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10ème FRANCOMANIAS DE BULLE
(Suisse) |
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Joyeux
anniversaire !
Pour ses dix ans, le
Festival accueille, du 29 avril au 4 mai, plus de vingt artistes,
majoritairement francophones. Concerts en première suisse, créations,
retrouvailles et découvertes… et la sortie d’un livre qui évoque toute
l’aventure des Francomanias (www.francomanias.ch
pour commander) marquent cette édition. Va falloir jouer serré pour ne
rien rater…
Alors comment on
fait ??? Je vous ai préparé des interviews, des comptes-rendus de
concerts et des surprises.
Allez c’est parti, voici
l’histoire de «Nadine aux Francos».
Premier jour :
Je viens assez tôt pour
prendre la température, me balader un peu, découvrir les lieux.
L’ambiance est à la fourmilière, on croise de nombreux bénévoles
fiévreux, la fête couve et se prépare. Sous la tente sont installées
deux radios, pour les directs et les interviews. Le poste d’observation
ne me semble pas mal.
Au programme ce
soir :
Ridan, Renan Luce,
Michel Fugain et « En fan de la planète ».
Créé spécialement pour
le festival, ce dernier spectacle réunit plus d’une dizaine d’artistes
suisses qui ont préparé chacun pour l’occasion une chanson sur le thème
incontournable de l’écologie et du réchauffement climatique. Parmi eux,
je croise sous la tente K, François Vé, Thierry Romanens.
Mais déjà on m’appelle :
Michel Fugain m’attend au bistrot, 1er frisson…

photo : Rosette Dupré
NM :
Michel vous êtes une espèce de cas particulier dans le sens que les gens
vous aiment, non seulement en tant qu’artiste, mais aussi au-delà, en
tant qu’être humain…
MF : Le chanteur a un rôle de
saltimbanque. Il est là pour parler, évoquer depuis l’Antiquité (parler
de la vie, l’amour, la mort) d’une façon positive, légère et lucide.
Pour moi ce n’est pas imaginable d’être neutre… nous sommes des
transmetteurs d’énergie…
NM : D’accord mais
en lisant les blogs, les forums, on s’aperçoit que les gens sont
attachés à l’homme avant tout… Vous semblez véhiculer des valeurs qui
touchent le public.
MF : Mais c’est parce que je dis ce
que je pense, je ne suis pas politiquement correct, je mets des coups de
pieds dans la fourmilière… Et je crois qu’une partie de ma personnalité
peut être rayonnante, capable de fédérer les gens autour de moi.
NM : Justement,
pour cet album vous vous êtes de nouveau entouré d’une «équipe», un peu
comme lors de vos débuts. Vous revenez aux sources après ces années de
carrière solo ?
MF : J’ai fait du solo, de la comédie
musicale mais aussi des choses communes. Quand j’ai arrêté les troupes,
je me suis arrêté 8 ans. Quand j’ai recommencé, il n’était pas pensable
de faire autrement que de former une équipe à nouveau, mon retour veut
être une espèce de quintessence des décennies passées. J’ai toujours eu
ce même type de comportement, enraciné depuis la famille. La maison
paternelle était toujours pleine de gens. Je n’imagine pas la vie sans
amis autour.
NM : Y compris
pendant la phase de création des chansons ?
MF : C’est effectivement le seul
moment où je préfère être seul. Pendant la création. Ce qui n’empêche
qu’une partie de la création peut être faite par l’un, terminée par
l’autre.
NM : Dans le
dernier album, comment s’est déroulée la récolte des chansons ? Vos amis
vous ont donné des textes ? Suivi des directives ?
MF : Pas du tout. Je suis très peu
intervenu pour donner des directions. Cependant, les textes ont tous le
point commun d’un regard doux-amer sur le monde. J’ai essayé d’y amener
juste un peu de dérision, de façon à dire ces choses de manière plus
légère, vers du plus positif, pour que ça ne plombe pas. Aller vers
l’espoir.
Vous savez, l’émotion pure est un
truc de saltimbanque. Quand on fait un spectacle, on cherche quelque
chose de «sociétal». Les gens viennent voir quelqu’un (là, nous sommes 7
sur scène) et espèrent une rencontre chaleureuse, chaude. Il faut
utiliser la vision de ce qu’ils vivent tous les jours et qu’ils partent
en ayant rencontré un «homme», les yeux pleins d’étoiles.
Sa femme :
Pendant la séance d’autographes, il peut passer des heures avec son
public, à les écouter…
MF : Je n’aime pas le mot public, il y
a un peuple…
NM : J’ai appris
également que vous aviez été chanter dans les prisons. Comment ça s’est
passé ?
MF : Ca ne passe pas de la même
manière. On repart, et ils restent. J’ai essayé de communiquer avec des
détenus, mais ce sont des «faux rapports». On repart un peu amer avec
l’envie de dire à l’administration et au système que c’est dur, et ça
fait mal aux tripes. C’est idem pour des enfants sur un lit d’hôpital,
avec une épée de Damoclès suspendue au dessus d’eux et qui ne vont plus
en sortir.
NM : Mais c’est
important d’avoir ce genre d’implication pour vous en tant qu’artiste
populaire ?
MF : C’est quoi un artiste ? Je me
suis posé la question entre 1981 et 1986 et je me suis dit « pourquoi
recommencer », j’avais l’impression d’avoir tout fait. Puis j’ai
rencontré des gens qui avaient écouté mes chansons et m’ont renvoyé ce
qu’ils y ont pris. Et je m’y suis remis…
Un artiste, est-ce que j’en suis un ?
Pourquoi moi et pas un autre ? J’ai une théorie là-dessus : je crois
qu’on est «sécrétés» par la société qui fabrique ses médecins, ses
paysans, ses saltimbanques… chacun ayant une mission à accomplir. Ceux
qui s’autoproclament artistes sans l’être vraiment finissent au chômage.
J’étais fait pour ça, je suis utile à ça dans cette société.
NM : On a le
sentiment qu’en suivant le fil de votre carrière, on suit le fil de
votre vie, comme dans un livre…
MF : Je ne truque pas.
NM : On se retrouve
dans un cheminement humain classique (avec ses descentes et ses
remontées)…
MF : J’ai toujours été marqué par mon
père qui n’a jamais triché. C’est un médecin généraliste en or, de
légende. Il tutoyait tout le monde pareil. Ce que je fais c’est ce que
je vis. Je n’ai pas d’ego et il n’y a pas de distance entre ma vie et
mon travail.
NM : Comment ça
s’est passé avec Leprest ?
MF : Allain est ma légion d’honneur.
Incroyable écriture de Leprest ! J’ai une chanson prête pour lui sur mon
piano. C’est un pur et un poète.
NM : Une
évanescence dans un corps de chair ?
MF : Exactement.
NM :
Connaissez-vous des artistes suisses ?
MF : Pas beaucoup. De plus, de
passage, je ne pourrai pas en profiter. Mais il me semble qu’ici, il y a
une culture identitaire, mais qu’on ne la sent pas vraiment. Il y a
quand même un truc chez les jeunes suisses …
NM : Serait-ce la
conscience ? Ou la citoyenneté…
MF : Exactement ! La conscience d’un
petit peuple par rapport au gros rouleur de mécanique d’à côté, une
approche différente de la vie, des choses de la vie, de sa place, des
conséquences. Une humilité qui peut créer un complexe… J’aime bien venir
en Suisse.
