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     luce est grande !
 

 

       

Comme le dit justement (pour une fois !) le sieur Philippe Manoeuvre, Luce est une «natural».

 

Une chanteuse naturelle. Une chanteuse née.

Mais qui ne le savait pas encore lorsqu'elle a passé le casting du grand karaoké de M6, la Nouvelle Star.

Mais comment ne pas sentir que l'on a ce moteur en soi !? Chacun de ses passages chantants sont des prestations uniques. Uniques car rarement vues auparavant. Personne ne lui ressemble et elle ne ressemble à personne. Même si on la rattacherait bien à Catherine Ringer pour la folie et le hors gabarit habituel. Mais à l'intérieur, c'est tout de même différent. Elles n'ont pas le même âge déjà, et leurs univers divergent (et c'est beaucoup, comme disait Pierre Desproges). Il y a une malice chez Luce et moins de dureté. La peur est dépassée, transcendée. L'énergie est maîtrisée, multiforme. Passant du griffant aux caresses érotiques, des envolées lyriques au chuchotement, pour finir comme une actrice intelligente de la petite maison dans la prairie (il y en avait bien une dans mon souvenir...). C'est énorme, comme disait aussi le même Pierre.

Elle est ronde, rousse, joyeuse, osée, excessive, retenue, débordante d'humour (porteuse, lors du casting, de moustaches dont elle s'est débarrassée dès son deuxième passage). Pas du tout dans le profil de l'image du jeune que donnent souvent les médias. Et pourtant elle est soutenue par le public votant dès le premier prime. Serait-ce un simple signe de changement des habitudes ou celui d'une vraie tendance ? Tous les autres candidats proposent carrément autre chose voire rien. Ils restent globalement dans le karaoké, bien interprété mais pas très investi, ni inventif, parfois avec une âme mais pas de l'ampleur de celle de Luce.

J'avais apprécié les talents vocaux de Camélia Jordana, mais avec Luce, c'est une toute autre dimension. Je me dis que chacune de ses prochaines interprétations sera un plaisir.

 

Didier Boyaud

 

PS 1 : j'en connais déjà un qui se voit bien écrire des chansons pour elle, et vous ne devinerez jamais qui !

PS 2 : si vous recherchez "Luce" (tout court) sur google, dans images, c'est Renan Luce qui apparaît en premier et plusieurs fois en première page. Luce, elle, n'est qu'en 4ème page pour une seule photo... celle de cette rubrique.

 

 

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     indochine ou les frères ennemis ?
 

 

 

Bien que moyennement intéressé par ce groupe (voir le débat «Viens papy que j’explique...» dans le numéro 00 en pdf www.ledoigtdansloeil.com/LDDLO_numero_00.pdf ), j’avais quelques souvenirs assez précis de leur origine, à savoir un groupe composé d’un trio de base : deux frères jumeaux et un guitariste compositeur.

 

Un groupe, en musique, c’est toujours la co-existence plus ou moins harmonieuse de plusieurs personnalités, lesquelles finissent par s’émanciper. Les Beatles, Starshooter, Téléphone, ont tous splittés en carrières individuelles, chacun trouvant, ou retrouvant ce qu’il avait occulté de sa personnalité (ou son ego) au profit du groupe.

Sauf Indochine, qui est resté Indochine, mais pour des raisons diverses, Indochine de 2010 n’est plus tout à fait celui du début. Dominique Nicolas, le compositeur des titres emblématique a quitté le groupe en 1995, puis Stéphane Sirkis meurt en 1999, reste donc Nicola Sirkis, parolier, qui a remplacé les partants au fur et à mesure, tout en restant «Indochine» C’est presque comme le groupe «Les parisiennes» dont Claude Bolling a renouvelé progressivement toutes les chanteuses, sans que le groupe change de nom. Pour Indochine, Nicola Sirkis reste le seul des fondateurs. (Dans l’équipe initiale, il y avait aussi Dimitri Bodianski, mais plus en musicien qu’en élément fondateur du groupe)

Alors Indochine est-il resté le même ? Objectivement, à l’écoute d’Alice et June, je n’ai pas été spécialement étonné, ma première réaction avait été abrupte, «ça fait 30 ans que j’entends la même musique», d’où le débat qui en a découlé... Ensuite dans le contexte qui a suivi la mort de Stéphane Sirkis, il ne m’a pas semblé extravagant que les albums publiés après 1999 aient une tonalité plus sombre.

Historiquement Indochine a été fondé par Nicola Sirkis et Dominique Nicolas en 1981, Stéphane rejoint le groupe en 1982. Donc après le départ volontaire de Dominique Nicolas le compositeur, puis le décès de Stéphane, Nicola Sirkis est seul à représenter le groupe, qui n’est plus un groupe stricto sensu, c’est devenu dans les faits une personne qui est la vitrine d’une «marque» laquelle a été déposée d’ailleurs à son seul nom, Nicola Sirkis*. Est-ce que ça trahit l’esprit et les fans d’Indochine ? Il semble que non, globalement, toutefois, il y a eu quelques remous, avec la mort de Stéphane, avec la parution d’un livre «Starmustang» écrit par le frère aîné, Christophe Sirkis. On y découvre une situation familiale désastreuse pour les enfants Sirkis, et on y découvre d’autres détails, qui m’ont scandalisé, comme la pratique de faire signer par des musiciens (et déposer à la Sacem) des compositions de Stéphane Sirkis. Et quelques autres détails** du même genre qui éclairent (ou assombrissent) le contexte de la vie de groupe d’Indochine. Ce sont des malversations et des méthodes de voyou qui devraient être condamnées sans appel.

On peut toujours arguer que dans un groupe, il y a une création collective, c’est parfois vrai, mais dans ce cas, c’est Indochine, collectivement qui devrait être crédité du droit d’auteur. (Sinon pour un groupe, les éléments qui composent ce groupe, rien ne s’oppose à ce que plusieurs noms figurent sur la fiche de dépôt) Il semble que Stéphane Sirkis ait été dépossédé de certains de ses droits***, comme en outre la différence importante de revenus entre Nicola Sirkis percevant de confortables droits d'auteur et Stéphane à qui de faibles dividendes étaient octroyés en qualité de simple interprète, et c’est de ce point qu’est parti le sujet de cet article, et le portrait d’un artiste occulté pour des raisons multiples.

 

Norbert Gabriel

 

 

*. Le nouveau contrat d'Indochine qui arrive par fax. Stéphane dans l'ambulance, et moi qui demande: "Nicola ! Il n'y a que ton nom sur le contrat ! Pourquoi Stéphane n'y figure pas ? Il ne fait pas partie d'Indochine Stéphane ?" (Christophe Sirkis)

 

** témoignage D Nicolas «Je n’ai jamais refait ni effacé aucune des guitares de Stéphane sur cet enregistrement. J’ai juste réparé quelques «pains» que j’avais commis moi-même, comme ça peut se produire parfois en concert. Quand je suis arrivé dans ce studio en Angleterre, Nicolas y était depuis quelques jours, j’ai vu la tête qu’on fait les gens quand je suis arrivé. Je me suis dit : houlaaa ça sent mauvais ici !»

 

***Stéphane Sirkis .... «Il a fait cosigner mes titres par le guitariste... Ils m’ont baisé sur toute la ligne. Je n’ai même pas eu le temps de voir les déclarations. Le guitariste a relevé note par note tout ce qu’il a fait et l’a enregistré à la Sacem. Un vrai aspirateur à droits d’auteur.»

 

   

 

Le groupe Indochine en 1984-85 et Stéphane Sirkis

 

Portrait proposé par Miren Funke

 

IL MÉRITAIT MIEUX...

