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Alex BEAUPAIN |
-
chante «Les chansons d’amour» au Café de la Danse (spectacle) |
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Alex Beaupain avait
donné rendez-vous au café de la danse le 5 avril dernier, pour y chanter
«Les chansons d’amour»… Quelques problèmes avec ce satané métro nous ont
contraints à pointer le bout de notre nez in extremis dans la salle. Une
bonne occasion d’observer d’en bas la foule assise dans les moindres
recoins des gradins, et du même coup de se demander où nos popotins
allaient bien pouvoir trouver refuge…Ce soir, c’est complet. Tous venus
fêter «Les Chansons d’amour», fredonner les refrains, et remercier Alex
Beaupain d’offrir en cadeau cette belle soirée. Après une première
tentative qui s’est avérée infructueuse, où nous nous sommes faufilés
près du bar au balcon, l’œil acéré d’une de mes congénères a finalement
repéré un espace vide dans les gradins, où nous nous sommes lovés
délicatement. Ouf !
Nous avons eu à peine le temps de nous dévêtir (je parle des manteaux
bien sûr), que maître Beaupain accompagné de ses deux musiciens a fait
son entrée sur scène, et s’est installé à son piano. Il avoue avoir eu
besoin d’être rassuré sur la tenue qu’il avait choisie, mi décontractée
(jean basket en bas) mi dandy chic (veste chemise cravate), et a donc
demandé à ses musiciens leur avis en coulisse. Et eux de répondre
«C’est bien tu ressembles à Patti Smith avec un faux air de Jean Jacques
Goldman». Il avouera ensuite, que c’est donc tout à fait rassuré
qu’il s’est présenté devant nous !
Le public, conquis d’avance, respire au rythme des chansons et les
frissons se font sentir au fur et à mesure qu’il entonne ses morceaux
choisis (le titre «Au parc», par exemple, chanté sur la BO par
Chiara Mastroianni, est un déclencheur de frisson infaillible). Il a la
classe Alex. Il a su réorchestrer les morceaux, interprétés souvent en
duo ou en trio par les acteurs du film, pour pouvoir les reprendre à sa
manière, merveilleusement, évidemment.
Après une drôlissime introduction pleine d’autodérision sur le caractère
«sombre» de ses chansons (l’amour ne finit pas toujours bien, après
tout), et le besoin de créer une rupture dans le spectacle. Pour
l’occasion, il a choisi, afin de booster l’ambiance, de reprendre un
tube de Richard Anthony «A présent tu peux t’en aller», twist
endiablé compris ! (Quel jeu de hanche, quel genou affûté) Il sait tout
faire ce garçon. Même organiser des surprises. Il a invité Grégoire
Leprince Ringuet, l’un des acteurs du film, à partager la scène avec
lui, et interpréter en duo «As-tu déjà aimé ?», un joli moment,
plein de tendresse.
Alex Beaupain est de ces artistes maîtrisant leur art au point
d’installer dans la salle un climat serein et envoûtant. On sort de ce
spectacle le sourire aux lèvres, heureux d’avoir pu assister à une vraie
communion entre un chanteur et son public. Je ne saurais que conseiller,
dans un premier temps de se procurer la BO du film et – ou le DVD des
«Chansons d’amour», et dans un deuxième temps, de guetter la moindre
affiche près de chez vous annonçant l’arrivée de Monsieur Beaupain…
Séverine Gendreau
www.myspace.com/leschansonsdamour |
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Pauline CROZE |
- Je t'aime à
l'Italienne (spectacle) |
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Mettons que je
n'aie jamais entendu parler de Pauline Croze ou à peine.
Mettons que
j'aie survolé son premier album, pour la classer illico dans la troupe
des folkeuses francophones.
Mettons que je
ne l’aie jamais vue sur scène, plus ou moins seule à la guitare, timide
et farouche, à promener sa voix dans des ondulations inattendues et
susciter des émotions brutales et bouillonnantes.
Mettons.
Peut-être alors
serais-je passée à côté de son concert. Venue par curiosité voir la
fille du clip, la petite mignonne avec une guitare, je me serais
installée dans un joli fauteuil rouge. J’aurais applaudi avec
enthousiasme en voyant entrer en scène la fille du clip, la petite
mignonne avec une guitare. Suivie de deux bassites-guitaristes
électriques et un batteur. Je me serais peut-être dit ‘tiens, ça va
dépoter’. Puis, assommée dès les premiers accords par une sono trop
puissante, j’aurais peut-être tenté de distinguer les paroles noyées
dans les riffs surnuméraires, et trouver ce que j'étais venue chercher.