NM : Pourquoi
prendriez-vous un billet pour aller écouter Michel Fugain en concert ?
MF : Je ne suis pas sûr d’y aller,
surtout s’il fait pareil que moi !... Venez-vous au spectacle ce soir?
NM :
Malheureusement pas, mais j’enverrai un espion !!
MF : C’est ce que je suis maintenant.
Le récital, avec les tubes à la fin, ça me fait chier. Je m’emmerde en
voyant les récitals de mes confrères. Ce spectacle raconte une histoire
qui va intéresser ceux qui ont des points communs dans leur histoire,
avec ce qui se raconte. Je vais bien en faisant ce que je fais, en
cherchant ce que je cherche… Voilà, j’irais voir un mec qui raconte une
histoire sur une scène.
Je fais mon boulot et le décor de la
vie des gens. Les romanciers, c’est pareil, ils jalonnent une vie. On
intervient dans l’irrationnel, l’affect. On est des faiseurs de vent.
NM : Vous avez dit
quelque part : «Maintenant, les artistes sont faits par et pour les
médias, ce n’est plus le public qui choisit».
MF : Pour eux, le public a toujours
tort… L’artiste doit s’imposer. L’artiste ne doit plus avoir de
pression. Un succès jalonne, un échec apprend. C’est une lente
construction. Plus on avance, plus on est passionné.
NM : Quel âge
avez-vous ?
MF : J’ai 66 ans.
NM : Allez, un ptit
câlin ?
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photo :
Nicole
Je
vous livre le compte-rendu que ma collègue-espion m’a communiqué après
le concert de Fufu :
«21h30 : Michel
Fugain entre en scène. Pantalon blanc, chemise bleue nuit et veste en
cuir, la classe quoi... Moi je m'étais arrêtée au Big Bazar et bien sûr
les incontournables tubes. Entouré de six excellents musiciens, la
complicité est palpable. Alternant pots - pourris et nouvelles chansons,
il a une pêche d'enfer et quand il donne son âge, là je dis Monsieur. Le
public est conquis mais reste assis (mais peut-être qu'un bon nombre ne
serait pas venu si le concert était debout, âge oblige !!). Au fil des
chansons, Michel Fugain vide sa valise remplie de 45 ans de souvenirs
(La forteresse, Je n'aurai pas le temps, Les Acadiens, Une belle
histoire et tant d'autres). Après plus de deux heures de concert le
public se lève enfin sur Viva la Vida. Le temps a passé vite trop vite
en votre compagnie. Bravo et merci, la rencontre fût belle.»
Rosette Dupré
Deuxième jour :
Aujourd’hui, je me
réjouis de découvrir les 3 salles dans lesquelles s’alternent les
concerts. Pas d’interview prévue, je prépare donc un programme optimal
pour avoir plein de choses à vous raconter.
Au programme ce
soir :
Underschool Element, the
Young Gods, Jeanne Cherhal, Thomas Dutronc et Yves Simon.
Je rencontre des amis
journalistes sous la tente. J’ai rien à faire en attendant le premier
concert… alors je me colle à l’un deux comme son ombre et je le suis :
direction Thomas Dutronc ! Surprise number one !
«NM :
vous vous attendiez à un tel marathon quand votre album est sorti ?
TD : Non, mais bon, le
disque sort, il marche bien, entre temps arrivent plein de dates…c’est
le problème des professions libérales : on accepte le travail quand il y
en a ! Mais c’est un métier à double tranchant, très fatiguant et
extraordinaire en même temps.
NM :
Vous êtes content du résultat de votre travail d’enregistrement de cet
album ?
TD : Construire un album
n’est pas une mécanique précise, mais plutôt un assemblage de trucs
improbables qui tiennent ensemble. Si on retire un élément, tout
s’écroule. Le disque à la base devait être un support de promotion du
spectacle, c’est pour ça qu’on a réalisé ça dans un esprit plutôt « home
studio ». J’aime bien travailler un peu dans l’urgence avec des
contraintes, s’adapter aux choses en présence. L’effet négatif c’est
qu’on n’a pas le temps d’être perfectionniste de cette façon, mais je
n’ai pas de frustrations, tout au plus des mini-regrets. Je n’ai jamais
pensé par exemple au phénomène du « single » et toutes ces stratégies
inhérentes au marché.
NM :
Et la scène ?
TD : Ah ! Il y a
beaucoup plus d’énergie qui se dégage du spectacle que de l’album, que
j’ai fait en souhaitant que les gens l’écoutent, à la différence d’un
album d’ambiance ou de la musique de fond… ».
Là, alors que la
discussion s’engageait super bien, sa maman adoptive / maison de disque
me prie de le libérer… mais ça fait seulement 10 minutes madame… Rien à
faire, j’aurai même pas droit à un bisou. Thomas, si tu me lis, je te
dis merci maintenant, parce que j’ai pas eu le temps je crois.
Décidément toujours sympathiques les majors, sentant peut-être leur fin
toute proche….
> haut de page
Concert :
La magnifique salle
CO2 est bondée, Jeanne Cherhal, rayonnante et très jolie, nous
offre un concert acoustique seule au piano. Excellente surprise,
l’artiste reprend le chemin de la malice et de la fraîcheur qui nous
avaient séduits sur son premier album live et qu’on croyait peut être
perdus dans les couloirs du succès... Une gamine déguisée en femme… Avec
ce timbre de voix qui se faufile entre celui du titi parisien et un
lyrisme cristallin, le jeu de piano coloré, pas morose pour un sou, le
concert nous embarque dans une joie rythmée par des mélodies aux accents
inattendus, des cassures, des envolées, du danger, de la folie : il se
passe quelque chose ! Jeanne Cherhal est drôle et le public suspendu à
ses lèvres. Elle nous installe quasiment dans son salon, joue de son
charme et parvient à créer une complicité sympathique, un lien amical
qui ne souffrirait pas de porter un masque. C’est marrant, tout d’un
coup, je pense à Marie-Paule Belle à ses débuts. Même délire dans la
voix, même liberté, même complicité avec l’instrument… et même dans les
textes, cet équilibre fragile entre mélancolie feutrée et provocation
drôle. Les histoires de Jeanne sont savoureuses jusqu’au bout et nous,
on est en train de vivre un petit miracle ! Chaleureusement applaudie,
le public sort de la salle avec un très très grand sourire.
Bon, maintenant, j’ai un
problème : vu que je me suis faufilée dans l’interview de Thomas
Dutronc, déjà en train de se préparer pour succéder à Jeanne Cherhal, je
me demande si je ne vais pas plutôt aller me laisser surprendre par
The Young Gods, dans la salle de l’Hôtel de Ville… Etant donné que
ces derniers ont fabriqué sur mesure ce concert pour l’anniversaire des
Francomanias, qu’il sera exclusivement composé de morceaux en français
et réarrangés pour l’occasion avec un quatuor à cordes, l’aspect
création et exclusivité de ce concert, annoncé comme unique, me tente.