Il avait 39 ans et encore bien des choses à dire. Le 27 février 1999, Stéphane Sirkis décédait, des suites de divers abus de substances toxiques, vers lesquels l'avait poussé un mal-être, qui vraisemblablement prenait sa source dans des histoires - familiale et affective- douloureuses, mais aussi dû à la frustration engendrée par le fait de ne pas parvenir à mieux imposer ses compositions.

Car le musicien était aussi prolifique et passionné que l'homme était généreux et intègre. Outre la composition de plusieurs chansons pour son groupe, musique de film (Les keufs), de film documentaire (La BD a 100 ans, en collaboration avec Christophe Sirkis), ou générique d'émission télévisuelle (Platine 45), l'artiste laissait un album solo inachevé, dont il avait ébauché quelques enregistrements avec son frère Christophe. Ce dernier a d'ailleurs mis en ligne certaines maquettes sur le site starmustang.net , qui est dédié au guitariste disparu. A leur écoute, on peut mesurer combien il est regrettable qu'une santé rendue précaire par des comportements poly-toxicomanes, ainsi que les malveillances dont il a été victime aient empêché cet artiste doué d'exprimer pleinement ses talents et sa créativité abondante.

Des témoignages de proches évoquent sans peine la gentillesse et l'altruisme de ce garçon discret, capable de se mettre volontiers en retrait. Mais aussi une sensibilité que la méchanceté des autres n'épargnait pas, et qui l'a, peu à peu, porté à chercher du réconfort dans les paradis artificiels, à l'instar d'autres artistes rock que la spirale autodestructrice de l'alcool ou des drogues a emportés.

Ceux qui l'ont connu gardent en mémoire un être doux, intelligent et entier, révolté par l'injustice, et dont la passion pour la musique en particulier et la culture en général, ainsi que la conviction avec laquelle il restait fidèle à ses engagements humains et politiques marquaient les esprits. Un fort tempérament aussi, bien loin du portrait simpliste que certains journalistes ont pu dépeindre, tendant à présenter l'artiste comme une personne faible, victime de ses dépendances aux drogues.

Militant anti-fasciste et anti-raciste, membre de la Ligue Communiste Révolutionnaire, il avait rejoint le mouvement Ras'l'front, et soutenait les Restos du cœur, ainsi que la cause des sans-papiers entre autres.

Mais il est sans doute des déceptions, générées par certains comportements humains, capables de mener les plus combatifs au désespoir. Stéphane Sirkis devait payer de sa vie le fait d'être trop lucide sur la férocité et la superficialité du milieu showbiz, essentiellement gouverné par l'attrait de l'argent et de la notoriété, valeurs qu'il ne partageait certainement pas.

Starmustang, le livre que son frère Christophe lui a consacré éclaire sur la vie et la personnalité de cet artiste, dont le tort principal fut peut-être d'accorder aux autres plus d'attention et d'affection qu'il n'en a reçu et de ne pas avoir su se protéger de la cruauté humaine. La démarche sincère de l'auteur a, de plus, le mérite, à travers l'exemple du drame vécu, d'interpeller les consciences au sujet des dangers et des sacrifices qui accompagnent la quête effrénée et sans scrupule de réussite dans le milieu hypocrite de l'industrie musicale.

Aussi il est dommage que la polémique suscitée par la parution du livre (interprété par certains, à tort, comme un règlement de compte familial guidé par l'incapacité de faire un deuil) ait relégué au second plan le sens réel du récit : rendre justice et hommage à la mémoire d'un frère parti trop tôt, et dont l'image n'a été que trop dégradée par ceux qui, par ignorance ou intérêt, ont, de manière caricaturale, réduit le souvenir du guitariste à celui d'un rockeur dépressif, voire suicidaire, voué à l'auto-destruction. Stéphane Sirkis méritait mieux. Ne lui fermons pas nos mémoires.

 

Miren Funke

 

www.starmustang.net

 

 

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     caroline loeb en colère... (le regard du sourd)

 

 

(Ou la traversée des scènes à la rage* ...)

 

Caroline Loeb  (que nous avons eu le plaisir de croiser ici quelques fois, pour sa création «Madonna, Mistinguett et moi»  et pour les prolongations régulières de ce spectacle depuis 2 ans) vient de publier dans l’article en lien ci-dessous, un témoignage coup de gueule sur les travers des émissions vaguement culturo-trash-pipole qui sont une insulte permanente à la dignité. Ce témoignage, d’une belle plume bien aiguisée, dirais-je cyranesque ? Oui, je le dis, vous éclairera, si ce n’est déjà fait sur la décrépitude des émissions qui sont censées parler de chanson dans la plupart des médias radio télé.

Donc voici un extrait, mais ne vous privez pas de ce qu’il y  a avant, et après, c’est superbement écrit, et très significatif des mœurs du temps.

 

( ....) Qui veut savoir que leur nouvel album, à ceux qui sont derrière les micros de RTL, quelle qu'en soit la qualité, celle de leur agent et/ou de leur attaché de presse, ne sera jamais écouté par ceux qui passent leur tube ad nauseam. Qui veut savoir que ceux ci ne prendront même pas la peine d'enlever la cellophane, encore moins de l'écouter, et qu'il y de fortes chances pour qu'il se retrouve sur un trottoir de vide grenier ou chez un soldeur. Les "journalistes" à peine capables de copier un dossier de presse sans faire de fautes d'orthographe et n'ayant de la fonction que les avantages, la carte de presse, sans les exigences, un brin de curiosité, l'ayant reçu pour le chroniquer préfèrent essayer de racler quelques euros, plutôt que le foutre directement à la poubelle. Qui veut entendre des artistes raconter la souffrance quotidienne que c'est d'être pour toujours, et quoi qu'ils fassent liés à UNE chanson, quand ils continuent à créer? (....)

 

carolineloeb.blogspot.com

 

* (emprunt à François Gaillard)

 

Avec mes hommages et compliments admiratifs, 

Norbert Gabriel

 

 

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     stefan zweig et romain rolland
 

 

 

DEUX VOIX AU DESSUS DE LA MELEE

 

«Mais peut-être une puissance plus profonde, plus mystérieuse, était-elle aussi à l'oeuvre sous cette ivresse. Cette houle se répandit si puissamment, si subitement sur l'humanité que, recouvrant la surface de son écume, elle arracha des ténèbres de l'inconscient, pour les tirer au jour, les tendances obscures, les instincts primitifs de la bête humaine, ce que Freud, avec sa profondeur de vues, appelait «le dégoût de la culture», le besoin de s'évader une bonne fois du monde bourgeois des lois et des paragraphes et d'assouvir les instincts sanguinaires immémoriaux. Peut-être ces puissances obscures avaient-elles aussi leur part dans cette brutale ivresse où tout se mêlait, la joie du sacrifice et l'alcool, le goût de l'aventure et la foi la plus pure, la vieille magie des drapeaux et des discours patriotiques - cette inquiétante ivresse de millions d'êtres, qu'on peut à peine peindre avec des mots et qui donnait pour un instant au plus grand crime de notre époque un élan sauvage et presque irrésistible» (1) :

Ces quelques lignes, issues de l'autobiographie de Stefan Zweig, «Le monde d'hier», sondent l'atmosphère pesant sur l'année 1914, aux premiers jours d'une guerre que nul ou presque (à l'exception de Bertha Von Suttner, qui signait en 1889 avec Bas les armes une vibrante mise en garde pacifiste, et de l'écrivain français Romain Rolland) n'avait vu venir. Car la génération de savants, d'écrivains, et d'artistes d'avant-guerre, aveuglée par sa foi inébranlable dans le progrès scientifique, technique et humain, était, de longue date, acquise à l'idée d'unité européenne, au point d'éprouver l'existence même des frontières comme une absurdité et de croire l'Europe définitivement à l'abri de toute tentation belliciste fratricide.