J’aurais peut-être eu mal au crâne. Si ça se trouve, j’aurais même eu un
peu hâte que ça finisse.
Peut-être.
Mais c’eût été
dommage, et un peu de ma faute aussi.
D’abord parce
découvrir Pauline Croze aujourd’hui seulement, c'est un tantinet tardif,
et se limiter à un clip ou deux, une allure de moineau mouillé et une
guitare, follement réducteur. Ensuite parce que son deuxième album
annonçait la couleur : trip hop, funk, électro, free jazz, un peu
Radiohead, un peu Laika, un peu Morcheeba, quelques influences assumées
(Camille ou Björk entre autres), plus que des chansons, on y découvrait
des pistes, dans tous les sens du terme.
Parce que de ce
fait les conditions du concert n’étaient pas idéales : dans la précieuse
bonbonnière du théâtre de Cherbourg et devant un public bien assis,
l’ambiance électrique était décalée. Sans nul doute le spectacle de la
veille à Caen était bien plus révélateur: au Big Band Café, on peut
danser, boire un verre, s'approcher, s'éloigner ou revenir à sa guise...
Parce que Pauline Croze à la grâce. Luttant contre une timidité
naturelle, désormais elle bouge et parle sur scène, avec ce même mélange
détonnant de maladresse et de défi. Et puis il y a cette voix: le
vibrato, le souffle, la puissance subtile, les aigus, ce truc
indéfinissable. Ce truc qui fait que je retournerai la voir.
Parce que.
Voilà, Pauline
ose, cherche, explore, tente, refuse, parfois avec excès, mais avec une
audace remarquable. «J’ai arrondi les angles/ Pour en faire un cercle
parfait/ Qu’il se mette à tourner/ Enfin dans le bon sens/ Et au dehors
ce qui m’apparaissait banal/ est devenu extraordinaire» (Jour de foule)
Mélanie Plumail
www.paulinecroze.com |
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Nicolas JULES et Emmanuelle BERCIER |
- (spectacle et cd) |
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Elle, elle fait
partie de ces fées qui n'ont que des bulles de savon pour sortilège.
Elle débarque, menue dans ses chaussures oranges, on s'attendrait
presque à la voir s'effriter tant elle est fragile. Elle claque des
doigts, elle claque sa langue, elle harangue, elle siffle, toujours
subtile, avec sa gueule montée sur échasses, avec sa grâce derrière la
voix qui s'éraille parfois, avec ses cheveux, longs, courts, elle en
joue, se joue de nous. Elle s'illumine, tourbillonne, puis revient nous
chercher avec son regard qui transperce. Deux musiciens l'accompagnent,
deux guitaristes, dont un accordéoniste. Il n'en faut pas plus, ses mots
dégringolent, c'en est une cascade, sa voix se perche, puis redescend,
c'est la fête foraine, le grand huit.
Lui, il
appartient à toutes les espèces. Crooner, rocker, poète, pardon, pow!èt',
elfe, brigand, slamer fou sur les mains du public, cascadeur, batteur,
guitariste, auteur, comédien, poète, ah non ça j'l'ai déjà dit, fou,
comique, one man show, entortilleur, maître du jeu, du feu, on ne sait
plus. Il finit toujours par faire ce qu'il veut du public, quitte à
risquer les bouloches sur son beau pull.
Son orchestre,
son homme de mains de maître aussi, n'est pas en reste de poulet froid,
agitateur de plumes, chercheur de son, percussioniste, batteur de
mayonnaise de haut vol, discothèque ambulante (dj compris), poète aussi,
oui, showman, raflant la vedette, mais que c'est bon cette compétition
là. Merci
Madame Bercier, merci Monsieur Jules, merci Monsieur Bourbon, merci
Messieurs Saint Sernin et Proud. Si l'un(e) d'eux, passe près de chez
vous, courez-y, emmenez vos amis, ce n'est pas cher payé pour aller dans
les étoiles.