Tant pis pour Thomas, nous aurons d’autres occasions !
Ta dâââ ! Nous y voilà !
Je vous avoue d’emblée mon ignorance : je ne les ai jamais entendus sur
scène (shame, shame, shame). C’est pourtant l’un des rares groupes
suisses s’étant imposés sur la scène internationale avec son style rock
industriel puissant et l’utilisation pionnière des sons synthétiques et
des samples.
Concert :
La formation
accueille donc une section cordes et c’est assez beau à voir. Au début
du concert, les musiciens sont assis à l’avant scène et on pressent que
le moment acoustique sera fort. Il y a une tension dans la salle qui
monte comme le suspense d’un bon polar, à l’image des ambiances sonores
planantes et tendues, qui semblent prêtes à éclater. Le groupe est au
bord de nous saisir les tripes dans les moments qui semblent
littéralement «respirer» («comme l’océan, comme l’océan…») mais qui
souffrent parfois de quelques mini longueurs. La voix du chanteur (Franz
Treichler) puissante et habitée, un peu noyée dans les effets, se fond
dans le son du groupe à l’image d’un instrument, pour de longues
rêveries hypnotiques, délicatement électriques. Quelques
transes fines aux accès électro font bouger toute la salle : les moments
forts sont très très forts !!
Je décide que ça valait la peine de
découvrir. Dans le hall, on perçoit peut-être un peu de déception pour
les purs fans qui s’attendaient à plus de bruit et de fureur, mais le
tour était un défi et les Young Gods se sont pas contentés d’épurer
leurs compositions pour créer un concert acoustique : ils leur ont
rajouté une parure précieuse. Moi je dis bravo… et bonne nuit !
PS : pour Yves
Simon, c’est pas grave.
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Troisième jour :
Journée placée sous le
signe de l’énergie ! Pas la mienne, encore que, j’ai des réserves sous
la pédale. Ce qui passe bien c’est qu’il ne sera pas nécessaire ce soir
de tourner de salle en salle, toute la programmation étant regroupée au
même endroit.
Au programme ce
soir :

photo : Rosette Dupré
Da Silva, La Rue Kétanou
et Cali. Va falloir manger des oranges !
2ème
frisson : Cali annule mon interview … merde alors, je ne vais pas
laisser faire ça et je vais camper dans son sillage pour l’attraper dès
que possible. Bingo, la persévérance est l’une des qualités du métier…
«NM : merci de m’accorder quelques instants. Entre chanteur engagé et
chanteur qui s’engage, entre autres pour les artistes émergeants, il
existe une nuance. Vous êtes très proche de la jeune création et vous
faites beaucoup pour elle, notamment en ayant accepté de parrainer les
Rencontres d’Astaffort…
C : Astaffort, c’est magnifique. J’ai vu des choses
fantastiques là-bas. J’ai vu des chanteurs, des musiciens avec qui la
mayonnaise a pris. Des chansons ont été créées devant nous en direct.
Des groupes se sont formés. Il y a un groupe qui est parti de là-bas,
qui s’appelle Daguerre et qui est avec nous sur la route. On est avec
eux, on les suit. Ça va être un des plus grands groupes en France. Ils
sont deux, c’est des Basques, leur poésie punk, pour moi, c’est ce qu’il
y a de plus haut actuellement.
NM : vous avez également monté un studio chez vous à Perpignan, dont
vous faites profiter largement les jeunes groupes je crois…
C : j’ai monté un studio d’abord pour moi mais comme il
marche bien, j’en fais profiter des gens que j’aime bien. Sur la route,
on me donne beaucoup de choses à écouter, des disques, des cassettes ;
j’écoute ça avec beaucoup d’attention. Je contacte des gens, on essaye
de faire des choses, mais il n’y rien d’exceptionnel dans ce que je
fais. Il y a des gens qui l’ont fait pour moi et je passe un peu le
flambeau. En parlant de ça, je suis parrain de C.Q.F.D (Ndlr : Ceux
qu’il faut découvrir - une compil annuelle des Inrockuptibles). Ce sont
des groupes en France qui envoient leurs démos, la semaine dernière j’ai
écouté chez moi 101 groupes et j’ai été complètement bluffé. On a en
partout en France des choses incroyables. Cela me touche beaucoup. Il
faut que les maisons de disques fassent leur boulot, il faut que les
directeurs artistiques aillent voir les festivals, comme Bourges par
exemple, il faut aller voir les scènes découvertes, il faut pas rester
au bar VIP à boire des coups et laisser les jeunes jouer tout seuls.
C’est bien de cueillir le bonheur à droite et à gauche, mais il ne faut
pas oublier les autres.
NM : quand vous repensez aux premières années de galère, avez-vous des
regrets ? Des nostalgies ?
C : j’ai la nostalgie des moments où rien ne se passe et où
on est juste heureux d’être dans une cave à répéter, répéter… on est
super fiers des chansons qu’on enregistre, on se dit c’est notre petit
bijou et on l’envoie à des maisons de disques et on attend des réponses,
j’ai adoré ces moments-là. On ne sait pas… Peut-être qu’aujourd’hui le
facteur va nous dire qu’une maison de disques a aimé ou qu’un tourneur a
aimé. Ce moment-là ça a été très fort, laborieux mais jamais de la
galère. Galérer c’est quand on a un bon niveau et qu’on n’est pas
reconnu. Moi j’ai jamais eu ce niveau là. J’ai démarré comme un
imposteur, j’ai travaillé ma guitare. J’ai progressé et j’ai toujours
été avec des gens qui m’ont emmené plus haut. Je crois que le jour où
j’ai signé avec la maison de disque labels / Virgin ce jour-là j’étais
prêt. Le jour d’avant j’étais pas prêt. J’ai eu beaucoup de chance.
NM : vous avez probablement fait tout ce qu’il fallait, il n’y a pas que
la chance…
C : mon papa, qui n’est plus là aujourd’hui, m’a dit un
jour quand j’étais jeune : « tu peux faire des conneries dans mon dos
je le saurai jamais, mais sache un truc, je te fais confiance ». Le fait
qu’il m’ait dit cette phrase, je n’ai jamais fait de grosses conneries,
parce que je me suis dit que j’allais pas trahir sa confiance. A côté de
moi, j’avais des copains avec des parents très sévères qui interdisaient
tout et ils ont fait les pires conneries dangereuses pour leur vie. J’ai
eu des exemples dans ma famille, comme mon grand père qui a donné sa vie
pour lutter contre tous les fascismes, de force et de droiture. Quand on
est droit, on finit par arriver.
NM : vous avez bossé avec Mathias Malzieu (Dionysos) pour cet album…
C : Dionysos c’est l’un des meilleurs groupes de rock qu’on
ait actuellement en France. Et Mathieu donne des pistes d’imagination
infinies, c’est extraordinaire de collaborer avec lui…
NM : et sinon, après quoi vous courez ?
C : l’amour. En ce moment je suis amoureux et quand on
l’est, on fait tout pour le préserver. Quand on n’est pas heureux, on
fait tout pour trouver l’amour. La révolution aussi.
