dans plusieurs longs métrages, avant de revenir sérieusement à la chanson qu’il avait effleurée entre 40 et 42 , accroché à la guitare de Crolla...  En 1954, toutes les vedettes se défilent quand Boris Vian propose «Le déserteur» seul Mouloudji monte en scène, avec cette chanson pro-pacifiste, créée le jour de la défaite de Dien-Bien-Phu, coïncidence qui va prendre une valeur de symbole d’autant plus forte que la guerre d’Algérie commence quelques mois plus tard. Chanson interdite, bien sûr, mais qui sera portée en bouche à oreille par plusieurs générations, y compris aux USA, en 1963-64, quand commence la guerre du Viet-Nam. Pour plus d’infos, voir  postescriptum.hautetfort.com

Ensuite, Mouloudji se consacrera essentiellement à la chanson, sur scène, puis en créant un label indépendant ; par souci de liberté, il sera aussi producteur, et éditeur. Le premier à rééditer Bernard Dimey dans les années 70. Et il publiera plusieurs livres autobiographiques, très bien écrits, avec cette pudeur respectueuse de plumiteux du dimanche qui ne s’est jamais pris au sérieux, mais qui a fait beaucoup de très jolies choses.

 

«Rage»  (Cali, l’enragé ou l’engagé)  entretiens avec Didier Varrod   (Plon)

Le premier titre envisagé était «l’enragé en questions» ou peut-être «l’engagé en questions» et les deux étaient justes. On connaît Didier Varrod, et son exigence sans concession, et il fallait cela pour faire un livre qui aille au fond du débat, sans faux nez ni courtisanerie. Et comme Didier Varrod connaît Cali depuis longtemps, ces entretiens creusent dans le vif pour mieux comprendre ce qui porte Cali, dans ses engagements, dans ses emballements, ses passions et ses questions. Et les réponses qu’il essaie d’y apporter.

«Doit-on réfléchir au qu’en dira-t-on lorsqu’on est porté par un idéal de générosité et de justice ?»  ça résume bien ce qui fait avancer Cali, l’urgence, ici et maintenant, quand on lui oppose «que l’engagement d’un artiste est le début de la défaite de la pensée.»

Ce livre d’entretiens explore tout ce qui fait la vie d’artiste et la vie d’homme de Cali, sans fausse pudeur, sans voyeurisme, l’enracinement dans une région du rugby, la famille de militants immigrés, leur héritage de combattants de la liberté. Et les chansons ont toujours été présentes, pour faire naître les émotions et les porter vers les autres.

Comment définir ce qu’est «être engagé ?» Est-ce le contraire de «dégagé ?» je suis chanteur, je ne suis pas là pour parler de politique, disent certains, peut-être. La chanson art populaire par excellence est une fille des rues, il n’y a pas si longtemps, c’est dans la rue que les «petits formats» étaient vendus à la criée chantante, au contact du peuple, et de la vie quotidienne. En prise directe.

C’est peut-être ça, la chanson engagée, celle qui est en prise directe avec la vie. Ça ne s’explique pas. «Expliquer une chanson, c’est essayer d’attraper la mer avec un filet...»

 

«Balades en jazz»   d’Alain Gerber (Folio F7  N°4504)

Alain Gerber est un des meilleurs écrivains français en ce qui concerne le jazz. Dans cette série de textes sur des personnages du jazz, Alain Gerber esquisse quelques portraits sensibles de musiciens dont l’histoire a marqué un moment du jazz. Chet Baker, Miles Davis, Jack Teagarden, Art Blakey, et quelques autres, dont Henri Crolla, ce farfadet malicieux et tendre qui avait mis toute l’âme de Paris dans sa guitare. Qui avait capté des écumes de mélancolie pour en faire des dentelles de musique...

 

«Louie» d’Alain Gerber  (Poche 30223)

Louie, c’est Louis Armstrong, l’enfant des rues qui donne au jazz un envol international ; des rues de la New Orleans avec l’ombre de Buddy Bolden et ses éclairs de musique, d’un foyer d’enfants abandonnés, Louie, découvre son Graal avec un cornet un peu cabossé, il en fera le plus flamboyant symbole musical du vieux Sud.