Et, le nouvel album de Nicolas Jules, Powète, est sorti ce 18 avril
Bien malin
celui qui saura dater et authentifier la provenance de ce disque. Est-on
en 19?? avec un disque de chansons françaises (position revendiquée par
l'auteur, restons classiques, pourquoi changer) écrites aujourd'hui;
est-on embarqué par un song-teller paumé dans un rade quelque part, sur
cette planète, ça, c'est à peu près sûr; est-on dans un rock qui plane
et qui écorche et qui fait taper du pied et faire wouhou tout seul chez
soi (ou dans la salle, allez-y, il adore ça) sont-ce les poèmes d'un
auteur obscur enfin mis en musique par un fou batifolant de notes en
notes pour mieux nous semer à coups de fausses pistes et ainsi... on
s'en fout. Les
quinze pistes en question s'enchainent, se contredisent, les styles
foisonnent, la voix, pourtant plurielle (on retrouve Emmanuelle Bercier
en choeur et en duo) nous guide, ou nous perd, c'est selon, elle ne nous
lâche pas, passant de l'aigre au susurré, du rock à la comédie, voire
les deux en même temps, de la berceuse, presque chuchotée, à la voix de
tête qui récure bien les oreilles, mais comment fait-il pour jongler de
registre et... on s'en fout.
Les
orchestrations rappellent parfois l'univers d'un certain Stéphane
Traumat ... on me signale à l'oreillette qu'un article sera bientôt
publié à ce sujet ici-même par la chroniqueuse qui m'a filé sa place,
merci... normal quand on a chipé au chanteur en question: Roland Bourbon
(que ne sait-il faire celui-là ? le saura-t-on jamais s'il reste pas
sage derrière sa batterie de cuisine de chef toqué?) Sébastien Capazza,
qui passe des saxos et des guitares mine de rien; et quand les sonorités
du violoncelle et de la contrebasse de l'énigmatique Moanaatea Teparii
(quel narquois çui-là) rappellent celles d'Arnaud Houpert et David
Ceresa. Chaque note est peaufinée sans perdre de sa fraîcheur, pas
question que ce soit aseptisé, parce qu'alors cela... on s'en fout.
C'est pourtant
bien du Nicolas Jules, (la guitare bluesy, l'harmonica et l'humour sont
toujours là, ouf) incisif, lâché, un chanteur-auteur-compositeur qui
s'assume et, s'il trébuche encore parfois en entrant sur scène (quel
petit Coquin ce metteur en lumière) ce n'est que pour mieux nous berner,
nous piéger, nous envoyer deux trois hirondelles dans la tronche (oui,
la cause de leur extinction, c'est lui, mais qu'est-ce qu'on ne lui
pardonnerait pas) et nous de trouver ça joli et de dire merci, parce que
pensez bien, le paysage oui, mais un album pareil, pas question de s'en
foutre. Ou alors si, mais jusque là.
Leslie Tychsem
myspace.com/emmanuelleberciermyspace
/
www.nicolasjules.com /
myspace.com/nicolasjuleschanteur |
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LAST SHADOW PUPPETS |
- The age of
understatement (cd) |
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Dialogue imaginaire
«Bonjour, je
m’appelle Alex Turner, j’ai vingt-deux ans et je suis chanteur dans un
groupe qui s’appelle les Artic Monkeys qui connaît un énorme succès en
Grande-Bretagne. La preuve ? Quand notre premier album est sorti, il y a
deux ans nous en avons vendu 300 000 le premier jour dans notre pays, en
grande partie grâce à internet surtout Myspace qui nous a permis de nous
faire connaître. Notre deuxième album l’année dernière a rencontré le
même succès.
-Bonjour, moi je suis
Miles Kane, j’ai aussi vingt-deux ans et je viens de Liverpool où le
groupe dans lequel je chante, The Rascals, est considéré comme le grand
espoir de la ville. La preuve ? Notre premier album paru l’année
dernière a rencontré un bon succès dans les charts indies. Rien à voir
avec les Artic Monkeys, mais bon on est un peu connus.
-Avec Miles, on s’est
rencontrés, il y a quelques années quand nos deux groupes ont fait des
tournées ensembles. On est devenu très amis, et comme on adore la
musique, on s’est mis à écouter des disques ensemble. Très rapidement on
s’est découvert des amours en commun : Love, Scott Walker (surtout quand
il reprend Jacques Brel), Lee Hazelwood, Suède, Ennio Morricone, Les
Byrds ou les Beatles (période Revolver). Bref des groupes très loin de
nos univers quotidiens plutôt marqués par les guitares.