NM : comme dans votre chanson Résistance ?
C : c’était une chanson sur l’instant, un espèce de
bouclier de guérison. Le jour des élections, le 6 mai 2007, j’ai pleuré.
La soirée au Fouquet’s retransmise pendant quatre heures à la télé était
une véritable insulte à la pauvreté. La chanson m’a aidé à passer des
pleurs à la lutte. Je me suis dit « il fera pas ce qu’il veut ».En ce
moment d’ailleurs les lycéens de France sont dans la rue, on veut
supprimer des postes d’enseignants comme par hasard dans les matières
artistiques. Quand on traite les jeunes avec mépris on crée une source
de violence. Cette France à deux vitesses, les nantis face à marche ou
crève c’est pas mon pays. Mon pays c’est celui des droits de l’homme.
NM : Allez, un ptit câlin ??»
> haut de page
photo : Nadine Mayoraz
Concert :
J’arrive
à point pour le concert de La Rue Kétanou. Fidèles à leur image,
les trois musiciens nous emmènent dans la rue, celle qui les inspire,
celle dans laquelle ils traînent. Avec leur naturel et leurs bouilles
sympathiques, on a devant nous des potes. Ils enchaînent les anciens
succès et les nouvelles compositions, tout aussi chaleureuses, nomades,
gaies. Un cajon, une guitare, un accordéon et leurs trois voix cassées
par les fêtes et les nuits de rigolade suffisent pour mettre le feu à la
salle.
La
caravane s’ébranle, les gitanes dansent, les hommes chantent, on est en
plein voyage !

photo : Rosette Dupré
C’est
ensuite Cali qui monte sur scène après un long changement de
plateau. On a installé un immense écran de projection en arrière scène.
J’en profite pour saluer l’énergie énorme que déploient les techniciens
pour que tout soit en place le plus vite possible. Sachant que le
dernier passage de Cali aux Francomanias avait déclanché l’hystérie, je
suis toute excitée d’être là. J’ai réussi à me dégoter une place tout
devant, mais ça pousse, ça tire, une marée de gens s’approchent et se
serrent pour voir le phénomène de plus près.
Et quel
phénomène !! Il court, il court, apostrophe le public, descend dans la
foule qui le porte à bout de bras… Ouf ! C’est sur scène que l’on
perçoit toute l’ampleur de son engagement, il revendique le poing levé,
avec force et énergie le bien-fondé de ses combats, car beaucoup des
chansons sont clairement engagées, à l’image des projections jamais
décoratives qui habitent l’espace (camp de concentration des réfugiés
espagnols, grèves, manifestations…). C’est du théâtre, dans le sens
dramatique et puissant du terme. On en prend plein les yeux et les
oreilles. Derrière lui, Richard Kolinka (ex-batteur de Téléphone) ne
lésine pas sur les jeux de baguettes (presque pénible), tel une
majorette velue… Les fans ont confectionné des cœurs rouges qu’ils
brandissent à but de bras, «1000 cœurs debout», Cali les reçoit en plein
cœur. Il donne et il reçoit. Il se prête d’ailleurs après le concert au
jeu des autographes et des photos, épuisé mais heureux, avec une
gentillesse étonnante.
Nadine Mayoraz
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Dernier jour :

photo :
Laura Pythoud
Jean-Louis Aubert.
Il faut dire qu’il était attendu, le
Jean-Louis !
Dominique Rime, le boss des
Francomanias l’avait programmé en 1987, alors que les Francomanias
n’existaient pas encore. Téléphone venait de se séparer et le concert
donné à l’Hôtel de Ville de Broc n’avait pas rempli la salle… Depuis,
Dom rêvait de voir JLA fouler les planches de l’Hôtel de Ville. Mais
avec les Francos qui ont lieu tous les 2 ans, les dates de tournées de
l’artiste et les autres contrats, Dominique a du attendre 18 ans… Et
encore ! Pour que le rêve devienne réalité, il a fallu ajouter un jour
au festival et mobiliser les bénévoles un jour de plus… Donc, Jean-Louis
était là pour fêter la 10ème édition… Se produisant seul, il arrive,
pieds nus, de noir fluide vêtu. Sur scène, un piano, des guitares, bien
sûr, et des percussions. Jean-Louis prévient qu’on va traverser 30 ans
de carrière. Le public chaleureux et impatient n’attend que ça. Dans
l’intimité de la salle, Jean-Louis émaille son parcours musical
d’anecdotes drôles ou émouvantes. Clins d’œil à ses potes des premiers
concerts… La voix de JLA n’a pas changé. Cela lui permet d’interpréter
les succès du début avec la même fraîcheur. Il s’est offert une «pédale
magique» lui permettant de jouer avec les sons et le public, de faire
des boucles. Les images projetées en direct et les ambiances subtiles
créées par les jeux de lumières nous embarquent dans son univers tantôt
apaisant, tantôt énergique, mais toujours serein. Aubert, par son
sourire, sa complicité avec le public n’a pas besoin d’en faire des
tonnes. Il chanterait sans micro que ça passerait pareil tant la salle
est réceptive. Parti de «Vaudou», on traverse les années téléphone avec
«Métro…», «la bombe humaine», «Les plages» bien sûr… Plus tard, au
piano, JLA entame « Le jour s’est levé », composé pour la naissance de
son fils… Encore un moment hors du temps… fragile, beau ! Puis les
différents albums, pas forcément que les tubes. Le public, en douceur,
accompagne Jean-Louis. Il peut alors jouer sur les nuances et on partage
un moment de communion sur «Commun accord». Hommage à Barbara, «Alter
ego» suivi d’un «Dis quand reviendras-tu» à filer des frissons. Oui, un
ange noir a survolé l’Hôtel de Ville. L’attendu «Temps à nouveau» a
permis à tout le monde de se lâcher. Pas vu le temps passer qu’arrive
déjà «Voilà, c’est fini». Mais le public demande «Un autre monde».
Souriant encore, JLA nous offre ce dernier cadeau. Puis, c’est vraiment
fini, en douceur, en tendresse… La salle se vide au ralenti… On n’a pas
envie que ça se termine, cette édition des Francomanias était spéciale.
On travaille le lendemain, mais on veut prolonger le plaisir… Au bout de
20 minutes, Dominique revient sous la coupole annoncer les dates des
prochaines Francos. Et Jean-Louis arrive, porteur d’un énorme gâteau,
celui qui fête la 10ème édition.
Surprise et émotion pour Dominique qui
vit son rêve. La semaine ne pouvait pas se terminer autrement !
Elle s’en est allée de la plus belle
manière, sereine et souriante, semant plein d’étoiles dans les yeux et
le coeur de tous…
photo :
Nicole
Merci Jean-Louis, Immense Merci
Dominique.
Nicole |
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POURQUOI ILS CHANTENT |
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Editions Tirésias «Elles et eux et la chanson»
Ils sont 56 à s’être confiés à Véronique Olivares et Michel
Reynaud, pour parler des raisons qui les ont poussés à choisir la
chanson et un métier souvent incompris «et à part ça, vous faîtes
quoi ?» un métier souvent ingrat, mais les passions sont rarement
simples. La première évidence qui s’impose, c’est le choix de la bonne
question. La plupart des interviews abordent le comment, mais rarement
le pourquoi. Pourquoi ils chantent ?
