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luce est grande ! |
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Comme le dit
justement (pour une fois !) le sieur Philippe Manoeuvre, Luce est
une «natural».
Une chanteuse
naturelle. Une chanteuse née.
Mais qui ne le
savait pas encore lorsqu'elle a passé le casting du grand karaoké de
M6, la Nouvelle Star.
Mais comment ne
pas sentir que l'on a ce moteur en soi !? Chacun de ses passages
chantants sont des prestations uniques. Uniques car rarement vues
auparavant. Personne ne lui ressemble et elle ne ressemble à
personne. Même si on la rattacherait bien à Catherine Ringer pour la
folie et le hors gabarit habituel. Mais à l'intérieur, c'est tout de
même différent. Elles n'ont pas le même âge déjà, et leurs univers
divergent (et c'est beaucoup, comme disait Pierre Desproges). Il y a
une malice chez Luce et moins de dureté. La peur est dépassée,
transcendée. L'énergie est maîtrisée, multiforme. Passant du
griffant aux caresses érotiques, des envolées lyriques au
chuchotement, pour finir comme une actrice intelligente de la petite
maison dans la prairie (il y en avait bien une dans mon
souvenir...). C'est énorme, comme disait aussi le même Pierre.
Elle est ronde,
rousse, joyeuse, osée, excessive, retenue, débordante d'humour
(porteuse, lors du casting, de moustaches dont elle s'est
débarrassée dès son deuxième passage). Pas du tout dans le profil de
l'image du jeune que donnent souvent les médias. Et pourtant elle
est soutenue par le public votant dès le premier prime. Serait-ce un
simple signe de changement des habitudes ou celui d'une vraie
tendance ? Tous les autres candidats proposent carrément autre chose
voire rien. Ils restent globalement dans le karaoké, bien interprété
mais pas très investi, ni inventif, parfois avec une âme mais pas de
l'ampleur de celle de Luce.
J'avais apprécié
les talents vocaux de Camélia Jordana, mais avec Luce, c'est une
toute autre dimension. Je me dis que chacune de ses prochaines
interprétations sera un plaisir.
Didier Boyaud
PS 1 : j'en
connais déjà un qui se voit bien écrire des chansons pour elle, et
vous ne devinerez jamais qui !
PS 2 : si vous
recherchez "Luce" (tout court) sur google, dans images, c'est Renan
Luce qui apparaît en premier et plusieurs fois en première page.
Luce, elle, n'est qu'en 4ème page pour une seule photo... celle de
cette rubrique. |
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indochine ou les frères
ennemis ? |
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Bien que moyennement intéressé par ce groupe (voir le débat
«Viens papy que j’explique...» dans le numéro 00 en pdf
www.ledoigtdansloeil.com/LDDLO_numero_00.pdf ),
j’avais quelques souvenirs assez précis de leur origine, à
savoir un groupe composé d’un trio de base : deux frères jumeaux et
un guitariste compositeur.
Un groupe, en musique, c’est toujours la
co-existence plus ou moins harmonieuse de plusieurs personnalités,
lesquelles finissent par s’émanciper. Les Beatles, Starshooter,
Téléphone, ont tous splittés en carrières individuelles, chacun
trouvant, ou retrouvant ce qu’il avait occulté de sa personnalité
(ou son ego) au profit du groupe.
Sauf Indochine, qui est resté Indochine, mais
pour des raisons diverses, Indochine de 2010 n’est plus tout
à fait celui du début. Dominique Nicolas, le compositeur des titres
emblématique a quitté le groupe en 1995, puis Stéphane Sirkis meurt
en 1999, reste donc Nicola Sirkis, parolier, qui a remplacé les
partants au fur et à mesure, tout en restant «Indochine»
C’est presque comme le groupe «Les parisiennes» dont Claude
Bolling a renouvelé progressivement toutes les chanteuses, sans que
le groupe change de nom. Pour Indochine, Nicola Sirkis reste
le seul des fondateurs. (Dans l’équipe initiale, il y avait aussi
Dimitri
Bodianski, mais plus en musicien qu’en élément fondateur
du groupe)
Alors Indochine est-il resté le même ?
Objectivement, à l’écoute d’Alice et June, je n’ai pas été
spécialement étonné, ma première réaction avait été abrupte, «ça
fait 30 ans que j’entends la même musique», d’où le débat qui en
a découlé... Ensuite dans le contexte qui a suivi la mort de
Stéphane Sirkis, il ne m’a pas semblé extravagant que les albums
publiés après 1999 aient une tonalité plus sombre.
Historiquement Indochine a été fondé par Nicola
Sirkis et Dominique Nicolas en 1981, Stéphane rejoint le groupe en
1982. Donc après le départ volontaire de Dominique Nicolas le
compositeur, puis le décès de Stéphane, Nicola Sirkis est seul à
représenter le groupe, qui n’est plus un groupe stricto sensu, c’est
devenu dans les faits une personne qui est la vitrine d’une «marque»
laquelle a été déposée d’ailleurs à son seul nom, Nicola Sirkis*.
Est-ce que ça trahit l’esprit et les fans d’Indochine ? Il
semble que non, globalement, toutefois, il y a eu quelques remous,
avec la mort de Stéphane, avec la parution d’un livre «Starmustang»
écrit par le frère aîné, Christophe Sirkis. On y découvre une
situation familiale désastreuse pour les enfants Sirkis, et on y
découvre d’autres détails, qui m’ont scandalisé, comme la pratique
de faire signer par des musiciens (et déposer à la Sacem) des
compositions de Stéphane Sirkis. Et quelques autres détails** du
même genre qui éclairent (ou assombrissent) le contexte de la vie de
groupe d’Indochine. Ce sont des malversations et des méthodes
de voyou qui devraient être condamnées sans appel.
On peut toujours arguer que dans un groupe, il y a une
création collective, c’est parfois vrai, mais dans ce cas, c’est
Indochine, collectivement qui devrait être crédité du droit
d’auteur. (Sinon pour un groupe, les éléments qui composent ce
groupe, rien ne s’oppose à ce que plusieurs noms figurent sur la
fiche de dépôt) Il semble que Stéphane Sirkis ait été dépossédé de
certains de ses droits***, comme en outre la différence importante
de revenus entre Nicola Sirkis percevant de
confortables droits d'auteur et Stéphane à qui de faibles dividendes
étaient octroyés en qualité de simple interprète,
et c’est de ce point qu’est parti le sujet de cet
article, et le portrait d’un artiste occulté pour des raisons
multiples.
Norbert
Gabriel
*. Le nouveau contrat d'Indochine qui arrive par fax.
Stéphane dans l'ambulance, et moi qui demande: "Nicola ! Il
n'y a que ton nom sur le contrat ! Pourquoi Stéphane n'y figure pas
? Il ne fait pas partie d'Indochine Stéphane ?" (Christophe
Sirkis)
** témoignage D Nicolas «Je n’ai jamais refait ni
effacé aucune des guitares de Stéphane sur cet enregistrement. J’ai
juste réparé quelques «pains» que j’avais commis moi-même, comme ça
peut se produire parfois en concert. Quand je suis arrivé dans ce
studio en Angleterre, Nicolas y était depuis quelques jours, j’ai vu
la tête qu’on fait les gens quand je suis arrivé. Je me suis dit :
houlaaa ça sent mauvais ici !»
***Stéphane Sirkis .... «Il a fait cosigner mes
titres par le guitariste... Ils m’ont baisé sur toute la ligne. Je
n’ai même pas eu le temps de voir les déclarations. Le guitariste a
relevé note par note tout ce qu’il a fait et l’a enregistré à la
Sacem. Un vrai aspirateur à droits d’auteur.»
Le groupe Indochine en 1984-85 et Stéphane Sirkis
Portrait
proposé par Miren Funke
IL MÉRITAIT MIEUX...