-Comme l’a dit Alex,
on adore tout ce qui a des cordes, des cuivres et un son pop de la fin
des années 60 ou du début des années 70. Alors sans rien dire à personne
en 2006 on s’est mis à composer des titres dans cet esprit-là. On en a
parlé à notre producteur commun James Ford, vous savez celui qui
cartonne avec Simian Mobile Disco et qui en plus de nos groupes a
produit les Klaxons. Lui il a été emballé, à tel point qu’il nous a fait
découvrir votre Français là, Serge Gainsbourg. Alors l’été dernier on
est allé deux semaines chez vous, au Black Box studio, à côté d’Angers
et pendant deux semaines avec James à la batterie et aux claviers, on a
enregistré une dizaine de titres.
-Moi avec les Artic
Monkeys, j’avais rencontré le violoniste d’Arcade Fire : Owen Paley,
alors quand on a retravaillé sur le disque à la fin de l’année, je l’ai
appelé et il est venu avec son violon. Il en a joué partout mais à la
demande de James, il a dirigé un orchestre de vingt-deux musiciens de
cuivres et de cordes. Et là notre projet a vraiment pris forme. James a
mixé l’ensemble parfaitement comme on le voulait, notamment la batterie
qui ne sonne pas trop fort ce qui permet aux orchestrations de
s’exprimer. Quand on a fini de mixer, on s’est trouvé un nom : Last
Puppets Shadows. Et puis on a apporté le tout à notre label qui a adoré.
La preuve ? Ils le sortent !
-Notre but ? Faire revivre à travers ce disque les grandes
heures de la pop anglaise, à l’époque où les cordes faisaient vivre les
mélodies. Voilà notre album s’appelle The Age of the Understatment
et il sort maintenant. Douzes titres que l’on revendique parce que,
notamment grâce à James Ford et Owen, c’est ce qu’on voulait. On espère
tourner avec ce disque, mais il faut que Alex soit libre avec les Artic
Monkeys et que l’on en vende assez, parce que sur scène, il faut du
monde.
-Ce que l’on voudrait
dire pour terminer c’est que ce projet n’est pas un truc parallèle mais
un vrai groupe à deux et que l’on espère aller très loin avec parce
qu’on a vraiment beaucoup travaillé. Notre seule angoisse ? Est ce que
vous trouvez cela réussi et est ce que vous aimez ?»
Aux deux questions
plus haut je n’aurai qu’une seule réponse : OUI, OUI, OUI !!!!
François Olle-Laprune
www.thelastshadowpuppets.com
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Hervé LESSERTEUR et IMBERT IMBERT |
- L'ombre et la
lumière - soirée en double plateau (spectacle) |
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Approchez approchez ma bonn’dame, en voici en voilà du rebelle, du
poilu, du rageur, de l’ébouriffant !
L’indispensable Théâtre de l’Echandole (Suisse) est complet et l’affiche
promet du coup de gueule et de la poésie… Le chanteur lausannois
Hervé Lesserteur et sa nouvelle formation, puis le contrebassiste
montpelliérain Imbert Imbert, seul en scène, vont se succéder et
nous offrir leurs derniers spectacles, deux concerts théoriquement
décoiffants.
On en
rêvait que le nouveau spectacle d’Hervé Lesserteur, poète maudit et
écumeur de nuits, nous embarque une fois de plus au zinc d’un bar
glauque, boire jusqu’au matin à la santé de nos mégapoles finissantes et
leurs lâcheurs de bombes et puis qu’il nous laisse finalement,
titubants, succomber aux espoirs de l’aube naissante…
Dès
les premières chansons, la révolte torturée familière du personnage
pactise avec une plume fine et les images enfumées des mondes monstrueux
qu’elle évoque n’ont rien perdu de la force qu’on leur connaissait,
marque de fabrique de Lesserteur.
Tout
ce qu’on aime chez lui est là, il n’y aurait qu’à le prendre en pleine
tête et en plein cœur… mais la magie n’est pas au rendez-vous. La
présence de l’excellent compositeur et guitariste Arthur Besson éclipse
le chanteur, qui semble empêtré dans son propre corps et fuir dans ses
pensées, sans nous. Une diction hasardeuse nous prive de pas mal des
finesses des textes et surtout, le jeu de batterie, certes créatif et
irréprochable, couvre la voix par le volume et la profusion des
interventions qui empêchent l’auditeur de savourer l’intimité et la
sensibilité des chansons.
Hervé
Lesserteur est un personnage, ceux qui l’aiment tiennent le coup et
prennent de plein fouet sa fragilité en pleine figure… dommage.