Alain Gerber a un talent unique pour entrer dans la musique du jazz avec des mots qui vont chercher ce qu’il y a derrière la vitrine, l’intime, l’accord en blues des phrases qui dessinent des paysages intérieurs et l’essence même de la vie du jazz.

«Louie» raconte à la première personne l’enfance dans les quartiers où est né le jazz, comment cette musique du peuple pour le peuple a sublimé la pauvreté, la lutte quotidienne, avec le folklore des voyous, des prostituées, et  le drame du racisme viscéral, de l’injustice sociale...

«Louie» à conseiller à tout âge, qu’on aime ou pas la musique, l’écriture d’Alain Gerber vous ouvrira les portes d’un monde où tous les espoirs peuvent naître d’un éclat de trompette, où on pouvait croire  que le bal de la chance chantait «What a wonderfull world»...

 

«Au bal de la chance», Edith Piaf  (Poche Archi 25)

Edith Piaf a raconté sa vie dans cette autobiographie parue en 1958. Comme elle a un peu romancé son histoire, cette réédition a été commentée par Marc Robine qui resitue, ou remet les anecdotes dans leur contexte, ou précise ce qu’il en est exactement de la fiction et de la réalité.  Dans cet exercice de mémoire corrigée, on voit Edith Piaf telle qu’elle était : candide, tendre, et insupportable (Chorus)

 

«André Gorz:  Vers la société libérée" de Michel Contat  (Textuel Collection La voix au chapitre )

La voix du philosophe André Gorz, précurseur de l'écologie politique et théoricien de la décroissance avec le commentaire de  Michel Contat. Certains ont découvert avec stupéfaction les évènements qui ont généré cette crise qui nous démolit le moral depuis quelques mois. André Gorz, prophète inspiré a décrit il y a plus de 30 ans les schémas qui ont conduit à cette situation. Ils sont quelques uns, pas nombreux, dont la lucidité a dû effrayer les décideurs qui ne raisonnent qu’en terme d’échéance électorale à 5 ans. Alors quand un chercheur philosophe, un savant aurait-on dit naguère, porte le regard vers les deux ou trois décennies à venir, la plupart des politiques décident qu’il est urgent d’attendre. Dans cette lignée, Rudolf Steiner, dans cette conférence de 1923, il décrit exactement ce qui arriverait si les bovins mangeaient des produits carnés : les excès d’urates les rendraient fous. (la maladie de la vache folle)  «Si le bœuf mangeait directement de la viande, il en résulterait une sécrétion d’urate en énorme quantité, l’urate irait au cerveau et le bœuf deviendrait fou.»

La pensée de Gorz, évoque les visions de John Maynard Keynes qui, dans son texte de 1930, Perspectives économiques pour nos petits-enfants, anticipait que, d'ici un siècle, le "problème économique" serait résolu : trois heures de travail par jour étant suffisantes, la course au profit serait perçue comme pathologique.

Il me semble de première urgence de s’intéresser à ces visionnaires, comme René Dumont, qui décrivait en 1962 tous les travers qui allaient blesser gravement l’Afrique dans les décennies qui ont suivi.

Si vous avez quelque velléité de passer le prochain siècle avec un peu de sérénité, et si vous avez des enfants ou des petits enfants, ce livre «Vers la société libérée» doit devenir un de vos livres de chevet. Sinon après vous le déluge ?

 

«Le livre du destin»  Emmanuel Schaeffer  Ed Les carnets de l’info

(Jouez  et  trouvez la réponse aux 107 questions essentielles que se posent les femmes)

Là, on sort de nos chemins habituels, voilà un livre qu’on peut lire seul(e), ou utiliser à plusieurs, à mi-chemin entre le jeu de société , le Yi-King et les classiques de l’art divinatoire, il est destiné à répondre aux 107 questions essentielles que se posent les femmes. Ce qui peut être très utile aux messieurs également, s’ils ont des velléités de s’intéresser aux dames, au cas où...  C’est une idée de cadeau, ou une proposition de soirée interactive, qui peut fonctionner dans les deux sens, selon les situations. Une idée ? il faut vraiment tout vous dire, alors, vous êtes une dame, vous pouvez solliciter l’aide de l’élu de votre cœur pour répondre à quelques unes des 107 questions essentielles... Vous êtes un monsieur, vous pouvez demander à votre belle (encore) inconnue si elle peut vous aider à décoder quelques unes de ces questions essentielles, et comme les réponses sont drôles, vous devriez passer une bonne soirée, après débrouillez-vous. Je vous livre en exclusivité deux/trois réponses, je ne sais pas quelles étaient les questions, mais voilà ;