Il avait 39 ans
et encore bien des choses à dire. Le 27 février 1999, Stéphane
Sirkis décédait, des suites de divers abus de substances toxiques,
vers lesquels l'avait poussé un mal-être, qui vraisemblablement
prenait sa source dans des histoires - familiale et affective-
douloureuses, mais aussi dû à la frustration engendrée par le fait
de ne pas parvenir à mieux imposer ses compositions.
Car le musicien était aussi prolifique et passionné que
l'homme était généreux et intègre. Outre la composition de plusieurs
chansons pour son groupe, musique de film (Les keufs), de
film documentaire (La BD a 100 ans, en collaboration avec Christophe
Sirkis), ou générique d'émission télévisuelle (Platine 45),
l'artiste laissait un album solo inachevé, dont il avait ébauché
quelques enregistrements avec son frère Christophe. Ce dernier a
d'ailleurs mis en ligne certaines maquettes sur le site
starmustang.net , qui est dédié au guitariste disparu. A leur
écoute, on peut mesurer combien il est regrettable qu'une santé
rendue précaire par des comportements poly-toxicomanes, ainsi que
les malveillances dont il a été victime aient empêché cet artiste
doué d'exprimer pleinement ses talents et sa créativité abondante.
Des témoignages de proches évoquent sans peine la
gentillesse et l'altruisme de ce garçon discret, capable de se
mettre volontiers en retrait. Mais aussi une sensibilité que la
méchanceté des autres n'épargnait pas, et qui l'a, peu à peu, porté
à chercher du réconfort dans les paradis artificiels, à l'instar
d'autres artistes rock que la spirale autodestructrice de l'alcool
ou des drogues a emportés.
Ceux qui l'ont connu gardent en mémoire un être doux,
intelligent et entier, révolté par l'injustice, et dont la passion
pour la musique en particulier et la culture en général, ainsi que
la conviction avec laquelle il restait fidèle à ses engagements
humains et politiques marquaient les esprits. Un fort tempérament
aussi, bien loin du portrait simpliste que certains journalistes ont
pu dépeindre, tendant à présenter l'artiste comme une personne
faible, victime de ses dépendances aux drogues.
Militant anti-fasciste et anti-raciste, membre de la Ligue
Communiste Révolutionnaire, il avait rejoint le mouvement
Ras'l'front, et soutenait les Restos du cœur, ainsi que la cause des
sans-papiers entre autres.
Mais il est sans doute des déceptions, générées par
certains comportements humains, capables de mener les plus combatifs
au désespoir. Stéphane Sirkis devait payer de sa vie le fait d'être
trop lucide sur la férocité et la superficialité du milieu showbiz,
essentiellement gouverné par l'attrait de l'argent et de la
notoriété, valeurs qu'il ne partageait certainement pas.
Starmustang, le livre que son frère Christophe lui a
consacré éclaire sur la vie et la personnalité de cet artiste, dont
le tort principal fut peut-être d'accorder aux autres plus
d'attention et d'affection qu'il n'en a reçu et de ne pas avoir su
se protéger de la cruauté humaine. La démarche sincère de l'auteur
a, de plus, le mérite, à travers l'exemple du drame vécu,
d'interpeller les consciences au sujet des dangers et des sacrifices
qui accompagnent la quête effrénée et sans scrupule de réussite dans
le milieu hypocrite de l'industrie musicale.
Aussi il est dommage que la polémique suscitée par la
parution du livre (interprété par certains, à tort, comme un
règlement de compte familial guidé par l'incapacité de faire un
deuil) ait relégué au second plan le sens réel du récit : rendre
justice et hommage à la mémoire d'un frère parti trop tôt, et dont
l'image n'a été que trop dégradée par ceux qui, par ignorance ou
intérêt, ont, de manière caricaturale, réduit le souvenir du
guitariste à celui d'un rockeur dépressif, voire suicidaire, voué à
l'auto-destruction. Stéphane Sirkis méritait mieux. Ne lui fermons
pas nos mémoires.
Miren Funke
www.starmustang.net |
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caroline loeb en colère... (le regard du sourd) |
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(Ou la traversée des scènes à la rage* ...)
Caroline Loeb (que nous avons eu le plaisir de croiser ici
quelques fois, pour sa création «Madonna, Mistinguett et moi»
et pour les prolongations régulières de ce spectacle depuis 2 ans)
vient de publier dans l’article en lien ci-dessous, un témoignage
coup de gueule sur les travers des émissions vaguement
culturo-trash-pipole qui sont une insulte permanente à la dignité.
Ce témoignage, d’une belle plume bien aiguisée, dirais-je cyranesque ?
Oui, je le dis, vous éclairera, si ce n’est déjà fait sur la
décrépitude des émissions qui sont censées parler de chanson dans la
plupart des médias radio télé.
Donc voici un extrait, mais ne vous privez pas de ce qu’il
y a avant, et après, c’est superbement écrit, et très significatif
des mœurs du temps.
( ....) Qui veut savoir que leur nouvel album, à ceux
qui sont derrière les micros de RTL, quelle qu'en soit la qualité,
celle de leur agent et/ou de leur attaché de presse, ne sera jamais
écouté par ceux qui passent leur tube ad nauseam. Qui veut savoir
que ceux ci ne prendront même pas la peine d'enlever la cellophane,
encore moins de l'écouter, et qu'il y de fortes chances pour qu'il
se retrouve sur un trottoir de vide grenier ou chez un soldeur. Les
"journalistes" à peine capables de copier un dossier de presse sans
faire de fautes d'orthographe et n'ayant de la fonction que les
avantages, la carte de presse, sans les exigences, un brin de
curiosité, l'ayant reçu pour le chroniquer préfèrent essayer de
racler quelques euros, plutôt que le foutre directement à la
poubelle. Qui veut entendre des artistes raconter la souffrance
quotidienne que c'est d'être pour toujours, et quoi qu'ils fassent
liés à UNE chanson, quand ils continuent à créer? (....)
carolineloeb.blogspot.com
* (emprunt à François Gaillard)
Avec mes hommages et compliments admiratifs,
Norbert Gabriel |
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stefan
zweig et romain rolland |
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DEUX VOIX AU
DESSUS DE LA MELEE
«Mais peut-être une puissance plus profonde, plus
mystérieuse, était-elle aussi à l'oeuvre sous cette ivresse. Cette
houle se répandit si puissamment, si subitement sur l'humanité que,
recouvrant la surface de son écume, elle arracha des ténèbres de
l'inconscient, pour les tirer au jour, les tendances obscures, les
instincts primitifs de la bête humaine, ce que Freud, avec sa
profondeur de vues, appelait «le dégoût de la culture», le besoin de
s'évader une bonne fois du monde bourgeois des lois et des
paragraphes et d'assouvir les instincts sanguinaires immémoriaux.
Peut-être ces puissances obscures avaient-elles aussi leur part dans
cette brutale ivresse où tout se mêlait, la joie du sacrifice et
l'alcool, le goût de l'aventure et la foi la plus pure, la vieille
magie des drapeaux et des discours patriotiques - cette inquiétante
ivresse de millions d'êtres, qu'on peut à peine peindre avec des
mots et qui donnait pour un instant au plus grand crime de notre
époque un élan sauvage et presque irrésistible» (1) :
Ces quelques lignes, issues de l'autobiographie de Stefan
Zweig, «Le monde d'hier», sondent l'atmosphère pesant sur l'année
1914, aux premiers jours d'une guerre que nul ou presque (à
l'exception de Bertha Von Suttner, qui signait en 1889 avec Bas les
armes une vibrante mise en garde pacifiste, et de l'écrivain
français Romain Rolland) n'avait vu venir. Car la génération de
savants, d'écrivains, et d'artistes d'avant-guerre, aveuglée par sa
foi inébranlable dans le progrès scientifique, technique et humain,
était, de longue date, acquise à l'idée d'unité européenne, au point
d'éprouver l'existence même des frontières comme une absurdité et de
croire l'Europe définitivement à l'abri de toute tentation
belliciste fratricide.