Cette proposition a été envoyée à tous les artistes de la
chanson, 56 sont allés jusqu’au bout de l’introspection. De Keny Arkana
à Didier Wampas, on croise aussi Jean Sablon, Nougaro et Léo Ferré en
invités exceptionnels, ce sont leurs héritiers qui ont suppléé à leur
absence. Si tout le monde reconnaît l’importance de Léo Ferré , il est
bon de saluer Jean Sablon, un homme dont le talent et l’élégance ont eu
peu d’équivalent dans le monde artistique. Et un précurseur. Grâce à
lui, et à l’outil-micro qu’il a imposé, la chanson a pu exprimer des
sentiments nuancés, des sensibilités nouvelles, peu accessibles aux
grandes voix qui devaient porter jusqu’au dernier rang. De Graeme
Allwright à Olivia Ruiz, Leprest, Thiéfaine, Kent, Anna Prucnal,
Aznavour, tous ont ouvert des pages secrètes de leurs histoires de vie
pour cet ensemble exceptionnel, 800 pages, 56 témoignages qui abordent
pour la première fois la joie et la douleur de chanter.

Michel Reynaud :
nous avons écrit à tous, sans aucune forme d’a-priori, de Mireille
Mathieu à Lény Escudéro, et ceux qui ne sont pas présents, c’est
simplement qu’ils n’ont pas répondu, malgré des relances, ou pour
quelques uns, ça n’a pas été possible. Il était important d’avoir aussi
les héritiers de Jean Sablon qui a été un personnage très important de
la chanson, il ne faut pas oublier que c’est lui qui a imposé dans ses
chansons, des solos de Django, dès 1935-36, c’était rare, le jazz dans
la chanson. On n’a pas pu avoir Adamo, qui nous a envoyé une jolie
lettre... Je regrette que Sardou ne soit pas là, on peut critiquer
l’homme mais il a une place dans la chanson. Ce livre appartient à une
collection (Elles et eux,) qui explore la mémoire collective. On
récolte ce qui peut être notre terreau humain. On a mis 3 ou 400 noms,
et on a eu 65 interviews, quelques unes qui n’ont pas abouti, chaque
fois la personne interviewée lit son interview, c’est un danger énorme,
en entretiens, ils sont très spontanés, ensuite il y a eu des
discussions, mais pas question de retirer ou censurer certains propos,
et très important, toutes sont en une seule prise, on n’a pas voulu
revoir ou compléter ou revenir sur les sujets ...
Véronique Olivares : pas grand-chose à ajouter, sinon que ça nous a pris 3 ans, entre les
premiers contacts et la concrétisation.. Parfois c’est long, Akhénaton a
été d’accord dès le début, et on s’est vus 15 jours avant la fin... Le
constat c’est qu’il y a toujours beaucoup d’humanité et d’émotion, et
que la chanson est un art vivant, je suis assez d’accord avec Kent quand
il dit la chanson est un art qui fait d’abord penser à soi, une
expression qui accompagne notre vie quotidienne, celle de nos parents et
de nos grands parents, MR :
je me suis aperçu très vite que c’est un monde de la douleur, de la
violence rentrée, très difficile, c’est une remise en cause permanente,
il n’y a jamais la certitude d’être arrivé, et il y a cette violence
permanente à se faire pour aller sur scène, et le doute, tous se disent
timides, tous se font violence pour aller sur scène..
V O :
et tous nous ont dit qu’aurais-je pu faire d’autre ? c’est leur mode
d’expression, il y un véritable engagement de la personne, et même chez
les plus légers il y a ce respect du public.. C’est un vrai travail qui
remplit des journées entières plusieurs mois pour offrir au public u
spectacle réussi.. Quand on les voit sur scène, le public ne se rend pas
forcément compte...
MR :
La chanson est une suite d’instants, c’est un art de l’instant... On a
voulu aussi une rencontre très poétique, peu importe ce qu’ils
chantent, ce qui compte c’est ce rapport avec cet instant, l’instant
avec lui-même, ce qu’il dit, ce qu’il chante et l’instant avec le
public..
VO :
le concert est aussi un moment unique chaque fois... avec des risques de
la vie quotidienne qui peuvent perturber l’homme, mais l’artiste doit
passer outre.
MR :
Ce qui est primordial, c’est profession chanteur, c’est le point
important, il faut qu’ils se définissent «Chanteurs» Pas éditeur, ou
profession annexe de la chanson... Marie Paule Belle qui fait beaucoup
moins de concerts est restée chanteuse... une femme qui chante... Nous
avons osé prendre Patrick Sébastien, c’est un homme qui a une grande
conscience professionnelle, un grand respect du public et qui aime
vraiment les artistes. C’est un point sur lequel tout le monde est
d’accord le respect qu’il porte aux artistes..
VO :
et il y a quelques artistes de la génération Rap, parce que c’est une
expression qui reflète tout un pan de la jeunesse d’aujourd’hui... il
fallait qu’ils soient là...
MR :
comme Olivia Ruiz, qui s’est découverte comme elle l’a fait rarement,
elle s’est trouvée en phase avec Véronique, l’une fille, et l’autre
petite fille de républicains espagnols qui portent cette humiliation
d’une génération à l’autre.. Comme Kolinka, et Cali... ils doivent
accepter une sorte de reniement pour se faire accepter..
VO :
et beaucoup ont un rapport très fort avec l’histoire., ils se posent des
questions importantes....
MR :
Un des problèmes qui est apparu, c’est l’entourage carnassier qui veut
exister au travers de l’artiste, et qui peut être très sclérosant, qui
les infantilise.. Le rapport de la femme avec son chanteur de mari est
aussi très très bizarre*... Un des points aussi qui est à noter, c’est
la reconnaissance de Leprest, unanime..
Cet ouvrage est monumental, tant dans le fond que dans la
forme, oubliez l’idée de le feuilleter en faisant la sieste, prenez un
bon fauteuil.. Rarement, voire jamais, les entretiens n’ont été aussi
fouillés, approfondis, et peut-être uniques dans les propos confiés.
Beaucoup d’artistes ont dit, après lecture, c’est l’entretien le plus
profond que j’ai eu de toute ma carrière. Une sorte de radioscopie, pour
les 56 invités qui ont confié, «Pourquoi ils chantent...»