- Tout lui plaira, sauf tes caprices que tu dissimules comme des poupées russes

et plus subtil,

- Accepte déjà d’être heureuse pour accepter qu’il te rende heureuse , bien vu non ?

plus freudien,

- Le sexe sera le ciment de votre couple, qui dressera un mur de béton entre vous.

 

Allez une dernière,

Si tu ne t’oubliais pas tant en te mettant systématiquement au service de tes enfants, tu irais mieux, et eux aussi.  Très très pertinent n’est-ce pas ? surtout si on a des enfants.

 

Ça peut faire d’ailleurs une autre forme de jeu pour les esprits plus complexes : retrouver les questions qui ont déterminé les réponses... Je vous souhaite bien du plaisir. Car rien n’est jamais aussi simple qu’il n’y paraît, et s’il y a 107 questions, vous disposez de 2140 réponses pour explorer tous les états et interrogations qui peuvent vous préoccuper, y compris les réponses à cette question parmi les plus actuelles, on vient d’en avoir la preuve récemment avec les élections européennes ; « Le réchauffement climatique influence-t-il ma libido ?»

Vous le saurez en consultant «Le livre du destin» et n’attendez pas pour savoir, le temps passe si vite...

 
 

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     TRANCHES DE SCENE
 
     
 

Un petit rappel n’est pas superflu en ces temps d’information galopante sur le net comme un cheval emballé qui aurait mangé du ch...  euh du chewing-gum au gingembre ???

Tranches de scènes, c’est la possibilité de passer une heure avec un artiste, qui parle de son rapport à la scène, des gens qu’il aime, que l’on vous montre en spectacle, dans des extraits filmés lors de concerts. Tous les invités de ce magazine vidéo DVD sont des artistes qui sont présents sur les scènes à défaut d’être dans l’écran de la télé irréalité. Car en matière de musique et de chanson, l’épreuve de vérité, devant le public. Là, pas de tergiversations torticuleuses sur la gratuité de la musique, l’accès libre à la culture, c’est l’essence même de la liberté, avec des spectateurs qui choisissent les spectacles qu’ils vont voir, qui payent leur place en toute connaissance de cause, et j’en connais pas mal qui achètent les albums en sortie de concert. Tranches de scènes existe depuis plusieurs années, avec les archives correspondantes disponibles.

Le prochain DVD sera consacré à Hervé Lapalud, et je vous garantis un bon moment (voir LDDLO N° 24). Il sera disponible dans le courant de l’été.

Outre les DVD qui proposent une heure de spectacle et d’interview, Tranches de scènes, c’est aussi un site inter actif, où vous pouvez discuter, suggérer, participer à l’évolution du projet.

C’est aussi un agenda quotidien «Qui chante ce soir ?» tous les spectacles peuvent y mettre leurs dates, pour la France, la Belgique la Suisse, et le Québec.

L’adhésion à l’association vous assure 4 DVD par an, et quelques privilèges annexes, que vous découvrirez en allant compléter ces informations en jetant un œil dans la rubrique «partenariats» ou à ;

 

www.chanson-net.com/tranchesdescenes

 

Last but not least : toutes ces pages de services sont accessibles gratuitement ; l’adhésion à l’association, qui vous attribue 4 DVD, est donc la seule ressource de l’association. C’est juste pour rappeler, si besoin est, que le spectacle est aussi inscrit dans une économie, il n’y a pas que les majors, il y a toutes les associations animées par des bénévoles, et si on peut donner son temps pour faire des sites documentés, voire des revues web, la réalisation et la fabrication des DVD demande du temps et de l’argent. Et les bénévoles ont aussi  un loyer à payer.