Mais au gré des succès scientifiques, chaque état se
gonflait d'un orgueil démesuré, et développait des ambitions
expansionnistes mégalomanes.
«La tempête de fierté et de confiance qui soufflait alors
sur l'Europe charriait aussi des nuages. L'essor avait peut-être été
trop rapide. Les états, les villes avaient acquis trop vite leur
puissance, et le sentiment de leur force incite toujours les hommes,
comme les états, à en user ou à en abuser» (2) :
À la lumière de ces propos, on comprend comment une série
de surenchères diplomatiques provocatrices allait aboutir à ce jour
où l'assassinat de l'héritier du trône d'Autriche-Hongrie jetait
l'étincelle dans la poudrière, déclenchant les déclarations de
guerre en chaîne. Dans le même temps que les hommes partaient
défendre leur patrie respective, les poètes ayant partagé
jusqu'alors une «conscience nationale européenne», basculaient dans
l'ultra-patriotisme pour claironner d'un même choeur avec les
autorités politiques et militaires l'approche d'une victoire rapide
et glorieuse, Hauptmann, Dehmel et Lissauer en tête, sans oublier
Thomas Mann, pour ne citer que ceux de langue allemande.
L'Austro-hongrois Stefan Zweig, qui avait jusque là vécu dans
plusieurs pays d'Europe, et jouit d'une existence cosmopolite, riche
de rencontres, se refuse au repli nationaliste.
prouvant tout le poids de l'isolement dans lequel peut se
trouver un homme de paix et de fraternité au milieu d'une meute de
patriotes exhortant à la haine entre les peuples, il fait publier
dans le Berliner Tageblatt, un article intitulé «A mes amis de l'Etranger»,
dans lequel il s'engage, contre les «bardes du patriotisme» qui,
selon lui, trahissent «la vraie mission du poète, qui est de
protéger et de défendre ce qu'il y a d'universellement humain dans
l'homme» (3), à demeurer fidèle à ses amis internationaux. Un homme
lui répond : le Français Romain Rolland. C'est le début d'une
correspondance amicale -les deux hommes se rencontreront souvent
entre 1917 et 1933- qui durera jusqu'à la veille de la seconde
guerre mondiale, où Stefan Zweig, du fait de ses origines juives,
sera contraint à un exil douloureux qui s'achèvera par son suicide,
le 22 février 1942 au Brésil. Zweig, qui avait déjà rencontré
Rolland, par l'entremise de Jules Romain et du poète belge Emile
Verhaeren, se souvient combien la lecture du roman L'Aube l'avait
impressionné : «Là était enfin l'oeuvre qui servait non pas une
seule nation européenne, mais toutes et leur fraternisation; là
était l'homme, l'écrivain qui mettait en jeu toutes les forces
morales: la connaissance aimante et la volonté sincère de connaître,
une justice éprouvée et filtrée et une foi ardente en la mission de
l'art, qui est d'unir les hommes»(...) «Au premier coup d'oeil, je
reconnus en lui -et le temps m'a donné raison- l'homme qui à l'heure
décisive serait la conscience de l'Europe.»(4)
En 1915, sous le titre Au dessus de la mêlée, Rolland
rassemble une série d'articles, dans lesquels il dénonce la démence
des autorités politiques et militaires, combat la haine entre les
nations et défend la mission universaliste et unificatrice de
l'écriture et de l'art :
Le devoir est de construire, plus large et plus haute,
dominant l'injustice et la haine des nations, l'enceinte de la ville
où doivent s'assembler les âmes fraternelles et libres du monde
entier.» (5)
Le propos pacifiste de l'auteur -qui peut sembler une
évidence en temps de paix- connait alors un grand retentissement :
ses amis s'écartent de lui; les libraires retirent son livre
Jean-Christophe des vitrines; les autorités militaires envisagent
des mesures contre sa personne. Animé par la certitude que c'est aux
hommes de lettres et d'art qu'incombe la responsabilité d'apaiser et
d'éclairer les esprits, Rolland adresse au poète allemand Gerhart
Hauptmann, une lettre, dans laquelle il le prie de prendre position
et d'inciter ses amis à faire de même. Parallèlement il élabore avec
Zweig le projet de réunir des écrivains de tous pays, dans le but de
tenir une position unanime des intellectuels contre la guerre. Mais
nul ne répond à l'appel des deux hommes, pas même Rilke, l'ami de
Zweig pourtant acquis à la cause pacifiste.
Alors que, résidant en Suisse, Rolland s'est mis au service
de la croix rouge pour rédiger les lettres des soldats blessés à
leurs familles, Zweig est le témoin direct des atrocités de la
guerre, sur le front de l'Est, où il collabore aux archives
militaires. Il comprend l'ampleur du décalage entre les rêves des
élites de son pays et la réalité que vivent les hommes : «J'eus la
conviction irrésistible que ces hommes simples et primitifs avaient
de la guerre un sentiment bien plus juste que nos professeurs
d'université et nos poètes: le sentiment que la guerre était un
malheur qui avait fondu sur eux et auquel ils ne pouvaient rien, et
que chacun de ceux qui étaient tombés dans ce malheur était, en
quelque sorte, un frère»(...) «J'avais reconnu l'adversaire que
j'avais à combattre -le faux héroïsme qui préfère envoyer les autres
à la souffrance et à la mort, l'optimisme facile des prophètes sans
conscience, politiques aussi bien que militaires, qui, promettant
sans scrupules la victoire, prolongent la boucherie; et derrière
eux, le coeur stipendié de tous ces «phraseurs de la guerre» que
Werfel a mis au pilori dans son beau poème*.
uiconque exprimait un doute les gênait dans leur commerce
patriotique ; quiconque prodiguait ses mises en garde, ils le
traitaient de pessimiste et se moquaient de lui; quiconque
combattait la guerre, dont ils n'avaient pas eux-mêmes à souffrir,
ils le stigmatisaient comme un traitre.»(6). Ceci l'incite à
oeuvrer, à sa manière, contre la propagande xénophobe, n'hésitant
pas à faire l'éloge d'écrivains d'autres nationalités -ce qui, dans
un pays en guerre, peut aisément être interprèté comme de
l'anti-patriotisme.
Polyglote accompli, il travaille à faire connaître dans son
pays la pensée de Rolland, Le feu de Barbusse et traduit Baudelaire,
Rimbaud, Verlaine et Keats. On lui devra aussi des biographies de
Verhaeren, Tolstoï et Dostoïevski.
En 1917 il rejoint Rolland en Suisse, où l'entoure un
groupe d'écrivains et d'artistes pacifistes, rassemblés autour de
deux revues indépendantes, Demain et La feuille. Parmi eux Franz
Masereel, Henri Guilbeaux, René Arcos, mais aussi des hommes rendus
«apatrides de coeur» par la guerre, tel l'Irlandais James Joyce et
l'Alsacien René Schiekelé. Sous l'impulsion de Rolland, Demain, dont
la direction est assurée par le polémiste anti-militariste Guilbeaux,
devient alors, forte de la collaboration de personnalités de toutes
nationalités (dont Lénine et Trotsky), la revue indépendante la plus
avant-gardiste, «un centre de discussion supranational», selon Zweig
; elle contribue à faire de Zurich une ville jouant un rôle
primordial en Europe en cette année 1917 où d'autres font enfin écho
aux appels que lancent Rolland et Zweig depuis 3 ans.