Mais au gré des succès scientifiques, chaque état se gonflait d'un orgueil démesuré, et développait des ambitions expansionnistes mégalomanes.

«La tempête de fierté et de confiance qui soufflait alors sur l'Europe charriait aussi des nuages. L'essor avait peut-être été trop rapide. Les états, les villes avaient acquis trop vite leur puissance, et le sentiment de leur force incite toujours les hommes, comme les états, à en user ou à en abuser» (2) :

À la lumière de ces propos, on comprend comment une série de surenchères diplomatiques provocatrices allait aboutir à ce jour où l'assassinat de l'héritier du trône d'Autriche-Hongrie jetait l'étincelle dans la poudrière, déclenchant les déclarations de guerre en chaîne. Dans le même temps que les hommes partaient défendre leur patrie respective, les poètes ayant partagé jusqu'alors une «conscience nationale européenne», basculaient dans l'ultra-patriotisme pour claironner d'un même choeur avec les autorités politiques et militaires l'approche d'une victoire rapide et glorieuse, Hauptmann, Dehmel et Lissauer en tête, sans oublier Thomas Mann, pour ne citer que ceux de langue allemande.
L'Austro-hongrois Stefan Zweig, qui avait jusque là vécu dans plusieurs pays d'Europe, et jouit d'une existence cosmopolite, riche de rencontres, se refuse au repli nationaliste.

prouvant tout le poids de l'isolement dans lequel peut se trouver un homme de paix et de fraternité au milieu d'une meute de patriotes exhortant à la haine entre les peuples, il fait publier dans le Berliner Tageblatt, un article intitulé «A mes amis de l'Etranger», dans lequel il s'engage, contre les «bardes du patriotisme» qui, selon lui, trahissent «la vraie mission du poète, qui est de protéger et de défendre ce qu'il y a d'universellement humain dans l'homme» (3), à demeurer fidèle à ses amis internationaux. Un homme lui répond : le Français Romain Rolland. C'est le début d'une correspondance amicale -les deux hommes se rencontreront souvent entre 1917 et 1933- qui durera jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale, où Stefan Zweig, du fait de ses origines juives, sera contraint à un exil douloureux qui s'achèvera par son suicide, le 22 février 1942 au Brésil. Zweig, qui avait déjà rencontré Rolland, par l'entremise de Jules Romain et du poète belge Emile Verhaeren, se souvient combien la lecture du roman L'Aube l'avait impressionné : «Là était enfin l'oeuvre qui servait non pas une seule nation européenne, mais toutes et leur fraternisation; là était l'homme, l'écrivain qui mettait en jeu toutes les forces morales: la connaissance aimante et la volonté sincère de connaître, une justice éprouvée et filtrée et une foi ardente en la mission de l'art, qui est d'unir les hommes»(...) «Au premier coup d'oeil, je reconnus en lui -et le temps m'a donné raison- l'homme qui à l'heure décisive serait la conscience de l'Europe.»(4)

En 1915, sous le titre Au dessus de la mêlée, Rolland rassemble une série d'articles, dans lesquels il dénonce la démence des autorités politiques et militaires, combat la haine entre les nations et défend la mission universaliste et unificatrice de l'écriture et de l'art :

Le devoir est de construire, plus large et plus haute, dominant l'injustice et la haine des nations, l'enceinte de la ville où doivent s'assembler les âmes fraternelles et libres du monde entier.» (5)

Le propos pacifiste de l'auteur -qui peut sembler une évidence en temps de paix- connait alors un grand retentissement : ses amis s'écartent de lui; les libraires retirent son livre Jean-Christophe des vitrines; les autorités militaires envisagent des mesures contre sa personne. Animé par la certitude que c'est aux hommes de lettres et d'art qu'incombe la responsabilité d'apaiser et d'éclairer les esprits, Rolland adresse au poète allemand Gerhart Hauptmann, une lettre, dans laquelle il le prie de prendre position et d'inciter ses amis à faire de même. Parallèlement il élabore avec Zweig le projet de réunir des écrivains de tous pays, dans le but de tenir une position unanime des intellectuels contre la guerre. Mais nul ne répond à l'appel des deux hommes, pas même Rilke, l'ami de Zweig pourtant acquis à la cause pacifiste.

Alors que, résidant en Suisse, Rolland s'est mis au service de la croix rouge pour rédiger les lettres des soldats blessés à leurs familles, Zweig est le témoin direct des atrocités de la guerre, sur le front de l'Est, où il collabore aux archives militaires. Il comprend l'ampleur du décalage entre les rêves des élites de son pays et la réalité que vivent les hommes : «J'eus la conviction irrésistible que ces hommes simples et primitifs avaient de la guerre un sentiment bien plus juste que nos professeurs d'université et nos poètes: le sentiment que la guerre était un malheur qui avait fondu sur eux et auquel ils ne pouvaient rien, et que chacun de ceux qui étaient tombés dans ce malheur était, en quelque sorte, un frère»(...) «J'avais reconnu l'adversaire que j'avais à combattre -le faux héroïsme qui préfère envoyer les autres à la souffrance et à la mort, l'optimisme facile des prophètes sans conscience, politiques aussi bien que militaires, qui, promettant sans scrupules la victoire, prolongent la boucherie; et derrière eux, le coeur stipendié de tous ces «phraseurs de la guerre» que Werfel a mis au pilori dans son beau poème*.

uiconque exprimait un doute les gênait dans leur commerce patriotique ; quiconque prodiguait ses mises en garde, ils le traitaient de pessimiste et se moquaient de lui; quiconque combattait la guerre, dont ils n'avaient pas eux-mêmes à souffrir, ils le stigmatisaient comme un traitre.»(6). Ceci l'incite à oeuvrer, à sa manière, contre la propagande xénophobe, n'hésitant pas à faire l'éloge d'écrivains d'autres nationalités -ce qui, dans un pays en guerre, peut aisément être interprèté comme de l'anti-patriotisme.

Polyglote accompli, il travaille à faire connaître dans son pays la pensée de Rolland, Le feu de Barbusse et traduit Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et Keats. On lui devra aussi des biographies de Verhaeren, Tolstoï et Dostoïevski.

En 1917 il rejoint Rolland en Suisse, où l'entoure un groupe d'écrivains et d'artistes pacifistes, rassemblés autour de deux revues indépendantes, Demain et La feuille. Parmi eux Franz Masereel, Henri Guilbeaux, René Arcos, mais aussi des hommes rendus «apatrides de coeur» par la guerre, tel l'Irlandais James Joyce et l'Alsacien René Schiekelé. Sous l'impulsion de Rolland, Demain, dont la direction est assurée par le polémiste anti-militariste Guilbeaux, devient alors, forte de la collaboration de personnalités de toutes nationalités (dont Lénine et Trotsky), la revue indépendante la plus avant-gardiste, «un centre de discussion supranational», selon Zweig ; elle contribue à faire de Zurich une ville jouant un rôle primordial en Europe en cette année 1917 où d'autres font enfin écho aux appels que lancent Rolland et Zweig depuis 3 ans.