Norbert Gabriel
* Brel définit la
femme du chanteur «il faut qu’elle soit là avant sans qu’on la voie, il
faut qu’elle soit dans la salle pendant le tour de chant, il faut
qu’elle soit là à la fin mais qu’elle disparaisse quand les gens
arrivent dans la loge, qu’elle rentre vite à la maison faire à manger,
et qu’elle soit sur le palier quand il arrive, en disant bravo c’était
mieux qu’hier... cette femme-là n’existe pas...» («la nostalgie n’est
plus ce qu’elle était») dans ce livre autobiographique, Simone Signoret
explique avec beaucoup de finesse et de précision ce qui fait la
particularité de l’artiste de music-hall, cette situation unique de
quelqu’un sur qui tout repose pour que le spectacle soit réussi. Et qui
peut être déstabilisé par un incident, un musicien qui se trompe, un
projecteur pas en place... ça explique pourquoi les chanteurs trouvent
très confortable de faire du cinéma, où ils sont une pièce du puzzle, à
responsabilité limitée, et pourquoi les comédiens ont envie de chanson,
pour être seuls maîtres à bord, et non plus une pièce dans un ensemble
qu’ils n’ont pas construit.
www.editionstiresias.com |
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HOMMAGE ET COMPLEMENT |
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Coup de chapeau à Pascal Auriat, Jean Bouchety et Serge
Lebrail, co-auteurs* du grand succès de Pascal Sevran «Il venait
d’avoir 18 ans»... et qui sont assez curieusement escamotés quand on
cite ce super tube interprété par Dalida. Succès mérité, car la chanson
est de qualité. Sur les 350 chansons de Sevran déposées à la Sacem,
c’est la seule qui reste dans les mémoires.
Il est toujours délicat, voire inconvenant de tirer sur un
corbillard, mais la déferlante de dithyrambiques hommages sur le rôle
dans la chanson française de Pascal Sevran mérite un peu de remise en
perspective. L’enquête de Laurent Balandras, en Septembre 2007 pointe
quelques faits ... disons troublants... Peut-on être une référence
es-chanson francophone en publiant un dictionnaire de la chanson qui
«oublie»
Gainsbourg,
Bourvil, Souchon, Higelin, Lavilliers, Marianne Oswald, Nino Ferrer ou
Boby Lapointe ? (Le Dictionnaire de la chanson française,
Carrère, Paris, 1986.)
C’est une bonne question... Je vous laisse réfléchir à la réponse.
Outre la polémique étrangement ressurgie un an après la publication d’un
livre, Sevran a écrit des pages remarquables, en particulier celles de
«La vie sans lui» après la mort de son compagnon. Livre à lire en
zappant définitivement la B.O. de «La chance aux chansons» ou «Chanter
la vie». Pour incompatibilité d’amour des textes.
Mini décryptage :
pourquoi je n’aimais pas les émissions ? parce que j’en ai regardé 2 ou
3 quand il y avait des gens que je connaissais dans le programme. Et
voilà ce que j’appelle une escroquerie : une chanteuse est invitée, elle
interprète une chanson enregistrée dans une ambiance swing manouche,
c’était en 98 ou 99, au début de revival manouche. Elle est accompagnée
par deux guitaristes qui jouent souvent avec Romane, et qui vont jouer
aussi avec Sansévérino, en 1999/2000, pas des approximatifs du genre...
C’est un play back, on voit donc la chanteuse à l’écran, on entend le
son des guitares manouches, et on voit à l’écran – en gros plan- un des
musiciens de l’émission faire le mime en «jouant» sur une guitare type
classique, en jouant des notes médium grave, quand on entend le son
cristallin des aigus façon «Selmer» (la guitare manouche par excellence)
C’est du foutage de gueule. C’est une totale méconnaissance de son
sujet, un total manque de respect des artistes, et des téléspectateurs,
parce que même si le grand public n’est pas forcément attentif à ces
détails, il reste néanmoins un ensemble à l’image artificielle, ça ne
sonne pas juste, c’est comme les dialogues traduits dans les westerns
des années 50, où les garçons vachers (cow-boy en V.O) s’expriment en
termes académiques de bourgeois bostoniens, c’est peu crédible.
Norbert Gabriel
*Auteurs : Serge
Lebrail et Pascal Sevran, compositeurs Jean Bouchety Pascal Auriat |
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Petite revue de
presse sur Max Amphoux

(....) Les papiers qui parlent de Max Amphoux ces
jours-ci l'associent à des succès notoires et des artistes connus. Des
tubes. Ces arbres qui cachent souvent une forêt à la biodiversité
surprenante dont il fut toujours curieux. Max aida et soutint des
anonymes, des improbables, des bizarres, des sursitaires parce qu'ils
participent tous à la richesse de création. Avec Max disparaît un
rempart de probité du monde musical. Des bulldozers avancent conduits
par des ingénus indifférents à l'existence et au travail du bonhomme.
La biodiversité pour eux est encombrante et non rentable, l'anonymat
est une tare et la célébrité une plus-value boursière. Un mode de
pensée qui tue plus vite que les Gitanes qui ont emporté mon ami.
(Kent)
kent.artistes.universalmusic.fr
Dans le grand public, personne ne sait qui il était.
Dans le monde de la chanson, tout le monde le connaissait : Max
Amphoux, décédé la semaine passée, était un grand éditeur musical,
indépendant, qui avait travaillé avec des artistes aussi divers que
Bashung, Sheila, Renaud, Enzo Enzo, Clarika etc... Avec sa
disparition, la lumière se pose un instant sur cette profession
méconnue et pourtant essentielle d’éditeur. Son rôle : assurer la
diffusion la plus large possible d’une œuvre, en plaçant des textes et
des musiques auprès de différents interprètes, mais aussi en en
glissant sur des B.O. de films, de pubs, de jeux vidéos... Métier
pivot dans une filière en pleine mutation. Alors que les ventes de
disques s’effondrent, que de nouveaux médias surgissent et que le
spectacle vivant se tonifie, l’éditeur voit son importance croître,
presque mécaniquement. Parfois, il déborde de son rôle initial pour
endosser l’habit du conseiller artistique et financier. Max Amphoux
était de ceux-là, s’engageant volontiers dans le développement de
carrières là où les maisons de disques, en manque de visibilité,
gardent bien trop souvent le nez dans le guidon (Valérie Lehoux, L’Espresso
Télérama)
Combien de Présidents de La République, combien de
stars du cinéma français, combien de Maires de Paris rendront hommage
à Max Amphoux?
(..........) Pendant 40 ans, Max a trimballé sa silhouette massive, la
clope au bec, le sourcil froncé, pour dénicher un artiste, défendre
une chanson, s'engueuler avec un patron de label ou un programmateur
de radio, intransigeant sur la qualité professionnelle de ses
partenaires, impitoyable face à la veulerie et aux impostures. On
l'aurait dit tout droit sorti des "Tontons
flingueurs", craint autant que respecté, capable
d'anéantir d'un seul regard par dessus ses lunettes. Comme tous les
ours mal léchés, Max était tout tendre à l'intérieur, se laissant
affubler de surnoms ridicules par ceux qu'il aimait vraiment.
Il n'était ni auteur, ni compositeur, ni interprète. Un éditeur et un
producteur comme il en reste peu. De la trempe des
Francis Salabert et
des Raoul Breton.
Avec une qualité essentielle, un goût pour transmettre son savoir qui
lui vaudra, longtemps encore, l'admiration de plusieurs générations de
"professionnels de la profession". Cet amoureux de la chanson a oeuvré
auprès d'artistes populaires et plus pointus, sans snobisme, de
Marie-Paule Belle à
Alain Bashung, de
Demis Roussos à
Jacno, d'Isabelle
Aubret à
Jean Guidoni, de
Bibie à
Kent, de
Sabine Paturel à
Joan-Pau Verdier.