Si l'héroïsme spirituel et intellectuel de ces deux hommes
n'a pas pu, suffisamment tôt, influencer le cours politique des
choses et rallier les esprits, il a au moins eu le mérite de montrer
que des voix justes et lucides étaient capables de s'exprimer en
marge des sentiments de masse et des hystéries collectives, et
d'atténuer ainsi l'atroce solitude dans laquelle étaient plongés
tous ceux qui refusaient cette guerre.
A l'heure où des difficultés économiques génèrent à nouveau
des tentions sociales et humaines, à l'heure où des relents de
xénophobie parcourent une fois de plus les nations européennes,
remettant en cause le désir de fraternité des peuples, et où l'on en
vient à considérer son voisin comme un boulet à trainer ou un
profiteur d'aide, il n'est pas inutile de se souvenir de ces voix
clairvoyantes et humanistes qui, au coeur d'un premier suicide
européen, tentèrent de ramener leurs contemporains à la raison et
d'endiguer les marées de haine prêtes à submerger les consciences.
Miren Funke
(1)(2)(3)(4)(6) Stefan Zweig - Le monde d'hier
(5) Romain Rolland - Au dessus de la mêlée (Journal de
Genève)
* Werfel, Ami du monde |
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carnets berlinois |
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"JE SUIS A L'OUEST, ENFIN !"
Depuis que j'ai fui à l'ouest, je passe des heures à
les regarder. Mon nouvel appartement donne sur la fenêtre du métro
aérien U7, ligne tendue entre l'autre Kreuzberg et Schöneberg. A
l'instant où je vous écris, une jeune fille y fume une cigarette ;
avant elle, un garçon
trop speed y buvait une bière, plus tard, deux femmes voilées
commenteront la vue sur le canal. Scènes quotidiennes dont je ne me
lasse pas.
Quitter Prenzlauer Berg était
urgent. Après tant d'années dans l'ex-est. Adieu jolie bulle
chimérique et petits princes, cap sur l'ouest ! En fait, je voulais
aller à Kreuzberg 36, la partie “est“ de Kreuzberg, là où ça
fourmille de vrais gens, des
cassés, des beaux, des bizarres, des vieux, des tatoués, des
activistes, des immigrés, des queer, des ancrés, des déracinés...
C'était déjà trop tard. Les loyers ont grimpé sous l'assaut des
parisiens et des new-yorkais prêts à payer des tarifs prohibitifs
pour un berlinois moyen : Berlin est “in“, pour son malheur. J'ai
donc atterri dans le Kreuzberg 61, plus à l'ouest, en plein centre,
des espaces encore à définir, un drôle d'endroit au milieu de rien
et de tout à la fois, et une multitude de gens à regarder, à
rencontrer, à écouter, à décourvrir, à déguster dans leur
“diversité“. Un ami cinéaste me disait récemment “Quand je vivais à
Prenzlauer Berg, j'écrivais des poèmes que personne ne lisait.
Maintenant que j'habite à Kreuzberg, je fais des films que l'on
regarde.“ Kreuzberg donne envie de bouger, d'aller chercher de
nouvelles chansons dans un quartier engagé et authentique : un
quartier à l'ouest de la nostalgie et au centre d'une vie urbaine
qui essaye de résister à l'uniformisation.
Corinne Douarre
www.corinnedouarre.com
www.myspace.com/corinnedouarre
Album actuel :
Ciel XXL (chansons électro-franco-berlinoises)
Artwork : Sven K – dragonworks.de |
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pan sur les doigts ! |
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Pour être positif, je dirai d’abord qu’il est plutôt
gratifiant d’être lu par des lecteurs exigeants, pointilleux, et
attentifs, très attentifs. La conséquence étant qu’une erreur, une
imprécision, une approximation vous revient en retour fulgurant et
parfois fulminant.
En l’occurrence ce sont mes doigts qui m’ont valu les
foudres du PAN, pas le dieu Pan, mais le Pantchenko de Chorus.
L’affaire ne mérite pas de se conclure sur un pré à l’aube, le
fleuret à la main, disons que la plume sergent major suffira.
Nous avons en commun, avec Daniel Pantchenko, quelques
points de convergence, entre autres une référence en matière d’info
chanson, à savoir Marc Robine, qui vérifiait à la source originelle,
et non à des sources éparpillées en échos plus ou moins déformés.
Voici l’objet du Pan sur mes doigts.
Dans le dernier numéro, il m’était venu à l’idée de parler
de Jean Ferrat, à travers quelques chansons, emblématiques, et
symboliques (selon des sensations personnelles) de son parcours
unique, et pour éviter les subjectivités personnelles qui trahissent
parfois, en toute bonne foi, le recours aux sources fiables
s’impose. Et sur un point précis, avec une source fiable, Chorus,
j’ai mal compris une phrase, je l’ai même comprise à l’envers. En
voici l’extrait Chorus, page 131, du numéro 10 de 1994.
(...) Ferrat
enfonce le clou dès l’année suivante (61) avec un 33t Decca primé
par l’Académie Charles Cros et la Sacem : aux côtés du
sublime «J’entends, j’entends» (Aragon), apparaît la chanson
(destinée au départ à Isabelle Aubret) qui va la faire
connaître du grand public : «Deux enfants au soleil»...
Une lecture trop rapide de ces lignes, qui sont sur deux
colonnes dans Chorus, m’a fait retenir la partie soulignée, donc mea
maxima culpa, pour cette bévue.
Ensuite, il y eu débat sur les premiers succès de Ferrat,
et les dates. Est-ce que «Ma môme» a été son premier succès ? ou «Federico
Garcia» ?? De fait, j’ai un souvenir précis d’une émission télé,
dans laquelle Ferrat chante Federico Garcia, qui m’a ébloui.
ais là, c’est personnel et subjectif, en revanche à la même
période, «Ma môme» devient «un succès de radio», je le perçois
ainsi, et je trouve cette phrase et ces mots qui semblent conforter
ce que j’ai perçu, et vu autour de moi, dans un milieu provincial
plutôt associatif ouvrier de 20-25 ans. Sauf que l’expression «un
succès de radio» était censée exprimer un succès relatif en ce sens
qu’on connaît la chanson, le nom du chanteur, et pas son image. Ce
qui est inimaginable en 2000. Et assez important quand même en
1960-65, pour la notoriété d’un artiste.
Et sur le plan chronologique, il est vrai qu’en 1963, quand
je crois voir un succès de «Ma Môme» le disque est sorti depuis 3
ans. Donc il faut apporter un correctif, sur ce premier «succès».
D’autant que Jean Ferrat n’est pas l’homme d’un style ou d’une
chanson, c’était d’ailleurs ce que je voulais souligner, cette
diversité autant dans ses inspirations, que dans ses partenaires de
paroles.
Sans doute ai-je apporté plus de considération au succès
d’estime qui constitue le vrai reflet de l’artiste qu’au succès
populaire qui le déforme parfois (ex avec Nino Ferrer).
Ferrat a été consacré avec «Nuit et brouillard», avec «La
montagne» et les chansons inspirées des poètes de haute volée,
Aragon, et Lorca, parmi les premiers, mais aussi Henri Gougaud, Guy
Thomas, Michèle Senlis, et quelques autres. En citant Aragon et
Lorca, c’est simplement parce que ces auteurs sont les premiers que
Ferrat a mis en chanson. (pour Aragon, il fut le premier avec «les
yeux d’Elsa» pour Lorca, Germaine Montero avait consacré un
spectacle et un album à Lorca, qu’elle fut la première à interpréter
en France).
Ensuite, un autre Pan sur le doigt pour avoir écrit
«surtout Lorca» en fait j’aurais peut-être d’écrire l’Espagne, mais
encore une fois la subjectivité intervient, j’ai l’impression qu’il
y a beaucoup d’Espagne dans la musique de Ferrat, des guitares,
plutôt espagnoles en filigrane, mais là , c’est subjectif... Le
rappel à l’ordre de Daniel Pantchenko est donc justifié en reprenant
ce que disait Ferrat, qui détestait les hiérarchies en matière
artistique.