Reste
que les chansons, dont la plupart sont des créations récentes, sont
admirablement écrites et les compositions franchement belles, qu’on aime
à la folie les guitares d’Arthur Besson et l’ambiance plus
rageuse’n’roll que prévue (une bonne surprise, donc) tenue par le
groupe, Marcket Besson à la basse et Nicolas Meier à la batterie.
Tout
ce potentiel attendra que la prestation s’affine, notamment dans les
équilibres et les respirations entre les instruments et la voix, et que
Lesserteur retrouve le chemin de son plaisir, qu’il prenne le risque de
nous étonner, qu’il s’exprime aussi avec ses tripes.
A ne
pas perdre de vue que l’on pourra bientôt profiter pleinement des
morceaux sur l’album à venir, je garde un œil là-dessus et je vous tiens
au courant.
Deuxième partie de soirée. Imbert Imbert a installé quelques éléments de
décor lumineux bienvenus. Il entre en scène, renifle, relève sa
contrebasse… et nous tombe dessus comme si on venait de gagner au loto !
Dès
l’introduction musicale, le public saisit très vite que ce gars-là ne va
pas le lâcher… qu’il va le captiver par sa qualité d’être. Et dès qu’il
ouvre la bouche se confirme qu’il n’est pas là pour nous jouer une
comédie : il est présent, il dégage une force peu commune et il vit avec
sa musique. Il la respire, la soupire, fait chanter le silence et nous
laisse sonnés, enchantés, bouleversés…
Les
amoureux de la chanson à texte sont servis : «Je voudrais m’abreuver du
trop plein de leurs corps/Boire à la cruche vive le surplus de salive/Je
veux m’inonder nu des graisses de leurs culs/Et m’offrir en friture en
t’attendant, ma mort». Nous avons devant nous une espèce de jeune Ferré,
s’il fallait trouver une comparaison, qui projette délires d’amour et
tableaux sociaux avec une belle plume poétique et atypique qui vient
saisir nos sentiments les plus enfouis.
Il
donne une vie toute humaine à sa contrebasse, qu’on croirait sa siamoise
greffée à son flanc. Imbert Imbert la fait chanter avec une énergie
ahurissante, tantôt sous l’archet, tantôt en glissements, pincements,
notes profondes, tout en chantant, claquant des doigts, tapant du pied…
On découvre une palette de sons à laquelle on ne s’attendait pas.
Les
chansons sont géniales, un vrai sans faute, et il les porte avec une
authenticité, une présence et une gaîté qui rend franchement heureux,
même si les sujets ne sont pas toujours légers.
La
voix également bien posée, forte et timbrée nous fait dresser les poils,
c’est magnifique, c’est délicieux «Si je pouvais en me fumant de vous/Ma
nébuleuse nous détachant de tout/Baiser la terre comme baisent les
fous/D’une volute plus humaine que nous»…
J’avais pas ressenti ça depuis le live de Dominique A… y’a longtemps !
Alors
branle-bas de combat, saisissez vos agendas, Imbert Imbert est l’artiste
live à ne pas laisser passer ! Profitez-en, il donne, il partage… c’est
du rare, du balèze.
Nadine Mayoraz
www.lesserteur.ch /
www.imbertimbert.free.fr /
www.myspace.com/imbertimbert |
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NANO |
-
au Lavoir Moderne (spectacle) |
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photo Norbert
Gabriel
Est-ce un
concert, est-ce un happening, est-ce une performance, est-ce une
improvisation ?
C’est un
orchestre, un soliste, un little big band, des musiques sans paroles
mais avec voix...
C’est un peu
tout ça une soirée avec Nano, dit Arnaud Méthivier, ou Arnottodrom selon
les époques, les rencontres, les envies. Ce garçon est un créateur de
musique... Permanent.
Vous allez
passer un moment avec lui, il arrive, il respire l’ambiance de la salle,
et vous compose un impromptu musical de 60 ou 70 minutes non stop.
Je me souviens
d’une soirée où deux spectatrices invitées m’avaient demandé ce que
c’était, ma seule réponse avait été «c’est pas racontable» comment
voulez vous raconter ce kaléïdoscope de sensations qui fusent,
s’enroulent, vous enlacent, vous embarquent dans des voyages oniriques à
la fois personnels et partagés avec vos voisins ? Il y a un sortilège
musical qui naît à chaque fois. Au Lavoir Moderne, c’était Nano plus
cordes, et percus, et un accordéon qui est transcendé en orchestre
symphonique, les spécialistes apprécieront les trouvailles techniques,
les néophites découvrent des somptuosités sonores qui donnent
l’impression que le musicien a trois ou quatre mains, ou 8 - 10 doigts à
chaque main.