Si l'héroïsme spirituel et intellectuel de ces deux hommes n'a pas pu, suffisamment tôt, influencer le cours politique des choses et rallier les esprits, il a au moins eu le mérite de montrer que des voix justes et lucides étaient capables de s'exprimer en marge des sentiments de masse et des hystéries collectives, et d'atténuer ainsi l'atroce solitude dans laquelle étaient plongés tous ceux qui refusaient cette guerre.

A l'heure où des difficultés économiques génèrent à nouveau des tentions sociales et humaines, à l'heure où des relents de xénophobie parcourent une fois de plus les nations européennes, remettant en cause le désir de fraternité des peuples, et où l'on en vient à considérer son voisin comme un boulet à trainer ou un profiteur d'aide, il n'est pas inutile de se souvenir de ces voix clairvoyantes et humanistes qui, au coeur d'un premier suicide européen, tentèrent de ramener leurs contemporains à la raison et d'endiguer les marées de haine prêtes à submerger les consciences.


Miren Funke


(1)(2)(3)(4)(6) Stefan Zweig - Le monde d'hier

(5) Romain Rolland - Au dessus de la mêlée (Journal de Genève)

* Werfel, Ami du monde

 

 

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     carnets berlinois
 

 

 

"JE SUIS A L'OUEST, ENFIN !"

 

Depuis que j'ai fui à l'ouest, je passe des heures à les regarder. Mon nouvel appartement donne sur la fenêtre du métro aérien U7, ligne tendue entre l'autre Kreuzberg et Schöneberg. A l'instant où je vous écris, une jeune fille y fume une cigarette ; avant elle, un garçon trop speed y buvait une bière, plus tard, deux femmes voilées commenteront la vue sur le canal. Scènes quotidiennes dont je ne me lasse pas.

Quitter Prenzlauer Berg était urgent. Après tant d'années dans l'ex-est. Adieu jolie bulle chimérique et petits princes, cap sur l'ouest ! En fait, je voulais aller à Kreuzberg 36, la partie “est“ de Kreuzberg, là où ça fourmille de vrais gens, des cassés, des beaux, des bizarres, des vieux, des tatoués, des activistes, des immigrés, des queer, des ancrés, des déracinés... C'était déjà trop tard. Les loyers ont grimpé sous l'assaut des parisiens et des new-yorkais prêts à payer des tarifs prohibitifs pour un berlinois moyen : Berlin est “in“, pour son malheur. J'ai donc atterri dans le Kreuzberg 61, plus à l'ouest, en plein centre, des espaces encore à définir, un drôle d'endroit au milieu de rien et de tout à la fois, et une multitude de gens à regarder, à rencontrer, à écouter, à décourvrir, à déguster dans leur “diversité“. Un ami cinéaste me disait récemment “Quand je vivais à Prenzlauer Berg, j'écrivais des poèmes que personne ne lisait. Maintenant que j'habite à Kreuzberg, je fais des films que l'on regarde.“ Kreuzberg donne envie de bouger, d'aller chercher de nouvelles chansons dans un quartier engagé et authentique : un quartier à l'ouest de la nostalgie et au centre d'une vie urbaine qui essaye de résister à l'uniformisation.

 

Corinne Douarre

 

www.corinnedouarre.com

www.myspace.com/corinnedouarre

Album actuel : Ciel XXL (chansons électro-franco-berlinoises)

Artwork : Sven K – dragonworks.de

 

 

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      pan sur les doigts !
 

 

 

Pour être positif, je dirai d’abord qu’il est plutôt gratifiant d’être lu par des lecteurs exigeants, pointilleux, et attentifs, très attentifs. La conséquence étant qu’une erreur, une imprécision, une approximation vous revient en retour fulgurant et parfois fulminant.

 

En l’occurrence ce sont mes doigts qui m’ont valu les foudres du PAN, pas le dieu Pan, mais le Pantchenko de Chorus. L’affaire ne mérite pas de se conclure sur un pré à l’aube, le fleuret à la main, disons que la plume sergent major suffira.

Nous avons en commun, avec Daniel Pantchenko, quelques points de convergence, entre autres une référence en matière d’info chanson, à savoir Marc Robine, qui vérifiait à la source originelle, et non à des sources éparpillées en échos plus ou moins déformés.

Voici l’objet du Pan sur mes doigts.

Dans le dernier numéro, il m’était venu à l’idée de parler de Jean Ferrat, à travers quelques chansons, emblématiques, et symboliques (selon des sensations personnelles) de son parcours unique, et pour éviter les subjectivités personnelles qui trahissent parfois, en toute bonne foi, le recours aux sources fiables s’impose. Et sur un point précis, avec une source fiable, Chorus, j’ai mal compris une phrase, je l’ai même comprise à l’envers. En voici l’extrait Chorus, page 131, du numéro 10 de 1994.

 

 (...) Ferrat enfonce le clou dès l’année suivante (61) avec un 33t Decca primé par l’Académie Charles Cros et la Sacem : aux côtés du sublime «J’entends, j’entends» (Aragon), apparaît la chanson (destinée au départ à Isabelle Aubret) qui va la faire connaître du grand public : «Deux enfants au soleil»...

Une lecture trop rapide de ces lignes, qui sont sur deux colonnes dans Chorus, m’a fait retenir la partie soulignée, donc mea maxima culpa, pour cette bévue.

 

Ensuite, il y eu débat sur les premiers succès de Ferrat, et les dates. Est-ce que «Ma môme» a été son premier succès ? ou «Federico Garcia» ?? De fait, j’ai un souvenir précis d’une émission télé, dans laquelle Ferrat chante Federico Garcia, qui m’a ébloui.

ais là, c’est personnel et subjectif, en revanche à la même période, «Ma môme» devient «un succès de radio», je le perçois ainsi, et je trouve cette phrase et ces mots qui semblent conforter ce que j’ai perçu, et vu autour de moi, dans un milieu provincial plutôt associatif ouvrier de 20-25 ans. Sauf que l’expression «un succès de radio» était censée exprimer un succès relatif en ce sens qu’on connaît la chanson, le nom du chanteur, et pas son image. Ce qui est inimaginable en 2000. Et assez important quand même en 1960-65, pour la notoriété d’un artiste.

Et sur le plan chronologique, il est vrai qu’en 1963, quand je crois voir un succès de «Ma Môme» le disque est sorti depuis 3 ans. Donc il faut apporter un correctif, sur ce premier «succès». D’autant que Jean Ferrat n’est pas l’homme d’un style ou d’une chanson, c’était d’ailleurs ce que je voulais souligner, cette diversité autant dans ses inspirations, que dans ses partenaires de paroles.

Sans doute ai-je apporté plus de considération au succès d’estime qui constitue le vrai reflet de l’artiste qu’au succès populaire qui le déforme parfois (ex avec Nino Ferrer).

Ferrat a été consacré avec «Nuit et brouillard», avec «La montagne» et les chansons inspirées des poètes de haute volée, Aragon, et Lorca, parmi les premiers, mais aussi Henri Gougaud, Guy Thomas, Michèle Senlis, et quelques autres. En citant Aragon et Lorca, c’est simplement parce que ces auteurs sont les premiers que Ferrat a mis en chanson. (pour Aragon, il fut le premier avec «les yeux d’Elsa» pour Lorca, Germaine Montero avait consacré un spectacle et un album à Lorca, qu’elle fut la première à interpréter en France).

Ensuite, un autre Pan sur le doigt pour avoir écrit «surtout Lorca» en fait j’aurais peut-être d’écrire l’Espagne, mais encore une fois la subjectivité intervient, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’Espagne dans la musique de Ferrat, des guitares, plutôt espagnoles en filigrane, mais là , c’est subjectif... Le rappel à l’ordre de Daniel Pantchenko est donc justifié en reprenant ce que disait Ferrat, qui détestait les hiérarchies en matière artistique.