Autre gros pan sur le doigt, l’affaire «Mon vieux» là il y
a matière à remise en ordre importante. La co-signature de Daniel
Guichard étant, disons une sorte d’abus moral, ce qu’explique très
bien Michèle Senlis, l’auteur, dans une interview «Je Chante» ...
mais dans cette affaire, j’ai marché à fond dans la com’ faite
autour de cette chanson, et comme Jean Ferrat, qui a toujours été
très réactif sur les sujets chanson n’avait pas démenti, j’ai fait
comme tout le monde, j’ai cru à l’histoire.
Pantchenko : «L'exemple de Guichard est particulièrement
mal choisi. La chanson a été créée en 1963 par Jacques BOYER (le
père de Natacha Ezdra, qui deviendra administrateur de tournée de
Ferrat). Ferrat a composé la musique sur un texte de Michelle Senlis
écrit pour son père, texte largement «retouché» dix ans plus tard
sans élégance ( et c'est un euphémisme) par Daniel Guichard, qui a
obtenu une co-signature et fait de la chanson l’un de ses principaux
succès. Natacha chante la version originale dans son spectacle sur
Ferrat.» dont acte, merci Daniel Pantchenko.
La lecture de la version originale est en effet beaucoup
plus intéressante sur le plan écriture, il y a ce qui sépare une
grande chanson, sur le plan texte, d’une chanson de variété, même si
cette dernière a fait un succès. Tout ça fait donc 4 pans sur mes
doigts, reste un détail pour le petit doigt que je n’ai pas pu
vérifier, mais c’est en cours.
Norbert Gabriel
Plein d’infos pertinentes (et impertinentes) sur la
chanson :
chansonsquetoutcela.over-blog.com
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stevie
wonder |
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Né avant terme le 13 mai 1950 c’est un excès d’oxygène dans sa
couveuse qui rend aveugle Stevie wonder peu après sa naissance. Une
petite fille née en même temps que lui décède suite au même
dysfonctionnement. Stevie estimera plus tard dans une déclaration je
le cite :» face à cette tragédie je serai mal inspiré de dire que je
n’ai pas eu de chance». Fin de citation
Stevland Judkins
Morris c’est son vrai nom.
Abandonné par son
père Stevie est élevé lui et ses 5 frères et sœurs par leur mère,
qui installe sa famille à Détroit en 54. A 7 ans il prend des cours
de pianos puis devient soliste dans le chœur de l’église de son
quartier. Passionné de Ryhtm&Blues qu’il écoute en boucle sur les
radios locales, il découvre des chanteurs tels que Ray Charles et
Sam Cooke, devenus par la force des choses ses idoles. Après le
piano il s’intéresse à d’autres instruments tels que l’harmonica qui
devient son gadget fétiche, ou la batterie qu’il jouera plus tard
assez fréquemment sur ses albums. A 10 ans Stevie forme son premier
duo»Stevie and John» un copain qui n’est autre que le cousin de
Ronnie Withe, le chanteur des Miracles de la maison Motown.
Impressionné par les qualités vocales du petit Stevie, Ronnie Withe
le présente à Berry Gordy patron de la firme. Il n’a que onze ans
quand il signe son contrat chez Motown sous le surnom de «Stevie
Little Wonder» «Stevie la petite merveille». Il enregistre son
premier titre en 62 «I call it Pretty Music» mais c’est avec son
quatrième single Fingertips un instrumental à l’harmonica avec
Marvin Gaye à la batterie qu’il fait sa première entrée dans les
hits et c’est aussi le premier enregistrement public à atteindre la
première place des charts en 63.
www.youtube.com/watch?v=lnoSAIVpb8c
A partir de 64
son nom s’abrège simplement en Stevie Wonder et à 14 ans Stevie
goutte aux joies de la puberté. Sa voix qui mue inquiète !
L’entourage de Berry Gordy, plutôt hostile à l’arrivée du jeune
prodige dans la firme Motown conseille alors à Gordy de se
débarrasser du petit Stevie, proposition rejetée par le patron, et
l’avenir lui donnera raison puisque le talent fera place aux ragots
et Stévie n’enregistrera désormais que des tubes : «Uptight» «A
place In the Sun» en 66 et «For Once In My Life» en 69.
www.youtube.com/watch?v=imsB543zqSM
En 71 Stevie
wonder atteint sa majorité légale et il réclame à Motown les 30
millions de dollars de cachets accumulés depuis le début de sa
carrière et que la firme lui doit. Mais au lieu des 30 millions il
ne recevra qu’un petit million, ce litige le place alors en position
de force pour arracher à motown un statut de relative indépendance.
Il monte alors sa propre maison d’édition «Black Bull Music» et son
studio d’enregistrement Taurus Productions. On assiste à cette
époque à un réel tournant dans la carrière de Stevie. Indépendant il
se lance alors dans la composition et la production de ses albums
même s’ils sont financés et distribués par Motown. Touche à tout il
découvre en ce début des années 70 un instrument qu’il saura
utiliser à bon escient : le synthétiseur, qui lui permettra plus
tard d’enregistrer tout seul ses album. C’est ainsi que naît «Music
Of My Mind» un opus qu’il enregistre pratiquement seul. Stevie après
cet album n’est plus qu’un simple interprète à l’immense talent il
devient auteur, producteur et compositeur, il a tout juste 20 ans.
www.youtube.com/watch?v=A2lNf2WHxeI
Superwoman tiré
de l’album Music Of My Mind, album boudé par le public qui ne
reconnaît pas la signature Wonder. Ces synthétiseurs et ces
nouvelles harmonies font que les fans n’accrochent pas vraiment.
Music Of My Mind fait partie des albums personnels de Stevie, des
albums porteurs de messages, il rejoint ainsi le cercle des artistes
engagés tel que Marvin Gaye, Issac Hayes et Sly Stone. A 22 ans
Stevie wonder signe l’album «Talking Book» et son énorme hit
superstition. En 73 c’est au tour d’»Innervisions» et le succés de
«living for the city» et Higher Ground».
www.youtube.com/watch?v=4wZ3ZG_Wams
«Higher Ground»
classé n°1 des Hits Soul et n°4 des hits pop de l’année 73. Et cette
année là, stevie à peine majeur, en pleine période créative enchaîne
album sur album, cet élan artistique est subitement freiné. Le 06
août 73 il est victime d’un accident de voiture qui manque de lui
coûter la vie. Il passe plusieurs jours dans le coma. Privé de la
vue, il perd aussi l’odorat dans cet accident, mais il y gagnera en
sérénité. Il divorce de Syreeta Wright et se lie à yolanda Simmons
qui lui donnera une fille : Aisha. «Ful fillingnes first final»
l’album sorti en 74 et fortement marqué par son contact avec la
mort, il vient enrichir sa collection de best sellers. .
www.youtube.com/watch?v=Rf71XpAot8I
Stevie Wonder
mettra 3 ans pour enregistrer «Songs In The Keys Of Life» un double
album, une pure merveille, on y retrouve «Isn’t she lovely» composé
pour célébrer la naissance de sa fille Aisha bien que les premiers
cris qu’on entend ne sont pas ceux de sa fille, mais d’un autre
nouveau né, fille d’un ami, Aisha avait presque un an quand le titre
a été enregistré. Autres extraits de l’album»Sir Duke» et I wish en
hommage à Duke Ellington.
www.youtube.com/watch?v=hYKYka-PNt0
www.youtube.com/watch?v=6sIjSNTS7Fs
“I wish” avec “sir Duke” doubles n°1 POP et Soul en 76, et
l’album “Songs in the keys of life” qui aura un impact déterminant
sur le monde de la soul, reste à ce jour «The Album» l’événement de
la carrière de Stevie Wonder. C’est aussi l’album le plus abouti de
cet artiste, une preuve de sa maturité personnelle et artistique.