Ce qui est sans
véritable importance, l’essentiel étant la place unique que cet
accordéon occupe dans le paysage, personne ne le fait chanter avec
autant d’envols fulgurants, de pulsions tendues, de respirations
profondes, d’onirisme débridé.
Il n’y a rien
d’autre à dire sinon d’aller au prochain rendez vous, le 23 et le 24
Mai, à l’Archipel 17 Bld de Strasbourg 75010 Paris, et c’est à 21
heures.
Norbert
Gabriel
www.nanomusic.fr
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RIRE EN FUGUE |
-
(spectacle) |
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On va peut être vous
dire que c’est un spectacle «Jeune public» genre pour occuper les
enfants le mercredi après-midi quand on les refile aux papi-mamies pour
les quotas de convivialité familiale. Dans ce cas, c’est un sacré
cadeau aux heureux récipiendaires, car ce spectacle «autour d’Henri
Salvador» est tout à fait dans la lignée des salves d’or de légende, ces
soirées partagées qui faisaient le bonheur des spectateurs toutes
générations confondues.
On va vous dire, oui,
jeune public, les enfants... n’en croyez rien. C’est pour les heureux
humains qui savent apprécier un très bon spectacle sans l’étiquette qui
le sectorise dans une tranche d’âge marketing...
De 6 à 106 ans dit la
brochure, pourquoi cette fourchette restrictive? Pourquoi les 5 et 107
ans ne pourraient-ils pas se régaler de ce «Rire en fugue» ??
A 5 ans, ce conte
poético-burlesque est en phase avec l’imaginaire sans frontière des
mini-juniors, et à 107 ans cette fantaisie musicale ravira les amateurs
de voix exceptionnelles au service d’un répertoire qui va du jazz Count
Basie au rock déjanté d’Henri Cording et ses p’tits Rockfailers.. Car
Jacques Haurogné est un spécimen rare qui peut voltiger dans la
tessiture de Pavarotti, aussi bien que dans celle de Pat Hibulaire
gronchonnant d’une voix éraillée que Zorro est arrivé.. Et il danse, pas
Zorro, Jacques Haurogné , il a fréquenté des gens aussi divers
qu’Alfredo Arias, Claude Lelouch, Anne Sylvestre pour créer les
personnages d’une comédie musicale de la vie sous toutes ses formes, il
a été rocker symphonique dans une de ses vie parallèles. Aujourd’hui,
c’est un tour de manège dans la Salvador way of life qu’il nous offre.
Bon d’accord, il n’est pas tout seul, on verra prochainement comment
s’est construite cette belle histoire, mais après avoir découvert le
spectacle, gloire au héros, c’est bien naturel.
On a bien compris,
après avoir découvert «Rire en fugue» que Thierry Garcia,
le co-équipier de toutes ses ballades n’est pas loin,( à 2 mètres sur scène) et toujours maître es-décoration musicale (on peut dire
aussi «arrangements») dans les projets et réalisations, on a compris
que les partenaires complices plus ou moins exposés aux sunligths sont
des fidèles depuis un certain temps, Patrick Lemaire, Françoise
Tournafond, et aussi Leïla Cukiermann qui l’a invité pour la première
résidence chanson du théâtre d’Ivry en1989, Xavier Lacouture toujours
présent pour suggérer un truc farfelu, surréaliste ou saugrenu, et
parfaitement indispensable... Et puis, pour ne pas rester au ras des
paquerettes aussi sympathiques soient-elles, ce Rire en fugue,
créé en résidence, intègre un quatuor à cordes dirigé par Daniel
Casimir, un metteur en scène Frédéric Faye, et bien sûr l’équipe du
théâtre d’Ivry. On ne prend pas le jeune public pour un public au
rabais, et le public jeune, de n’importe quel âge y trouve son compte.