Il laisse quantité de refrains à la mémoire collective sans que nul ne
sache qu'il fut derrière ("L'amour
est bleu", "La
parisienne", "Il",
"Juste quelqu'un de bien",
"Gaby, oh Gaby", "Quand
t'es dans le désert"...
Voir aussi
le
Blog de Philippe
Barbot).
Ces dernières années, il a révélé
Clarika,
Lo'Jo ou encore
La Grande Sophie,
luttant à leurs côtés avec une hargne que déploient peu d'éditeurs
musicaux. (Voir aussi le
Blog de Baptiste
Vignol)
Oui, Max était parfois casse couilles; Oui, on pouvait le
prendre en flagrant délit de mauvaise foi; Oui, mieux valait ne pas
être l'objet d'une de ses tonitruantes colères; mais putain qu'est-ce
que ce type a fait comme bien à son métier, à ses artistes et à ceux
qui l'ont côtoyé!
(Laurent Balandras)
labelenchanteur.blogspot.com
Et puis... sache
que tu seras toujours là, quelque part à la sortie de scène, derrière
un bout de rideau en velours, à me faire les gros yeux pour m'empêcher
de retourner faire un deuxième ou troisième rappel (parce que le
public, il "faut le laisser sur sa faim, bordel de merde !"), et moi
j'y retournerai quand même,
mais je sais que tu ne m'en voudras pas.
Clarika (dans une longue et jolie lettre, sur le blog de
Baptiste Vignol « Mais qu’est-ce qu’on nous chante ?)
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SALUT A JEFF BODART

Un con a dit un jour "un malheur n'arrive jamais seul". Depuis d'autres cons
reprennent la maxime lorsque le hasard joue les salauds.
J'ai appris la disparition de Jeff,
Jeff Bodart, sur le
chemin du retour du cimetière Montmartre où nous venions de faire nos
derniers adieux à Max Amphoux.(.....)
La demi-mesure n'était pas de mise dans son existence. Il
ne se voyait pas finir en papy ni même en papa. Il voulait goûter à
tout, sans contrainte, à l'endroit et à l'envers. Il débordait
d'enthousiasme pour les projets les plus fous. "La
pêche, la pêche !" scandait-il rigolard pour nous faire
avancer quand nous aspirions au hamac. Ses connaissances me laissaient
pantois. Le savoir élémentaire et les derniers gossips, la géopolitique
internationale et le plug-in du jour, il assimilait tout. Il était aussi
le tonton de tous nos mômes. Il était l'ami qu'on rêve tous d'avoir. Et
c'est peut-être ce rêve qui l'a tué. Il ne s'y est jamais soustrait,
multipliant au paroxysme les liens autour de lui, de l'aube à l'aurore,
usant, pour se faire, de tous les expédients calorifiques qui puissent
se mettre en bouteilles. Toujours partant, toujours d'accord, même avec
le danger.(....)
La musique ne lui a jamais accordé la renommée qu'il
souhaitait. Il en souffrait, sans nul doute, mais se gardait bien de
l'étaler. Il arpentait les scènes en dératé, tellement désireux de
donner du bon temps au public comme à ses proches. Son énergie
communicatrice calcinait parfois de très belles chansons qui ne
demandaient qu'à être écoutées (...) Derviche électrisé, il a éclairé,
illuminé, réchauffé toutes les rencontres qu'il a faites jusqu'à se
transformer en nova, jusqu'à l'effroi, le franchissement du point de
non-retour. (Kent)
Il est vivement conseillé de lire l’article en entier dans
le journal de Kent
kent.artistes.universalmusic.fr
Kent sera en concert " L"homme de
Mars" le 11 Juin à l'Européen |
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MEDIAS |
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PRESSE, AFP ET INFORMATION
Notre indépendance farouche nous préserve de toute injonction
autoritaire dans la publication des infos, communiqués, articles ;
ainsi, nous refusons sans hésitation de chroniquer sous la pression des
brasseurs de houblon qui lobby-isent pour promouvoir les concerts dans
les bars avec demi-pression à la clé. Seules la clé de Sol et la
clé de Fa guident nos quêtes de concerts ; qu’on se le dise ! Il
paraîtrait que l’habitude d’écouter de la musique, et des chansons un
verre à la main en discutant avec son voisin vient des englishes
pubs... No comment !
1.650 : c'est le nombre de cd -"Jusqu'à moi" que
Cyril Cinélu, l'ancien vainqueur de la StarAc a vendu en une
semaine. Autant dire le flop de cette fin d'année ! Même
Magalie Vaé a fait mieux, puisqu'à données comparables, elle avait
réussi à en vendre 7.000 exemplaires.
Cyril Cinélu qui avait mis un an avant d'accoucher de ce premier
album peut se poser des questions pour la suite de sa carrière...

C’est pas que j’aie un mauvais fond, mais cette info me
fait ricaner, simplement en raison d’une déclaration de ce garçon sur
Magalie Vaê, en gros, «elle est moche, c’est normal que son disque n’ait
pas marché», avait-il déclaré... Maintenant une vraie question, les 67% qui ont voté pour lui, n’ont pas acheté son disque, pourquoi ? sans
doute pour les mêmes raisons qui avaient provoqué l’échec de Magalie Vaë...
Lesquelles dites-vous ? Hum, et si ces disques étaient simplement
médiocres ? On peut faire passer la médiocrité musicale grâce à l’image
valorisante de l’interprète, on peut oublier un physique atypique avec
des chansons de qualité, mais faire de la médiocrité musicale avec un
physique atypique, c’est prendre le public pour un décervelé total..
Même si ce public met parfois de la bonne volonté pour accréditer cette
hypothèse...
Pour ceux qui auraient encore des illusions sur le respect
du public par les grandes chaînes de télé, il faut savoir que certaines
prestations en duo avec des grands noms de la chanson ne sont pas en
direct, mais «ampexées» c’est-à-dire enregistrées l’après midi, et
validées par l’invité, qui se préserve peut-être d’un direct à risques
avec des p’tits jeunes inconnus. Ce qui n’est pas forcément critiquable,
mais que l’animateur ne brame pas son admiration pour ceux qui chantent
«en direct» quand il sait que c’est du bidon.
Accessoirement, un couturier qui avait prêté une tenue à
une candidate pour le prime-time, a été furax de la voir en tenue de
répétition... Bin oui, ampex impose.
Et c’est pas forcément mieux ailleurs, une ex-postulante de
la Nouvelle Star explique qu’un pré jury pousse les candidats à des
choix qui ne sont pas forcément les leurs...
(Brève cueillie sur le Net) 100 millions de dollars
!
C'est ce que réclame
Michael Jackson au site de peer-to-peer, «Pirate Bay»
pour violation de droits d'auteur. Il est vrai que l'ex roi king of pop
a besoin de se remplumer financièrement. Mais ce n'est pas gagné pour
autant. Plusieurs stars ou groupes ont perdu leurs procès contre ce
site et non des moindres -Prince, Abba- «Le point commun de ces
artistes, c'est que plus personne ne les écoute» a fait savoir le site.