Des titres comme «Pastime Paradise» «AS» «Village Ghetho Land» des
titres élevés aujourd’hui aux rangs de classiques et pour en savoir
un peu plus sur l’enregistrement de cet album mythique il existe un
DVD et VHS en vente vous y trouverez les témoignages de Stevie
Wonder et de tous les musiciens qui l’ont accompagné dans cette
aventure qui a duré 3 ans.
www.youtube.com/watch?v=UwSuPXMHhaE
Extrait de «Hotter than july” sorti en 80, c’est le roi du
reggae Bob Marley qui est salué dans cet album avec Martin luther
king et “happy Birthday”, chanson pour réclamer le 15 janvier férié
en souvenir du révérend assassiné. D’ailleurs Stevie Wonder fait
partie de ces artistes afro-américains qui militent pour l’égalité
raciale, en participant aux concerts pour la paix dans le monde, en
composant des chansons en faveur de l’harmonie et l’entente entre la
communauté blanche et noire, souvenez vous du duo «Ebony and Ivory»
avec l’ex Baetles Paul Mc Cartney en 82, des chansons pour combattre
la famine en Ethiopie et «we are the world» en 85, il dira NON à
l’alcool au volant dans un titre «Don’t drive Drunk» en 84, il
dénoncera l’apartheid et il sera interdit d’antenne en Afrique du
Sud. Ses engagements dans différentes causes attirent la sympathie
du public pour cet artiste hors norme, qui malgré les différents
styles musicaux il est toujours là, bien que ses fans lui reprochent
de s’être éloigné du style Wonder, pour faire de la variété, mais il
ne faut pas oublier que c’est un peu grâce à des artistes comme lui
que la
Soul a pu survivre.
www.youtube.com/watch?v=QnrYkqXi21o
Lately magnifique ballade extraite de «Hotter Than July» et
en 80 stevie wonder demandé par Hollywood, compose
la BO de «Woman
IN Red» dont une partie sera enregistrée à Paris aux studios
Marcadet, et ce titre «I Just Call To Say i love you», le disque le
plus vendu de sa carrière avec un sixième doublé en tête des hits
pop et blacks et un oscar qu’il dédiera à Nelson Mandela ; ce qui
entraine son boycott par les radios sud-africaines en 82. Spike Lee
autre admirateur reprendra «Living in the city» dans “Jungle fever”
en 91 et on verra stévie conduire un roadster utilisé par James Bond
dans «Demain ne meurt jamais». Stevie Wonder et malgré les obstacles
en plus de son handicap, a longtemps été victime de son génie
exploratoire. Menacé d’abandon par sa maison de disque, critiqué par
l’entourage de Berry Gordy au début de sa carrière il a su contourné
ces incidents de parcours et suivre son instinct d’homme d’abord et
d’artiste en particulier. Sa force il l’a trouvé dans sa capacité
d’innover et de nous surprendre à chaque fois.
www.youtube.com/watch?v=NlQ99rZPxCk
Ambiance piano bar, père et fille
réunis dans ce titre «How Will I know» extrait de «Time to Love»
dernier album de Stevie avec cette fois Aisha sa fille unique qui a
grandit depuis les jeux dans sa baignoire dans «Is’int she lovely».
Pour la réalisation de «Time to love» Stevie a fait appel à un
orchestre symphonique, à une chorale, à des artistes tels que
Prince, Paul Mac Cartney , Narada Michael Walden, et india Arie
qu’on retrouve de suite dans A Time to love quinzième et dernier
titre de l’album.
www.youtube.com/watch?v=NCGNg5qeP9M
Un lien :
www.steviewonder.net
Souad Belhani
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en concert
le 1er juillet
201 à 20h00 |
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Autres concerts Soul, Slam :
GIL SCOTT HERON / SEAL / THORBJORN
RISAGER
à Cognac (16) - Blues Paradise
dans le cadre du festival COGNAC
BLUES PASSIONS
le Mercredi 28 Juillet 2010 à
19h15
GIL SCOTT HERON
à Paris (75) - Cite De La Musique
De Paris
dans le cadre du festival JAZZ A
LA VILLETTE
le Mercredi 08 Septembre 2010 à
20h00 |
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strychnine
- nouvelle incarnation pour une
légende |
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Au début 2010, le groupe de rock bordelais Strychnine sortait un
album, «Tous les cris» (label indépendant Julie Records), et
enchaînait sur une série de dates de concert dans la région et en
France.
Jeux de guitare en avant, rythmique héroïque, fraîcheur du
chant : les 12 morceaux de ce nouveau disque parlent comme par la
passé, mais parlent bel et bien du présent. Avec un rock enragé,
joué dans un esprit d'urgence, et des textes engagés où crépitent
des étincelles d'ironie, qui auraient pu toucher la jeunesse des
années 80, et concernent pourtant notre actualité, l'album, traversé
d'un effluve juvénile, laisse à peine percevoir les 28 années qui
séparent la dissolution du groupe de sa soudaine renaissance, comme
une parenthèse presque transparente. L'essence de Strychnine est là.
Le groupe «mythique» (même si ses membres s'apprécient
guère le terme) , dont beaucoup espéraient (ou n'osaient plus
espérer) la reformation, était remonté sur scène peu avant, sous un
visage inédit : le chanteur et parolier Kick, alors seul membre
original du groupe, avait, avec la complicité de deux membres du
jeune groupe rock Asyl (basse et guitare) et du batteur Denis Barthe
(Noir Désir), réunis pour l'occasion, offert un véritable cadeau au
public, en jouant ses chansons, restées dans la mémoire du rock
bordelais comme autant d'hymnes. Très vite Boubou, le batteur
original, a rejoint son ancien complice, et les deux ont décidé de
repartir sur les routes avec de nouvelles compositions, recrutant
Luc Robène (guitare) et David Daugey (basse).
Retour quelques décennies en arrière : 1976, Strychnine,
fondateur du clan des groupes punk-rock girondins en «St» (suivront
Standards, Stalag, Stilletos, Stillers ou encore Stagiaires),
provoque une secousse dans l'univers musical local, avec un rock
énergique, une attitude scénique survoltée et des textes percutant.
La formation se compose de Claude Ghighi (guitare), J-C Bourchemin
«Boubou» ou «Luc Maldoror» (batterie), Christian Lassarague «Kick»
(basse) et Philippe Cary (chant), auxquels s'additionnent
rapidement, Francis Tisné (remplacement du chant) et J-P. Sire
(guitare). Mais c'est une permutation de rôles qui va donner à
Strychnine sa formule définitive : Francis passe à la basse et Kick
devient le chanteur charismatique du groupe. L'arrogance du look,
l'énergie magnétique des prestations scéniques et la poésie des
textes de Kick, emprunte d'un esprit de révolte emblématique de
l'époque, d'insolence et de classe ne tardent pas à fédérer un
public jeune autour de Strychnine. Si son concert fondateur fut
celui du festival de Mont-de-Marsan 1977, où le groupe partage
l'affiche avec Police et The Clash entre autres, l'ascension
nationale débute en 1979 avec un premier album «Jeux cruels»
pour lequel Strychnine accueille un transfuge du groupe Stalag,
Richard Brousse (remplacement de la basse), suivi d'un contrat avec
AZ Records. Les concerts dans la capitale se multiplient : la
Palace, le Golf Drouot, le Gibus, le Pavillon Baltard sont autant de
lieux où Strychnine croise les routes d'OTH, Magazine, Renaud,
Trust, Little Bob, Les Souris Déglinguées ou encore Jacques Higelin.