Le résultat est une
création en résidence d’une qualité exceptionnelle. En quelques mots,
resituons ce qu’est un spectacle créé en résidence : c’est une équipe
qui s’installe dans un lieu pour quelques semaines, avec une idée de
spectacle, qu’on va répéter, affiner, faire évoluer, et arriver à une
première représentation qui est une vraie représentation, et non pas une
répétition payée par le public, comme l’avait dit Sarcloret ici, à Ivry,
au théâtre Antoine Vitez dirigé par Leïla Cukierman, initiatrice de ces
résidences-chanson. L’excellence du travail de l’équipe du théâtre a été
reconnu officiellement par l’institutionnalisation en Scène
conventionnée chanson par le Ministère de la Culture, équivalent des
Centres Dramatiques Nationaux créés par Jean Dasté dans les années
45-50. Structures pour un théâtre populaire, très actif dans l’animation
pédagogique , à l’école et à l’usine. C’est dans cet esprit que Leïla
Cukierman a adopté la forme et le fond, une création chanson en
résidence est toujours accompagnée d’actions avec les scolaires, et avec
la population d’Ivry. Le mois prochain, nous visiterons ces activités
créatives. Il fallait en glisser un mot, car dans Rire en fugue,
les rencontres avec les scolaires ont apporté dans le spectacle des
idées comme les planètes (qui chantent en chœur «Le lion est mort ce
soir»).
Après Ivry, une
tournée est prévue, nous suivrons la fugue et le rire , et un entretien
avec Jacques Haurogné et Thierry Garcia complètera l’histoire de cette
création, qui est devenue «Fugue en rire».
Norbert Gabriel
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Patricia ASSOULINE - Ma vie
d'extra-terrestre (théâtre) |
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Je me souviens, un slogan publicitaire, disait
«Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes…». C’est exactement
ce que j’ai ressenti lorsque je suis allée voir le spectacle de Patricia
Assouline. Après avoir joué dans la comédie musicale «Les hors la loi»,
Patricia revient aujourd’hui seule en scène avec son premier one woman
show «Ma vie d’extra terrestre». Perchée sur son fauteuil électrique,
Patricia raconte sa vie «sans pathos» comme elle dit, sa vie à elle, son
combat contre les préjugés. Elle ose tout, aborde tous les sujets
souvent très peu traités aujourd’hui (la sexualité chez les personnes
handicapées, la drague…). L’autodérision est tatouée sur son front, elle
sait rire de tout, et prend un malin plaisir à tordre la réalité de son
quotidien pour offrir à son public une bonne tranche de rire !
«L’amour oui mais faut compter avec les
préliminaires, et les préliminaires chez les handicapés ça dure, ça
dure, parfois jusqu’à l’épuisement. Vous en seriez jalouses mesdames !
Ce ne sont pas des préliminaires, ce sont des éliminaires !»
La chenille repérée parmi la troupe des «Hors
la loi» a fait son chemin et est devenue papillon. Elle s’est
merveilleusement entourée (Audrey Lemoine et Claude Fraize qui ont su
coucher ses mots sur le papier, Clémentine Célarié en metteur en scène
de talent profondément humaine, Florent Guépin à la guitare, Mélisande
de Serres en fantômette femme orchestre multi casquettes). Totalement à
son aise sur scène Patricia colonise l’espace, la lumière, fait entendre
sa voix (fort jolie ma foi), et nous tient en haleine jusqu’à la fin. Le
rire est la meilleure des armes, elle casse les préjugés, fait tomber
les barrières, et rapprochent les individus. Patricia a su l’apprivoiser
pour en faire un atout exceptionnel. J’invite quiconque ayant envie de
découvrir une artiste au talent incroyable, à venir l’applaudir sur
scène. A voir absolument !!!
Séverine Gendreau
www.myspace.com/mon_show
Note du bouc maker : le mois prochain, une
interview de Patricia Assouline, et de son incroyable détermination. Un
exemple ? elle se produit dans un des seuls théâtres parisiens qui n’a
pas un accès spécial pour «personnes à mobilité réduite» comme on dit. |
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L'AUTRE
MONDE OU LES ETATS ET EMPIRES DE LA LUNE
de Cyrano de Bergerac
(théâtre) |
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photo : Jessie Bensimon adapté et mis en scène par Benjamin Lazar, au
théâtre de l’Athénée.
Niché dans le square de l'Opéra Louis-Jouvet, le
théâtre de l’Athénée est en soi un lieu à voir. Une salle à l’italienne,
rococo et art nouveau, toute en balcons, alcôves, irriguée de couloirs
qui nous emportent déjà dans une autre époque. C’est dans ce cadre que
Benjamin Lazar, comédien et metteur en scène atypique, nous replonge au
17ème siècle, nous proposant de découvrir un texte de Savinien de Cyrano
de Bergerac. Oui, celui du «pic», du «cap» et de la «péninsule» ! Et
quel texte !