 

Norbert Gabriel

 
 

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     Yves DUTEIL / Eric GUILLETON et deux écoles
 
     
 

Ils ont tous les deux une guitare  (au moins une) ils écrivent des textes, composent des musiques, ils chantent, en français, et accessoirement, ont été  à l’initiative de la construction d’une école, au Cambodge pour Eric Guilleton, à Pondichéry pour Yves Duteil

 

Prendre  un enfant par la main pour l’accompagner à l’école est un devoir, et un plaisir que tous les parents devraient pouvoir vivre, mais quand il n’y a pas d’école ?  Eh bien il faut en construire une.

L’aventure de Guilleton a commencé au Cambodge,  il y a presque 15 ans, d’un voyage avec Pierre Barouh, et des rencontres dans des petites villes, des villages, c’est «La rencontre joyeuse» un film qui raconte cette aventure humaine, autour de la chanson et avec elle.

C’est aussi un projet qui prend forme, aider à la construction d’une école, avec la Fondation France libertés, et quelques années plus tard, grâce à une chanson co-écrite par les enfants d’un village, et d’un disque vendu à leur profit, nait «le jardin d’Eric» un lieu d’animation et de vie.

Cette année, en Février-Mars, Eric Guilleton a refait un voyage sur les traces de la rencontre joyeuse, c’est ce qu’il nous racontera dans le numéro de septembre, rentrée des classes chez nous, au Cambodge, et à Pondichéry, où l’école initiée par Yves Duteil ouvrira plusieurs classes.

Cette école va ouvrir en Juillet prochain, pour la rentrée scolaire indienne. Elle va accueillir dans un premier temps 70 élèves, du primaire à la formation professionnelle, puis en pleine capacité, 200 enfants. Elle se situe dans le Sud de l’Inde, à quelques kilomètres de Pondichéry, et se consacre aux enfants des tribus, c’est à dire des castes les plus basses non scolarisés, voués à l’illettrisme,  qui ne peuvent entrevoir qu’un horizon de misère, de vente de babioles et de mendicité.

Projet ambitieux, prévoyant un internat, une solution adaptée aux enfants des tribus nomades, et appliquant une pédagogie participative : méthode d’enseignement éprouvée et approuvée par le Département de  l’Education du Tamil Nadu.

Quand on dit «Yves Duteil», il faut toujours penser aux indissociables partenaires, Noëlle Duteil, et le frère de Noëlle, Lionel entre autres compagnons de cette belle histoire.

Dont tous les détails sont racontés dans le blog à part d’Yves Duteil

blog.yvesduteil.com/blog.

 

Pour Septembre, il est fort possible, voire très probable, que nous aurons aussi Lény Escudéro qui est parti visiter le monde dans les années 60, une truelle à la main, au cas où. Et c’est ainsi qu’il a construit une école, en dur, au Dahomey, avec des maçons locaux. Nous savons déjà qu’il faut deux sortes d’outils pour aider à la construction d’écoles, guitare, et truelle, c’est selon.

 

Norbert Gabriel

 

 

Le DVD du concert Yves Duteil au Dejazet disponible.

«Au départ, une rencontre improbable, avec Néry, Julien, Angelo et Gilles dans l’urgence d’un concert à Paris. Aux premières répétitions, la fête a commencé. Elle ne s’est plus arrêtée. Sur scène, dès la première au Dejazet, nous savions que l’aventure serait belle. Il reste à la partager… Un immense merci à tous pour vos talents conjugués…»

Yves Duteil est accompagné sur scène par :Angelo Zurzolo (Piano, Mélodica et chœurs)
Gilles Bioteau  (Basse Contrebasse et chœurs) Mise en scène, Néry.  Lumières, Julien Bony. Régie, prise de son, sonorisation, Michel Colin

En  Bonus :
.“Ma révérence” (de Véronique Sanson) par Yves Duteil
.Dialogue entre Néry et Yves Duteil
.Entretien avec Néry à propos du spectacle
.Yves Duteil en duo avec Daniel Lavoie  sur “La langue de chez nous” et “Ils s’aiment”
.“Mélancolie” en duo avec Jean-Pierre Marcellesi
.Galerie de photos d’Eric Vernazobres

 

Pour suivre Eric Guilleton, voyez www.myspace.com/ericguilleton

 
 

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www.ledoigtdansloeil.com

 

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