En 1982 sort un deuxième album «Je veux». Mais alors
que la dynamique est lancée, le groupe en proie à des tensions
internes sous l'effet d'une intense fatigue accumulée s'achemine
vers la dissolution.
C'est alors une autre formation phare du punk-rock
bordelais, Strandards, que le batteur Boubou va rallier jusqu'en
1985, avant de jouer au sein de Balls of Confusion, puis Gamine, et
de tenter des expériences musicales nouvelles (avec le combo
africain Mam Cedo Gang, le groupe hardcore Metakaputch ou encore le
Dj electrohouse Christophe Salzac). On le retrouve plus tard aux
côtés du chanteur Stanislas Kazal et dans le groupe punk-rock
Mustang Twisters.
Ayant inauguré une lignée de groupes revendicatifs, et
annoncé la déferlante punk-rock qui imposera l'auto production comme
alternative au mercantilisme de l'industrie musicale, Strychnine est
resté dans l'histoire du Bordeaux-rock une formation au nom
mythique, dont la démarche et la musique servent de référence à
nombre de jeunes groupes. Et voilà donc la légende à nouveau en
marche... Au groupe qui chantait il y a 30 ans «va jusqu'au bout!»,
souhaitons que la route soit belle et la fin lointaine.
Miren Funke
www.myspace.com/strychnine33 |
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Quelques cuillères de vinaigre dans la salade de fruits...
Il parait qu’on aime tout le monde dans cette... hum-revue.
Pas tout-à-fait, mais il se trouve qu’en général, nous préférons
réécouter plusieurs fois un disque apprécié qu’un disque détesté,
même pour faire un billet au vitriol... Peut-être qu’un de ces
jours, il y aura un article très critique envers quelqu’un, par
exemple un de ceux que nous avons encensés de nos enthousiasmes et
qui nous aurait déçus, le cas ne s’est pas encore présenté, en
attendant, voici quelques cris du cœur sur ce qui nous désoblige les
oreilles. Donc, à travers ce que nous aimons, on peut deviner ce que
nous n’aimons pas. Suffit de relire les 35 numéros en archives. Mais
pour vous simplifier la vie, voici quelques brèves d’avis, en clair,
on préfère écouter ce qu’on aime, vous avez dit bizarre ? Comme
c’est étrange... Le message originel aux collègues chroniqueurs
était «en quelques lignes, ce que vous n’aimez pas, et que vous
aimeriez bien dire», voici par ordre d’arrivée chronologique : ça
balance pas mal, ouap dou ouap !
J'aime pas perdre
du temps à écouter des trucs que j'aime pas, à tomber sur des
émissions qui encensent des trucs que j'aime pas, les artistes qui
ouvrent le robinet d'eau chaude en même temps que celui d'eau froide
et qui se pâment d'avoir inventé l'eau tiède qu'ils appellent d'un
air inspiré "l'eau froidaude" et par dessus tout je hais perdre du
temps à parler, écrire, penser à ce que j'aime pas !
(Leslie)
Je n'aime pas les
reportages de complaisance, les pseudo journalistes qui ressemblent
plus à des courtisans tombés dans l'idolâtrie la plus ridicule (cf
le reportage d'M6 "accès privé" sur Indochine). J'aime pas les
blondes qui agitent leur cheveux façon fructis toutes les 2mn15
devant moi dans un concert pour m'empêcher de voir Damien Saez, et
que j'aime pas qu'on m'oblige à parler de ce que j'aime pas.
(Miren)
J’aime pas les
boites à rythmes, ça me hérisse d'entrée de disque, puis il y a les
salles à boire plus qu'à chanter, ça me fait fuir, les rimes
téléphonées, et les finales lourdingues, comme "le soleil-le, dans
le ciel-le, sur le por-re" et parfois il y a un mirador-re sur le
por-re, ça me gave grave !! Et d’autant que la mélodie me rentre
dans la tête et refuse d’en sortir. C’est horripilant. Comme ceux
qui s’écoutent chanter au lieu de chanter, et les artistes qui
arrivent en scène comme s'ils venaient de débarrasser leur grenier...
Et je n’apprécie pas tellement non plus le public mal élevé, avec
sa bière dans une main, et le téléphone dans l’autre...
(Norbert)
Ce que je n’aime pas… Je n’aime pas ce fameux débat sur la chanson,
vieux comme le monde, qui met en opposition le sens et le son et qui
permet à de très bons mélodistes de justifier des paroles niaises et
creuses. Certes une chanson ne reste qu’une chanson et ce n’est
jamais à travers elle qu’on développera des grandes pensées
philosophiques mais j’en ai marre d’entendre le néant beugler dans
mon poste et encore plus marre de voir ces rockers, car ça leur
ferait mal aux seins de s’appeler des chanteurs, s’habiller d’un
costume de suffisance et se croire dans leur époque juste parce
qu’ils ont su aligner quatre pauvres phrases sur quatre pauvres
accords… Et ce que je n’aime pas non plus c’est tous ces illuminés
de la guimauve qui sous leurs coupes à la mode nous balbutient des
hymnes aux «Nutella» sur un ukulélé rose bonbon… Je n’aime pas non
plus ceux qui n’ont que de l’énergie à nous donner, ceux qui n’ont
que la forme et pas le fond et tous ceux qui n’ont qu’une idée dans
leur chanson et qui l’étirent pour que ça fasse deux minutes trente…
(Eric MIE)
Je n'aime
pas... et ça m'énerve !
Qui dit «chanson française» sous-entend généralement qu'en
grosse majorité, les textes de nos chanteurs devraient contenir une
dose honorable de fond, de sens. Certes et heureusement, quelques
surréalistes parlent encore à nos sentiments à travers une poésie
pointillée, où il est permis de sauter du coq à l'âne en abusant
d'associations d'idées toutes personnelles, à travers laquelle
ressentir vaut au moins autant que réfléchir... De ce postulat de
base où il faudrait à tout prix soit dénoncer, soit justifier, soit
expliquer, nous subissons toute une palette de paroliers stériles,
pour lesquels produire un texte qui fait sens est moins là pour
sensibiliser l'auditeur à une problématique ou à une histoire
particulière que pour se faire mousser l'égo, genre «MOI, je ne suis
pas d'accord avec la guerre»... non, sans déconner? Parce que nous
tous qui t'écoutons, là, on adore ça! Ceci vaut également pour la
pollution, le règne de l'argent ou la famine...Tiens, je m'en vais
créer un groupe Facebook pour que l'on canonise Monsieur de
Lapalisse ! Chers interprètes de chansons, on s'en fout que vous
nous peigniez votre autoportrait parfait!!! Que vous viviez mal ce
monde qui nous entoure avec ses injustices et ses absurdités. Que
vous nous parliez de votre minuscule personne qui a l'avantage d'une
visibilité médiatique lui assurant de pouvoir emmerder tout le monde
impunément avec des soucis tout personnels... Tout le monde se débat
figurez-vous. Si, si, et l'indignation n'est pas l'apanage du
chanteur à texte ! L'identité d'un chanteur se ressent. En aucun cas
il ne nous la fera avaler comme on gave une oie, en force. «J'ai
trop souffert quand tu m'as quitté» : mais on s'en fout !!! Parle
donc des souffrances de la rupture sans nous étaler tes états d'âmes
privés, que, je le précise, tu n'es pas le seul à avoir éprouvé...
Autre extrait, éloquentissime, allez je cite Matmatah : «Je refuse
toute abstinence plutôt que de m'avouer vaincu / J'invoque ici
l'immanence, la transcendance en temps voulu»... pfff, t'es un mec
bien toi, allez. Mais fais-le donc sans en rabattre les oreilles à
la terre entière ! Dieu c'que ça m'énerve !