«L’autre monde ou les états et empires de la lune». Un nom
déjà plein de promesses excentriques. Nous sommes dans les années 1600,
et Cyrano de Bergerac nous parle d’anticléricalisme, d’antimilitarisme,
d’insoumission, mais aussi d’homosexualité, d’anthropophagie, et dans un
esprit visionnaire, il évoque l’évolution des moyens de communication
(la science est en plein développement à cette époque), en racontant ce
peuple de la Lune dont les livres ne se lisent plus mais s’écoutent en
«cliquant» sur les chapitres ! (ndr : pas dans le texte original bien
sur) Et quelle mise en scène !
Dans le noir précurseur de l’ouverture de
rideau, arrivant de la salle, Benjamin Lazar monte les quelques marches
qui le mènent à la scène, s’éclairant simplement de bougies. Ainsi
commence la narration, dos aux velours, dans une belle intimité. Puis
quand s’ouvre le rideau, les «spotlights» - une file de bougies posée au
sol - nous font découvrir le décor. Une chaise, un escabeau de bois, un
pupitre. Deux musiciens, assis, leurs instruments accrochés derrière eux
sur des portants de bois également. Une viole de gambe, un théorbe, une
guitare, un luth… L’ambiance est posée. Avec les premiers mots,
prononcés avec un accent rocailleux et comme nous ne le faisons plus
(essayer cette même phrase en prononçant toutes les lettres de fin de
mots !), s’invite tout un univers fantasmagorique - Méliès, De Vinci,
Jules Vernes - et poétique proche de Molière qui fut un des amis de
Cyrano. Grand moment que nous offre Benjamin Lazar, car nous sommes dans
le théâtre populaire, accessible, ce qui ne veut pas dire de moindre
qualité ! Tous ces «efforts» justement, pour retrouver cette proximité
qu’était le théâtre de l’époque, sans les artifices que l’on retrouve
souvent sur les scènes actuelles (aucune régression dans ces propos car
certains artifices contemporains sont tout à fait de qualité). Et quelle
belle idée de faire revivre ce texte de Cyrano de Bergerac, qui n’est
pas seulement l’amoureux transis de Roxanne qu’Edmond Rostand a
immortalisé. Contrairement à sa version des choses, Cyrano n’est pas
mort au couvent mais, tel le libertin qu’il était, malade de la syphilis
(«plus jaune que vielle morue» dit-il), transporté à la campagne chez
l’un de ses cousins… C’est ainsi, qu’une fois sorti du lieu, de
l’ambiance diffusée par ce spectacle, mon premier souhait a été de
rechercher ce texte, subversif et impubliable en son temps, lu dans son
caractère original seulement par quelques amis proches (après sa mort,
le texte a subi censures, modifications et mutilations de la part de la
«confrérie de l’Index» qui faisait la guerre aux philosophes et
libre-penseurs), tant il m’apparait actuel.
Alors, j’ai pensé à vous, très chers lecteurs car, même si la pièce ne
se jouait que jusqu’à la fin avril, le texte est à découvrir, et il se
trouve là, sur
Wikipédia. Et si vous entendez parler d’un spectacle mis en
scène par Benjamin Lazar, dites-le moi, je m’y précipiterais !
Didier Boyaud |
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REVUE
XXI (livre, revue) |
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Deuxième numéro de
cette revue distribuée en librairie, pas en kiosque*, superbement
réalisée, pas une ligne de pub, et
"Prendre le temps,
se décaler, redonner des couleurs au monde, de l'épaisseur aux choses,
de la présence aux gens, aller voir, rendre compte : telle est la
volonté de XXI" annoncent Patrick de Saint-Exupéry et Laurent Beccaria
dans l'édito du premier numéro de la Revue XXI.
Dans le premier numéro,
un article très documenté sur «La France de la désobéissance» la
désobéissance citoyenne qui relit un des articles de la première
Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen du Juin 1793 «Quand
le gouvernement viole les droits du peuple ; l'insurrection est pour le
peuple et pour chaque partie du peuple, le plus sacré des droits et le
plus indispensable des devoirs.»
C'était l'article 35,
qui a été retiré, on se demande pourquoi.
Norbert Gabriel
www.leblogde21.com
* vous
pouvez le demander à votre kiosque habituel, votre marchand de journaux,
il doit être au courant, le mien fait
bien la démarche ! signé : didier le webdoigt
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