 

Autre gros pan sur le doigt, l’affaire «Mon vieux» là il y a matière à remise en ordre importante. La co-signature de Daniel Guichard étant, disons une sorte d’abus moral, ce qu’explique très bien Michèle Senlis, l’auteur, dans une interview «Je Chante» ... mais dans cette affaire, j’ai marché à fond dans la com’ faite autour de cette chanson, et comme Jean Ferrat, qui a toujours été très réactif sur les sujets chanson n’avait pas démenti, j’ai fait comme tout le monde, j’ai cru à l’histoire.

 

Pantchenko : «L'exemple de Guichard est particulièrement mal choisi. La chanson a été créée en 1963 par Jacques BOYER (le père de Natacha Ezdra, qui deviendra administrateur de tournée de Ferrat). Ferrat a composé la musique sur un texte de Michelle Senlis écrit pour son père, texte largement «retouché» dix ans plus tard sans élégance ( et c'est un euphémisme) par Daniel Guichard, qui a obtenu une co-signature et fait de la chanson l’un de ses principaux succès. Natacha chante la version originale dans son spectacle sur Ferrat.» dont acte, merci Daniel Pantchenko.

 

La lecture de la version originale est en effet beaucoup plus intéressante sur le plan écriture, il y a ce qui sépare une grande chanson, sur le plan texte, d’une chanson de variété, même si cette dernière a fait un succès. Tout ça fait donc 4 pans sur mes doigts, reste un détail pour le petit doigt que je n’ai pas pu vérifier, mais c’est en cours.

 

Norbert Gabriel

 

Plein d’infos pertinentes (et impertinentes) sur la chanson :

chansonsquetoutcela.over-blog.com

 

 

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      stevie wonder
 

 

 

Né avant terme le 13 mai 1950 c’est un excès d’oxygène dans sa couveuse qui rend aveugle Stevie wonder peu après sa naissance. Une petite fille née en même temps que lui décède suite au même dysfonctionnement. Stevie estimera plus tard dans une déclaration je le cite :» face à cette tragédie je serai mal inspiré de dire que je n’ai pas eu de chance». Fin de citation

 

Stevland Judkins Morris c’est son vrai nom.

 

Abandonné par son père Stevie est élevé lui et ses 5 frères et sœurs par leur mère, qui installe sa famille à Détroit en 54. A 7 ans il prend des cours de pianos puis devient soliste dans le chœur de l’église de son quartier. Passionné de Ryhtm&Blues qu’il écoute en boucle sur les radios locales, il découvre des chanteurs tels que Ray Charles et Sam Cooke, devenus par la force des choses ses idoles. Après le piano il s’intéresse à d’autres instruments tels que l’harmonica qui devient son gadget fétiche, ou la batterie qu’il jouera plus tard assez fréquemment sur ses albums. A 10 ans Stevie forme son premier duo»Stevie and John» un copain qui n’est autre que le cousin de Ronnie Withe, le chanteur des Miracles de la maison Motown. Impressionné par les qualités vocales du petit Stevie, Ronnie Withe le présente à Berry Gordy patron de la firme. Il n’a que onze ans quand il signe son contrat chez Motown sous le surnom de «Stevie Little Wonder» «Stevie la petite merveille». Il enregistre son premier titre en 62 «I call it Pretty Music» mais c’est avec son quatrième single Fingertips un instrumental à l’harmonica avec Marvin Gaye à la batterie qu’il fait sa première entrée dans les hits et c’est aussi le premier enregistrement public à atteindre la première place des charts en 63.

www.youtube.com/watch?v=lnoSAIVpb8c

 

A partir de 64 son nom s’abrège simplement en Stevie Wonder et à 14 ans Stevie goutte aux joies de la puberté. Sa voix qui mue inquiète ! L’entourage de Berry Gordy, plutôt hostile à l’arrivée du jeune prodige dans la firme Motown conseille alors à Gordy de se débarrasser du petit Stevie, proposition rejetée par le patron, et l’avenir lui donnera raison puisque le talent fera place aux ragots et Stévie n’enregistrera désormais que des tubes : «Uptight» «A place In the Sun» en 66 et «For Once In My Life» en 69.

www.youtube.com/watch?v=imsB543zqSM

 

En 71 Stevie wonder atteint sa majorité légale et il réclame à Motown les 30 millions de dollars de cachets accumulés depuis le début de sa carrière et que la firme lui doit. Mais au lieu des 30 millions il ne recevra qu’un petit million, ce litige le place alors en position de force pour arracher à motown un statut de relative indépendance. Il monte alors sa propre maison d’édition «Black Bull Music» et son studio d’enregistrement Taurus Productions. On assiste à cette époque à un réel tournant dans la carrière de Stevie. Indépendant il se lance alors dans la composition et la production de ses albums même s’ils sont financés et distribués par Motown. Touche à tout il découvre en ce début des années 70 un instrument qu’il saura utiliser à bon escient : le synthétiseur, qui lui permettra plus tard d’enregistrer tout seul ses album. C’est ainsi que naît «Music Of My Mind» un opus qu’il enregistre pratiquement seul. Stevie après cet album n’est plus qu’un simple interprète à l’immense talent il devient auteur, producteur et compositeur, il a tout juste 20 ans.

www.youtube.com/watch?v=A2lNf2WHxeI

 

Superwoman tiré de l’album Music Of My Mind, album boudé par le public qui ne reconnaît pas la signature Wonder. Ces synthétiseurs et ces nouvelles harmonies font que les fans n’accrochent pas vraiment. Music Of My Mind fait partie des albums personnels de Stevie, des albums porteurs de messages, il rejoint ainsi le cercle des artistes engagés tel que Marvin Gaye, Issac Hayes et Sly Stone. A 22 ans Stevie wonder signe l’album «Talking Book» et son énorme hit superstition. En 73 c’est au tour d’»Innervisions» et le succés de «living for the city» et Higher Ground».

www.youtube.com/watch?v=4wZ3ZG_Wams

 

«Higher Ground» classé n°1 des Hits Soul et n°4 des hits pop de l’année 73. Et cette année là, stevie à peine majeur, en pleine période créative enchaîne album sur album, cet élan artistique est subitement freiné. Le 06 août 73 il est victime d’un accident de voiture qui manque de lui coûter la vie. Il passe plusieurs jours dans le coma. Privé de la vue, il perd aussi l’odorat dans cet accident, mais il y gagnera en sérénité. Il divorce de Syreeta Wright et se lie à yolanda Simmons qui lui donnera une fille : Aisha. «Ful fillingnes first final» l’album sorti en 74 et fortement marqué par son contact avec la mort, il vient enrichir sa collection de best sellers.         .

www.youtube.com/watch?v=Rf71XpAot8I

 

Stevie Wonder mettra 3 ans pour enregistrer «Songs In The Keys Of Life» un double album, une pure merveille, on y retrouve «Isn’t she lovely» composé pour célébrer la naissance de sa fille Aisha bien que les premiers cris qu’on entend ne sont pas ceux de sa fille, mais d’un autre nouveau né, fille d’un ami, Aisha avait presque un an quand le titre a été enregistré. Autres extraits de l’album»Sir Duke» et I wish en hommage à Duke Ellington.

www.youtube.com/watch?v=hYKYka-PNt0

www.youtube.com/watch?v=6sIjSNTS7Fs

 