(Nadine Mayoraz)
Je n’aime pas quand on ne mélange pas les genres, alors que
cela n’empêche pas des les apprécier chacun pour ce qu’ils sont.
(Didier)
On peut ajouter à tout ça ce qui se passe souvent à la
télé, que Caroline Loeb raconte très bien dans le billet sacrément
pêchu, ici même, voyez le sommaire, «Caroline Loeb en colère» c’est
saignant !
Norbert Gabriel
Le lien pour Caroline Loeb :
carolineloeb.blogspot.com/2010/05/le-regard-du-sourd.html |
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perspectives - festival |
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D’Allemagne,
Gerd Heger, ambassadeur extraordinaire de la chanson francophone
Qu'est-ce que le festival Perspectives ?
Le festival
Perspectives est un des plus anciens festivals des Arts de la Scène
en Allemagne. Ça fait plus de trente ans qu’il présente au public
Sarrois des productions intéressantes de théâtre, de danse, de
cirque moderne et autres. La Directrice actuelle, Sylvie Hamard,
concocte depuis trois ans un programme musical en conséquence, en
passant par Babylone Circus, les 17 Hippies, Zaza Fournier, La
maison Tellier, Claire Denamur ou Whiskybaba. Ce programme invite
surtout à la fête (les concerts sont gratuits au centre ville de
Saarbrücken ou à 3 euros dans le club du festival), soit à la
découverte (surtout en collaboration avec la Radio Sarroise et son
légendaire Bistrot Musique). Le festival aura lieu l’année prochaine
du 6 au 14 mai. Mon rôle de partenaire se limite dans ce cas-là à
conseiller des artistes pour la soirée (enregistrée) du Bistrot
Musique au sein du festival – et de partenaire média pour le grand
concert au centre-ville. Pour les artistes que ça intéresse :
Kontakt de la programmation du festival:
koordination@festival-perspectives.de – Martha Kaiser qui
fera passer à Sylvie Hamard aussi.
Gerd Heger, alias monsieur chanson (gheger@sr-online.de),
qu'avez-vous organisé pour juillet à Saarbrücken ?
Depuis 2009,
dans le cadre de la Fête de la Vieille Ville de Saarbrücken (200.000
spectateurs en trois jours), avec la SR (radio sarroise), je
programme trois jours sur une petite scène dans la cour intérieure
d’une maison baroque (500-600 places), donc à l’abri, mais en plein
air. C’est en fait le plus grand festival de chanson francophone
dans le SUD de l’Allemagne. Connaissant les compétences dans le
domaine de l’équipe de la Radio Sarroise, la Ville et le principal
programmateur de la Fête, Norbert Kuentzer (norbert.kuentzer@saarbruecken.de),
accepte nos propositions pour une programmation festive et
gratuitement accessible, plutôt tournée vers le non-conventionnel,
la découverte chanson et – un peu – les artistes de la région. Pour
l’année prochaine, un point fort Belgique est prévu. Cette année,
entre les Weepers Circus de Strasbourg, Claire Vezina du Québec, la
sensation folkpop Claudine Muno du Luxembourg et le producteur et
ACI nancéien Eddy La Gooyatsh, un vaste éventail de la chanson
actuelle sera présenté au public averti Sarrois. Une journée
Quattropole (3 juillet) (les villes Metz-Saarbrücken-Trier/Trèves-Luxembourg)
tournera dans deux autres villes cette année avec des artistes issus
de ses trois villes. D’autres noms ? Moi et les autres (les Thomas
Dutronc de la vallée du Rhin), Robert Gollo, Steffen (Luxembourg),
Alex Toucourt, Nordine le Nordec et Oestrogena Orchestra pour la
journée Eddy la Gooyatsh, Alifair et Alicia Hiblot de Metz qui
s’uniront pour un spécial Ali puissance 2, puis, bien sûr, Saarbruck
libre, le groupe phare de la scène Chanson Sarroise avec une soirée
spéciale et de nombreux invités.

Depuis combien de temps êtes-vous un dénicheur de talents ?
Ma passion pour la chanson française et francophone
remonte à la jeunesse et surtout aux cours de français, où la
chanson fait partie intégrale de l’apprentissage de la langue (une
chance pas assez exploitée pour les chanteurs, le travail avec les
écoles en Allemagne). Puis, de fil en aiguille pendant les études de
lettres, puis en passant par une maitrise sur Gainsbourg, je suis
arrivé dans une radio frontalière dont la spécialité était depuis la
deuxième guerre mondiale d’être un fief de la chanson francophone.
Avec des collègues (Susanne Wachs, Marc Bouzon, Bernard Stigulinszky),
on a repris le flambeau de l’ancien Monsieur Chanson, Pierre Séguy,
bien connu dans les années 70…. Et on a réussi, avec l’aide de la
radio et un peu de chance, à refaire de Saarbrücken la capitale de
la chanson francophone en Allemagne. D’abord avec la série de
concerts Bistrot Musique (découverte de nouvelles tendances,
enregistrement radio pour les groupes), puis avec des rubriques et –
pour finir – avec la seule émission hebdomadaire sur la chanson
francophone en Allemagne, le “Rendez-Vous Chanson” (dimanche,
21h-22h30,
www.sr2.de/webradio). Entre-temps, plus de 80 concerts
francophones par an se déroulent en Sarre, surtout à Saarbrücken, et
ceci avec ou sans la participation de la SR. Ceci donne, avec le
temps, la possibilité, le privilège de se pencher sans contrainte
commerciale aussi sur tout ce qui peut-être intéressant dans la
chanson actuelle – comme mon émission s’est donnée comme but de
présenter l’énorme variété de la musique actuelle francophone (en
mélangeant les nouveautés aux classiques pour “faire digérer”), je
suis donc devenu aussi, dans une humble mesure, dénicheur de talents
à travers les divers coups de coeur qu’on peut avoir sur CD, youtube,
myspace et dans les festivals. Je considère mon rôle de
programmateur de service public aussi dans ce sens – d’ailleurs,
sauf pour le festival Bistrot Musique Spezial Altstadtfest, je ne
suis que médiateur entre l’artiste et l’organisateur, après, “ils se
démerdent” entre eux ! Mais j’aime bien, quand ils viennent à la
Radio faire une petite interview franco-allemande pour l’occasion
(spécialité de la maison)
Quelle est votre histoire avec Gainsbourg ?
Gainsbourg pour moi – c’est l’apprentissage accentué de
la poétique française (il a utilisé tous les genres poétiques) et de
la musique populaire (tout sauf le tango). Par esprit de
contradiction, j’ai essayé de “prouver” dans mon mémoire de maitrise
que Gainsbourg, contrairement à ce que nous annonçait notre prof’,
que Lucien Ginzburg, ce n’était pas que le sexe mis en musique –
j’ai pu le démontrer facilement. Depuis, Gainsbourg et “ses femmes”
ne me quittent plus, je suis devenu en 2001 pour Universal Jazz and
Classics, le traducteur officiel des chansons originales sur ses
propres disques… puis je m’apprête, pour la fin de l’année et
surtout pour l’année prochaine (20ème anniversaire de sa mort) à
monter un spectacle avec des chansons de Gainsbourg, que
j’interpréterai, traduites pour le public allemand.
Sinon, les projets autour de la chanson pullulent en Sarre, en ce
moment (dont “Chanson à l’école”, le festival Primeurs en novembre,
un nouveau café franco-allemand, une série de concerts “chanson à
texte” dans la ville de Blieskastel). Pour être informé de toutes
les possibilités, il suffit de m’envoyer un e-mail pour être dans ma
liste de diffusion :
gheger@sr-online.de.
www.sr2.de/rendezvous-chanson
www.sr-online.de/musique
Propos recueillis par Valérie Bour |
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