Mais pourquoi alors leurs titres sont-ils téléchargés ?
Brève Euro
(vision) et peinture à l’huile....
La TSF m’informe que la chanson de Sébastien Tellier
pourrait créer la surprise demain soir. La TSF me dit aussi que Sébastien Tellier est arrivé avec
les bandes play back de ses choristes, et qu’il a appris pendant les
répétitions que l’on doit tout jouer en direct , y compris les
choristes. Donc recrutement d’urgence et sur place des choristes. On
sent le degré de préparation rigoureuse de l’opération. Mais il ne faut
pas médire sans savoir, une interview de l’artiste précise qu’il ne
cherche qu’à trouver des sons nouveaux, donc pas de batterie, ni piano,
ni guitare, que la surprise d’un effet électronique inattendu, pourquoi
pas ? On a bien vu le succès du peintre Boronali* il y a quelques
décennies, au Salon des Indépendants... Donc j’ai écouté l’œuvre de
Sébastien Tellier, un mini sondage express a eu la même conclusion,
tiens j’ai du entendre ça il y a 15 ou 20 ans... Shamanou ne s’est pas
prononcé, il a 2 ans, c’est mon chat, mélomane, la preuve dès que je
prends une guitare, il file se planquer sous les couvertures... Donc,
Tellier ça vous a un air de recyclage variétoche post seventies, et pas
du meilleur... On va vers un triomphe, c’est sûr !
C’est fait, the winner is Russia, avec une chanson
parfaitement formatée pour l’exercice, mais il y a eu de bonnes, voire
très bonnes surprise, par exemple l’Azerbaîdjan, superbe chanson avec
une touche à la Freddy Mercury. Tellier a récolté quelques 40 points,
pour une 19 ème place sur 25... les jurys ont été bien bons.
En résumé , on peut dire qu’un des arguments essentiels des
lauréats potentiels est la jupe de la chanteuse, plus elle est courte
meilleures sont les chances, le saugrenu, voir l’incongru comme choix
artistique, et les votes «alliés» on ne vote pas pour une chanson, mais
pour un voisin ami. Et le même Coca Cola pour tous, circulez, y rien de
nouveau à espérer.
Pour l’avenir, c’est dans la géopolitique qu’il faut
chercher les futurs lauréats, emballé c’est pesé.
*BORONALI : Au
salon des Indépendants de
1910 figure la toile Coucher de
soleil sur l'Adriatique. Le catalogue en donne pour auteur «Jean
Raphael. Boronali, peintre né à
Gênes», qui a accompagné son envoi
d'un manifeste théorique, le Manifeste de l'excessivisme, dans
lequel il écrit que «l'excès en tout est une force»
et appelle à «ravager les musées absurdes» et à «piétiner les routines
infâmes».

Boronali : Coucher de soleil sur l'Adriatique
Les critiques d'art
s'intéressent à ce tableau, qui fait l'objet de commentaires contrastés
jusqu'au jour où le journal
Le Matin reçoit la visite de l'écrivain
Roland Dorgelès qui révèle, constat d'huissier à l'appui, que
l'auteur se nomme en fait «Lolo», et qu'il est l'âne du patron du
Lapin Agile, célèbre cabaret de la butte
Montmartre. Boronali est l'anagramme
d'Aliboron, le nom donné à l'âne par
Jean de La Fontaine. Dorgelès, en compagnie de deux amis,
André Warnod et
Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l'animal qui
devint ainsi la vedette du Salon, une fois que la supercherie eût été
dévoilée. Et la toile se vendit 20 louis d'or, c'est-à-dire environ 1300
euros qui furent reversés par Dorgelès à l'orphelinat des Arts. Elle
fait aujourd'hui partie de la collection permanente exposée à l'espace
culturel Paul Bedu à
Milly-la-Forêt (source Wikipédia et Larousse)
Livres
Pour compléter votre connaissance du blues, voici un petit
livre qui parait sur un personnage à la fois mystérieux et emblématique
du blues Robert Johnson (évoqué dans un précédent numéro)
"A la recherche de Robert Johnson"
de Peter
Guralnick Le Castor Astral (env 12euros).
Empoisonné par un
mari jaloux à l’âge de vingt-sept ans, généralement soupçonné d’avoir
vendu son âme au diable contre des dons musicaux exceptionnels, Robert
Johnson a longtemps été l’objet d’un mythe qui a fini par éclipser sa
musique. Pourtant, du fin fond du Mississippi, Robert Johnson a joué un
rôle essentiel dans l’histoire de la musique et influencé des
générations de bluesmen et de rockers, de Muddy Waters aux Rolling
Stones. Dans cette ode lumineuse au «King of the Delta Blues», Peter
Guralnick éclaire l’homme comme le mythe et évoque avec subtilité le
lieu et le temps qui les engendra. Au travers d’entretiens avec des
contemporains de Johnson (tels Johnny Shines et Robert Lockwood), ce
texte initiatique, considéré par les fans comme un « classique » et pour
la première fois édité en France (avec des annexes spécialement revues
par l’auteur), restitue avec poésie l’univers et l’art d'un artiste dont
l'œuvre, fulgurante, n’en finit pas de fasciner.
Et merci à Fred, un
lecteur très informé, de m’avoir transmis le lien ci-dessous, en 1mn37,
Keith Richards montre et joue le blues. Limpide, épatant, rien à
ajouter. Bravo.
Keith Richards qui disait à propos de Robert Johnson : la
première fois que je l’ai entendu, je me suis dit : «mais qui c’est
l’autre type qui joue avec Robert Johnson ? j’entendais deux guitares,
et il m’a fallu pas mal de temps pour comprendre qu’il faisait tout,
tout seul.»
fr.youtube.com/watch?v=U5ANjb-yAVE
Et le prix des
livres... ????
Les disquaires indépendants ont tous été éliminés par la
grande distribution. Essayez de trouver un album de Leprest ou Anne
Sylvestre, dans une petite ville de province, c’est un phantasme
saugrenu... Aujourd’hui, il y a une menace qui pointe sur la loi Lang
(le prix unique du livre ) la finalité d’une déréglementation confortera
les têtes de gondoles de hypers, où vous trouverez les piles d’artefacts
de pipoleries kleenex, genre vite lu, vite jeté... En revanche, s’il
vous arrive d’avoir l’idée de chercher un livre un peu rare, un peu
original, vous devrez avoir une bonne dose de patience. assidue... On
parle beaucoup du Net, grâce auquel vous avez accès à ce remarquable
magazine, mais heureux lecteurs, vous êtes privilégiés, vous faîtes
partie de ceux qui sont branchés Internet d’une part, (la moitié des
français ?) d’autre part, certaines régions sont déshéritées sur le plan
connexion, et certaines petites villes auront l’ADSL aux calendes
grecques. S’il faut faire 50 kms pour aller acheter
3 livres de poche, ça va pas arranger les bidons de la planète sur le plan
pétrole et consommation superflue d’énergie... Sauf si vous êtes un
adepte résolu du vélocycle...
Norbert Gabriel |
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