“I wish” avec “sir Duke” doubles n°1 POP et Soul en 76, et l’album “Songs in the keys of life” qui aura un impact déterminant sur le monde de la soul, reste à ce jour «The Album» l’événement de la carrière de Stevie Wonder. C’est aussi l’album le plus abouti de cet artiste, une preuve de sa maturité personnelle et artistique. Des titres comme «Pastime Paradise» «AS» «Village Ghetho Land» des titres élevés aujourd’hui aux rangs de classiques et pour en savoir un peu plus sur l’enregistrement de cet album mythique il existe un DVD et VHS en vente vous y trouverez les témoignages de Stevie Wonder et de tous les musiciens qui l’ont accompagné dans cette aventure qui a duré 3 ans.

www.youtube.com/watch?v=UwSuPXMHhaE

 

Extrait de «Hotter than july” sorti en 80, c’est le roi du reggae Bob Marley qui est salué dans cet album avec Martin luther king et “happy Birthday”, chanson pour réclamer le 15 janvier férié en souvenir du révérend assassiné. D’ailleurs Stevie Wonder fait partie de ces artistes afro-américains qui militent pour l’égalité raciale, en participant aux concerts pour la paix dans le monde, en composant des chansons en faveur de l’harmonie et l’entente entre la communauté blanche et noire, souvenez vous du duo «Ebony and Ivory» avec l’ex Baetles Paul Mc Cartney en 82, des chansons pour combattre la famine en Ethiopie et «we are the world» en 85, il dira NON à l’alcool au volant dans un titre «Don’t drive Drunk» en 84, il dénoncera l’apartheid et il sera interdit d’antenne en Afrique du Sud. Ses engagements dans différentes causes attirent la sympathie du public pour cet artiste hors norme, qui malgré les différents styles musicaux il est toujours là, bien que ses fans lui reprochent de s’être éloigné du style Wonder, pour faire de la variété, mais il ne faut pas oublier que c’est un peu grâce à des artistes comme lui que la Soul a pu survivre.

www.youtube.com/watch?v=QnrYkqXi21o

 

Lately magnifique ballade extraite de «Hotter Than July» et en 80 stevie wonder demandé par Hollywood, compose la BO de «Woman IN Red» dont une partie sera enregistrée à Paris aux studios Marcadet, et ce titre «I Just Call To Say i love you», le disque le plus vendu de sa carrière avec un sixième doublé en tête des hits pop et blacks et un oscar qu’il dédiera à Nelson Mandela ; ce qui entraine son boycott par les radios sud-africaines en 82. Spike Lee autre admirateur reprendra «Living in the city» dans “Jungle fever” en 91 et on verra stévie conduire un roadster utilisé par James Bond dans «Demain ne meurt jamais». Stevie Wonder et malgré les obstacles en plus de son handicap, a longtemps été victime de son génie exploratoire. Menacé d’abandon par sa maison de disque, critiqué par l’entourage de Berry Gordy au début de sa carrière il a su contourné ces incidents de parcours et suivre son instinct d’homme d’abord et d’artiste en particulier. Sa force il l’a trouvé dans sa capacité d’innover et de nous surprendre à chaque fois.

www.youtube.com/watch?v=NlQ99rZPxCk

 

Ambiance piano bar, père et fille réunis dans ce titre «How Will I know» extrait de «Time to Love» dernier album de Stevie avec cette fois Aisha sa fille unique qui a grandit depuis les jeux dans sa baignoire dans «Is’int she lovely». Pour la réalisation de «Time to love» Stevie a fait appel à un orchestre symphonique, à une chorale, à des artistes tels que Prince, Paul Mac Cartney , Narada Michael Walden, et india Arie qu’on retrouve de suite dans A Time to love quinzième et dernier titre de l’album.

www.youtube.com/watch?v=NCGNg5qeP9M

 

Un lien : www.steviewonder.net

 

Souad Belhani

 

      

en concert

le 1er juillet 201 à 20h00

 
       
 

Autres concerts Soul, Slam :  

 

GIL SCOTT HERON / SEAL / THORBJORN RISAGER

à Cognac (16) - Blues Paradise

dans le cadre du festival COGNAC BLUES PASSIONS

le Mercredi 28 Juillet 2010 à 19h15

 

GIL SCOTT HERON

à Paris (75) - Cite De La Musique De Paris

dans le cadre du festival JAZZ A LA VILLETTE

le Mercredi 08 Septembre 2010 à 20h00

       

 

 

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     strychnine - nouvelle incarnation pour une légende
 

 

 

Au début 2010, le groupe de rock bordelais Strychnine sortait un album, «Tous les cris» (label indépendant Julie Records), et enchaînait sur une série de dates de concert dans la région et en France.

 

Jeux de guitare en avant, rythmique héroïque, fraîcheur du chant : les 12 morceaux de ce nouveau disque parlent comme par la passé, mais parlent bel et bien du présent. Avec un rock enragé, joué dans un esprit d'urgence, et des textes engagés où crépitent des étincelles d'ironie, qui auraient pu toucher la jeunesse des années 80, et concernent pourtant notre actualité, l'album, traversé d'un effluve juvénile, laisse à peine percevoir les 28 années qui séparent la dissolution du groupe de sa soudaine renaissance, comme une parenthèse presque transparente. L'essence de Strychnine est là.

Le groupe «mythique» (même si ses membres s'apprécient guère le terme) , dont beaucoup espéraient (ou n'osaient plus espérer) la reformation, était remonté sur scène peu avant, sous un visage inédit : le chanteur et parolier Kick, alors seul membre original du groupe, avait, avec la complicité de deux membres du jeune groupe rock Asyl (basse et guitare) et du batteur Denis Barthe (Noir Désir), réunis pour l'occasion, offert un véritable cadeau au public, en jouant ses chansons, restées dans la mémoire du rock bordelais comme autant d'hymnes. Très vite Boubou, le batteur original, a rejoint son ancien complice, et les deux ont décidé de repartir sur les routes avec de nouvelles compositions, recrutant Luc Robène (guitare) et David Daugey (basse).

 

Retour quelques décennies en arrière : 1976, Strychnine, fondateur du clan des groupes punk-rock girondins en «St» (suivront Standards, Stalag, Stilletos, Stillers ou encore Stagiaires), provoque une secousse dans l'univers musical local, avec un rock énergique, une attitude scénique survoltée et des textes percutant. La formation se compose de Claude Ghighi (guitare), J-C Bourchemin «Boubou» ou «Luc Maldoror» (batterie), Christian Lassarague «Kick» (basse) et Philippe Cary (chant), auxquels s'additionnent rapidement, Francis Tisné (remplacement du chant) et J-P. Sire (guitare). Mais c'est une permutation de rôles qui va donner à Strychnine sa formule définitive : Francis passe à la basse et Kick devient le chanteur charismatique du groupe. L'arrogance du look, l'énergie magnétique des prestations scéniques et la poésie des textes de Kick, emprunte d'un esprit de révolte emblématique de l'époque, d'insolence et de classe ne tardent pas à fédérer un public jeune autour de Strychnine. Si son concert fondateur fut celui du festival de Mont-de-Marsan 1977, où le groupe partage l'affiche avec Police et The Clash entre autres, l'ascension nationale débute en 1979 avec un premier album «Jeux cruels» pour lequel Strychnine accueille un transfuge du groupe Stalag, Richard Brousse (remplacement de la basse), suivi d'un contrat avec AZ Records. Les concerts dans la capitale se multiplient : la Palace, le Golf Drouot, le Gibus, le Pavillon Baltard sont autant de lieux où Strychnine croise les routes d'OTH, Magazine, Renaud, Trust, Little Bob, Les Souris Déglinguées ou encore Jacques Higelin.

En 1982 sort un deuxième album «Je veux». Mais alors que la dynamique est lancée, le groupe en proie à des tensions internes sous l'effet d'une intense fatigue accumulée s'achemine vers la dissolution.

C'est alors une autre formation phare du punk-rock bordelais, Strandards, que le batteur Boubou va rallier jusqu'en 1985, avant de jouer au sein de Balls of Confusion, puis Gamine, et de tenter des expériences musicales nouvelles (avec le combo africain Mam Cedo Gang, le groupe hardcore Metakaputch ou encore le Dj electrohouse Christophe Salzac). On le retrouve plus tard aux côtés du chanteur Stanislas Kazal et dans le groupe punk-rock Mustang Twisters.

 

Ayant inauguré une lignée de groupes revendicatifs, et annoncé la déferlante punk-rock qui imposera l'auto production comme alternative au mercantilisme de l'industrie musicale, Strychnine est resté dans l'histoire du Bordeaux-rock une formation au nom mythique, dont la démarche et la musique servent de référence à nombre de jeunes groupes. Et voilà donc la légende à nouveau en marche... Au groupe qui chantait il y a 30 ans «va jusqu'au bout!», souhaitons que la route soit belle et la fin lointaine.

 

Miren Funke

 

www.myspace.com/strychnine33

 

 

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     j'aime pas !
 

 

 

Quelques cuillères de vinaigre dans la salade de fruits...

 

Il parait qu’on aime tout le monde dans cette... hum-revue. Pas tout-à-fait, mais il se trouve qu’en général, nous préférons réécouter plusieurs fois un disque apprécié qu’un disque détesté, même pour faire un billet au vitriol... Peut-être qu’un de ces jours, il y aura un article très critique envers quelqu’un, par exemple un de ceux que nous avons encensés de nos enthousiasmes et qui nous aurait déçus, le cas ne s’est pas encore présenté, en attendant, voici quelques cris du cœur sur ce qui nous désoblige les oreilles. Donc, à travers ce que nous aimons, on peut deviner ce que nous n’aimons pas. Suffit de relire les 35 numéros en archives. Mais pour vous simplifier la vie, voici quelques brèves d’avis, en clair, on préfère écouter ce qu’on aime, vous avez dit bizarre ? Comme c’est étrange... Le message originel aux collègues chroniqueurs était «en quelques lignes, ce que vous n’aimez pas, et que vous aimeriez bien dire», voici par ordre d’arrivée chronologique : ça balance pas mal, ouap dou ouap !

 

J'aime pas perdre du temps à écouter des trucs que j'aime pas, à tomber sur des émissions qui encensent des trucs que j'aime pas, les artistes qui ouvrent le robinet d'eau chaude en même temps que celui d'eau froide et qui se pâment d'avoir inventé l'eau tiède qu'ils appellent d'un air inspiré "l'eau froidaude" et par dessus tout je hais perdre du temps à parler, écrire, penser à ce que j'aime pas ! (Leslie)

 

Je n'aime pas les reportages de complaisance, les pseudo journalistes qui ressemblent plus à des courtisans tombés dans l'idolâtrie la plus ridicule (cf le reportage d'M6 "accès privé" sur Indochine). J'aime pas les blondes qui agitent leur cheveux façon fructis toutes les 2mn15 devant moi dans un concert pour m'empêcher de voir Damien Saez, et que j'aime pas qu'on m'oblige à parler de ce que j'aime pas. (Miren)

 

J’aime pas les boites à rythmes, ça me hérisse d'entrée de disque, puis il y a les salles à boire plus qu'à chanter, ça me fait fuir, les rimes téléphonées, et les finales lourdingues, comme "le soleil-le, dans le ciel-le, sur le por-re" et parfois il y a un mirador-re sur le por-re, ça me gave grave !! Et d’autant que la mélodie me rentre dans la tête et refuse d’en sortir. C’est horripilant. Comme ceux qui s’écoutent chanter au lieu de chanter, et les artistes qui arrivent en scène comme s'ils venaient de débarrasser leur grenier... Et je n’apprécie pas tellement non plus le public mal élevé, avec sa bière dans une main, et le téléphone dans l’autre... (Norbert)

 

Ce que je n’aime pas… Je n’aime pas ce fameux débat sur la chanson, vieux comme le monde, qui met en opposition le sens et le son et qui permet à de très bons mélodistes de justifier des paroles niaises et creuses. Certes une chanson ne reste qu’une chanson et ce n’est jamais à travers elle qu’on développera des grandes pensées philosophiques mais j’en ai marre d’entendre le néant beugler dans mon poste et encore plus marre de voir ces rockers, car ça leur ferait mal aux seins de s’appeler des chanteurs, s’habiller d’un costume de suffisance et se croire dans leur époque juste parce qu’ils ont su aligner quatre pauvres phrases sur quatre pauvres accords… Et ce que je n’aime pas non plus c’est tous ces illuminés de la guimauve qui sous leurs coupes à la mode nous balbutient des hymnes aux «Nutella» sur un ukulélé rose bonbon… Je n’aime pas non plus ceux qui n’ont que de l’énergie à nous donner, ceux qui n’ont que la forme et pas le fond et tous ceux qui n’ont qu’une idée dans leur chanson et qui l’étirent pour que ça fasse deux minutes trente… (Eric MIE)

 

Je n'aime pas... et ça m'énerve ! Qui dit «chanson française» sous-entend généralement qu'en grosse majorité, les textes de nos chanteurs devraient contenir une dose honorable de fond, de sens. Certes et heureusement, quelques surréalistes parlent encore à nos sentiments à travers une poésie pointillée, où il est permis de sauter du coq à l'âne en abusant d'associations d'idées toutes personnelles, à travers laquelle ressentir vaut au moins autant que réfléchir... De ce postulat de base où il faudrait à tout prix soit dénoncer, soit justifier, soit expliquer, nous subissons toute une palette de paroliers stériles, pour lesquels produire un texte qui fait sens est moins là pour sensibiliser l'auditeur à une problématique ou à une histoire particulière que pour se faire mousser l'égo, genre «MOI, je ne suis pas d'accord avec la guerre»... non, sans déconner? Parce que nous tous qui t'écoutons, là, on adore ça! Ceci vaut également pour la pollution, le règne de l'argent ou la famine...Tiens, je m'en vais créer un groupe Facebook pour que l'on canonise Monsieur de Lapalisse ! Chers interprètes de chansons, on s'en fout que vous nous peigniez votre autoportrait parfait!!! Que vous viviez mal ce monde qui nous entoure avec ses injustices et ses absurdités. Que vous nous parliez de votre minuscule personne qui a l'avantage d'une visibilité médiatique lui assurant de pouvoir emmerder tout le monde impunément avec des soucis tout personnels... Tout le monde se débat figurez-vous. Si, si, et l'indignation n'est pas l'apanage du chanteur à texte ! L'identité d'un chanteur se ressent. En aucun cas il ne nous la fera avaler comme on gave une oie, en force. «J'ai trop souffert quand tu m'as quitté» : mais on s'en fout !!! Parle donc des souffrances de la rupture sans nous étaler tes états d'âmes privés, que, je le précise, tu n'es pas le seul à avoir éprouvé... Autre extrait, éloquentissime, allez je cite Matmatah : «Je refuse toute abstinence plutôt que de m'avouer vaincu / J'invoque ici l'immanence, la transcendance en temps voulu»... pfff, t'es un mec bien toi, allez. Mais fais-le donc sans en rabattre les oreilles à la terre entière ! Dieu c'que ça m'énerve ! (Nadine Mayoraz)

 

Je n’aime pas quand on ne mélange pas les genres, alors que cela n’empêche pas des les apprécier chacun pour ce qu’ils sont. (Didier)

 

On peut ajouter à tout ça ce qui se passe souvent à la télé, que Caroline Loeb raconte très bien dans le billet sacrément pêchu, ici même, voyez le sommaire, «Caroline Loeb en colère» c’est saignant !

 

Norbert Gabriel

 

Le lien pour Caroline Loeb :

carolineloeb.blogspot.com/2010/05/le-regard-du-sourd.html

 

 

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     perspectives - festival

 

 

D’Allemagne, Gerd Heger, ambassadeur extraordinaire de la chanson francophone

 

Qu'est-ce que le festival Perspectives ?

Le festival Perspectives est un des plus anciens festivals des Arts de la Scène en Allemagne. Ça fait plus de trente ans qu’il présente au public Sarrois des productions intéressantes de théâtre, de danse, de cirque moderne et autres. La Directrice actuelle, Sylvie Hamard, concocte depuis trois ans un programme musical en conséquence, en passant par Babylone Circus, les 17 Hippies, Zaza Fournier, La maison Tellier, Claire Denamur ou Whiskybaba. Ce programme invite surtout à la fête (les concerts sont gratuits au centre ville de Saarbrücken ou à 3 euros dans le club du festival), soit à la découverte (surtout en collaboration avec la Radio Sarroise et son légendaire Bistrot Musique). Le festival aura lieu l’année prochaine du 6 au 14 mai. Mon rôle de partenaire se limite dans ce cas-là à conseiller des artistes pour la soirée (enregistrée) du Bistrot Musique au sein du festival – et de partenaire média pour le grand concert au centre-ville. Pour les artistes que ça intéresse : Kontakt de la programmation du festival: koordination@festival-perspectives.de – Martha Kaiser qui fera passer à Sylvie Hamard aussi.

 

Gerd Heger, alias monsieur chanson (gheger@sr-online.de), qu'avez-vous organisé pour juillet à Saarbrücken ?

Depuis 2009, dans le cadre de la Fête de la Vieille Ville de Saarbrücken (200.000 spectateurs en trois jours), avec la SR (radio sarroise), je programme trois jours sur une petite scène dans la cour intérieure d’une maison baroque (500-600 places), donc à l’abri, mais en plein air. C’est en fait le plus grand festival de chanson francophone dans le SUD de l’Allemagne. Connaissant les compétences dans le domaine de l’équipe de la Radio Sarroise, la Ville et le principal programmateur de la Fête, Norbert Kuentzer (norbert.kuentzer@saarbruecken.de), accepte nos propositions pour une programmation festive et gratuitement accessible, plutôt tournée vers le non-conventionnel, la découverte chanson et – un peu – les artistes de la région. Pour l’année prochaine, un point fort Belgique est prévu. Cette année, entre les Weepers Circus de Strasbourg, Claire Vezina du Québec, la sensation folkpop Claudine Muno du Luxembourg et le producteur et ACI nancéien Eddy La Gooyatsh, un vaste éventail de la chanson actuelle sera présenté au public averti Sarrois. Une journée Quattropole (3 juillet) (les villes Metz-Saarbrücken-Trier/Trèves-Luxembourg) tournera dans deux autres villes cette année avec des artistes issus de ses trois villes. D’autres noms ? Moi et les autres (les Thomas Dutronc de la vallée du Rhin), Robert Gollo, Steffen (Luxembourg), Alex Toucourt, Nordine le Nordec et Oestrogena Orchestra pour la journée Eddy la Gooyatsh, Alifair et Alicia Hiblot de Metz qui s’uniront pour un spécial Ali puissance 2, puis, bien sûr, Saarbruck libre, le groupe phare de la scène Chanson Sarroise avec une soirée spéciale et de nombreux invités.

 

 

Depuis combien de temps êtes-vous un dénicheur de talents ?

Ma passion pour la chanson française et francophone remonte à la jeunesse et surtout aux cours de français, où la chanson fait partie intégrale de l’apprentissage de la langue (une chance pas assez exploitée pour les chanteurs, le travail avec les écoles en Allemagne). Puis, de fil en aiguille pendant les études de lettres, puis en passant par une maitrise sur Gainsbourg, je suis arrivé dans une radio frontalière dont la spécialité était depuis la deuxième guerre mondiale d’être un fief de la chanson francophone. Avec des collègues (Susanne Wachs, Marc Bouzon, Bernard Stigulinszky), on a repris le flambeau de l’ancien Monsieur Chanson, Pierre Séguy, bien connu dans les années 70…. Et on a réussi, avec l’aide de la radio et un peu de chance, à refaire de Saarbrücken la capitale de la chanson francophone en Allemagne. D’abord avec la série de concerts Bistrot Musique (découverte de nouvelles tendances, enregistrement radio pour les groupes), puis avec des rubriques et – pour finir – avec la seule émission hebdomadaire sur la chanson francophone en Allemagne, le “Rendez-Vous Chanson” (dimanche, 21h-22h30, www.sr2.de/webradio). Entre-temps, plus de 80 concerts francophones par an se déroulent en Sarre, surtout à Saarbrücken, et ceci avec ou sans la participation de la SR. Ceci donne, avec le temps, la possibilité, le privilège de se pencher sans contrainte commerciale aussi sur tout ce qui peut-être intéressant dans la chanson actuelle – comme mon émission s’est donnée comme but de présenter l’énorme variété de la musique actuelle francophone (en mélangeant les nouveautés aux classiques pour “faire digérer”), je suis donc devenu aussi, dans une humble mesure, dénicheur de talents à travers les divers coups de coeur qu’on peut avoir sur CD, youtube, myspace et dans les festivals. Je considère mon rôle de programmateur de service public aussi dans ce sens – d’ailleurs, sauf pour le festival Bistrot Musique Spezial Altstadtfest, je ne suis que médiateur entre l’artiste et l’organisateur, après, “ils se démerdent” entre eux ! Mais j’aime bien, quand ils viennent à la Radio faire une petite interview franco-allemande pour l’occasion (spécialité de la maison)  

 

Quelle est votre histoire avec Gainsbourg ?

Gainsbourg pour moi – c’est l’apprentissage accentué de la poétique française (il a utilisé tous les genres poétiques) et de la musique populaire (tout sauf le tango). Par esprit de contradiction, j’ai essayé de “prouver” dans mon mémoire de maitrise que Gainsbourg, contrairement à ce que nous annonçait notre prof’, que Lucien Ginzburg, ce n’était pas que le sexe mis en musique – j’ai pu le démontrer facilement. Depuis, Gainsbourg et “ses femmes” ne me quittent plus, je suis devenu en 2001 pour Universal Jazz and Classics, le traducteur officiel des chansons originales sur ses propres disques… puis je m’apprête, pour la fin de l’année et surtout pour l’année prochaine (20ème anniversaire de sa mort) à monter un spectacle avec des chansons de Gainsbourg, que j’interpréterai, traduites pour le public allemand.

 

Sinon, les projets autour de la chanson pullulent en Sarre, en ce moment (dont “Chanson à l’école”, le festival Primeurs en novembre, un nouveau café franco-allemand, une série de concerts “chanson à texte” dans la ville de Blieskastel). Pour être informé de toutes les possibilités, il suffit de m’envoyer un e-mail pour être dans ma liste de diffusion :

gheger@sr-online.de.

www.sr2.de/rendezvous-chanson

www.sr-online.de/musique

 

Propos recueillis par Valérie Bour

 

 

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www.ledoigtdansloeil.com

 

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